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Le portdeLìvourne est franc & libre, austi-bien que la^ille. Tout le mon.de y est bien venu. Quoi qu’il n’y aità Livourne exercice public que de la religion Catholique,^Pendant toutes sortes de communions y fonttolérées.LesV rec s ont une église, où ils font leur service selon leur
Les Arméniens y ont auffi une église, & les Juifs unesynagogue ; &t quoiqu’il y ait un tribunal de l’inquisition,
I ne fe mêle que ce de qui regarde les Catholiques do-^'ciliés dans la ville. La franchise du port paroît encoredans le peu droits que le grand duc prend fur les mar-chandises qui entrent dans la ville. On ne les visite ja-Jpais: les droits fe prennent par balles, ou futailles, fansle mettre en peine de ce qu elles contiennent : la ballePaye deux piastres d’entrée; qu’elle soif de foie ou dePapier, qu’elle pefe cent livres ou quinze cents , c’esttoujours le même droit ; on n’est point sujet à ces visitesimportunes qu’on ne voit que trop presque par-tout ail-
, rs ; & l’ on f a it au juste ce qu on doit payer. Rien
II ost plus prompt &í mieux réglé que la justice qu’on rendaux négocians , quand il y a entr’eux quelque difficulté.Les officiers du prince ont une attention merveilleuse ,Hue les affaires ne trament point en longueur, & que rienOe traverse le commerce. C’est pourquoi les négociansde toutes fortes de nations ont si bien goûté le plaisir Síl’avantage de faire leur commerce dans cette ville, quecelui de Gènes est extrêmement tombé , & que Li-vourne devient de jour en jour l’échelle de toute laMéditerranée, la plus riche & la plus florissante. Les écusdu grand duc appellés Livournines portent d’un côté lebuste du prince, de l’autre le port de Livourne, Stune vue de la ville avec ces mots : Et patet & favet , pourfaire connoître qu’il est ouvert à tout le monde, St qu’ony jouit de la protection du prince.
On ne peut savoir au juste le nombre deshabitansde Livourne : les uns le font monter à cinquante mille,d autres à plus, d’autres à moins. Ce qu’il y a de certain,Ce st qu’en 1710, il y avoif deux mille Juifs. Ces gensregardent Livourne, St le reste des états du grand-duc,comme une nouvelle terre de promisson ; en effet ils ystmt libres, ne portent aucune marque qui les distinguedes Chrétiens, ne font point enfermés dans leur quar-ter , font riches, font un commerce très-étendu, ontpresque tous les fermes du prince, St font protégés deWianiere que c’est un proverbe en Toscane , qu’i/ vau-droit mieux battre le grand duc qu'un Juif. Leur quar-tier comprend trois rues ; les maisons y font belles ;mais les rues y font plus sales que dans tout le reste dela ville. La langue portugaise est fort en usage parmi eux.Ils ont des écoles où ils envoient leurs enfans pourl’apprendre. Ils s’en fervent entr’eux , dans leur com-merce : ils tiennent leurs livres St font leurs écritures encette langue. Ils ont une très-belle synagogue.
Les Grecs ont une église dans Livourne : elle n’est pasfort grande ; auffi ne font-ils pas en grand nombre ; maiselle est très-belle , St bâtie à leur maniéré. Les Cordeliersfont auffi établis en cette ville. Leur église est assez grande,fort propre St très-íréquentée ; mais celle qui m’a paru laplus jolie, est celle desTrinitaires déchaussés; elle estdans le quartier de la petite Venise, bâtie, ornée, en-richie St fondée par un homme qui avoit eu le parti desgalères du grand duc. Les Jésuites ont un collège auprèsde la poissonnerie : Les religieux de la Charité ont unhôpital St un couvent dans la ville : les Freres Prêcheursou Dominicains y font Rétablis depuis le commence-ment de ce siécle.
Les forçats des galères du grand duc ne demeurentdans les galères que quand elles font armées. Dès que lacampagne est finie, St que les galères font désarmées, lesenclaves St les forçats, c’est-à-dire les Chrétiens con-
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damnés aux galères pour crimes, oû qui s’y font engagésde bonne volonté , St les Turcs, qu’on a pris fur mer,font renfermés dans un lieu, à qui on a donné le nomde bagne, à limitation des Turcs, qui appellent ainstles prisons où ils enferment les esclaves Chrétiens.
