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Tome troisième. G - L.
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'ftìque en Livonie , il est certain que ce ne fut pas là lafeule cause de la guerre» II faut remonter plus haut pouren trouver la vraie source.

Dans Tannée 1546, les états de Livonie régelrentque ni T archevêque , ni le maîtae de Tordre Teutoni-que, ni les évêques, ne pourroìent avoir un étrangerpour coadjuteur; néanmoins au préjudice de ce reglément,& des promesses qu’il avoit faites , Tarchevêque de Ri-ga , fans consulter même son chapitre , choisit le ducLhistophe de Mecklenbourg pour son coadjuteur. Henride Gaíen, maître de Tordre en Livonie , & les évêquesde la province, voulurent s’oppofer à cette violation durèglement. Alors Tarchevêque eut recours à fautorité deSigismond-Áugusle, roi de Pologne, qui étoit protec-teur de Tarchevêché de Riga; &, pendant ce tems-là,lesétats de la province délivrèrent les sujets du serment defidélité qu’ils avoient fait à Tarchevêque.

Dans ces entrefaites, Guillaume de Furstemberg futpréféré à Caspar de Munster, maréchal de Tordre, 8çfut élu coadjuteur du maître de 1 ordre en Livonie. Of-fensé de cette préférence , Caspar alla chercher de la.protection auprès du roi de Pologne , & Tarchevêquemême prit vivement son parti. La guerre commençadans ce teins-là contre Tarchevêque. Le maitre de Tor-che, comme il a été dit, sit Tarchevêque prisonnier,ce qui engagea le roi de Pologne à porter ses armes enLivonie.

Henri de Galen étant mort, en 1557, Guillaume deFurstemberg , son successeur, songea à mettre fin à laguerre , & Tempereur offrit fa médiation pour terminerles troubles de la Livonie, par un accommodement. Leroi de Pologne n’étoit pas éloigné non plus de traiter àl’amiable ; mais il demandoit que premièrement Tarche-vêque de Riga fût rétabli dans son siège & tous fes biens,kx qu’enfuite le maître de Tordre & les états de la pro-vince lui fissent une satisfaction convenable. Enfin ce-pendant les plénipotentaires de Tempereur négocièrentun accommodement entre les parties. * Mat.Strubyc^Liv. Descr. c. 2.

Peu de teins après que la tranquillité eut été rétabliedans la Livonie, Yvan, grand duc de Moscovie, en-tra dans cette province, à la tête d’une armée nombreuse ;s empara de plusieurs places ; ravagea le pays, pendantquelques années, &C fit prisonnier le maître de Tordre.

Guillaume Kettler, élu maître de Tordre à fa place,se voyant hors d’état de résister au Moscovite , de con-cert avec les états de la province , demanda du secoursau roi de Pologne ; mais ils étoient désormais réduits àune trop grande extrémité, pour pouvoir espérer, d’êtresecourus gratuitement. Sigismond ne consentit à prendreles armes en leur faveur, qu’à condition que la Livonieferoit unie à la Pologne & au grand duché de Lithua-nie. La crainte de devenir les esclaves des Moscovites,les obligea de fe soumettre à cette loi , quelque durequ’elle rût. Le traité, qu’ils signèrent, portoit que la Li-vonie feroit, à perpétuité, soumise au roi de Pologne,& que le roi de Pologne la défendroit de toutes fes for-ces , contre les entreprises des Moscovites, &c contretout autre ennemi.

Kettler eut de quoi se consoler de la cession qu’il avoitfaite. Sigismond lui donna Tinvestiture de la Courlande& de Sémigaile, & le créa duc de Courlande ; aprèsquoi, il enleva aux Moscovites la plus grande partie desplaces dont ils s’étoient rendus maîtres dans la Livonie.

Les troubles continuels, dont la Livonie étoit agitée,obligèrent la ville de Rével à se mettre fous la protec-tion d’Eric, roi de Suéde. II y eut alors deux partis dansla province. Le roi de Suéde crut y avoir autant de droitque le roi de Pologne. II prit fur les Poîonois Habfal,Léhal, Pernau & divers autres lieux. * Hartknock , 1. 1,c. 8.

Un incident augmenta la puissance du roi de Suédedans la Livonie. Jean, duc de Finlande, ayant épouséla soeur du roi Sigismond, prêta à ce prince quatre-vingtmille thalers , quelques-uns disent cent vingt-quatremille ; &, pour sûreté de cette somme, on donna au ducles forteresses de "Wittenstein, de Karchis, de Frichat,de Helmult, d’Ermis, de Ruja & de Bortvic. Le roiEric ne prit pas ce mariage en bonne part. II accusa leduc Jean d’avoir fait avec le roi de Pologne, une alliancepréjudiciable aux intérêts de la couronne de Suéde, &

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Tobîlgea de lui remettre les châteaux q Ue le roi de Po-logne lui avoit hypothéqués.

