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'est nommé Concangios , dans la Notice de l’Empire,ft ct 63 ; mais elle en détermine fi peu la situation , qu’onme sauroit dire s’il étoit là ou ailleurs.
HAVRE : ce mot, que les Ratins expriment par celuide Porcus, étoit appelle .par les Grecs aÍ'Mh ■> Limné Sc"Of/xot. 11 ne répond pas au Statio navium des Latins,comme l’a cru le P-, Luhin. Le port ou le havre, en latinportus , marque un lieu ou fermé , ou capable d’être'fermé. Statio navium signifie au contraire une rade , unabri , un mouillage , où les vaisseaux font feulement àcouvert de certains vents. Voyez au motPoRT , où jetraite des ports plus au long. Je remarquerai feulementici l’ufage du mot havre , clans quelques façons de par-ler, qui én marquent les avantages ou les inconvéniens.
On appelle havre de barre, un havre dont feu-trée est fermée par un banc de roches ou de sables, Scauquel on ne peut entrer que de pleine mer.
Le HAVRE de toutes marées est celui où l’onn’est pas obligé d’attendre, pour entrer ou pour sortir,la commodité de la marée.
Le HAVRE d’entrée signifie la même chose ; c’estun havre où il y a toujours astez d’eau pour y entrer oupour en sortir, même en bastè marée.
Le HAVRE brute est celui que la nature seule aformé , Sc auquel l’industrie des hommes n’a encorerien ajouté pour le rendre plus sûr ou plus commode.Les François qui naviguent en Amérique , appellent cul-ae-fac un havre de cette espece.
Quelquefois le havre est resserré à son entrée par unelongue digue , qui s’avance dans la mer , ou même pardeux, que l’on appelle des jettées. Elles fervent à plu-sieurs usages; 1. à arrêter le gros galet, ou le fable, ouh vase qui pourroit entrer dans le port, & le comblerpeu- à-peu ; r. à haller les vaisseaux qui en entrant nepeuvent fe servir de leurs voiles, à cause des vents con-traires ; 3. à rompre les vagues, Sc à procurer la tran-quillité aux vaisseaux qui font dans le port ; 4. souventaussi à resserrer le lit de la rivíere , dont l’embouchureforme le port, & à lui ménager une profondeur d eausuffisante pour tenir les vaisseaux à flott; 5. souvent aussila têíé de ces jettées est fortifiée d’une baterie de canonpour protéger 6c la jettée Sc les vaisseaux qui entrentdans le port.
Quelquefois, Sc sur-tout en Italie Sc dans la Grées,ru lieu de jettées, il y a un môle qui terme le port. Lemôle est un ouvrage de maçonnerie que l’on avance dansla mer , ou en ligne circulaire , ou à angles , selon lacommodité du fond sur lequel on le bâtit, &ony laissefeulement une entrée suffisante pour les vaisseaux, & quel’on puisse, en cas de besoin, fermer avec une chaîne,qui en empêche l’entrée ou la sortie. Ce môle , qui estordinairement fortifié, sert à briser l’agitation de la mer,6c à mettre en sûreté les vaisseaux, qui n’y craignent nil’ennemi ni les tempêtes.
La crique est une espece de havre brute , où des bar-ques Sc des chaloupes fe peuvent retirer.
HAVRE DE GRACE, (le) autrefois François-ville , Franciscopolis , ville de France , en Norman-die , au pays de Caux, avec un port de mer : elle est si-tuée à l’embouchure de la Seine , dans un lieu maréca-geux, Sc un terrein uni, à douze lieues de Caen, a dix-huitde Rouen Sc de Dieppe, à huit de Fescamp Sc de l’Isle-Bonne , à sept de Quillebœuf, Sc à deux de Montivil-liers Sc de Harfleur. Cette ville , considérable par laquantité de beaux édifices, doit son commencement auroi Louis XII, qui en jetta les fondemens , en 1509.François I l a fit fortifier , afin d’en faire un rempartcontre les Anglois qui désoloient les pêcheurs ; Sc ony bâtit par son ordre une très-groffe tour, qui subsisteencore, Sc qui a un commandement particulier, avec bre-vet de sa majesté ; on y entretient garnison. Henri IISc ses successeurs y ont auffi fait travailler. Le cardinalde Richelieu , auquel Louis XIII donna le gouverne-ment cle cette place, fit faire la citadelle à fes frais, Scmar ce moyen vint à bout d’arrêer les Anglois, qui ve-noient jusque dans la Seine, enlever les vaisteaux mar-chands. Louis le Grand, a augmenté toutes les fortifica-tions que le cardinal avoir faites à cette place.
