Band 
Tome troisième. G - L.
Seite
352
JPEG-Download
 

3 n

HER

parti dans les troupes impériales. II y a deux choses àremarquer dans ce passage, i ° Tous les Herules ne par-tirent pas avec ces Scythes, 6c le gros de la nation de-meura dans le pays quelle occupoit, i° Ce pays étoitau bas du Danube, puisqu’on la nomme avec les Peu-ces Sc les Goths qui habitoient au bord de ce fleuve.Procope est celui des anciens, qui a parlé de cette na-tion , avec plus d’étendue. Voici ce qu’il en dit dans sonHistoire des Goths, /. r, c. 14. Je me serverai de latraduction de Cousin ; mais je substituerai le nom d’ He-rnies à celui d 'Erulìtns dont il s’est servi.

Je dirai en cet endroit, dit cet historien, quels peu-ples ce sont que les Herules, Sc comment ils ont faitalliance avec les Romains. Ils habitoìent autrefois au-delà de í’Istre (du bas Danube,) Sc ils adoraient plu-sieurs dieux à qui ils sacrifioient des hommes. Ils se con-duisoient par des loix toutes contraires à celles des au-tres nations. II ne leur étoit pas permis d’être maladesni de vieillir. Si - tôt que quelqu’un se sentoit malade,ou qtsil étoit arrivé à la vieillesse, il étoit obligé deprier ses parens de l’ôter du nombre des hommes. Lesparens dressaient un bûcher, au haut duquel ils le met-foient, Sc lui envoyoient un Hernie, qui n’étoit pas de sesparens, avec un poignard ; car il n’étoit pas permis auxparens de le tuer. Quand celui qui l’avoit tué, étoit des-cendu , ils mettoient le feu au bois ; Sc après qu’il étoitéteint, ils ramassaient les os, Sc les couvraient de terre.Après la mort d’un homme, fa femme étoit obligée,pour donner des preuves de fa vertu, Sc pour acqué-rir de la réputation, de s’étrangler à son tombeau. Sielle manquoit à le faire , elle fe couvrait d’une confu-sion éternelle, Sc s’attiroit la haine irréconciliable desparens de son mari. Voilà quelles étoient les anciennesmœurs des Herules. Ayant augmenté, par la fuite du tems,Sc leur nombre Sc leur puissance, ils battirent leurs voi-sins , Sc s’emparerent de leurs biens. Les Lombards fu-rent les derniers qu’ils subjuguèrent, Sc à qui ils impo-sèrent un tribut.

Quand Anastase parvint à l’empire , les Herules n’ayantplus d’ennemis à attaquer, mirent bas les armes, Sc de-meureront en repos, durant trois années. Ennuyés en-suite de ne rien faire , ils se soulevèrent contre leur roiRodolphe, lui reprochant sa lâcheté. Rodolphe ne pou-vant souffrir ces outrages , fit la guerre aux Lombards'fans sujet. Les Lombards lui députèrent, pour le prierde leur déclarer pour quelle raison il leur faisoit la guerre ;que s’ils avoient manqué à payer le tribut qu’ils lui dé-voient , ils étoient prêts d’y satisfaire , Sc que si le tributétoit trop petit, ils étoient d’accord de s'obliger à enpayer un plus grand. Ce prince ne répondit à ces pro-positions que par des menaces , St il continua fa marche.Les Lombards lui envoyerent une seconde ambassade,qui fut méprisée comme la premiere. Enfin ils lui en en-voyerent une troisième, par laquelle ils protestèrent queles Herules avoient tort de prendre les armes ; que s’ilspersistoient dans ce dessein , ils feraient contraints de fedéfendre ; que Dieu , qui peut détruire par une soiblevapeur toute la puissance des hommes , leur ferait té-moin qu’ils ne se défendoient qu’à regret, St qu’ils espé-raient que ce Dieu ferait l’arbitre d’une guerre que lesHerules entreprenoient par une injustice toute visible.Ils avoient esperé d’attendrir ces aggresseurs par des consi-dérations si puissantes ; mais ceux-ci n’en firent nul état,& persistèrent dans le dessein d’en venir aux mains.Lorsque les deux armées furent en présence , une nuéeobscure couvrit celle des Lombards, tandis que le cielparaissait clair fur celle des Herules, ce qui passoit pourlin signe de leur défaite, n’y ayant point de présage plusfuneste que celui-là parmi les Barbares. Les Hernies quiméprisoient tout, ne laissèrent pas d’attaquer fièrementleurs ennemis, & de fe promettre un succès égal à l’a-vantage de leur nombre. Cependant ils surent vaincus,presque tous taillés en pièces , St entr’autre, leur roi Ro-dolphe. Les autres prirent la fuite ; quelques-uns fe sau-vèrent , 6t les autres furent massacrés.

