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Tome troisième. G - L.
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peuvent passer, de façon que ceux qui se promènent, peu-vent faire le tour de ce lac sur ces ponts : le voyageurVénitien les a pu aisément mettre au nombre de ceuxde la ville. De ce lac on fait entrer nombre de canauxdans la ville.

Dans l’enceinte des murailles de Hangcheu , il y aune montagne nommée Ching-hoang , au midi de laville, où l’on voit cette tour où les heures se marquentpar le moyen d’une clepsydre ou horloge d’eau : il y aun cadran qui les montre; les lettres en sont dorées, &ont bien un pied & demi delongueur : &; pour parcourirles autres marques, auxquelles on peut reconnoitre dansHangcheu la ville de Quinsay , c’est cette ville donttoutes les rues font pavées de pierres carrées c’est ellequi est située dans un lieu marécageux, divisée & par-tagée par plusieurs canaux tous navigables ; c’est elle en-sin d’où l’empereur s’enfuit vers la mer, fur cette granderiviere de Cientang, qui a plus d une heue d’Allemagnede largeur, &c passe prés de la vide au midi ; de fortequ’on trouve ici la riviere que le voyageur Vénitiendonne à fa ville de Quinsay, & qui de-là coulant versle levant, se va jetter dans la mer, n’en étant pas da-vantage éloignée que le dit ce voyageur. Elle a plus decent milles n Italie de circuit, si on y joint les fauxbourgsqui sont fort grands , & qui s’étendent fort loin de côté&: d’autre. C’est pourquoi on peut fort bien faire cin-quante lis de la Chine, en fe promenant du nord au sud,& passant toujours par des rues fort peuplées , fans ytrouver de place-qui ne soit bâtie, ni de maison qui nesoit habitée. On peut faire le même chemin d’occidenten orient. Tout cela prouve suffisamment que Hangcheuest la véritable Quinsai de Marco Paolo.

Outre une infinité de très-grands ponts , on rencon-tre par-tout des arcs de triomphe : dans la feule grandeplace de la ville il y en a trois cents, qui font commeautant de monnmens de magistrats qui ont fidèlementexercé leur charge, ou des éloges publics des citoyensqui ont été avancés aux honneurs & aux dignités. L’em-pereur en a auffi fait ériger d’autres à la mémoire deceux qui ont rendu quelque service notable au pays. Cesmonumens font bâtis dans les places de plus grandabord , embellis de diverses fortes de gravure & defculture. L’architecture & l’ordonnance est presq.u’en-tiérement à l’antique. Ces arcs ont toujours trois arca-des ; la plus grande au milieu , & de chaque côté unepetite, par où on entre , comme par de grandes por-tes ; de part & d’autre il y a des lions ou autres em-bellisteme-ns de marbre , & au-dessous on voit des figu-res grotesques , des oiseaux, des fleurs & des ferpensadmirablement bien taillés. L’entre-deux des figures oùil n’y a rien, est percé à jour, quelquefois orné defcul-tures qui semblent fe soutenir en ì’air. Je me fuis souventétonné, clitleP. Martini, comment ils pouvoient percerde la sorte de si grosses pierres ; car ils en font commesi c’étoit une chaîne de plusieurs anneaux. Ces arcs ontd’ordinaire trois étages. Le devant & le derriere fe res-semblent si fort , que vous diriez que c’est la même face.Ces trois étages font bien distingués par leur corniche& architrave de marbre. Tout au haut de l’arc, fur unepierre couverte & bleue , est écrit en lettres d’or d’unecoudée de long , le nom de l’empereur, fous l’empireduquel ce bâtiment a été construit. Au milieu il y a unefort grande pierre, où íè trouvent auffi en lettres d’orou d’azur , le nom , le pays, la dignité , & l’éloge decelui à l’honneur de qui ce monument est consacré. Maissi ces ouvrages étoient aux carrefours , & que les ruesrépondissent aux faces, on ne pourroit rien imaginer deplus magnifique.