II y a dans la ville environ quarante rues , toutes pa-vées , dont plusieurs sont larges Sc spacieuses, & tirées
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i la ligne : il y en a six qui la traversent defitso *boulevard de la porte d’Ingouville, jusqu’au port. >j eSbelles fontaines, distribuées dans tous les quartiers 6C l eScarrefours , y sont ;d’un grand ornement. On remarq uc »entr’autres , celle de la grande, place, où fe termù ieotquatre grandes rues. Sur cette fontaine qui jette l’ eal Jpar quatre côtés, ainsi que celle de la place du marchaÔC de Saint-François, est élevée une figure pédesofde Louis XIV, représentée en pierre bronzée, ôí ve '*tue à la Romaine. La ville clu Havre a trois portes tSc à-peu-près vingt-quatre mille habitans. Outre tíílintendant de marine, il y a un commissaire, un cot 1-îrolleur, un capitaine , un lieutenant de port, Sc quan-tité d’officiers de département pour les vaisseaux du r 01 *des écoles pour la marine , pour les mathématiquespour l’exercice du canon, St un collège pour les h u 'inanités. II y a auffi bailliage, vicomté , amirauté, g re "nier à sel, un lieutenant de police , un maire , quaR eéchevins, une compagnie privilégiée, 8t quatre cotífpagnies de bourgeois , avec leurs officiers. Les églisede Notre-Dame Sc de Saint-François, Sc les couvesdes Capucins Sc des Ursulines , font dans l’enceinte d?fes murailles ; mais la paroisse de S. Michel , le cou-vent des Pénitens, l’hôpital général, Sc la chapelle d?S. Roch , avec les maisons des pestiférés , sont daU*le fauxbourg au-delà du marais, du côté du nord, yau pied de la côte. Les chapelles de la citadelle Sc yl’arfenal sont desservies par les Capucins, qui ont auf"un petit hospice du titre de Notre-Dame des Neiges tderriere la citadelle , au- delà des Tuileries. M- ^prince de Conti, comme marquis de Grasville , ( V eLonguerue le donne à la maison de Condé, ) présentà la cure de S. Michel d’Ingouville, fauxbourg d>*Havre, dont dépendent les églises de Notre-Dame &de S, François , dans la ville ; de sorte que le curé d 5cette premiere église gouverne toutes les trois, exerçasfes fonctions curiales dans celle de Notre-Dame,mettant des vicaires pour desservir les deux autres , ave cavec un clergé convenable. L’églife de Notre-DaM?est bâtie en croix, grande, belle, Sc ornée d’architec-ture & de fculture. Un corridor Sc un rang de cha -pelles règnent à l’entour ; celle de la Vierge , der-rière le chœur , y attire un grand concours de dévo-tion. Le grand portail est un beau morceau d’arclu íeC 'ture, qui présente trois portes fur la grande rue, P oll 5entrer fous les corridors Sc dans la nef. Ce portail e»accompagné d’une belle tour, Sc avec d’assez bonnes c lo-ches , Sc une grosse horloge. Les deux portes de 1*croisée sont auffi ornées d’architecture Sc de fculture £Sc une belle balustrade de pierre couronne en deh° stoute cette église. Le séminaire de S. Charles est Ut 1 ^grande maison , dans laquelle plusieurs prêtres vivent &commun avec leur pasteur. L’égliíè de S. FranÇ 0 ! 4a un air de propreté dans toute son étendue ; llial *elle n’est pas encore entièrement achevée dans son ^ eS ,sein. La maison de ville fait face a l’entrée du p° rt *elle est en bel air , assez jolie , très-logeable, Sc a usavant-cour, ornee d un corridor ouvert des deux6c au-devant une grande place. La ville est couverte d ucote par la citadelle, dont elle est séparée par un dou^fossé rempli d’eau ; de l’autre côté , bordée de la Se{f’6c divisée de son fauxbourg par une longue chaulé’aux deux côtés de laquelle on peut inonder tous les uArais, par le moyen des écluses. Le canon de la g r0 ‘tour terrassée , accompagnée d’une grande plate-fot 111 j’défend les jettées du canal d’entrée de la mer,petite rade. Le gros canon de fes bastions Sc de -boulevards plantés d'arbres, Sc défendus par des de ^lunes Sc des raveiins, fraisés Sc palissades , p out y,droyer tout ce qui sort du fauxbourg pour entrer cl ~la ville. C’est tout le long de fa plus grandece port a son étendue : il n’est séparé du canalSeine, que par une baffe muraille terrassée. Le quai e íterrassé de pierre de faille, Sc assez large, pavéde maisons. La marée entre toits les jours deux l0i j’ ea u,ce port, où elle apporte jusqu’à dix-huit pieds j 6quand elle est sorte. En passant fur le pont qui ‘ e P t j e rport marchand d’avec le bassin du roi, Sc le ■ c ede Notre-Dame de celui de S. François, on ^ te sîbassin par lequel y» entre par quatre grandes ? il