néanmoins si froid, qu’il pétrifie tout ce que son y jette.
néanmoins si froid, qu’il pétrifie tout ce que son y jette.Si l’on y fiche un bâton, il devient fer à Tendrait par où ilest fiché dans la terre ; ee qui touche l’eau, fe pétrifie ; Stce qui est au-dessus de T eau , demeure bois. Bleíkeniusdit savoir éprouvé deux fois; il ajoute qu’ayant mis aufeu, ce qui lui íémbloit fer, ce fer brûla comme du char-bon. Il dit auífi, qu’au milieu de Tlstande , il y a un au-tre lac, qui exhale une vapeur st dangereuse, qu’elletueles oiseaux , qui volent par-dessus. Ce lac est commeTAverne des Grecs,- dont Virgile parle au /. 6 de l’Enéïde 5
Qitem super haud ullee p&terant impuni volantes^
Tendere iter permis , talissese halitus atris
Faucibtts csfunderrs , suptr a ad convexa ferebaíi
Zfnde locíim Grau dixerunt nomine Aornon<
Blefkenius ajoûte, à ce qu’a dit Átngrimus des fontai-nes chaudes de l’Iílande , qu’il y en a de si chaudes enquelques endroits, que qui les touche s’y brûle. Quandcette eau fe refroidit , este laisse du soufre au-destus defa superficie. On voit fur ces eaux des plongeons rou-ges que Ton perd de vue, si-tôc que Ton s’en approche,St qui remontent fur leau,- pour peu que Ton s'en éloùgne. Le même dit encore , qu’en un endroit de l’isie,que l’on appelle TurLoskhavtn , il y a deux fontaines,Tune froide St l’autre chaude , que Ton fait venir pardivers canaux dans un même bassin ; & que les eauxde ces deux fontaines, mêlées ensemble, composent unbain très-excellent. Assez près de-là, dit-il, il y a uneautre fontaine, dont l’eau a le goût du bled, & a cettevertu de guérir les maux vénériens , que Blefkenius as-sure être fort ordinaires dans cette iste.
II n’y a dans toute Tlstande aucune minière de quel-que métal ou minéral que ce soit, si ce n’eft de soufrequi est très-commun dans toute l’iste , mais que l’ontire en plus grande abondance d’une montagne nomméeHecla, qui est TEtna de Tlstande ; car elle jette desflammes qui causent de grands embrafemens aux envi-ions. Cette montagne est du côté de la partie orientale,déclinant à la méridionale St assez proche de la mer.Blefkenius dit que ce mont fie jette pas seulement desflammes, mais des terrensd’eau qui brûlent comme deTeau-de-vie.- II jette quelquefois auffi des cendres noires,St ûne quantité prodigieuse de pierres-ponces. La tem-pête qui agite ce mont, cesse au vent d’ouest, qui estle zéphyre des anciens. Tant que ce vent souffle, ceuxqui eonnoissent ce mont , St qui en savent les cheminssûrs , montent hardiment à son plus haut sommet, St àTend roi t par où il vomit des flammes , où ils jettent degrosses pierres que le mont rejette comme une mine faitVoler les éclats d’un mur qu’elle emporte. Il est très-íktììgereux d’en' approcher à ceux qui n’en eonnoissentpas les avenues ,, parce que la terre qui brûle au-dessousvenant x fondre, a bien souvent- englouti des hommes-VIvans dans ces fournaises ardentes.-
Les habitans de l’ifle croient qu’une partie des damnésest jettes dans les feux du mont.Hécla, pour y brûler,St que l’autre est condamnée à geler éternellement dansfes glace%q.ui font auprès de leur iste.
Blefkenius dit- qu étant en Islande, fur la fin du moisîle Novembre, on vit à minuit grand feu fur la mer, auxenvirons du mont Hécla , St que ce feu éclaira touteTisse ; ce qui étonna tous les habitans.- Les plus expéri-mentés assuraient que cette lueur venoit du mont Hé-ela- Une heure après, Tisse trembla ; St ce tremblementfut- suivi d un éclat de tonnerre épouvantable. On fut,peu de jours âpres que la mer s’étoit tarie à Tendraitoù le feu avoi-t paru r St qu’else s’étoit retirée à deuxlieues de-lá. f . .. ..