On compte dans la ville quatre grandes tours à neufétages ; les temples des idoles y sont à l’insini, tant de-dans que hors la ville : on dit qu’il y a bien près dequinze mille bonzes. II y a environ soixante mille tisse-rands en foie, dans la ville & flans les fauxbourgs. Lesautres cites, villes, bourgs, bourgades qui tirent versle nord, en font remplies. II y a tant de peuple danscette ville , qu il s y conlume, dit-on, tous les jours dixmille sacs de riz, & chaque sac contient de quoi nour-rir cent hommes en un jour. On y tue mille pourceauxpar jour, fans compter les vaches , les chèvres , lesbrebis , les oies , les canards & autres animaux ; &cependant il y a beaucoup d’habitans qui ne mangent

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point de viande , parce qu’ils font d’une secte qui n enpermet pas l’ufage. La quantité du poisson n’y est P aSmoindre ; on le porte vendre par la ville tout vivant*Les Jésuites ont une église magnifique dans la ville , à-deux chapelles aux fauxbourgs. Telle est la descriptionqu'en fait le pere Martini, qui y a demeuré quatre an»*Le P. le Comte, Mémoires de la Chine, l. 3 , t. r,p- *44?n’en parle guères moins, magnifiquement. II nomme cetteville Hamtcheou , & la province Tchèquiam. C’est, dit-il, une des plus riches & des plus grandes villes de 1 ew'pire. Les Chinois lui donnent quatre lieues de tour, à-je crois qu’ils ne s’éloignent pas beaucoup de la vérité*II y paroît dans les rues autant de monde que dans ce*'les de Paris; & comme d’ailleurs les fauxbourgs en fo ntimmenses , & la multitude des barques qui couvrent l eScanaux infinie, je ne la crois pas moins peuplée que If splus grandes villes de l’Europe. La garnison est de d>*mille hommes , parmi lesquels on compte trois mil‘ eChinois. L’eau des canaux n’en est pas belle , les ruessont étroites; mais les boutiques paroistènt propres, ° írles marchands passent pour être extrêmement riches.

A l’orient, elle aune riviere large d : un quart de lieue»à cause du voisinage de la mei, mais en effet peu conli'dérable, car pour peu qu’on la remonte, ce n’est p} u *qu’un torrent inutile qui coule au travers d’une infini 10de rochers. Du côté de l’ouest, elle est resserrée par unétang , dont le circuit est tout au plus de deux lieues »l’eau en est très-claire , mais peu profonde ; elle funynéanmoins pour porter les grandes barques que les C hi'nois y entretiennent, comme autant d’hôtelleries bottan-tes , où les jeunes gens de qualité fe régalent & fe p r?'menent. Après la promenade , ils fe rendent ordinai-rement à une petite iíle qui est au milieu du lac. LesChinois y ont bâti un temple, & quelques autres mai-sons de divertissement. Les rélations font de cet étanAun lieu enchanté. J’y ai lu que tout étoit bordé de fup er 'bes bâtimens & de palais magnifiques. Cela pouvoit etr®autrefois ; mais s’il est vrai ce qu’on en a écrit, ilqu’on fe soit bien attaché dans la fuite à en abolir la m e '’moire, puisqu’à présent on n’y en remarque pas le moin-dre vestige , íi ce n’est qu’on mette au rang des palai*les maisons de bois & de torchis qui font si ordinaires ala Chine, & qui peuvent bien tomber d’elles-mêm eS ’fans que le grand nombre des années soit nécessaire p° ,irles détruire. Au reste, si cette ville ne fe distingue P aSpar la.*nagnisicence de fes bâtimens, elle est duconsidérable par fa situation , l’une des plus bellessoit dans I’empire , par le nombre prodigieux de fes ù a 'bitans, par la commodité de fes canaux, & par le coinmerce des plus belles foies du monde. J’ai cru ce defnier détail nécessaire pour rectifier ce qui précède.

Ce canton appartenoit anciennement aux rois d b »puis aux rois de Jue, &c ensuite à ceux de Cu. Chin 13nomma Cient’ang; Suio fut Is premier qui lui donn 3le nom de Hangcheu. La famille de Tanga l’app 6 *.IUHANG ; celle de Sunga Lingan : la famille de T al 7minga lui rendit le nom de Hangcheu . Elle comp reI1sept autres villes dans son territoire.

Hangcheu,Haining,Fuyang,Juhang,

Lingan,Yucien ,Sinching,Changhoa.

HANEAC , montagne dé l’Inde , où croît le nwleur nard, au rapport de Serapion , cité par Ortesius,Thesaur. \ e

HAN-HAI , vastes déserts de la Tartarie , dan sroyaume de Tangout au nord. Les fables y coulengré des vents, & ìbnt périr les voyageurs. *Hifi. S él \'r c ,Huns , t. 2 , p. xxxiij. Voyez Gobi. C’est la mêmech 0 ^HANíN, ville de la Chine , dans la provinceXenfi , au département de Hanchung, troisième iss epôle de la province. Elle est de 8 d. 41 ' plus o cC1taie que Pékin, par l es 34 d. 3'' de latitude. *^ líanenjìs.

HANNIBALIS. Voyez au mot Annibalis.HANNONIA , nom latin du Hainaut. ;jle

HANNONII Montes , nom latin de Moss ,

du Hainaut.