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Tome troisième. G - L.
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durant la nuit ; 8c comme leur maître est caution de toutce qui fe perd la nuit, c’est proprement à eux d’en ré-pondre , parce que c’est à eux qn’il s’en prend. Le soiron volt dans cette place des charlatans , des marion-nettes , des joueurs de gobelets, des conteurs de Ro-mans , en vers 8c en proie, des prédicateurs même, Scenfin des tentes pleines de femmes débauchées , où l'onva en choisir à Ion gré. Cette place rend par jour en-viron cent francs , q.u’on leve íùr tous ceux qui y éta-lent, quoiqu’il y ait des boutiques qui ne donnent qu’unfol par jour; Cette rente appartient .à l’égliíè. On ditque du tems d’Abas le Grand Sc de son successeur , laplace donnoit de rente cinquante écus par jour. Enfince marché est le plus universel que j’aie vu.

Voilà l’aspect du dedans de la place. II faut présente-ment décrire les grands édifices qui sont bâtis dessus, Scqui en font le plus bel ornement ; savoir la mosquéeroyale SC la mosquée du grand pontife • le pavillon del’horloge , St le marché impérial ; pour le pavillon quiest sur le grand portail du palais royal, il entrera dansla description de ce palais.

La mosquée royale est située au midi, ayant áu-devantun parvis en polygone. La face de l’édifice est pentagone,Sc vous y voyez des deux côtés un balustre de pierre po-lie , à hauteur d’appui , qui s’étend jusques vis-à-vis dél’entrée. Les deux premieres faces sont ouvertes en ar-cade , qui donnent sous les bazars ; Sc elles sont traver-sées d’une chaîne , pour empêcher les chevaux d’y pas-ser ; les deux autres au-deflus sont de grandes boutiquesd’apothicaires Sc de médecins ; car à présent en Orient,comme autrefois en Gréce , la plupart des médecinssont aussi apothicaires Sc droguistes. Les étages supé-rieurs , qui sont à quelques vingt pieds du bas, ont desgaleries qui ressemblent à des balcons. La face intérieure,qui forme le portail, est en demi-lune, enfoncé de treizepieds environ , fort élevée , Sc toute revêtue de jaspedu rez-de-chaussée à dix pieds en-haut, avec des per-rons de même ouvrage : l’ornement en est merveilleuxSc inconnu dans notre architecture Européenne ; ce sontdes niches de mille figures , où l'or Sc l’azur se trouventen abondance , avec de la parqueterie faite de carreauxd’émail, Sc une frise plate autour , de même maniéré ,qui porte des passages de l’Alcoran, en lettres propor-tionnées à la hauteur de l'édifice. Ce portail est ornéd’une galerie comme celle des côtés ; les linteaux sontde jaspe : la porte est à-peu-près de douze pieds de large,fermée de deux batans, revêtus de lames d’argent mas-sif, cizelé Sc doré. Joignant le portail, en dedans, ily a deux hautes aiguilles ou tourelles, avec des galeriescouvertes au-dessus des chapiteaux , le tout de mêmeouvrage que le contout du portail.

En entrant par ce beau portais, on détourne tant soitpeu vers l’occident, Sc ayant fait quinze pas, on trouveau milieu un beau baffin de jaspe , à godions, de sixpieds de diamètre , soutenu sur un piédestal de mêmematière , de huit pieds de haut avec des marches. C’estpour donner à boire aux passans ; car dans les pays oùl’on est souvent altéré , Sc où l’on ne boit que del’eau,c’est une des charités les plus ordinaires, que de don-ner à boire aux passans ; Sc c’est pour cela que danstoutes les bonnes villes , on trouve de grandes urnes deterre pleines d’eau, à divers coins de rue ; mais auffi ily a des hommes gagés, qu’on appelle sacab ou porteursd'eau , qui vont dans les rues, sur-tout en été, un grosoutre plein d’eau fur le dos , 8c une tasse à la main,présentans à boire à tous les passans.

En tirant de ce baffin vers le corps de la mosquée,par une allée découverte , qui va en élargissant, Sc quiest formée de quatre grands portiques de chaque côtéen arcades , on entre dans une spacieuse cour , qui a aumilieu un baffin a bords de jaspe , de vingt-six pas encarré , 8c qui est terminee par cinq grands portiques enarcades, couverts chacun d un comble rond, supportépar de gros pilastres , le portique du milieu étant devingt-six pas de large, ceux des côtés de quinze pas cha-cun, 8c les deux autres de dix. Le portique du milieu estprofond de soixante pas ; son dôme , surmonté d’uncroissant doré, est un des beaux morceaux de l’architec-ture moderne des Persans ; il est si haut, qu’on le voit dequatre grandes lieues , en venant de Cachan. Ce vasteportique, qui est comme lé 4 chœur du temple, est séparé

