3*4. HEL
langue gréque étoit commune , & qui, n’ayant pas l’u-íage de la langue hébraïque, ou syriaque, ne se ser-voient communément que de la version gréque desSeptante dans leur particulier, & même dans leurs as-semblées ; ce qui étoit désapprouvé par plusieurs autresJuifs que l’on nommoit Hébràisans , parce qu’ils ne pou-voient souffrir qu’on lût l’écriture sainte en une autre lan-gue qu’en hébreu. Les Hellénistes ne sont connus que de-puis le régne des Grecs en Orient. La raison en est tortnaturelle ; la Bible ne fut traduite en grec par les Sep-tante, que fous le régne de Ptolomée Philadelphe , roid’Egypte, descendu de l’un des capitaines d’Alexandre.Quelquefois ces Juifs Hellénistes font appelles simple-ment Hellenes , c’est-à-dire Grecs , & quelquefois Hel-lénisa: dans le Nouveau Testament, ( Act. Apojl. c. 9,v. 29 ; & c. 11, v. 20.) Dom Calmet, de qui font laplupart de ces remarques, dit qu’il ne trouve point cedernier terme dans les Machabées ni dans les autres li-vres grecs de l’Ancien Testament.
HELLENOPOLIS, pour Helenopolis.
HELLENOPONTUS. Voyez Helenopontus.
HELLENORUM , siégé épiscopal , dans la Lydie,selon les Notices gréques. Anatolius , son évêque ,souscrivit à la lettre écrite à l’empereur Léon. * Hard.Collect. conc.
HELLENSTEIN. Voyez Heidenheim.
HELLES, rivière qui fait le tour de la ville de Smyrne,selon Isidore cité par Ortélius, Thesaur. Ce géographe,après avoir consulté Strabon, présume qu’il faut lirefyícl&s»
HELLESPONT, selon Grelot, Voyage de Constan-tinople , page 3 & fuiv. fameux détroit appellé ainsi dunom de Hellè , fille d’Athamas, qui en le passant pours’énfuir dans la Colchide avec son frété Phryxus, char-gés tous deux de la toison d’or, tomba dans cette mer& y périt. On y arrive par diverses routes, après avoirlaissé derrière foi, à droite &à gauche, les iûes Cycla-des & Sporades, qui composent dans la mer Egée cequ’on appelle l 'Archipel. Ce détroit qu’on nomme au-trement Bras de S. George , est située au 37 e d. 42 ' delatitude , & environ au 55 e de longitude. Toute la lon-gueur n’est pas de plus de dix à douze lieues ; il n’ena guère plus d’une de largeur dans son entrée, & danstoute laíùiteune demie tout au plus. A son couchant,que l’on a à gauche en y entrant, on voit la Thracequi est une partie de l’Europe , que ce détroit sépared’avec la Troade, province d’Asie, qui est à son orient.Isa la Propontide au septentrion , & la mer Egée avectout l’Archipel au midi. A l’entrée de ce passage, àmain droite, on trouve le promontoire Sigée, appelléaujourd’hui cap Giani^ari , proche duquel il y a unpetit village de Chrétiens Grecs, nommé par les TurcsGiaourkioi , c’est-à-dire village d'infideles nom qu ilsOnt accoutumé de donner a tous les lieux ou il n y apoint de mosquées. II est proche de l’endroit où étoitautrefois la célébré ville de Sigée ; & ceux du pays lenomment Trojaki ou petite Troye. On trouve là touteforte de bons rafraîchissemens. L’eau y est très-bonne.L’excelíent vin muscat de l’iste de Tenedos qui n’en estqu’à une lieue, s’y donne presque pour rien. On dé-couvre la plus grande partie de la belle campagne dela Troade, avec le Xanthe & le Simoïs, rivières d’unnom fameux, mais si peu larges, qu’elles tarissent sou-vent en été. Ces rivières qui descendent toutes deuxdu mont Ida, après s’être unies au-dessous du lieu oùétoit Troye, & avoir formé un grand marais, passentpar-dessous un pont de bois , appuyé fur quelques pi-liers de pierres, d’où elles s’embouchent dans l’Helles-pont, environ une demi-lieue au-dessous de ce cap,proche du nouveau château d’Asie, le quel est situé furune langue de terre qui s’avance dans la mer. II y a qua-tre tours aux quatre coins : celles qui regardent la mer• font carrées, avec une espece de. redan d’un côté. Lesdeux autres, vers la terre ferme, sont rondes. Entre cesquatre tours, il y en a cinq autres qui appuient les murs ;une ronde & quatre carrées. Elles font de grosseur, degrandeur & de distance inégales. Celles que lave lamer, ont à fleur d’eau quantité d’embrasures, leurs cour-tines & redans. Cette place, dont l’entrée est au sep-tentrion , aboutit par une grande rue à une assez bellemosquée,qui est à son midi, proche la marine, d’où l’on