Après la mort d’Eric & de Sigismond, se grand-duCde Moscovie créa roi de Livonie, Magnus, duc de Hols-teîn, &ne négligea rien pour le mettre en possession decette nouvelle monarchie, quoiqu’il ne pensât nullementà la lui laisser, lorsque la tranquillité leroit rétablie;mais Jean III, roi de Suéde, & Etienne Bathori se li-guèrent pour chasser le Moscovites de la Livonie. Lesarmes des deux rois eurent d’assez heureux succès. La for-tune favorisa pourtant davantage ses Suédois, qui pri-rent dans la Livonie Loda , Léhal, Habfal & Narva ;outre cela^ la province de Viech, Vitteustain, Carelo-grad, & diverses forteresses.

Le roi de Pologne, craignant que les Suédois à la finne se rendissent maîtres de toute la Livonie, sit fa paixséparément avec les Moscovites. Le traite portoit, en-tr’autres, que le grand-duc de Moscovie céderoit toutèla Livonie aux Poîonois ; mais les Suédois eurent soinde conserver leurs conquêtes dans cette province.

Lorsque Sigismond III, fils de Jean III, roi de Suedejfut élu roi de Pologne, après la mort d’Etienne Bathori,les Poîonois lui firent promettre que son pere Sigismondrendoit la partie de la Livonie dront les Suédois s’é-toient emparés, & qu’elle feroit réunie au royaume dePologne ; mais rien ne put obliger Sigismond à acquitterla promesse de son fils.

Charles IX, qui succéda au thrônè de Suéde, aprèsla mort de Sigismond, eut une guerre continuelle avecla Pologne, pour la souveraineté de la Sivonie. Gustave-Adolphe continua la même guerre, &t avoit soumis pres-que toute la province, lorsqu’en 1629, il consentit à unetrêve de six ans. Quand cette trêve fut expirée , il enfit une autre pour vingt-six ans. Charles-Gustave rompitcette trêve, en 1654; & enfin, après la mort de ce prince,ìa Suéde & la Pologne conclurent la paix d’Oliva. Par cetraité, ses Poîonois cédèrent, en Livonie, aux Suédois,toutes ses provinces qui font au - delà de la Dvina , &.celles qqe les Suédois avoient postedées au-deçà de'laDvina , dans le tems des trêves ; ils renonçoient en-core à toutes leurs prétentions fur l’Esthonie & fur Tissed’Oësel. Le roi de Pologne reetnoit la Livonie méri-dionale, où sont Dunebourg, Rositen, Luzen, Marien-husen, &c.

Frédéric-Auguste , roi de Pologne , s’étoit engagé, àson couronnement, de faire rentrer sous Tobéissance dela république toutes ses provinces qui avoient appartenuàlaPologne, & qui en avoient été démembrées. On luipersuada que la Livonie étoit de ce nombre. II entrepritde s’en rendre maître, & son entreprise lu coûta fa cou-ronne. Une pareille tentative de la part du Czar, Pierre1 e Grand, fat à ia veille de renverser Tempire de Russiede fond en comble. La fortune favorisa à la fin les armesde ce prince.^ Le gain de la bataille de Pultova lui faci-lita la conquête de cette province, & 1 e traité de Nies-tadt lui assura la possession. Dans ce traité les Suédoislui cèdent, enír’autres, la Livonie , TEsthonie & Tissed’Oësel, à condition que ces trois provinces conserve-ront tous les privilèges dont elles avoient joui sous lesprécédens gouverneraens.

Matthias Strubitz nous a donné une division de la Li-vonie, du tems qu’elle fut soumise tout-à-la fois au Czarau roi de Pologne, au duc de Holstein , tems auquelTarchevêque de Riga, l’évêque de Derpt, & Tordre Teu-tonique, n’avoient plus Tautorité souveraine dans la pro-vince qui avoit alors le titre de duché.

La Livonie cotnprenoit :

La Courlande, L’archevêché de Riga,

La Sémigaile, Lévêché de Derpt,

L’isle d’Oëíèl, Les terres du maître de TordreTeutonique.

Les terres du maître de Tordre Teutonique ren-ferinoient :

Le 'VTirthlanth, Le pays de "Wickke ,

La Gervie, vulgai- L’Esthonie,renient Jerven,

La Harri, ou Har- Le pays de Lyven,rieu,

Le Lethlanth.

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