Comme ils ne pouvoient plus demeurer dans leur paysaprès une défaite si honteuse, ils en sortirent, 6c cou-rurent avec leurs femmes 6c leurs enfans les bords duDanube , s’arrêterent ensuite à une contrée qui avoit étéhabitée autrefois par les Rugiens , lesquels étoient ve-nus avee les Goths s’établir en Italie ; mais comme

cette contrée étoit déserte , ils en surent bientôt chas-sés par la faim, 6c allerent dans le voisinage des Gepi*des, qui leur permirent au commencement d’y demeu-rer , mais qui ensuite prirent leurs troupeaux , enlevè-rent leurs femmes, 6c enfin leur firent la guerre ; cene pouvant souffrir, ils passerent le Danube , 6c s’y eta Tblirent avec la permission de l’empereur Anastase,leur fit un accueil très-favorable. Mais depuis étant ir ritedes mauvais traitemens que ces Barbares faifoient al ssRomains, il envoya contre eux des troupes, qui les Ç e 'firent, 6c les auraient entièrement exterminés , si 1?*chefs n’eussent eu la bonté de leur accorder la vie , &de leur permettre de servir dans les armées de l’emp e 'reur. Anastase ayant ratifié cette grâce, le reste des H e 'iules fut conservé. Ils n’eurent pas néanmoins l’honnC uCd’être alliés des Romains , 6c ne leur rendirent aveu"service.

Justinien étant parvenu à l’empire , leur donna un bof 1pays , leur fit des préfens considérables, les honora d®son alliance, 6c les obligea tous de fe faire Ghrétie^'Voilà, poursuit toujours Procope , comme ils ont en 1 'brassé une maniéré de vivre plus civile 6c plus P 0 ^Ils ont depuis fait profession de notre sainte religion, "ont combattu sous nos enseignes. Nous ne trouvons p aSnéanmoins qu’ils soient tout-à-fait fidèles ; ils exercent»fans honte, des brigandages contre leurs voisins, fe so ul ’lent par les plus abominables de toutes les conjonctions»même par celles des bêtes. Enfin ce font des fcéIér at fdignes des plus cruels supplices ; il y en a peu, par” 11eux, qui soient demeurés fermes dans l’amitié des st 0 ”mains ; tous les autres s’en font séparés pour le sujet ofifje vais dire. Les Herules furent si brutaux 6c si enragécontre leur roi, qui fe nommait Ochon , qu’ils le ma s 'sacrent sans autre prétexte que de dire qu’ils ne voU'loient plus avoir de roi à l’avenir, quoique de sonvant, & auparavant même, ils n’eussent un roi- que dnom , & qui n’avoit pas plus de pouvoir qu’un parue 11 'lier. Chacun mangeoit 5 c buvoit avec lui, 6c disoitfa présence tout ce qu’il avoit envie de dire , cette n 3 'tion étant la plus imprudente 5 c la plus incivile ómonde. Us se répentirent cependant de leur crime ,dirent qu’ils ne pouvoient plus vivre fans roi 5 e f®!jchef. Après plusieurs délibérations , ils trouvèrent q u )ne pouvoient faire mieux que d’envoyer en l’isieThulé, pour demander quelqu’un de la maison roy a ‘ e *pour être leur roi. Procope , c. 15 , tâche ensuite d e £pliquer quel rapport avoient les Herules avec l’ifl eThulé. Quand les Herules, dit-il, vaincus par lesbards, abandonnèrent leur pays, une partie s'établitrillyrie; (ce sont ceux dont il vient de rapportertinée,) les autres ne voulant pas passer le Danube, j alerent chercher des demeures jusqu’aux extrémités yterre. Etant donc conduits par quelques - uns du ^ ,royal, ils traverserent tout 1 e pays des Sclavons , ,

suite une vaste solitude qui est au - delà ; ils entr ere g£dans le pays des Warnes & dans le Dannemarck , .arrivèrent à l’Océan où ils s’embarquerent, 6c pa sVrent à l’ifle de Thulé. .< y

Procope décrit cette iste ; 6c entr’autres peuples, 'met les Scritifines 6c les Gantes, 6c dit que ces d j eSniers sont une nation nombreuse , qui reçut leslorsqu’ils s’y allerent établir; après quoi, il poursuit al

Les députés des Herules trouvèrent dans HThulé plusieurs princes de la famille royale , en £re e pquels ils en choisirent un ; mais comme ils mO url1 Achemin, ils y retournèrent, 6c en prirent un alltr ^,néfe nommoitTodaJîus, 6c qui emmena son frere,n °’' tJì e-Â or dus, &c deux cens jeunes hommes de l’isle. G° jé"il fe passa beaucoup de tems dans le voyage de c£ ^putés, les Herules qui habitoìent dans le voisi° a » e utSingidone, sentirent que ce n’étoit pas faire prudeM^^xleurs affaires, que de choisir un roi fans le consentede l’empereur, 6c envoyerent une ambassade à Cstj j el jrtinople , pour le prier de leur donner un roi; ^ §cenvoya incontinent un Hernie qui étoit à faqui se nommoit Suartuas. Ce nouveau souver 11111 f OI -te Sbord bien reçu par les Herules , salué avec £0llt a e peude respects , 6c obéi avec une fidélité très-c xa i/pu 1 ® 5de tems après, on eut nouvelle de l’arrivée des Ailesde Piste de Thulé. A l’instant, Suartuas commanda c jgau-devant deux , 6c de les tuer, en quoi il lUt fe*