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Tome troisième. G - L.
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Accompagnée de coteaux couverts de vignes & d’uneforêt for la montagne. Cette ville, dont les muraillesíont défendues de bons foliés , a un gouverneur, troisportes , trois íauxbourgs, une douzaine d ; rues bienpavées, Sc environ mille feux , St renferme dans sonenceinte une chapelle du titre de S. Martin , un hôpitalpour les sains & pour les malades, un monastère d'Ur-folines, un de religieuses de S. François, nommées fillesde S. Louis St de sainte Elisabeth , un couvent de Pé-nitens, & la paroisse de Notre-Dame, desservie par deuxcurés, avec un clergé nombreux. Cette église, où il y aune musique entretenue, Sc une bonne sonnerie dans latour de son grand portail, est une astez grande fabriqueavec un corridor, Sc un rang de chapelles des deux cô-tés. La pyramide du clocher, qui est fur la croisée dumilieu, est grosse, sort haute & toute couverte de plomb.Les paroisses de S. Jean 6c de S. Germain, qui sont horsde la ville, donnent le nom à deux de ses íauxbourgs.Louviers est du diocèse d’Evreux , & a une haute jus-tice qui releve de la chambre des haut-jours , etabliedans le palais archiépiscopal de Rouen. II y a un maire,deux échevins Sc áutrés officiers de ville, Sc une com-menderie de l’ordre de Maltlie. Son commerce consisteprincipalement en draperies, dont la manufacture estconsidérable ; 6c l'on y a établi un magasin à sel. * Corn.Dict. Mémoires drejjésfur les lieux.

A un quart de lieue de Louviers , fur le chemin d’E-vreux , on trouve un second couvent de Pénitens, ap-pelle de sainte Barbe ; ôí l’on voit de l’autre côté dela riviere d’Eure, la garenne de Pinterville, dont leslapins sont fort estimés.

A une lieue de la même ville est un couvent de Car-mes déchaussés, sous le nom d e Désert. Ce monastère,situé dans la lorêt, est un lieu où les religieux de cet or-dre vont taire des retraites particulières dans la soli-tude Sc dans le silence.

LOUVíGNÉ, prieuré de France, dans le Maine,au diocèse du Mans. 11 dépend" de Marmoutiers.

LOUVIGNE, bourg de France, en Gascogne dansles Lanes.

LOUVO, ouLouveau, ville d’Asie, au royaumede Siarn ; Ksempfer écrit Livo, &c les Siamois rappel-lent NoccHEùOtiRY. Cette vdle est dans le royaumede Siam, ce que Versailles est en France. Les anciensrois de Siam y avoient une maison de plaisance ; maisil y avoit plus de cent ans qu elle étoit abandonnée,lorsque le prince, qui régnoit en 1686, la sit rebâtir.Cette ville est située dans une plaine du haut pays, où■ les débordemens n’arrivent point. Elle peut avoir unedemi-lieue françoife de tour ; son plan est presque quarré,Sc son enceinte n’est que de terre revêtue, d’espace enespace, de quelques bastions de brique. Durant les inon-dations du pays, elle est presqu’entourée d’eau ; en toutautre tems, elle n’est arrosée que d’un côté, par un petitbras de la grande riviere , qui n’est pas assez profondpour porter de grands bateaux. La situation est si agréa-ble , 5 c l’air qu’on y respire si pur , qu’on ne la quittejamais fans peine. Elle est éloignée de la capitale, dequatorze lieues par la grande riviere ; mais par un canalque ce même roi a fait faire, elle ne l’est que de neufou dix. II avoit pris, pour la fortifier, desarrangemensque fa mort a renversés. Les dedans en sont très-propres,& tout y est bien entretenu. Si l’on n’y voit pas desédifices aussi beaux que dans la capitale, on y trouvedes jardins & des promenades, qui ne sont pas moinsagréables. Toutes les commodités de la vie y sont enabondance; mais comme elle est fort peuplée , les vi-vres sont plus chers qu’en aucune autre/ville du royaume.On y manque de bonne eau, pendant quatre ou cinqmois de l’année, que la riviere est basse ; car les chevaux& les éléphans, qui s’y lavent, la rendent si sale, qu’iln ’y » pas moyen d’en boire ; alors on a recours aux puitsà à l’eau qu’on s’est réservée, pendant l’inondation, dansde grands vases de terre, faits exprès pour la purifier. Lepalais, que ce roi y a fait bâtir for le bord de la riviere, enfait le plus bel ornement, II n est pas si beau que celui deSijoutlúa , ou de Siam ; mais il aVquelque chose de plusgai ; il est fermé d’assez bon murs, & ion plan estbeaucoup plus long que large. La partie, qui regarde laville, est divisée en trois cours toutes différentes ; cha-cune a ses beautés particulières : on voit à la droite, en

