lap
B so paye feulement une richdale. Comme it arrive soù-que plusieurs d’entr’eux n’ont point de richdaies ,s donnent des peaux de renards Sc d’écureuils. Cin-^ Ua °te peaux d’écureils font estimées une richdale , Sc, ne peau de renard avec une paire de souliers à la mode* es Lappons, vaut la même chose. Les poissons doivent, re secs ; il en faut deux livres du grand poids, pour8 a ler une richdale. Ils donnent aussi la dixme de leurspnnes , & ce tribut le leve fur chaque pays, Sc non iures familles particulières. Outre cela, chaque chef de fa-est obligé de donner ou une peau de renard blanc,deux paires de souliers du pays ; Sc quand il ne peutOurnir ces choses, il paye une demi-livre du grand poidse brochets secs. Une partie de ces tributs s’emploie à? n stettnir les prêtres, qui demeurent en ce pays, pourbruire les Lappons.
Depuis qu’ils n’ont plus été assujettis aux Biikales, ils° nt eu une grande liberté de trafiquer avec les autresplions. Ceux qui demeurent proche des montagnes quiî e Parent la Norwége de la Suéde, ont commerce avecJes Norvégiens Sc tes Suédois. Ceux qui sont plus éloi-8 st es de ces montagnes, n’enont qu’avec ces derniers; Hcî*u* qui sont plus vers le nord Sc l’orient, trafiquent aveces Russes Sc les binons. Les marchandises qu’ils échan-8 e nt avec de l’argent, des richdaies, des étoffes de laine,de la toile , du cuivre, du laiton, de la farine, du sel,des peaux de bœuf, des aiguilles, des couteaux, del’es-Pnt de vin, Sc sor-tout avec du tabac qu’ils aiment pasbonnement, sont des rennes Sc des poissons qu’ils pren-ant en si grande quantité , qu’ils en remplissent des ré-er voirs, & en mettent dansdes bariques, pour porter auxProvinces voisines qui lont la N'orthborhnie Sc la Russeblanche. Ils trafiquent auffi de peaux extrêmement bìan-ch es, qu’ils nomment des armelines, Sc dautres peaux, de* er >nes, de renards noirs, de roux, de bleus & de blancs,°, e goulus , de loutres, de martres, de castors, de loups,d ours 6c d’écureuils, de robes du pays, de gants j desouliers, de bottes, de brochets defléchés Sc de bornagede lait de rennes.
Les Lappons ne s’appliquent ail travail qué lorsque lej? 1 an que de vivres les y oblige, Sc menent une vie assezsolitaire, à cause que chaque famille demeure dans sesRabanes séparées, & souvent fort éloignées de toutes lesautres. Ils se plaisent fort à visiter leurs parens Le leurssinisa Les plus riches se font un plaisir de régaler ceuxqui les viennent voir. Ils ont des jeux qui charment leuroisiveté, sur-tout en hiver, lorsqu’iìs s’assemblent aux lieuxdestinés pour y mettre en vente leurs marchandises, Scsendre la justice. Les hommes tracent une ligne fur làbeige, Sc mettent un but au-delà, dans la distance clequelques pas. Chacun d’eux court depuis ce but jusqu’àJa ligne, où étant arrivés , ils se lancent en sautant le plussoin qu’ils peuvent, Sc celui qui peut lauter plus avantr emporte le prix. Quelquefois le jeu consiste à qui pourrafauter le plus haut, & pour cela on rient une corde oubâton à une certaine hauteur * Sc ils tâchent l’un après1 autre de fauter par-deffus cette corde ou ce bâton. Ils0n t un autre jeu qui se fait avec íes flèches, ils marquentbut fort petit, où ils tirent avec l’arc, d’une certainedistance, Sc le vainqueur est celui qui donne plusieurs*°is dedans. Les hommes & les femmes jouent auffiÇuélquefóis ensemble avec une balle de cuir remplie desoin. Us se partagent en deux bandes : l’une tient un cer-îain espace. Sc l’autre un autre, avec quelque distancee ntre deux Etant ainsi disposés, tous ceux d'un parti frap-pât l a balle l’un après l’autre avec un bâton , & la fontj°sor en l’air de toute leur force. Si quelqu’un de ceuxde l’autre parti peut l’attraper de la main, avant qu’ellesofnbe à terre , le jeu fe change ; ce parti frape la ballea son tour Sc l’envoie en l’air. Quelquefois ils tracentdeux lign es fur la neige gelée , éloignées l’une de l’au-tre d’un certain espace. Les hommes Sc les femmes sePartagent indifféremment en cieux partis, qui entrepren-ent chacun de défendre une de ces lignes. Ils s aílem-ent tous ensuite au milieu de l’espace qui est^ entreeux, Sc tâchent de pouffer la balle avec des bâtons,■vers la ligne du parti contraire. Celui des deux partisqui reuffit, remporte l’avantage. Les femmes dans l’un* 1 autre de ces jeux , ne font pas paroître moins d’a^seffie Sc de vigueur que les hommes. Ceux qui sont
LAP 7i9
avancés en âge; Opt Un jeu qui leuf est particulier. Ils fedivisent en deux classes pour lutter les uns contre les au-tres. Une classe se poste sur une longue ligne de front;comme un rang de soldats en bataille, Sc 1 autre lé rangefur une ligne opposée. Ils prennent chacun leur adver-saire par la ceinture, & celui qui peut le renverser par terre*sort victorieux dp jeu.. Les prix que remportent ceux quigagnent, font tantôt des écureuils Sc tantôt des ,choiesde moindre valeur. Quelquefois ils jouent les balles demousquet, dont ils fè fervent à la chasse ; Sc celui quiles perd ainsi, ne pouvant plus y aller, en reçoit ungrand dommage, puisqu’il ne sautoir plus faire provisioncfaliment polir l’avemr, jusqu’à ce qu'st ait recouvré d’au-tres baies.
