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Tome troisième. G - L.
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huit cents mille habitans. La partie orientale de la ville,presque jusqu’au pont, est habitée, pour la plupart, pardes gens de marine, ou dont les métiers se rapportentaux affaires de la mer : les marchands ou artùans habi-tent la principale partie de la cité ; la ville & les fàux-bourgs de Westminster font occupés par la grande &petite noblesse , 6c par des marchands qui vendent endétail. Les maisons étoient de bois avant l’embrase-ment ; mais aujourd'hui elles sont de briques, & bâtiesfort proprement : cependant les murailles font assez foi-bles, n’ayant guère qu’une brique òt demie , c’est-à-direenviron treize pouces d’épaiíTeur.

On voit dans Londres un grand nombre de belles &grandes places, telles que font celles de Lincolns-Inn-Fields , de S er le-Court , Grays-Inn-Red Lion , Blooms-bury , Soho , Golding , S. James , Leicefier-Fields , De-vonshire , & autres , qui font que l’air des rues voisines fetrouve plus sain. Entre ces places, celle de Lincolns-Jnn Fields est la plus spacieuse , & celle de Soho est or-née d’un très-beau jardin au milieu. On voit aussi ungrand nombre de belles & spacieuses rues, particuliè-rement CornìulL , Cheapjìde , Fleeflret - Gréait - îíatton-SíreeC , Pallmal , &c. ; & pour la longueur, Thumesfireet ,le Strand , & Holbourn , dont la derniere , qui est auffila plus large , a un mille de long. Les nouvelles rues fontles plus propres pour ceux qui vont à pied, le devantdes maisons étant pavé des deux côtés, à une largeursuffiíànte, de grandes pierres de taille sort unies, & dé-fendu par des poteaux, à quelque distance les uns desautres, pour empêcher les charrettes & les carrosses d’enapprocher.

Outre seau de la Tamise , qui est conduite dans la plû-part des maisons, on a encore à Londres l’eau de la nou-velle riviere , dont on est redevable aux foins, à l’habi-leté & à la grande dépense du chevalier Hugh-Middle-ton , gentilhomme du pays de Galles. II commença cetouvrage en 1608 , Sc le finit en cinq ans. Cette riviereprend fa source en deux endroits, près de Ware , dans laprovince de Hartford ; elle fait soixante milles de che-min , avant que d’arriver à Londres , & passe sous huitcents ponts. Le canal en est étroit , mais profond en plu-sieurs endroits ; en d’autres, il est porté au-dessus de quel-ques vallées, plus de vingt pieds au-dessus de la terre,dans des auges toutes ouvertes. II y eut six cents hommesemployés chaque jour à ce grand ouvrage.

II ne reste que fort peu de chose des anciennes mu-railles de cette ville : quand elles furent élevées, la cité ,ou Londres proprement dite, n avoir que trois milles decircuit; mais aujourd’hui les fauxbourgs sont presque cinqfois plus grands, & on a bâti des massons fur les anciensmurs de la ville. Cependant la plûpart des portes sub-sistent encore , entre lesquelles Lugdate & Newgate , quifurent ruinées par l’incendie de Londres , font à présentrebâties plus solides qu’auparavant ; & celles que le feuépargna , comme Aldersgate , Cripplegate-Aldgate , &c.font tenues en assez bon état. La plûpart de ces portesont des niches où l’on voit les statues de quelques rois& reines , particulièrement la porte appellée Temple-Bar en Fleetjlreet.

Les principales églises font S. Paul , la cathédrale, &régisse collégiale de Westminster; la premiere est situéedans l’endroit le plus élevé de la cité de Londres ; &cl’autre, dans le fond le plus bas de Westminster. Cellede S. Paul étoit anciennement un temple dédié à Diane ; &celle de S. Pierre, qui est celle de Westminster étoit un autretemple, dédié à Apollon. L’églife de S. Paul, la métropoledu diocèse de Londres, ayant été brûlée dans í’embrasementde Londres, on a pris foin depuis de la rebâtir. Pour cela,on mit une taxededix-huit sols fur chaque chaldron de char-bons, outre plusieurs contributions volontaires, & 30000livres sterlin, accordées depuis, par acte du parlement,pour finir promptement l’ouvrage , qui a enfin étéamené à fa perfection. Sa longueur de l’orient à l’occi-dent, en y comprenant les marches, est de 570 pieds ;fa largeur du septentrion au midi, y comprenant les deuxportiques, est de 311 pieds; & le dôme, à compterdepuis le rez-de-chaussée, est d’environ 338 pieds dehauteur. Le chœur de cette église est orné d’excellentessculptures, pavé de marbre ; ôí ses portes sont deïer avecquantité d’ornemens. Ce chœur ayant été fini, du tems de laconclusion de lapaix de Ryswick, fut ouvert pour y faire le

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service divin, le jour de Faction de grâces, qui fut le26 de Novembre 1697. pierre , dont est bâti le restede l’édifice, est de la pierre de Portland, qui dure pres-qu’autant que le marbre.