entrant dans la premiere, une petite sale où font jugés lescriminels de lése-majesté, Sc deux prisons à-peu-prêsde même grandeur, où ils sont renfermés jusqu’à ce queleur procès soit instruit 6c leur sentence prononcée. Ala'gauche, il y a un grand réservoir qui donne de seauà tout le palais. C’est l’ouvrage d’un François Sc d’ufiItalien plus savans dans l’hydráulique , que plusieursétrangers qui y avoient travaillé avec les plus habilesSiamois, pendant dix années entieres, fans avoir pu cnvenir à bout ; aussi forent-iis bien récompensés. A trentepas de-là, il y a un jardin divisé en quatre quarrés , quifait face à un petit salon fort agréable , par la vue deplusieurs jets d’eau qui l’environnent , Sc la proximitéd’une pagode qui, fans être superbe , ne laislè pas decontribuer à l’agrément de ce lieu. Un petit bocage,qui remplit le reste de cette premiere cour, donne en-trée à la seconde, qui est incomparablement plus belle.Sa porte est entre deux pavillons qui font destinés pourloger quatre éléphans du second ordre. Sa figure est quar-rée; ses murailles, qui sont d’une blancheur à éblouir,font ornées d’une sculpture à la Moresque, fort délicate, Scdivisée par de petits compartimens , qui, dans de certainsjours de cérémonie, font garnis d’un grand nombre deporcelaines de la Chine ; deux petites sales fort bassesse trouvent à l’entrée, vis-à-vis un grand corps de lo-gis , qui a deux pavillons à fa droite , où sont les élé-phans du premier ordre. On voit à la gauche un superbebâtiment au-dessus duquel s’éleve une pyramide à-peu-près semblable à celle qui est for le palais royal de lacapitale. C’est à une des fenêtres de ce bâtiment du mi-lieu, qui est plus large Sc plus élevé que les autres, quele roi donne audience aux ambassadeurs des princes, seivoisins. Pendant tout le tems qu’il yparoît, ils se tien-nent dans les deux petites sales, prosternés la face con-tre terre, avec tous les seigneurs les plus qualifiés de laicour, qui les accompagnent. Les ambassadeurs de laChine Sc des premiers souverains font conduits en cé-rémonie à la sale d’audience, qui est sous la pyramide.Cette fille n’a que trois ou quatre toises de long ferdeux de large. Elle a trois portes, une grande au mi-lieu , ôc une à chaque côté ; lès murailles sont couver-tes de ces belles glaces, qu on envoya de France, avecles Mandarins qui y vinrent ; Sc le plafond est partagéen quatre quarrés égaux, enrichis de fleurons d’or artis-tement travaillés à jour, Srgarnis de crystaux de la Chine,qui y font le plus bel effet du monde. *Gervaise, Hist.de Siam, />. 5z.

Dans le fond de cette sale, s’éleve de terre , à la hau-teur de quatre ou de cinq coudées, un thrône magnifi-que ; le roi y monte par derriere, fans qu’il puisse êtrevu, par l’escalier d’un appartement secret, contre lequelil est adossé. Un peu plus loin , en descendant quinzeou vingt marches, on trouve la troisième cour, où estl’appartement du roi. II consiste en un corps-de-logis ,d’une assez grande étendue ; l’ory brille de tous côtés,auflì-bien que dans ceux de la seconde cour ; Sc commeil est couvert de tuiles jaunes vernissées , quand le so-leil y donne, il saut avoir de bons yeux pour en pou-voir soutenir l’éclat : il est entouré d’un parapet, quiaà ses quatre coins quatre grands bassins remplis d’uneeau très-pure, où le roi de Siam avoit coutume de selaver sous de riches tentes qui les couvroient. Celui deces bassins, qui est à droite, est proche d’une petitegrotte artificielle, couverted’arbrisseaux toujours verds,Sc d’une infinité de fleurs qui la parfument en tout tems ;il en sort une claire fontaine, qui distribue ses eaux àchacun de ces bassins.

Autour de ce parapet, sont bâties de petites chambresassez propres, où se retirènt les pages Sc les mandarinsqui sont de garde ; Sc un peu plus loin, for la gauche,il y a un- parterre rempli de fleurs les plus rares desIndes. De-là le découvre un sort grand jardin, qui faitface au bâtiment ; il est planté cìe gros orangers, de ci-tronniers , Sc de plusieurs autres arbres du pays, si touf-fus , qu’ils donnent de la fraîcheur en plein midi. Les al-lées font bordées d’un petit mur de brique, à hauteurd’appui ; Sc d’espace en espace, on y voit des fanaux decuivre doré, que l’on a soin d’allumer toutes les nuits ;Sc entre deux fanaux, ii y a une espece de foyer, ou d’áu-tel, où l’on brûle quantité de pastilles Sc de bois odo-riférant, qui répandent fort ìoin leurs parfums.

Tome IH, Zzzz\