Le bagne de Livourne est un grand bâtiment isolé ,fermé de bonnes murailles hautes St fortes , au milieuduquel est la principale cour environnée de bâtimenscomme des galeries, où les forçats d’un côté, les Bo*navogles de l’autre, St les Turcs dans un lieu séparé,ont leurs lits. Ces lits font les uns fur les autres, jus-qu’à six de hauteur ; distans 1ns uas des autres d’envi-ron cinq pieds, supportés par des planches soutenuespar des bouts de soliveaux scellés dans les murs. Onmonte à ces différens étages par une échelle de corde :les forçats y sont ainsi séparés les uns des autres, & n’o-feroient fe trouver deux dans un même lit, sous peine d’unerigoureuse bastonade. II y a des lampes alumées toutesles nuits dans ces galeries , &í des gardiens qui veillent&t fe promènent fans cesse pour empêcher les bruits, lesquerelles & les désordres qui pourroient arriver. Us onten dedans des cordes qui répondent à des clochettesqui sont dans la cour, qui fervent à appeller les gardesqui font au dehors, quand les gardiens de dedans ontbesoin de leur secours, pour réprimer les insolencesdes forçats. II y a dans la même enceinte une cha-pelle pour les Chrétiens , une infirmerie pour les mala-des , des fontaines, des lavoirs, en un mot, tout ce quiest nécessaire pour le spirituel & le temporel de ces mi-sérables. Les Turcs ne sont point mêlés avec les Chré-tiens. On a un très-grand soin que tous ces lieux soientpropres : on les lave Sí balaie tous les jours , & on lesparfume toutes les semaines avec du vinaigre qu’on versedans des poêles de fer toutes rouges ; la fumée que celacause, est excellente pour chasser le mauvais air. Tousles forçats qui ont des métiers peuvent les exercer dansla ville, pourvu que ceux pour qui ils travaillent répon-dent d’eux corps pour corps, &, moyennant une petitsreconnoissance pour les argousins qui les conduisent lematin, où ils doivent travailler, & les vont chercher lesoir, pour les renfermer dans le bagne; car il n’est paspermis de les laisser coucher en ville.
II aborde à Livourne tant de gens du Levant, ou d’au-tres qui y ont été, & qui y ont contracté l’habitude defe servir des étuves & des bains à la Turque, que cetusage s’y est introduit aufli-bien qu’à Marseille.
Cette ville est souvent sujette à des rremblemens.En 1742, on y sentit en peu de jour jusqu’à vingt deuxsecousses, la derniere fut si violente que plusieurs églisesen furent renversées, & il n’y eut pas de maifop quin’en reçut quelque domage. 11 n’y périt qu’ne trentaineee personnes, parce que la ville fut abandonnée ; maissi cet accident fut arrivé pendant la nuit, il auroit périplus de la moitié des habitans.
Livourne dépend pour le spirituel de l’archevêché dePise. Le prélat a un grand vicaire résident dans la ville,& les officiers qui sont nécessaires pour composer unecour ecclésiastique ; car en Italie, tous les évêques ontune juridiction où bien des gens ont leurs causes com-mises. Tels sont les clercs mariés, les officiers des tri-bunaux ecclésiastiques, ceux des églises &c des hôpitaux& quantité d’autres. La hauteur du pôle de Livourne 'selon les observations deCaffini, dans son Voyage d’I-talie, de 1694, est de 43 d. 33' 2". 0
2. LIVOURNE ou Livorno, Lìburnum , petiteville d’Italie, au Montferrat, dans des marais, près de lasource de la petite riviere de Gardina, à quatre lieuesde Trin , du côté du couchant. Elle appartient au roi deSardaigne. *Baudrand , éd. 1705.
... , , m .r pn a un autre couvert de deux brasses d’eau, lequel fe joint à la pointe d’une autre
S,' biff. bSi’t ì lÏÏZbfâSZLto* «- m à à Vil est -àà » <•*
point s’approcher de la Meíora, du côté du nord, mais de fe tenir au large un petit nulle entre ^oue u ,
U n’y a rien à craindre. Au reste, lorsque les vaisseaux viennent d occident, ^/ ont ,a r ? ut ®à'l’oueK
prochent de l’ifle Gorgona : ensuite, patent au midi de la Mêlera, dsvontmoudler a uuedemi
nord-ouest du môle df Livourne ; c’est tet la grande rade qm a sept , huit & dix brasses à eau ^Jond de
bonne tenue, où les vaisseaux ne sont exposes qu aux vents de terre , Sc parce que e Meíora la couvre destout de bancs de fable , depuis l’est-fud-ouest jusqu au nord-eft , St que la petite 1 e . ^ A très-
vents les vaisseaux v sont à la bonace , & U mer ne les incommode point ; c est pourquoi cett r cle t tresbonne’. L’iste de la Gorgone gît à l’ouesi-quart au lud-ouest du môle de Livourne; & l’on y peut abotder de toutesparts. * Notes du Dictionnaire de la Martiniere , édition de Vemje.