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Londres, à l’exception de la rue appelléç S. Martin leGrand , qui se trouve sous la juridiction de Westmins-ter/ Le gouvernement civil de Londres ressemble en tou-tes choses au gouvernement de la nation ; car commele pays est gouverné par un roi , les seigneurs 6c lescommunes, ainsi la ville est gouvernée par le lord-maire,les échevins, & le conseil commun.
La charge du lord-maire de Londres est fort considé-rable ; 6 c il n’y a que lui, 6c celui d’Yorck , qui pren-nent le titre de Lord ou seigneur. II est choisi, tous les ans,par les citoyens, le 29.de Septembre, & entre dans l’exer-cice de fa charge, en grande solennité, le 29 d’Octobresuivant. Son autorité s’étend fur la cité, une partie desfauxbourgs, 6c fur la Tamise, dont.il fut déclaré le con-servateur par Henri Vil; sa jurisdiction fur cetterivierecommence depuis le pont de Stones jusqu’à l’embou-chure du Medway. íì est le premier juge de Londres,& a le pouvoir de citer ôc d’emprifonncr. 11 a fous luide grands 6c de petits officiers, 6c, entre les premiers, unporte-épée. On lui donne pour fa table mille livres ster-ling par an ; pour ses plaisirs, une meute de chiens en-tretenus , 6c le privilège de chasser par-tout dans lestrois provinces dé Middlesex, Sussex & Surrey. Le jourdu couronnement du roi, il sait l’office de grand échan-son ; il présente à boire au roi dans une coupe d’or ; &après que le roi a bu, la coupe est pour lui. Ce qu’il ya de remarquable, c’est que lorsque Jacques I fut in-vité à venir prendre possession de la couronne, le lord-maire signa le premier l’acte, avant les pairs du royaume.Les vingt-six échevins ou aldermans font, après le lord-maire , ceux qui ont le plus de pouvoir. Ils ont inspec-tion chacun iur un quartier de la ville qui est aussi par-tagée en vingt-six quartiers ; ils ont fous eux un certainnombre de personnes du commun conseil, dont l’un estleur lieutenant. Par les Chartres , qui contiennent lesprivilèges de Londres, les échevins qui ont été maires,& les trois qui les suivent immédiatement, sont jugesde paix de la ville. 11 y a aussi un magistrat, que l’onnomme recorder ou greffier, qui sert de conseiller aulord-maire , pour sinsormer des loix 6c coutumes de laville. 11 prend fa place dans le conseil, ôc dans la courdu maire , devant tous les échevins qui n’ont pas étémaires. C’est lui qui prononce les sentences de la cour.Les deux shérifs de Londres ôc de Middlesex sont aussides magistrats considérables , sur-tout par le pouvoirqu’ils ont de choisir les jurés , pour le jugement d’unecause, lis font élus, tous les ans, dans la maison de ville,par les compagnies des corps de métiers ; 6c si quel-qu’un d’eux ayant été choisi, refuse ia charge , il fautqu’il paye une amende de quatre cents vingt livres ster-ling, à moins qu’il ne jure qu’il n’a pas mille livres ster-ling vaillant. Enfin il y a un trésorier, qu’on nommeChamberlain , qui est un poste d’importance. II a le tré-sor de la ville entre ses mains, 6c la caisse des orphe-lins. Une partie des fonctions de fa charge regarde aussiles apprentifs fur lesquels il a une grande autorité.
Comme la ville de Londres a le privilège de se gou-verner elle-même, elle a ses cours de justice , qui, pourlaplûpart,s’assemblent à la maison de ville. La principalede ces cours s’appelle common council, ou commun con-seil , & c’est une espece de parlement composé de deuxordres. Le lord-maire 8c les échevins représentent lachambre des seigneurs, 6c les autres membres du con-seil représentent celle des communes. Ces derniers fontau nombre de deux cents trente-un , choisis dans lesdifférens quartiers de la ville. Dans cette cour se fontles loix municipales, qui lient tous les bourgeois, cha-,cun y donnant son consentement, ou par lui-même, oupar ceux qui le représentent. Cette cour seule a le pou-voir de donner à un étranger le droit de bourgeoisie.Outre cette cour, il y a celle du lord-maire , où l’onjuge les causes civiles à peu de frais; la cour des éche-vins ; celle des Hujlings; les assises ; la cour des slú-riffs ; celle du trésorier, ÔC autres.
