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Tome troisième. G - L.
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ínìse, en 1672,1673 Sc 1674.) II n’y a point d’ingénieursqu’elle n’écoute volontiers fur les moyens de nettoyerles lagunes ôc d’empêcher lé limon de s’y acumuler. C’estpourquoi on y voir de prodigieuses machines pour creu-ser incessamment les avenues 6c les principaux canaux deslagunes. Et comme la république a toujours été per-suadée que ces alterrissemens étoient particulièrement cau-sés par les clégorgemens de la L tente ( k ) ôc de laPiavequi charrioient du fable dans les lagunes , elle a fait fairedes travaux extraordinaires pour en détourner le cours,jettant l’une vers Brondolo , par un nouveau canalqui a plus de trente milles de long, ôc qui est taille dansles plaines, & faisant passer l’autre au-dessus de i embou-chure des trois portes, par des canaux, qui, ne pouvantque difficilement résister à la rapidité de son cours, coû-tent beaucoup à entretenir, fans toutetois que ces tra-vaux produisent beaucoup d’effet ( 1 )•

Quelques-uns croient que cette diminution de pro-fondeur vient de ce que les Vénitiens, pour aggrandirleurs Lagunes, rompirent & firent applanir une digue quiaîloit autrefois de Chiofa a Fucme ( m ) , & qui avoirpar conséquent plus de vingt milles de long; comme elleétoit directement opposée au cours que le flux donne àPeau de la mer , elle étoit cause auffi qu’elle s’en re-tournoit avec plus de rapidité, ôc que r.on-feulementelle emporcoit le limon qu’elle laisse, depuis que sonmouvement se-trouve ralenti par la vaste étendue qu’onlui a donnée au-delà , mais auffi que ce même cours plusrapide, qu’elle avoir autrefois, entretenoit la profondeurdu port Malamoque, qui étoit opposé à cette digue.

Des ijles qui font dans us lagunes.

L’on compte environ soixante ifles dans toute déten-due des lagunes, parmi lesquelles il y en a plus devingt-cinq de bâties, & considérablement peuplées , eny comprenant celles qui séparent la mer d’avec les la-;Aunes, ausquelles les Vénitiens donnent le nom de Lidoqui signifie ravage. Celles-ci font longues , értoites', Scle terroir en est maigre ôc sablonneux; cependant, par letravail des habitans, il est devenu fertile en plusieurs en-droits, où l’on voit quantité de jardins. De toutes ces iflesqui bordent la mer, celle qu’on appelle la Palejlrine , estla plus peuplée Sc la plus agréable. Voyez: Palestrine.Celles des autres iíles, qui font habitées, font ou occu-pées par un seul couvent dont Peau environne les mu-railles de toutes parts , comme font ceux du S. Esprit,de S. George d’Aléga, de sainte Seconde, Sc plusieursautres ; ou bien elles composent des villages Sc de peti-tes villes peuplées de quantité d’habitans, avec des con-vens de religieux, de religieuses, Sc de belles églises.

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Telles sont les istes de Burano, de Mayorbe , de Toi"celle, â quatre ou cinq milles de Venise. Elles etoientmême très-considérabies, dans les premiers tems de la ré-publique ; mais l’altération de l’air, pour les raisons q» enous avons expliquées, les a fait abandonner par les meu'leurs habitans.

Ces ifles composent un évêché dont l’évêque est con-traint de faire fa résidence ailleurs ; les religieux mentequi y ont des couvens ( n ) les abandonnent pendantl’éte, à cause de la malignité de Pair, en y entretenantnéanmoins quelques pauvres prêtres, pour ne pas lantermanquer de messes les habitans que la nécessité oblige dédemeurer dans ces lieux-là. Quant aux religieuses, commeelles n’ont pas la liberté d’aller ailleurs, elles y demeu-rent malgré elles, ôc témoignent à ceux qui les vont vi-siter , un déplaisir extrême de porter fur leur visage desmarques évidentes du mauvais air qu’elles respirent. Aleur teint jaunâtre, on donneroit quarante ans à celles q UIn’en ont pas encore vingt-cinq.

De toutes les ifles des lagunes, après celles qui corri-posent le corps de la ville de Venise , Murano ou MoU*ran est la plus considérable. ,

LAGUSA, petite isie, dans la mer de Crète, aupt eSde Sicinus, selon Strabon, L 10, p. 484, ôc Etienne se

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Géographe.

LAGUSSA, isied’Asie, dans la mer de Lycie, ss"lon Pline, /. 5, c. 31 , qui dit qu’elle étoit vers le fleuveGlaucus : or ce fleuve étoit de la Carie ; le P. Hardoumécrit Lagusa, & confond cette iíle avec la précédente,en quoi il fe trompe.

LAGUSSAt, au pluriel, génitif arum , isie d’Asie, so rla côte de Troade, selon Aéthnée cité par Ortélius.

