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Tome troisième. G - L.
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fcs sujets ; mais lorsqu’ils furent éloignes feulement d unefournée, il fut abandonné de tout son monde , & con-traint de s’enfuir seul à Constantinople. Comme 1 empe-Pereur fouhaitoit avec passion de le rétablir sur le trône,l £ s Hernies qui redoutoient fa puissance , eurent recours

aux Gepides ; Sc ce fut le sujet de leur désunion d avecnous.

Paul Diacre abrège de beaucoup le royaume des He-rnies ; car il suppose qu’aprè.s leur défaite par les Lom-bards , ils n’eurent plus de rois , 8c donne à entendreque cette nation se fondit dans celle de ses vainqueurs ,comme il arrive souvent ; mais avant que d’aller plusloin, il faut faire quelques remarques fur f histoire qu’entait Procope. Elles serviront , ou à le rectifier, ou amieux démêler qu’il n’a fait l’origine de cette nation.

Procope ne leur connoït point d’étabhssement plusancien, que adui qu’ils avoient au-delà du Danube : ilsy etoient dès ìe tems de l’empereur Claudius , c’est-a-d're, dès Tan 168, comme nous savons vu dans le passage

Zosime. Après leur défaite par les Lombards , uneP, a «ie passa le Danube , 8c vint s’établir fur les terres de

* empire, où ils se firent chrétiens ; l’autre partie remonta* e Danube, & repassa au travers du pays des 8clayons;^ les Sclavons ou Slaves , comme je le ferai voir en

lieu , occupoient alors le pays d’entre 1 Elbe cc lafistule , c’est-à-dire l’ancienne Vandaiie. Quant a cedit Procope, qu’ils traverferent le Dannemarck, &drivèrent à Tulé , qui est aujourd’hui l’ïslande , c estV ne exagération pardonnable à un homme qni etant ne

* Cesarée eu Palestine , passa une partie de sa vie auivre Belisaire dans ses voyages, en qualité de secrétaire.Lne preuve qu’il n’avoit qu une idée fort peu co,

l’ifle de Thulé, c’est qu’il y met les Scrìtifim ,pie an* 1- • ■ ’

correctepeu-

-j- MUe les anciens auteurs mettent tous dans la Scan-^inavie. Le Danemarck Sc Thulé sont de trop dans laj ^rration de Procope. Les Herules 11’allerent pas plusoin qu’au bord de la mer Baltique. Ils vinrent, commeuit très-bien , au pays où demeuraient les Warnes.e s Warnes, ou Warins, prenoient leur nom duWar-°y , iiviere de la Basse-Saxe dans le Meckelbourg, Sc^ u ï youle à Rostock , où elle est sort large. Olivier ,ÇU'dé par une ressemblance de son , la cherche à Heel? u Heila. Voyez Heila. II ferait bien plus naturel desos chercher auprès des Warnes Sc des Rugiens , avecqui on les trouve souvent nommés. Or il se trouve qu’àdeux milles de Rostock, il y avoit une ancienne villenommée Weerle , des ruines de laquelle Schwan a étébâtie. Son nom latin étoit Herula , comme l’écrit ledocte Bangert, dans ses Notes fur la Chronique desSlaves, par Helniod,/. 1, c. 12, p. 35 ; & ce nom est^ reste de ce peuple , nom dont les rois Vandalessoient foin de se parer autant que du nom général de^nation, puisqu’ils se disoient rois des Herules & desp.f' adules. Ce que dit Procope , qu’ils trouvèrent dansç de Thulé une nombreuse nation nommée Gautes ,qu i Ut entendre les Goths , avec qui ils s’associerentsoit ^Efois. Zonare, in Gallieno , dit : il vainquit en-Jorn GS truies, peuple d’entre les Scythes Scies Coths.des tj es C ' U1 , étant Goth lui-même , auroit dû parlerç ** en, sos avec plus de connoissance de cause que lesÇ et - Cs ’ ' es fait venir de la Scandinavie, Sc dit, de Reb.<J e í C ‘ c ' 3 5 que les Danois avoient chassé les Herules'oute Ur , Pays à qve ces derniers sont ceux qui, entrebr u it ' CS nat 'ons de la Scandinavie , ont fait le plus dePlanas Cauí " e c ' e ,eur haute stature. 11 dit, c. 2.3 , qu’Er-peupi e c > rois des Goths, déja maître de bien desH e rui e s ’ ne sot point content qu’il n’eût assujetti lesïious S ’ après en avoir massacré une grande partie. IIv ouW? Prend stu'ils avoient alors Alaric à leur tête ; &a recoi en f U!te nous donner l’origine de ce peuple, ilquelauef S . a lautorité d’Ablavius , historien Goth , citécette nn^ IS par l’Anonyme de Ravenne , Sc dit quebitoir a lQl ? av< sit été nommée Eruli, parce qu elle ha-lez Gre Près des Palus Méotides , dans des marais quele s ont CS ap k>eUent Hele . II est certain que des GrecsEtj en n ° ni més 'Exágji comme on le peut voir dansCenenl C Géographe, Sc dans le grand Etymologique.Zona! ant ,° n ’îf le peut pas dire généralement ; car

'k,-, ’ dans 1 endroit cité , dit Aìpixu & Procope

' PUo ' qui est ÏHeruli des Latins. Jornandes semble

HER 3,j

nous marquer comment cette nation finît, au moins lapartie qui étoit au voisinage des Goths , vers l’Illyrie.Sidonius Apollinaris, Carm. 7, dit :

Cursu Herulus , Hunnus jaculis , Francufque natatu.