Les Lappons n’ont point de médecins, &c ne croientpas en avoir besoin, n’étant point attaqués de beaucoupde maladies, communes ailleurs. Le mal des yeux qu’ilsont pleureux, chassieux Sc enflammés, est parmi eux laplus ordinaire, Sc elle est assez souvent .suivie de la pertede la vue. Cela vient de la fumée, dont léur cabane esttoujours remplie, Sc de la lueur du feu devant lequelils sont la plupart du teins dès leur naissance,! Ils devien-nent quelquefois poulmoniqués, Sc font affligés de pleu-résie , de douleurs aux épaules, à l’estomac , à l’épinedu dos, Sc de vertiges ; mais cela leur arrive rarement.Contre tous les maux internes, ils fe fervent d’un breu-vage fait de la racine d une mousse, qu’ils nomment jerthzSc à son défaut , ils prennent de l’angéiique. Ils fontcuire la tige de cette herbe dans du lait clair de renne,Sc cette décoction leur tient lieu de médecine. Quandils sentent des douleurs en quelque partie du corps, il?prennent une espece de champignons qui viennent auXarbres de bouleau, en maniéré ae gâteau ; St après yavoir mis le feu, ils l’appliquent tout ardent fur la par-tie affligée, afin que l’ulcere, qui s’y forme,attire toute?Ies mauvaises humeurs. Si supplication s’en fait commeil faut, le champignon s’enleve de lui-même, St la dou-leur cesse, ils n’ont point d’autre appareil pour les plaies*que la résine qui distille des lapins. Lorsqu’ils ont quel-que membre gelé de froid, ils prennent du fromage derenne, le fourrent dans un morceau de fer tout chaud;Sc avec ce qui en découle en forme d’huile , ils fro-tent la partie affligée , qui est soulagée presque aussi-tôt.
La plupart des Lappons vivent jusqu’à soixante Scdix, quatre-vingt, ou quatre-vingt-dix ans , sans queles cheveux leur blanchissent, St qu’ils cessent de cou-rirau travers des bois St fur les montagnes. II s’eri trouveP am ” eux ? «fui passent cent ans. Si quelqu’un vienta etre dangereusement malade, soit de vieillesse, soitpar accident, ils tâchent d’apprendre, par le moyen deleur tambour, quel doit être le succès de la maladie; SClorsqu’ils croient qu'il n’a pas long-tems à vivre , ils1 exhortent à bien mourir, St à avoir toujours dans lecoeur la passion du Sauveur du monde. S’fls font peuzélés pour la religion des Chrétiens, iis abandonnent íemourant, St se mettent feulement en peine du festin desfunérailles. Dès que le malade a fendu l'esprit, tous lesassistants quittent }a cabane où le corps est étendu. Si lémort est riche, ils enveloppent son corps dans un drapde toile , lui couvrant toute la'tête ; s'il est pauvfè, oul’enfevelit dans de l’étoffe de laine. Il est mis ensuitedans un cercueil par un Lappon que les parens ont priéde lui rendre ce dernier office. Ils font obligés de lierun anneau de laiton au bras droit de ce Lappon; Sc ily demeure attaché, jusqu’à ce qu’il fe soit acquitté de cedevoir. Ils croient que cet anneau est un sûr préservatifcontre le mal que lui pourroient faire les manès du mort.Le cercueil fe fait ordinairement d’un trOnc cf’àrbrecreusé. Ceux qui demeurent fur les montagnes des fron-tières de Norvège, au défaut de bois , mettent le corpsdu défunt dans un traîneau. Les Lappons, avant qu’ilsfussent Chrétiens, enterroient leurs morts au premier en-droit, Sc particulièrement dans les bois; ce qu’ils fontencore présentement lorsqu’ds font fort éloignés dele-glife. Quelques-uns mettent simplement le corps avecson traîneau dans la terre, Sc ils l’en couvrent principa-lement dans les pays où il n’y a que des rochers fans ar-bres. Les autres l’entourent de pièces de bois de touscôtés , Sc fur-tòut dans les forêts. Ils en mettent par-
Tome III. Aaaaa ij