LAGUSTA , petite isie de Dalmatie, dans le goh ede Venise, près de Piste de Curlola, au midi, ôc à qua-tre-vingt mille pas de Ragufe, dont elle dépend. * Batt*dr and, éd.1705.

LAGYRA, ville de la Cherfonnèfe Taurique, ou,qui est la même chose, ancienne ville de la Crimée, 1 ®'Ion Ptolomée. Niger, Comment, ix , p. 250 , croit qu®c’est présentement Soldaïa , mot qu’Órtéliùs avoir très-bien écrit. Baudrand, éd. 1705, faute de consulter Ni'ger, écrit Soldadia, comme si ce mot étoit dans Niger»en quoi il s’est trompé.

x LAHA, ou Laa , ou Lab , petite ville d’Allemagne,dans la basse Autriche, fur la rivière de Téya, aux fron-tières de la Moravie , ôc à huit milles de Vienne. Cus-pinien la nomme en latin Laha , ôc Bonfinius Lava. Lusest remarquable par plusieurs événemens historiques.Frédéric, duc d’Autriche, le dernier de l’ancienne maisond’Autriche, étant tombé dans la disgrâce de PempeteUtFrédéric II, fe ligua contre lui, avec Wencestas, roi ds

(K) On n’a pas seulement détourné les rivières B renia ÔC Piave, comme nous Pavons déia dit, mais auffi cell eSdu Sile ÔC du Bacclúglione , Ôc même le Pô , parce qu’il venoit tomber trop près, relativement aux ports &lagunes. La diversion de la Brenta a été faite par le moyen de deux canaux, dont Pun part du Dolo , ôc l’autre d sîa Mira, ôc tous les deux vont fe terminer à Brondolo : le premier a été fait dès Pan 1488 ; mais il n’eut fa fl er "section que beaucoupd’années après ; le second, Pan 1610, ayant Pun ôc Pautre un cours de vingt milles. La riviez®du Sile a été divertie par un canal de quatre milles, qui aboutit à la Piave , laquelle s’étoit d’elie-même détour»®®auparavant dans les marais inférieurs de Caorle , quoiqu’aujourd’hui elle ait son embouchure dans la mer, à Corte*'lazzo, ayant rompu la digue qu’on lui avoit opposée. Pour la Liven^a, asin qu’elle fît place à la Piave , estedirigée vers les marais supérieurs de Caorle ; de forte que présentement les lagunes de Venise ne reçoivent d’a» tr ®eau douce que celle de trois petites rivières, Dese , Zero ôc Marpenego , qu’on détournera auffi quelque jour.

C 1 ) B est arrivé ce que l’on s’étoit proposé par la diversion des rivières; car les atterriflemens de lagunes ne so npas tels aujourd’hui, qu’on ne puisse les ôter facilement, ôc autant qu’il le faut, à l’aide des machines orclina»' e *dont on se sert pour tirer le limon ; ôc d’un autre côté l’air que le gouvernement de Venise a eu auffi en vue da»ces diversions de rivières, est réduit présentement au possible degré de bonté.

(") La digue , dont on parle ici, formée depuis Pan 16x0, subsiste encore, ôc on Pap pelle la digue de la c ° nt \ úminatione , le long du canal de la Brema , qu’on appelle Taglio noviffuno : c’est ei!e qui sépare le domain®privé, c’est-à-dire les lagunes des terres des particuliers. Cette digue, qui n’y étoit pas avant la derniere diverfi 0 . 1de la Brenta, ne cause point, comme on le dit ici, lerepoussement 011 le contre-choc des vagues de la mer; » l3l _elle empêche les eaux douces de fe joindre avec celles des marais , ôc de les gâter ou de les embourber ; c’est P° ur 'quoi tout le raisonnement de fauteur, par rapport à cette digue, s’oppofe à la vérité du fait.

( n ) L’ifle de Burano est très-peuplée par la commodité de la mer voisine, & du port de Trois-Ports. Les deoautres de Ma^orbo ÔC de Torcello font peu habitées, non pas tant à cause de Pair qu’à cause que leurs habita»* »f qui font presque tous des pêcheurs,) se font transférés à Burano , lieu plus commode pour la pêche. Les couvede religieux y font, à la vérité, presqu’abandonnés ; mais c’est parce qu’ìls en ont de meilleurs à Venise. Pour .gieufes que la clôture oblige de demeurer toujours dans leurs couvens, il est faux qu’elles ayent un teint ) a ' JÍ L^ e ’mais elles jouissent d’une parfaite santé , fur-tout depuis qu’on a détourné la rivière du Sile. Ses eaux douces, mavec les salées des lagunes, causoient principalement cette insalubrité d’air, dont sc ressentoient autrefois r - im i frses, de même que le reste des habitans de ces istes. * Notes tirées du Dictionnaire de la Martiniere ■> 1 P

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