L'église collégiale de Westminster a été anciennementune église abbatiale ; elle fut ensuite une cathédrale ; &c’est pour cela que Westminster conserva le nom decité , quoique la reine Elisabeth convertît cette égliseépiscopale en collégiale , où elle établit un doyen &douze grands chanoines, outre les petits chanoines & leschantres. On l’a appellé, W estminster, Wejl-monajlerium ,qui veut dire église d'ouejl, par oppose ion à l’égbse deS. Paul, qui est à l’est. L’église de W estminster , quoi-que dans un fond, comme le reste de la cité du mêmenom , se voit cependant de fort loin , à cause de fa hau-teur. Edouard le Confesseur en fut le fondateur, dans !eonzième siécle , & lui donna de grands revenus. Henri iHla rebâtit dans le treizième siécle , avec cette belle ar-chitecture gothique , qu’on y voit encore aujourd’hui.Henri VÍI 1 y ajoûta, du côté de l’orient, une chapelle qu>passe pour un chef-d’œuvre. C’est dans cette église, dé-diée fous l’invocation de S. Pierre, que s’est presque tou-jours fait le couronnement des rois d’Angleterre, depuisla conquête des Normans. On y voir les tombeaux de laplûpart des rois 5 c reines, &: de plusieurs grands per-sonnages ; on y admire fur-tout dans la chapelle celuide Henri Vil, qui est d'ai rai n massif 6c artistement tra-vaillé. Dans le cloître est une bibliothèque ouverte I ematin, & le soir, dans le tems dés séances des cours dsjustice.

Outre ces deux églises, il s’en trouve plusieurs parois*siales; les principales son f , celle de S. Laurent. S. Mi-chel de Cornhil, Bow-Church , Chrift-Chtirch, S. Bride,dans la cité S. Dunstan , & S. André de Holbourn ; ôcdans Westminster, S. Clément, S. Paul de Con vent-garden , S. Martin, sainte Anne, S. James, & sainte Mar-guerite. Entre ces églises, Bovr-Church, qui est en Cheap-si de , & S. Bride près de Fleetstreet, font particulière-ment remarquables pour leurs clochers, qui font exrre-mement élevée, &c d’une belle & solide structure. S. Paulde Convenc-garden passe pour un excellent morceaud’archilecture. II y a cela de remarquable , à l’égard desclochers, que quoiqu’,Is soient en grand nombre dansla ville de Londres, ils diffèrent tous dans leur structure ;& il n’y en a pas deux qui soient semblables.

II y a encore près de quatre-vingt temples, ou assem-blées, dans la ville & les environs, pour les non-con-formistes, depuis l’acte de tolérance. Les Protestant étran-gers, qui font pour la plûpart François, en ont vingt-cinqou trente ; les uns fe conforment à régisse Anglicane,les autres suivent l’uíàge de Hollande. Les Allemandsont deux assemblées, dont l’unes’appelle Rassemblée Prus-sienne , qui fuit la réformarion de Calvin ; & l’autre estLuthérienne, dans le lieu où les Catholiques Romainsavoient une chapelle sous le régne de Charles II. L fiSHollandois ont une grande & spacieuse église ; ses Da-nois en ont deux Luthériennes, une dans Triniti-Lant >& l’autre à Wapping. Les Suédois en ont aussi une, &les Juifs ont, près de Duckes-Places dans Londres, unsbelle synagogue.

De toutes les maisons royales, clans l’étendue de West-minster , il n’en est resté que deux en leur entier, S. Ja-mes & Somerset. La premiere est située près du parc dece nom ; ce qui la rend très-agréable. Ce palais a été so rtaugmenté , depuis que l’incendie de Wirrehall a obligé le*rois d’y faire leur résidence. Somerset-House . dans seStrand, est ainsi appellé du nom de son fondateur Edouard»duc de Somerset, oncle du roi Edouard IV. C’est danscette maison que sont ordinairement régalés, pendant huitjours, les ambassadeurs après leur entrée publique. Ce pa-lais est habité par divers particuliers à qui le roi y donnedes appartemens; il a un beau jardin fur la Tamise. C epalais a été long-tems sort négligé.

Près de l’abbaye de Westminster, il y avoit autrefoisun magnifique palais , dont une partie fut brûlée sous serégne de Henri VIII. Celle qui fut sauvée, sert pour lesassemblées des seigneurs & des communes en parlement»& pour ses principales cours de justsee. La grande sale ouces cours s’assemblent, s'appelle Wefìnûnfler-Hall. .

Wh.tehall fut brûlé le 4 de Janvier 1698 ; 6c à P e ' neen est-il resté aucune partie, hormis Banqtietting'H° n J e »