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Tome troisième. G - L.
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sieurs an nées ; mais elle leur fut enlevée par les cheva-liers de Tordre de S. Lazare ; & Louis XIV l’imit pourtoujours à Thôpital de Trun , par arrêt d u conseil deTan 1695. L’église des religieuses est fous f invocationde S. Benoit & de sainte Opportune. Les Bénédictines al-lèrent s’établir à Hièmes , où elles font toujours de-meurées depuis! C’est Tévêque qui nomme la prieure.

Henri I, duc de Normandie Sc roi d'Angleterre, selonOrderic Vital, avoir joint à Tancien bourg d’Hièínes,un nouveau bourg avec une église de ia sainte Vierge ;mais dans la guerre qui survint après la mort de ceprince en 1136 , il fut totalement brûlé avec Téglife ,dont on ne trouve plus aucuns vestiges, auffi-bien quedu château Sc des murailles du bourg , quoiqu’il eûtencore soutenu un siège en 1449, quand le fameux comtede Dunois, bâtard d’Orléans, le reprit íùr les Angiois.Ainsi ce lieu si fameux durant tant de siécles, ne seroitplus qu’un simple village, s’il n’avoit pas conservé unepartie de Ion ressort , parce que fa situation au hautd'une montagne aride Sc stérile , en rend le séjour peuagréable. C’est de quoi ses habitans fc plaignoient déjàbeaucoup dans la Philippide de Guillaume le Breton ,au commencement du XIII 0 siécle :

Oximiique sitos fierilì se colle gementes.

11 n’y a plus ni juges ni avocats : on n’y trouve quedu menu peuple. Le marché s’y tient le jeudi avec lajuriscliction : il s’y tient austi plusieurs foires.

Quelques favans prétendent , Sc M. Huet, évêquecTAvranches, est de ce nombre dans ses Origines de laville de Caen, p. 14, que les Ofismii dont parle César,étoient les peuples d’Hièmes, qu’il écrit Hiesmes. Ceprélat est même persuadé que les évêques de Séez yavoient quelquefois établi leur siège ; mais c’est ce qu’onne trouve fondé que fur une mauvaise tradition, commeon le marque à Tarticle de SÉRZ , Sc ce qui a été rejettépar d’autres íavans hommes. En effet il est évident queces Osismiens étoient à l’extrémité de la baffe Bre-tagne ; Sc on n’a pas le moindre monument qui prouvequ’aucun évêque de Séez ait demeuré à Hièmes depuisTan <533 , qu’on commence à les connoître par l’histoire.II est vrai que dans une charte de Guillaume, seigneurde la Ferté-Macé , qui donna, en 1053 , à l’abbaye deS. Julien de Tours , les églises Sc les dixmes des paroissesde Bellon ou Houlme , d’Habloville Sc de Giel , avectous les droits épiscopaux qu’il diíoit tenir de Tévêquede Séez ; cet évêque , qui étoit Yves de Bellesme, y estqualifié évêque des peuples d’Hièmes , Yvonis Oxismo-rum prœsulis ; son diocèse y est nommé le diocèse despeuples d’Hième , in diœcejì Oxismorum. Mais quand cetacte ne seroit pas suspect, il ne prouverait autre chose,sinon que le diocèse de Séez étoit quelquefois appellele diocèse des peuples d’Hièmes ; Sc Ton en a encored’autres preuves clans les Legendes de sainte Ceronne Scde S. Serenie , qui font bien plus anciennes que cettecharte. Cela venoit de ce que ce diocèse fe trouvoitalors compris dans le comté d’Hièmes. 11 est certain ,par un très-grand nombre d’actes , que le siège d’Yvesde Bellesme fut toujours à Séez , où , dès le commen-cement de son épiscopat, il jetta les fondemens de lanouvelle cathédrale d’aujourd’hui ; austi lui donne-t-onle titre d’évêque de Séez, avec celui des peuples d’Hièmes,dans la charte même de S. Julien de Tours , où Tonmarque ainsi fa signature : Signum Yvonis Pontifias Sag.quod est Oxismorum,

On verra dans Tarticle suivant, quelle étoit l’étenduede 1 ancien comte d’Hièmes. II n'est fait aucune mentionde fes comtes avant la domination des princes Nor-mands , quoiqu il existât du moins dès le sixième siécle ;car si Ion ne croit pas , avec Orderic Vital, que lechâteau dHiemes etoit bâti avant Jules César, il y atoujours bien apparence que c’étoit un ouvrage des Ro-mains , puisqu’il commandoit déjà à un grand pays fousles fils de Clovis I.

