Band 
Tome troisième. G - L.
Seite
342
JPEG-Download
 

34 2 HER.

la Mœsie , entre Nessus Sc Ulpiana , selon JornandesJcité par Ortélius. Mais je trouve dans Jornandes même,de Reb. Getic. c. 56, ces paroles : videns Theodemir un-dique Jibì prospéra provenire , Naiffum primant urbeminvadit Illyrici : filioque suo Theodorico consociatus ad-jîat & in villam comités per CaSTRUM-HerCULIS trans-muât U Ipi an am. On voit par ce passage St par celui quile fuit, que Naijjus étoit ville frontière de l’Illyrie, dontétoit aussi Ulpiana , &cqueCaJîrum Herculis étoit entre•deux. Théodemir, Sc son fils Théodoric, les prirent, StRouvrirent par-là certains lieux de l’Illyrie , qui avoient-été jusqu’alors inaccessibles. Qui venientes , tàm eam(Ulpianam) quàm & opes mox in deditionem accipiunt ,nonnullaque loca Illyrici inaccejjib'dia Jìbi tune pri-vium pervia faciunt.

HERCULIS coi-VUWE , c’est-à-dire les colomnesd’Hercule. On entend présentement par ce nom deuxmontagnes aux deux cotes du détroit de Gibraltar, sa-voir Calpe en Espagne, St Abila en Afrique. Marciend’Heracl ée, pag. 36, edit. Oxon. dit dans son Periple,que les anciens ne -s’accordoient pas fur le lieu où il fal-loir placer les colomnes d’Hercuie : lors, dit-il , quel’on passe le détroit, St que l’on range le temple de Ju-non , que ceux qui sortent laissent à leur droite, 011 trouvel’Océan qui s’étend fort loin de chaque côté, le long del’Espagne & de la Libye, St qui, du côté de Foccident,a une étendue indéterminée, que l’on ne connoît point.Premièrement, en côtoyant, òn trouve à droite Liste deGades, où l’on prétend que font les colomnes d’Hercuie.Quelques-uns les mettent auprès du mont Calpé, qui estdans le détroit même ; 8t d’autres les mettent auprès del’iíle de Gades, comme Artemidore le Géographe. Rienn’empêche que nous commencions le Periple de l’Espa-gne au mont Calpé, que la plupart prennent pour unecolomne d’Hercuie. U nomme ensuite , p. 39, Calpémontagne & colomne. Pomponius Mêla, /. 1, c. 5 , par-lant de la Mauritanie, St particulièrement de la ville deTingi, aioûte : il y a ensuite ime montagne très-haute,à l’opposite d’une autre qui est du côté de l’Espagne. Onappelle l’une Abyla St l’autre Calpé ; & toutes les deuxles colomnes d'Hercule. On dit qu’Hercule trouva cesmontagnes contigues l’une à l’autre ; qu’il les sépara , 8tfit entrer ainsi TOcéan dans les terres qu’il inonde aujour-d’hui, &c. Seneque, l’un des tragiques, parle ainsi decette division :

'Utrinque montes folvìt abrupto obice , '

Et jam ruenti fecit Oceano viam.

Denys le Periégete, v. 71, dit, que ces deux colom-nes font situées aux deux côtés du détroit , l’une versi’Europe , l’autre vers la Libye ; mais il ne dit pas quece fuslènt deux montagnes. Après avoir invoqué les Mu-ses qu’il prie de commencer fa description à l’Océan oc-cidental, il ajoute , v. 64: c’est, là que font les colomnesd’Hercuie , à l’extrémité de Puni vers. Elles font à Ga-des , Sc au pied du mont Atlas , dont les branches dé-tendent fort loin. Là une colomne d’airain très-hautes’éleve dans les nues qui la couvrent. Diodore de Si-cile , /. 4, c. 18, dit : Hercule ayant parcouru une grandepartie de l’Afrique, arriva au bord de l’Océan de Gades,& éleva des colomnes fur la côte de l’un St de l’autrecontinent. De- là il passa en Espagne, Stc. II y en apourtant, continue-t-il, qui assurent le contraire ; car,félon eux, les deux continens étoient joints l’un à l’au-tre , & Hercule ayant creusé un canal, St ouvert le pas-sage , 1 Océan se mêla par le détroit avec notre mer. IIsaisie ensuite a chacun la liberté d’en juger ce qu’il luiplaira. Strabon , le plus judicieux géographe de l’anti-quité, parle ainsi de ces colomnes, /. 3 , p. 169 & feq.Les Gaditains assurent qu’un oracle ordonna aux syriensde mener une colonie aux colomnes d’Hercuie ; queceux qu’ils envoyerent, étant arrivés au détroit, près deCalpé, s’imaginerent que ces promontoires qui resser-rent le détroit , étoient le bout de la terre habitée, Scla fin de l’expédition d’Hercuie , & en même tems ceque Foracle appelloit les colomnes ; ils entrerent dans ledétroit, au lieu où est présentement la ville des Axitains ;Sc ayant fait des sacrifices qui ne leur réussirent point,ils s’en retournèrent dans leur pays. Quelque tems après,il en partit d’autres qui sortirent du détroit la valeur de

HER.