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'autrein-de

en deux parties inégales, l’une de quarante pas?de seize, par un mur de dix pieds de haut, qui cep ,dant ne paroît pas plus hâut qu’un balustre, a eaula hauteur du portique. II y a au milieu de ce mur ^large porte qui mene dans l’intérieur du portique,partie antérieure , qui a quarante-quatre pas', de P r0 ar .deur, comme je l’ai dit, 8c qui est élevée de deuxches au-dessus de l’autre , est revêtue de marbre ^côtés ; le fond du portique est marqué par un enta ^ment de jaspe , en forme de porte , incruste ^ aî ^ e [ 3mur , de dix pieds de haut, 8c de trois de large,s’appelle le mahrab , 8c c’est une espece de lubé ; 1 ^aux Mahométans à marquer où il faut tourner le v> c8c les regards , pour être justement dans le cercle ve £ j £Scal de la Mecque , vers laquelle, selon la doct rl st, e eMahométans, il faut être tourné en faisant sa priere. Cole pilastre gauche du portique , il y a une chaire de Pphyre , élevée de quatorze marches , faite en manide trône, dont la quatorzième marche est plus large 4la treizième, parce qu’elle sert de siège : c’est ° u .j yprêche en hyver, ou dans les mauvais tems ; car .a une autre chaire à l’entrée du portique , où Ion P^che quand le tems le permet. On y fait des prôn eSsermons le jour de culte public , comme les jours dupos , qui est le vendredi 8c les fêtes ; 8c c’est ordinu^ment après la priere de midi, dans les grandes tnos<P~. ,Mahomet 8c ses premiers successeurs faisoient re §rernent ces prônes , 8c c’étoit leur droit de régalecommunicable, parce qu’ils s’arrogeoient les deux g ,- tves, le spirituel 8c le temporel. Cette pratique s ab .peu-à-peu. Les princes régnans ne sont pas prédicats ^cette fonction est propre aux gens d’église , comme cse pratique aujourd’hui dans tous les états MahometAu-dessus du mahrah ou jubé , il y a une armoire ^dans le mur, de trois pieds de haut, 8c de deuxlarge , de bois d’aloës, ornée de lames d’or, 8c g* r .d’or massif jusqu’auxpentures, fermée d’un cadenat-d^c’est où l’on garde deux reliques fort précieuses auPpie Persan ; l’Alcoran écrit de la main d’Inían -il y a plus de mille ans, 8c la chemise d’Iman-H 3 '^ ‘teinte du sang des blessures dont il mourut. On ne h 10tre jamais cette relique, 8c on ne la doit tirer deho r 'qu’en cas d’invasion, telle que le royaume soit enger ; car les Perians assurent que mettant certe che'^au bout d’une pique , 8c la faisant voir à l’ennenu, tseul le met en déroute. rí p

Les côtes de la cour consistent chacun en steufp 0ques , celui du milieu plus large 8c plus haut que pi-tres ; 8c joignant cette cour, il y en a une autre d exante 8c quatorze pas de long, 8c de trente dequi a auffi un grand baffin de marbre au milieu, *^ rr eentourée de beaux 8c profonds portiques, élevés d e L jzde trois pieds 8c demi. Les cours 8c tout le fond j> 0 u-mosquéesont de grandes 8c massives pierres, 8c toi' 1 j^ allvrage est revêtu de briques vernissées d’un émarges8c vif d’ouvrage mosaïque, qui contiennent desP al 0de l’Alcoran, presqu’en tous les endroits. , zp-L’autre mosquée qui donne fur la place, 6c q 110 ^,nspelle mosquée du grand-pentfe ou Fathé-Alla , ^ugairqui diroit Couverture du ciel, n’est pas si grandes

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coup près. L’entrée en est pourtant large de vmg Jjfés8c profonde de quinze, faite en demi-lune, c ° ^^ar,de portiques, dont les deux premiers touchent ‘ e ^ j aqui régne autour de la place. Le bas de l’éd'^^g dehauteur de sept à huit pieds , est revêtu de émad -jaspe, dedans 8c dehors ; le haut l’est de bri<î ue eíìlées , comme la grande mosquée : ce han 1 C< L eI1 tregaleries, balcons 8c niches de mille figures- ^ p^rdans l’égliíè par un perron de douze mareb es »

une galerie voûtée , qui conduit au corps de r nt steîlequel est couvert d’un gros dôme. A l’est tour j gs p U ri-cours, avec des bassins 8c des urnes d’eau P® 11 ^ ' sot*fications. La chaire en est portative. Le r ’ estpeut appeller en quelque sorte C autel Jdaho 1 Jj’of-de jaspe, supporté par des pilastres d’érn* 1 ve , petfdre Ionique. Du reste cette mosquée est j om a ppar te-fréquentée. II y a un palais qui y joint, ieque p. jnoit au grand pontife du tems d’Abas 1 6C e . ^rsLe pavillon de Chorloge est un bâtiment je à f 0 nd’œuvre, qui fut fait pour la récréation d A 4^

avènement à la couronne ; c’est un vrai jeu