On ne connoît que deux comtes sous les Normands,savoir, Guillaume, fils naturel de Richard I, qui fut en-suite privé du comté par le duc Richard II, contre qui ils’étoit révolté , & duquel il obtint depuis le comtéd’Eu ; Sc Robert, fils de ce dernier duc, qui fe soulevaausti contre Richard III, son frère, & qui est accusé avec

bien de Tapparence, par les historiens , de Bavoir _empoisonner, pour monter lui-même íùr le trône duc 3 -II semble qu’après ces deux exemples, les ducs n euiie *plus voulu mettre ce comté hors de leurs mains » car ^n’y voit plus que des vicomtes , mais qui étoient -grands seigneurs. Tels furent Toussaint surnommefils d’Anfrid le Danois , Sc aïeul de Hugues, comte cChester en Angleterre ; les deux Roger de Monte 0meri pere & fils ; Robert de Bellesme, comte de r 0thieii, fils du second Roger , Robert de l’Aigle , f' ar ssde sainte Scolaste ; St Guigenalgazon , qui, quoiquebasse naissance , étoit austi vicomte d'Argentan &Domfront, par la libéralité de Henri I, roi d’Angleterre 1dont il étoit un des favoris. ^

Les rois de France tinrent la même conduite, qt> an .ils furent maîtres de la Normandie. PhilippeAugustc "Rseulement à Hièmes un châtelain nommé Aseus ,qui il donna,en 12.16, Sc à fes fils nés en légitimé fl 13 ,riage , tout ce que Guillaume de Pontchardon poíîedoà Orville, A vernes, S. Germain de la Champagne, jà la Roche, paroisse du même pays. Robert de Coches*verdict de îa forêt de Goferm , étoit en la m e ( )I1 .qualité,en 1348 , pour le roi Philippe de Valois.en 1370 , le roi Charles V, désirant avoir la villeChâteau-Posiilin en Bretagne, qui appartenois aux pt' n | : ^de la maison d’Alençon , leur donna en place , lemaine d’Hièmes, Sc celui de Caniel au pays de G 3 ^’Sc par ce démembrement du chef-lieu , ce comteéteint. Les comtes Sc ducs d’Alençon tinrent aussichâtelains à Hièmes ; mais ils Tassujettirent à leurs ovjciers d’Argentan , qui y aboient rendre la justice , eíl gqualifiant également Juges de ces deux lieux. C’est cqui a duré jusqu’au siécle dernier, qu’on lui redonna 0officiers particuliers , tant pour la vicomté que p 0l,r ^bailliage ; & le bailliage a de plus dans son ressort, bvicomté de Trun. Le domaine d’Hièmes Sc de C a 01 ,ne fut pas si-tôt uni àl’appanage d’Alençon ; il fut don’ 1pour dot avec Caniel Sc S.Silvain à Catherine d’AlenÇ 0 * 1 ’sœur du duc Jean I, Sc elle en eut austi toute la juffi ce ’mais cette princesse, étant morte en 1462, fans laisser d e(lfans de fes deux maris, qui étoient comtes deMorta' 11 ’il n’en fut plus séparé. Après le retour de TapansZe ^la couronne , il fut engagé avec les domaines d’ArgeUtan Sc de Trun, à la maison de Luxembourg, puis à cede Vendôme , de laquelle il a passé par donation du o enier duc de Vendôme dans celle de Condé, puis audu Maine, du chef de la duchesse qui est de la man 0de Condé. II a aussi la nomination des officiers de t°ces sièges. A > e

II y avoit ci-devant, proche d’Hièmes , une forethaute futaye de quatorze à quinze cens arpens, qui e / 0 - (très-estimée pour la beauté de fes arbres ; Sc elle ^ to cappellée la Haye D’HlEMES , parce que c’étoit le P 3 ^des anciens comtes ; mais elle a été essartée au c°b

mencement de ce siécle, pour y mettre le haras d u t ^qui étoit auparavant à Saint-Leger en Yveline. O? ..environné de grands fossés, dans un lieu appellé ée “ , gfbois. On a fait des bâtimens magnifiques & comif 0 fpour les officiers du haras, Sc de très-belles écurie*P 0 ^les chevaux : on découvre ces édifices de cinqlieues loin ; mais on dit que les fondations n’eNpas assez solides. daYS

HIEMOIS , ( le ) ou l’Exmots , ou le K ^p’HlEMES , Eximenfis p a pis. Ce pays compre 11 ^jourd’hui deux archiaiaconés d’une assez grandedue ; l’un appellé 1 ' arckidiaconé d’Hiémois , dans I e ^uscèfe de Séez , contient cent soixante-six paroisse*les doyennés d’Hièmes, de Trun, de S. Pierre-sssr^s,de Falaise Sc d’Aubigny ; Tàutre archidiaconé d’Ht° ^dans le diocèse de Bayeux, renferme cent quarafl ?paroisses sous les doyennés de Cinglais, de Vau c ^ ^de Troarn , & joint la ville de Caen , dontportes est , par cette raison , appellée la Po^A uC oupMoise. Mais il est évident que ce pays étoit be» , ^stplus grand autrefois , puisque Hièmes, fa cap lta g a ’ u treprésentement à une de fes extrémités, & lieues;extrémité qui va jusqu’à la mer , en est à diS' 01 ' 1 r ètostaussi a-t-on des preuves que l’autre pays d’al en saintd’abord de fa dépendance. On voit par la v‘ e J ^ ssvSerenie , que la solitude de ce saint, qui et01 jgssoU*lieues d’Hièmes , fur la rivière de Sarte, au '