Le lord-maire est encore commandant en chef des mi-lices de la ville ; il a commission du roi pour cela. Lesmilices de Londres consistent en six régimens, qui fonten tout neuf mille hommes, fans y comprendre deux ré-gimens des paroisses , qui dépendent de la tour , ni le ré-giment de Souhtwarck. Mais en cas de nécessité, on leveles milices auxiliaires, composées d’apprentis, qui font six
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autres régimens, chaque bourgeois qui a deux apprentis,étant obligé d’en fournir un pour cet effet. Pour donnerdes officiers à toutes ces milices, il y a une compagniede six cents hommes choisis, qui font commandés en cherpar un officier nommé par le roi. C’est ce qu’on appellela compagnie de L’artillerie , qui fait, tous les quinze jours,l’exercice dans un lieu fermé de murailles, auprès deMoorsields. ,
E11 matières ecclésiastiques , cette ville est gouvernéeep chef par son évêque, à qui est commis le foin de toutle clergé de Londres.
La ville 6c les fauxboùrgs ou dépendances de W EST*minster , qui s’étendent du côté de Londres jusqu aTemple-Bar , n’a pour son gouvernement, ni maire, niéchevin, ni shérifs. Le chapitre est revêtu de toute la ju-ridiction civile 6c ecclésiastique , depuis la réformation.II est vrai que le gouvernement a été mis entre les mainsdes laïcs, choisis ou confirmés par le chapitre. Le chefde tous les magistrats est celui qu’on appelle High-Steward, qui est d’ordinaire un noble du premier rang »choisi par le chapitre, 6c qui pofféde cette charge pen-dant fa vie. Pour en exercer les fonctions, il choisit utlhomme bien versé dans les loix , qui doit être confirmepar le chapitre ; 6c c’est lui qui tient , avec d’âutres ma-gistrats , la cour qu’on nomme Leet. Après lui est lebaillis, qui tient lieu de shérif ; car il convoque les ju-rés ; tous les sergens de Westminster lui sont soumis, ÔCc’est lui qui régie les formalités pour sélection des mem-bres de parlement pour la cité de Westminster. Toutesles amendes 6c confiscations lui appartiennent, ce quirend lk charge fort lucrative. II y a aussi un grand con-nétable choisi par la cour de Leet , qui a sous son com-mandement tous les autres connétables. D’ordinaire ilest continué deux années en cette chargé. Enfin il y aquatorze des principaux bourgeois qu’on appelle Bur-gesses , dont sept sont pour la cité, 6c les sept autres pourles fauxbourgs 6c dépendances, qu’on nomme aussi li-bertés 6c franchises. L’office de ces quatorze bourgeoisa beaucoup de rapport avec celui des échevins de Lon-dres , ayant chacun un Ward ou quartier particulier sous fajurisdiction. Dans ces quatorze , il y en a deux qui sontélus , sous le nom de Head-Burgeffes , ou chefs de bour-geois ; l’un est pour la cité, ôt l’autre pour les dépen-dances.
Londres est la patrie du célèbre Thomas Morus, chan-celier d’Angleterre, qui fut décapité, parce qu’il ne vou-lut jamais reconnoître Henri VIII pour chef de l’égliseAnglicane; de François Bacon, aussi chancelier d’An-gleterre , célébré jurisconsulte, poète 6c historien ; dufameux poète Milton, 6c de plusieurs autres hommes illus-tres.
2. LONDRES, ville de l’Ámérique méridionale, dansle Tucuman, au voisinage du Chili. Elle fut bâtie, en1558, par Cornez de Zurita, gouverneur de Tucuman ,pour tenir les Indiens de ces quartiers-là en bride. Elleest sous les 29 d. ou environ de latitude. Le fondateutla nomma Londres , pour faire fa cour à la reine Maried’Angleterre, qui étoit alors épouse de Philippe II, roid’Espagne. La ville ne subsiste plus. * Woodes Rogers •Voyage autour du monde , t. x , p. 153.
3. LONDRES, (le MARAIS de) dans l’Amériqueméridionale, au pays de Tucuman. Ce marais tire sonnom de la ville de Londres, au midi de laquelle il setrouve. II est formé par une petite riviere , qui vient desAndes ; coule dans la vallée.dePalcipa, 6c se perd dansce marais. *, Robert de Vàugondy , Atlas.
4. LONDRES, (la nouvelle) bourgade de l’A*mérique septentrionale, dans la nouvelle Angleterre, fusune riviere que les Anglois ont appellée la Tamise ,quoiqu’elle ne mérite pas ce nom, n’étant ni si grandeni si belle que la Tamise de la grande Bretagne. *MolLCarte de la nouvelle Angleterre.
5. LONDRES , bourg & château de'France, en
Languedoc, au diocèse de Montpellier , vefs lesSeven-nes, à cinq lieues de Montpellier, vers le nord. * Bau-drand , édit. 1705. .. .
LONE, prieuré de France , en Bourgogne , de l’or-dre de Cluny, fondé en abbaye par Tierri, roi de Bour-gogne , dans le septième siécle, 6c à présent uni auprieuré de Saint-Vivant-sous-Vergy. L’église du prieurede Lône étoit magnifique; mais elle fut démolie, dans le