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Tome troisième. G - L.
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‘manches, ies grandes fêtes 8c les jours de jeune. Cette-bourie est un quarrélong de 130 pieds, de l’orient à Foc-cident, & de 171 pieds, du íeptentrion aumidi. La fa-çade en est magnifique; ÔC tout-â-Per.tour, régne un beauportique soutenu de grandes colomnes de pierre. Aúsommet est une tour où il y a une horloge &un carillonde douze cloches. Là cour du dedans est pavée, Sc lesgalènes, qui font tout autour, font voûtées 8c foittenuesde piliers de pierres de taille. Au-dessus de ces pilierson voit en marbre & en albâtre les statues des rois& des reines qui ont régné en Angleterre , depuis laconquête des Normands ; au milieu de la cour est lastatue du roi Charles 11 , faite par un fameux sculpteurAnglois, nommé Grïmíy Gibbons ,• elle est fur un piédes-tal d environ sept pieds de haut ; le roi y est rèpréfentéavec Tancien habit des empereurs Romains , une cou-ronne de laurier fur la tête. A un des côtés du piédes-tal font les armes d’Angleterre 8c‘ de France écarte-lées ; à un autre côté celles d’Ecosse, au troisième cel-les d’irlandè , ôc toutes soutenues par un Cupidon ; en-fin le quatrième côté est chargé d’un pompeux élogede Charles II. Au-dessus des portiques il y a des gale-ries où l’on compte près dé deux cents boutiques pleinesde marchandises, outre les boutiques qui font en bas, léiong du portique, 8c les grands celliers qui font fous'terre. Ce bâtiment a coûté plus de cinquante mille livressterling à bâtir, 8í produit quatre mille livres sterling derente; de façon que c’est peut-être le plus riche do-maine qui soit au monde, pour sa grandeur.

Le nouveau, change dans le Strand, pouvoit valoir au-tant aux comtes de Salisbury, lorsque son négoce étoitplus florissant qu il n’est à présent. Robert Cécil, comtede Salisbury, 8c grand trésorier d’Angleterre, fous lerégne de Jacques I, én fut le fondateur. II consiste entbux longues allées au niveau de la tue , 8c deux antresqui íònt en haut, pavées de pierre de taille, avec deuxrangs de boutiques, où l’on vend des marchandises,comme dans la bourse.

On ne voit nulle part d’auffi grandes sales que clansLondres. Celle de Westminster est la principale, 8c n’apoint fa pareille ; elle a 170 pieds de long, fur 47 delarge ; fa hauteur est proportionnée ; Sc, ce qu’il y a demerveilleux, c’est que le toit est soutenu fans aucune co-lonne. Cette sale est le passage ordinaire pour aller auparlement, lorsqu’il est assemblé. Dans le teins des qua-tre séances des cours de justice, la cour de la chancel-lerie , celle du banc du roi Sc des plaidoyers communs,s’y assemblent. C’est en cette sale que fe fait le festin ducouronnement, 8c où l’on érige une cour exprès, quandil s’agit de juger un pair accusé de quelque crime capi-tal. Près de cette sale est la fameuse bibliothèque érigéepar le chevalier Cotton , composée de plus de mille vo-lume de manuscrits, dont la plûpart regardent l’históired’Angleterre, 8c là bibliothèque royale.

< 'iuïldhal !, qui est la maison de ville , où les eóursdes magistrats de la cité se tiennent, a encore une bellesale, auíïi-bien que le Blackwell-Hall , qui est le grandmagasin de toutes fortés de draps, 8c où ils font expo-sés en vente.

Les corps de métiers, divisés en soixante-deux corps,ont chacun un hôtel, Ôu maison magnifique , que lesAnglois appellent hall, du nom de la plus grande cham-bre , où fe font les réglemens pour le négoce de cecorps. Cette sale est afìez spacieuse pour y régaler deuxou trois cents personnes, 8c assez belle pour y recevoirune tête couronnée. L’hôtel des drapiers a un beau jar-din bien entretenu 8c ouvert à toutes personnes au-des-sus du commun. A l’hôtel des épiciers est la banqued’Angleterre, qui fut établie sous Guillaume III, pourfournir, par prêt d’argent, aux besoins de l’état, en payanthuit pour cent d’intérêt.