quinze cents stades , vinrent à une iste consacrée à Her-cule , vis-à-vis d’Onoba ville d’Espagne ; St croyantavoir trouvé les colomnes , ils sacrifièrent à ce dieu,mais les victimes ne promettant pas un succès heureux,ils s’en revinrent dans leur patrie. Ceux qui partirent, entroisième lieu , avancèrent jusqu’à l’iíle de Gades, ouils bâtirent un temple, dans la partie orientale de l’id®»& une ville dans l’occidentale ; de-ià vient que, parmot de colomnes d'Hercule , les uns entendent ce stUiresserre le détroit , d’autres Gades , d’autres enfin deslieux situés encore au-delà de Gades. Quelques-un sprennent pour les colomnes Calpé & Abyla,‘ qwi est unemontagne située en Afrique, vis-à-vis de Calpé. E ra "tosthène met Abyla chez les Métagoniens , peuple No-made ; d autres croient que ce font de petites iíles voi»*nés de l’une & de l’autre montagne, St dont l’une estappellée \HJle de Junon. Artemidore parle bien de l’ist e& du temple de Junon ; mais il les distingue d’Abyl 3 *St selon lui, ce n’est ni une montagne , ni un lieuMétagoniens ; quelques-uns transportent en ces quartiezles roches Symplegades St les Plancles , St croiesque les colomnes font ce que Pindare appelle les po rteide Gadir. De plus Dicéarque, Eratosthene St Polyb e t& la plupart des Grecs, alíurent que ces colomnes sou £au détroit. Mais les Espagnols St les Africains les pi 3-cent à Gades, St assurent qu’il 11’ya rien auprès du dé-troit qui ressemble à des colomnes. D’autres veulent q ueces colomnes d’Hercuie ne soient autre chose que les co-lomnes de bronze de huit coudées , qui font à Gadç sdans le temple d’Hercuie , St fur lesquelles est gravesune inscription qui marque combien ce temple a coûtsà bâtir. Ce font, dit-on, celles que lesTyriens trouve'rent ; St ayant fini là leur navigation, St sacrifié à He 1 "cule , ils eurent foin de publier que la terre & la mer o 6s’étendoient pas plus loin. Possidonius tient ce sentimentpour le plus probable , Sc regarde Foracle Sc les diyeçsenvois des Tyriens comme un conte forgé par les PhetU'ciens. On ne peut rien assurer fur ces envois ; mais p? urles iíles Sc les montagnes, il est certain qu’elles n’ont ri estqui ressemble à des colotnneá , Sc que l'on cherche descolomnes proprement dites , qui soient 8c la borne dsla terre , Sc la fin de l’expédition d’Hercuie. C’est ustancien usage d’élever de pareils monumens. Les habi-tons de Rhegium , au lieu de colomne , ont bâti ur>Stour fur le détroit (de Sicile) à laquelle répond de j ^ire côté la tour du Pelore. II y a les autels des Philene*au milieu du canton qui est entre les deux fyrtes : daUì’isthme de Corinthe il y avoit autrefois , dit-on , uUcolomne placée, à frais communs, par les Ioniens st^ 1 *étant chassés du Peloponnefe , avoient envahi l’Attiss^Sc la Megaride , Sc par ceux qui occupoient le P e ^ponneíe. Sur la colomne du côté de la Megaride , °.liíoit ces mots : ce nef plus ici le Peloponnefe , rníl \P Ionie. De l’autre côté il y avoit : Cejl ici le Pelopf snese , & non pas VIonie. Alexandre, dans la const'jssj.des Indes , étant arrivé au pays le plus oriental qu y •vu, dressa des autels pour la borne de fa course ; ij, j tvit en cela l’exemple d’Hercuie Sc de Bacchus : c et0 - sla coutume. II est vraisemblable que ces lieux aya nt P, gSleur nom de ces monumens le conservèrent, quoist llÊmonumens fussent détruits.

Enfin, pour finir cet article , j’ajoûterai ce st llfi asl -Hefyche. Rien ne prouve mieux l’incertitude où 1 £S c0 *ciens ont été eux-mêmes fur le lieu où étoient c fiSlomnes d’Hercuie. Quelques-uns,dit-il, les prennes P slllfdes isies, d’autres pour des jettées de terre, d’autres ples extrémités de deux continens , d’autres enfiu st u -des villes. Les uns même n’y en mettent qu’une, dtres plusieurs.

f. HERCULIS COLUMN.E , ou les cols ^* jd’Hercule. Tacite rapporte une ancienne tradi £1 ° nplaçoit d’autres colomnes d’Hercuie dans la fó ilparlant des Frisons distingués en grands 8c en P,l fo-ajoûte : ces deux nations bordent le Rhin j u ^ U m ens e »céan , Sc entourent des lacs d’une grandeur 1111 aVO nSoù les flottes Romaines ont pourtant pénétré. N°V u - SCmême essayé de naviguer fur l’Océan de ce cote ’ 0 esla renommée a publié qu’il restoit encore des c0 , s ce$d’Hercuie, soit que ce héros ait été effectivementpays , soit qu’on lui attribue ordinairement tout ^ c gy a de grand 8c de magnifique en quelque pays