Les Herules excelloient à la course : les Huns à lancerle javelot, & les Francs à nager. Jornandes, c. 23 , ditauffi qu’ils étoient très-legers à la course ; qu’il n’y avoitpoint alors de nation qui n’en voulût avoir dans sonarmée , 6c que malgré cet avantage , ils ne laissèrentpas d’être asservis par les Goths, qui etoient plus pesans8c plus fermes , 6c qu’enfin ils furent réduits a obéir auroi Ermanaric, avec toutes les autres nations des Gères.Nous avons remarqué ailleurs, que dans ce tems onconfondoit mal-à-propos les noms de Goths & deGétes.

Pour moi je pense que la premiere demeure des He-rules étoit au voisinage du Warnau, dans le Meckelbourg,à peu-près où a été ensuite la ville de Werle , en latinHerula ; que si Tacite n’en a point fait mention , c estqu’ils étoient alors compris fous le nom général de Van-dales ; que dans les irruptions des Goths & des Van-dales , vers le midi, ils eurent leur part à ces migra-tions , 6c demeurèrent quelque tems au-delà du Danube,où abordoient les nations septentrionales ; qu’une partiepassa le Danube après la bataille perdue contre les Lom-bards , s’établit dans l’Illyrie, où elle eut tous les reversque nous avons marqués, 6c se perdit enfin dans 1 ar-mée des Goths. Que l'autre partie retourna dans laWandalie , auprès des Warnes ; que ce fut à ceux-cique les autres envoyerent demander un roi, & q ie cesHerules revenus dans leur patrie, y subsistèrent long-tems dans l’idolatrie , puisque ce ne sot que fort tardque la foi chrétienne leur fut annoncée ; encore l’em-brasserent-ils plus par force que par persuasion, puisqu’àla moindre occasion ils la quittoient, 8c massacraient lesprêtres. Leur nom se perdit peu-à-peu dans celui deSlaves , & enfin en celui de Meckelbourg.

L’auteur Latin d’une Chronique Efclavone, insérée dansle Recueil de Lindebrog, 6c réimprimée dans celui deFabricius,laquelle finit en 1487, dit que les Herules ,ou Eveldes , font entre l’Oder 6c l’Elbe , près de larivière de Habola , qui est le Havel. Ainsi il les con-fond avec les habitaus du Havelland. Le sçavant Bangertn’est pas tombé dans cette erreur ; car il dit : IV. Have~lani , ìHeveldï , 6* Hevelli , ad Havclum jluvium : leshabitaus de Havelberg ; X. Warnavi , Varini , Heruli ,Werli & H.ttv tÇovJr Wendi ceux de Rostoe, de Butzow,& de Gustro-w , trois villes situées fur le Warnau.Voyez Slaves.

HERWORD. Voyez Herford.

HERY. Voyez Herat.

HERYN , montagne de la Mauritanie Ceíàriense »selon Ptolomée, /. 4, c. 2.

HERZEGOVINE , (L’ ) pays de la Turquie, enEurope, dans la Bosnie , dont elle est la partie supé-rieure , selon M. Baudrand. On le nomme auffi duchéde S. Saba , 8c anciennement on le nommoit Zachulmi.Ce pays s’étend vers laDalmatie, qui le borne au cou-chant 6c au midi. Elle a pour capitale la ville de Caflel-Nuovo qui est aux Vénitiens ; mais tout le reste est auxTurcs qui y ont dix-huit places, entr’autres, Mostar,Narenta 6c Trebigne. Cette province faisoit autrefoispartie de la Servie.

HESDIN, ( l’S > ne se prononce point, c est pour-quoi quelques-uns 1 omettent ; en latin Hesdinium , ouHisdinïum , ville de France dans l’Artois, fur la Gauche.II faut-distinguer le Vieil Hesdin , 6c la ville qui porteaujourd’hui le nom de Hesdin. Ce sont deux villes dif-férentes.

La premiere étoit ancienne. On croît même que c’estle Vicus Helene ou Hedene Vicus de Sidonius Apolli-naris. Voyez Helene 7. Quelques savans disent qu’He-lene, femme de Constantius Chlorus, 6c mere du grandConstantin , ayant été répudiée par son mari, se retiraen ce lieu , 6c y fit bâtir un château qu’elle nommaVicus Helena. D’autres soutiennent que Vicus Helenctest Houdan ou Othain. M. l’abbé de Longuerue n a pastrouvé cette origine assez prouvée pour la rapporter,

Terne III, Y J