Outre les hôtels des corps de métiers, chaque collègede gens de justice a aussi une halle ou sale. Ces collègesfont pour le droit coutumier; 8c la chancellerie, deux,qu’on appelle sergent en loix , l’un en Fleet- Street , 8cl’autre en Chancery-Lane, outre quatre collèges qu’onnomme Inns os court. Dans tous ces collèges, les gensde loi vivent d’une maniéré collégiale , dans le temsdes séances des cours de justice. Ils ont là leur cham-bre à part, où ils travaillent hors du bruit 8c de rem-barras des familles, 2c où les cliens les trouvent faci-

lement. On compte en Angleterre quarante mille per*sonnes qui vivent de procès , dont plusieurs gagnent descentaines de livres sterling par an, & les autres des mil-liers. Ils sont un des plus puissans corps de l’état, oCcelui qúi a le plus de crédit 8c d’autorité. Plusieurs per-sonnes de ce corps ont eu l’honneur d’être faits pansdu royaume, 8c de parvenir à la charge de chancelier*Le temple étoit autrefois le collège des chevaliers Tem-pliers. 11 est divisé en deux parties, dont l’une s’appelieiìInner-Temple, 8c l’autre re Middle-Temple. L'égidedes Templiers subsiste encore, St le ministre, qui la des-sert, est appellé le minisrc du Temple , the majler of th&Temple. A l’entrée on voit fur neuf tombes plates, les figu-res de neuf chevaliers armés de pied en cap. Près de lacathédrale de S. Paul, il y a un collège de docteurs estdroit civil, appellé dociors commons , où résidoient au-trefois les juges 8c les plus savans docteurs en droit ci-vil. Dans la sale de ce collège on tient diverses cours*qui fe règlent paf le droit civil. Dans Warwick-Lan &est le collège des médecins , qui a une cour spacieuse,un amphithéâtre, où fe font les dissections, 8tune biblio-thèque. Le nombre des médecins, qui sont de ce collège,ne doit être que de quatre-vingt. Ils ont de grands privilè-ges accordés pat le roi ou par le parlement. Par exem-ple, un médecin, quoiqu’il ait pris fes degrés à Oxford oùà Cambridge , ne peut fans licence obtenue sous le íceaUdu collège, pratiquer la médecine à Londres, ou à fep cmilles aux environs. Ce collège peut condamner à l'a"rhende 8c à l’emprisonnement tout contrevenant. fl 3

aussi le droit de visiter les boutiques des apothicaires dansLondres 8c aux environs, 8c de voir si leurs drogues ÔCcompositions sont bonnes 8c bien préparées.

Le collège de Gresham mérite de trouver place ici. flest ainsi appellé du nom du fondateur, le chevalier The*mas Gresham , qui bâtit aussi la bourse royale, 8c destin 3à 1’établissement de ce collège le revenu qui en provien-droit ; il fut dit que la moitié de ce revenu íèroit em-ployée à l’entretien de quatre personnes capables, qu*enfeigneroient dans ce collège la théologie , Gastrono-mie, la musique 8C la géométrie; ôc l’autre moitié pouftrois autres personnes qui enfeigneroient la rhétorique,le droit civil 8c la médecine. Les gages de chaque pro-fesseur font aujourd’hui de cinquante livres sterling par an,avec un logement. Le collège de Sion , près de Crip-plégate, étoit autrefois une maison religieuse ; ce fut en-suite Un hôpital ; maintenant c’est un collège 8c un hô-pital tout ensemble, l’un 8c l’autre fondés, Fan 1631-par le D r White de Bristol, vicaire de S. Dnnstan àLondres. Le collège est pour l’ufage de tous les ministresde Londres, qui font de Fégîife Anglicane ; 8c l’hô-pital, pour dix pauvres hommes 8c autant de pauvresfemmes. II y a une sale bâtie, depuis quelque tems, descontributions des membres de ce collège , avec unsbibliothèque délivrés de théologie, principalement des-tinée à l’ufage du clergé de Londres. Ensin il y a un col-lège de héraults , nommé communément en anglois thlheralds office , qui dépend du grand-maréchal d’Angle-terre. Les principales fonctions de ces héraults, sont èsdéclarer la paix 8c la guerre, de tenir registre des ar-moiries des familles , de régler les formalités des cou-ronnemens, des mariages, baptêmes, funérailles, en-trevues 8c' festins des princes, cavalcades, 8cc. Le prin-cipal d’entr’eux est appellé Garter. II fut institué pafHenri V, pour assister aux solennités des chevaliers dela Jarretière, 8c en régler le cérémonial. Sa création estune espece de couronnement ; on apporte d’abord uneépée 8c un livre, ensuite une couronne, un collier d’es-fes, ôc une coupe de vin ; après cela une cotte (Lar-mes de velours richement brodée, un badge d’or émaiilédans une chaîne d’or. Pendant qu’il est à genoux devant:le grand maréchal, 8c qu’il met fa main fur le livre ÔCl’épée, un autre roi d’armes lui lit la forme du ferment,ensuite la patente de fa charge, pendant lequel tems legrand maréchal verse le vin dessus fa tête, 8c lui donnele nom de Garter ou Jarretière ; met fur lui la cotted’armes , le collier (Fesses, 8c la couronne fur fa tête*II faut que tous les héraults soient gentilshommes de nais-sance , 8c ils font faits écuyers, dans le tems de leurcréation.

Un des plus beaux ornemens de Londres, est U ^°“ciété royale, qui fut établie par Charles II, su mois

d’Avril