Les Istandois n ont point d’argent monnoyé. On leurapporte de la farine , de la biere , du vin, de l’eau-de-vie , du fer , du drap St du linge. Ils donnent en échangedes poissons secs, du beurre , du stfif, des draps gros-siers , du soufre , des peaux de renards, d’ours St deloups cerviers. Blefkenius dit que les Allemands, qui tra-fiquent en Islande , dressent des tentes près des havresoù ils ont abordé, St y étalent leurs marchandises, quisont des manteaux, des souliers, des miroirs, des cou-teaux St quantité de bagatelles qu’ils échangent avec çe
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que les Istandois leur apportent. Les filles, qui sont fortbelles dans cette isle , mais fort mal vêtues, vont vo bces Allemands, St offrent à ceux qui n’ont pas de sem.mes de coucher avec eux, pour du pain , du biscuitqueiqu’autre chose de peu de valeur. Les peres m c me >dït-on, présentent leurs filles aux étrangers ; St si leursfilles deviennent grosses, elles sont plus considérées parles Islandois que les autres : il y a même de la preste *íes avoir. ,
L’ancienfie Islande étoit divisée en quatre provinces»'selon les quatre parties du monde. Clíaque province etoi -divisée en trois bailliages , que les Islandois appelle 11Repes : excepté la province septentrionale, qui, commela plus grande St la plus importante en avoir quatre-Chaque bailliage étoit íùbdivifé en six, sept ou huit, odix judicatures , selon sort étendue. Chaque provinceassembloit fes bailliages une fois Tannée, Sc la convoca^tion fe faisoit par de petites croix de bois que le g°. u 'verneur de la province envoyoit à fes baillifs, qu ebaillifs distribuoient à leurs juges , St que les jugessoient courir par les familles de ceux qui fe devose 1 )trouver à ces assemblées. Le chef de la justice, qui P se ^fidoit aux quatre provincesSt qui étoit comme le > oU *verain de Tlstande, son- nomophylax ou le conservé"teur de fes loix , assembloit aussi,? en certains teins» ‘ e _états-généraux de Tisse. La convocation s’en faisoit pa*-quatre haches de bois , que ce chef envoyoit aux S oUverneurs des quatre provinces. . -j.
II y avoir dans chaque bailliage trois temples p r,n , c Jçpaux , pour la justice, St le culte de leurs dieux » c e ;pourquoi la charge de baillis s’appelloit GodoRP» ^signifie divine. Le principal soin des baillifs étoit de p 0U Uvoir à la nécessité des pauvres, qui est très-grande da? ;ce pays ; d’empêcher que les pauvres d’une repe OU b a ! :liage ne courussent à l’autre , St d’arrêter la licence ^mendians volontaires, contre lesquels les loix étoie* 1très-rigoureuses ; car on permettoit de les tuer ou de/ ^châtrer , de peur qu’ils ne multipliassent, St ne siu 0 "d’autres coquins comme eux. II étoit même défendu»peine de Tex-il, à un homme pauvre, de se marier a^une femme pauvre comme lui. On défendoit, so uSmême peine, à celui qui n’avoit de quoi vivre que P°jlui seul, de prendre une femme qui n’eût pas de Û u °s’entretenir elle-même. . > -
Ce gouvernement aristocratique St cet ordre de j u *tice durerent, parmi les Istandois, jusqu’à Tan x 2,6)» %les rois de Norwége fe rendant maîtres de Tisse, ladirent tributaire par la mauvaise intelligence des IÁ anC \LeLes rois deDanemarck, ayant ensuite réduit lede Norwége en province, donnerent des vice-rois 3peuples, qui n’ont retenu, depuis ce tems, qu’unelégere de leur ancienne forme d’état. La demeure de ^vice-rois est à la partie méridionale de Tlstande, d 3ll i[í-château nommé BesestADT. Ils ne sont pourtant 0 ^gés à résider actuellement dans l’isle , qu’en cas re .ceísité; St ils n’y vont qu’une fois Tannée, poU r0ce voir les tributs qui consistent en ces mêmes í^ osl tque les Islandois échangent avec les étrangers ,, fesle roi de Danemarek pourvoit une bonne parti 0 0 te >navires, soit pour nourrir, soit pour habiller f 0S 1 ìlots. Le dernier vice-roi d’Islande étoit- M-. Prosst 1 ^amiral de la derniere flotte Danoise, qufe les Suéd 01 * u £firent fur cette mer. II fe battit vaillamment, Stfur son bord, l’épée à la main , ayant refusé le ^que les ennemis de son roi vouloient lui donn er ‘ u ’ e ttArngrim Jonas ne fait Tlstande Chrétien 110 tr ’ a u-*Tan lOoo. Les Istandois pa-yens adoraient » , jti-
tres dieux, Thor St Odin. Thor étoit co? 11110 £ r ecspiter , Odin comme le Mercure des 5 rsdóêï
St Latins. Ils nomment encore leur jeudi , 'd’ 10 àSt le mercredi, Odensdag ; les autels conSâ p épl^'ces dieux , étoient revêtus de fer ; un feu »
y; brûloit ; il y avoir fur cet autel un vase £ 0 udans lequel on versoit le sang des sacrifices » K ^ o j £ unarrosoir les affistans. Au côté de ce vase, " ^ ^-| s flot"anneau d’argent, du poids de vingt onces, í lss g0 oi enCtoient du sang de la victime , Sí qu d s . ^ 1T1 P sl el. Leursquand ils vouloient faire quelque ferment io ‘ e ^ eS à l eurSAnnales portent qu’ils ont sacrifié des hom ; e ttoi ell fidoles. Ils les écrafoient fur des rochers, ou j ce ]& y ^dans dgs puits profonds, creusés St desones p