HEL
en découvre tout le dôme & le minaret. Entre ce cha~teau neuf nommé par les Turcs Natoli Inghì -js ar ’le cap des Janistaires, il y a au nord-est un bourg a P"pelle Inglia-IJsar-Kioi ; bourg du château neuf. On n yvoit rien de recommandable que huit moulins à vent,chacun à huit ;ailes, qui font tout de fuite en allant vers lepromontoire Sigée, vis-à-vis du château neuf d’Asi e * 1y en a un autre en Europe nommé par les Turcs R- oU ~meli Inghi Ijfar. Ils ont tous deux été bâtis par Mah°"met IV , qui connut, en 1636 & en 1657 , que les deu*châteaux des Dardanelles , quoique d’une situation très-avantageuse, ne rendoient pas impossible l’entrée de * 3Propontide, ni par conséquent Constantinople impre-nable , puisque les Vénitiens battirent toute farinée na-vale des Ottomans íòus le canon de ces forteresses, .j*y a de l’un à l’autre cinq bons quarts de lieue, & 1 .sont tous deux commandés par des collines ; mais cesejcl’Europe l’est encore plus que celui d’Asie. II est si^ eproche du cap de Gréce, & d’une forme tout-à-sait ifrégulière. II a dans son circuit quelques maisons de l’Ag 3& des officiers, avec une mosquée dont le dôme & ^minaret paraissent fort en dehors , aussi - bien que les au-tres édifices, parce qu’ils sont posés la plûpart fur le hautde la place , d’où l’on descend par de grands degrés au*embrasures des canons qui sont à fleur d’eau. II y a pt eSde ce château un petit village qui n’a rien de remar-quable , & cinq grands pilastres qui servent à soutensdes ventouses pour donner de l’air à quelques conduit*souterrains qui portent l’eau à la forteresse. Quand on 3passé ces deux châteaux, on entre dans l’Hellespont doptils sont les portes ; & de-là jusqu’aux Dardanelles, dn’y a aucun reste d’antiquité considérable.
Cette mer a eu divers noms chez les anciens, &principalement chez les poètes ausquels Hellespontus n econvenoit pas toujours. Virgile , jEneid. 1 . 1 , v. ;8s»dit la mer de Phrygie , parce qu’en effet la Phrygie res-serre ce détroit à l’orient :
Bis fenis Phrygium confcendi navibus œquor.
Pavois donry. vaisseaux , lorsque je fis voile de flestpont. Lucain, /. 6, v. 5 5, dit :
Tot potuere manus aut jungere Sefion AbydoIngestoque solo Phryxceum elidere Pontum ,
Aut Pelopis latis Ephyren abrumpere regni*’
Tant de bras auroient pu joindre Sestas à Abydos,&,combler la mer de Phryxus , en remplissant de terres Jstcanal , ou séparer Corinthe du P eloponnese.W dÍQÛUS Fla ccus, /. 2, v. $86, dit de même :
aEquora
Phryxœa subibant
Pour dire Us entroient dans FHellefpont. Ces deux p° e .tes nomment le frété pour la soeur, parce que, sefoufable,Hellé étoit avec son frété Phryxus, lorsqu’elle don 1 ^son nom à cette mer. Leur pere étoit Athamas , & de' ^elle fut nommée Athamantìs , ou Athamantide. Apffilonius nomme l’Hellefpont le courant d' Atharnantst'Appien, Civil, l. 4, p. 638, le nomme le détroit d'dos , parce qu’effectavement Abydos étoit au bordcette mer. Ausone, st Mosell. v. 287 & 288, em p‘°trois expressions de fuite, pour signifier l’Hellespont :
{juis moao o ejtiacum pelagus , Nepheleidos --Aíquor , Abydeni fréta quis mìretur Ephebi ■
II l’appelle en premier lieu la mer de Sestos ;ville étoit for le rivage du détroit, du côté de L,^.rope ; ensuite la mer d’Hellé , filse de Nephelethamas, enfin le détroit du jeune homme d’AyrCette ville étoit au midi de Sestos, & le poète j 3 ’ elusion à la fable d’Ero & de Leandre. Ortélius nar e ,l’Hellespont est appellé parLycophron Virmcidutrt 1 j> a p.& Canterus observe que S. Grégoire de Nazian 2pelle Virginium mare. . i e la
HELLESPONTIA Chersonesus , partieChersonnese de Thrace, le long de l’Hellespont tEtienne le Géographe in voce ’• 11 E r0 píen lisant Partiels Agoraus mur us , qu’il y â en