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Tome quatrième. M - P.
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gens extrêmement féveres. De crainte que l’oisiveté necorrompe les bonnes inclinations des enfans, on les tientincessamment occupes. Au sortir de 1 école on les appliqueau travail, & il n’y en a point qui n’apprenne quelquemétier. Ils font des boucliers d’osier, des nattes & des cor-beilles; & outre cela ils ont encore leurs heures régléespour apprendre à danser, pour s’exercer à la course, &c.besenfans du menu peuple sont occupés à la pêche, à1 agriculture, à battre le fer, à couper du bois , aux ouvra-ges 4 e menuiserie & d’orfévrerie , ou à faire des tissus d’or,de foie & de coton.

, L’éducation des filles est toute différente, Elles font éle-vées dans la maison.paternelle, d’où elles ne sortent pres-que jamais quand elles font de qualité. Leurs meres leurapprennent à lire, à écrire , à coudre, à broder, à filerde la foie 8c du coton, dont elles font elles-mêmes leurshabits, car il n’y a point de tailleurs dans le pays : ce fontles femmes qui habillent les hommes & qui s’habillent el-les-memes. Les filles de baffe naissance sortent plus sou-vent, mais cen’esl jamais avant le jour ni après ic soleilcouché. Les unes s’occupent à faire de la toile & des étof-fes de moindre prix qu’elles débitent dans leurs boutiques :les autres vont travailler aux champs, vendre au marchédes légumes » &c.

Les viandes, dont les Macassarois usent le plus commu-nément font le bœuf, le cabri & la poule. 11s les mangentplus souvent bouillies que rôties, parce qu’ils font entrerdans le potage & les étuvées quantité de poivre & de douxde gérofle, qui en relevent le goût & leur rendent l'appé-tit que la trop grande chaleur leur fait perdre fort souvent ;mais ils aiment encore mieux le poisson & le fruit. 11s neFont guéres que deux repas par jour: entre les repas ilsmangent du bétel & de larek ; ils prennent du tabac , 8cboivent du sorbec. 11s prennent encore du cassé, du thé &du chocolat qu’on leur apporte des Philippines. Ils man-gent toujours en famille : ils se traitent souvent les uns lesautres, & leurs festins font assez réjouissans, car ils ont1 imagination fort vive. Us ne fe fervent ni de cuillers, nide fourchettes , ni de serviettes , ni de napes ; chacunmange le riz avec les mains»

S'ilsnesont pas propres à table, ils le font dans leurshabits, plus qu’aucune autre nation des Indes. Les gens dequalité font vêtus d’une longue camisole ou veste qui leurdescend presque jusqu’au genou. Elle est ordinairementd’un brocard d’or ou d’argent, ou d’un drap de belle écar.late quelesHollandois leur apportent d’Europe. Les bou-tons qui la ferment par devant font d’orfévrerie , les man-ches en font fort étroites , & se boutonnent jusqu’au poi-poignet. La culotte qu’ils portent dessous est semblable auxnôtres. Leur ceinture est d’un brocard d’une couleur dif-férente de celle de la camisole; elle est fort large , & lesdeux bouts qu’ils laissent pendre jusqu’au-deffous du ge-nou , font brodes d’or ou d’argenc à la hauteur d’unpied 4Quand ils vont en ville, ils mettent par dessus tout celaune petite veste de Mousseline. Leur crit est passé du côtédroit dans leur ceinture ; fa poignée & son foureau sontpresque toujours d’or massif ; & à l’autre côté ils portentdans la largeur de cette même ceinture un petit couteau ,du tabac » du bétel & leur bourse , parce qu’ils n’ont pointde poches. Les soldats , quand ils vont en campagne,portent avec le crit un sabre qu’ils passent aussi du côtédroit dans leur ceinture. Leurs habits sont de coton ou deFoie, selon le plus ou le moins de solde ou de revenuqu’ils peuvent avoir.

Le chapeau est en horreur chez eux, eomme chez tousles mahométans ; & le turban y est en si grande vénéra-tion , qu’ils ne s’en fervent par respect qu’aux jours defetes & de réjouissances publiques. 11s portent ordinaire-ment un petit bonnet qui a la figure d’une forme de cha-peau. L’étoffe dont il est fait est blanche & plus ou moinsprécieuse, selon la qualité des personnes ; il y a autour unPetit bord d’or, d’argent ou de soie. Leur turban n’estPoint fermé comme celui des Turcs ; ce n’est qu’une largehande d’étoffe ou de toile qu’ils ajustent autour de leurlete * Celui des prêtres & des personnes avancées en âgee st blanc ; les jeunes gens les portent rouges, ou verds,011 rayés. Les prêtres ont de longues barbes; les autres lara Fent, mais ne coupent jamais leurs cheveux,k C’est une propreté & même une obligation indispensá-

le que d’entretenir les ongles dans une teinture rouge »

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qu’ils commencent de leur donner dès ì’enfance, & de lescouper une ou deux fois par semaine. Ils sont aussi curieuxde peindre leurs dents, quelquefois en noir, quelquefoisen verd , & le plus souvent en rouge. Si-tôt qu’ils ont at-teint 1’âge d’onze ou douze ans l’opérateur est appelle. 11fait coucher Pensant fur le dos, lui met un bâillon debois dans la bouche ; il sépare avec une petite lime toutesles dents de la mâchoire d’en haut les unes des autres; illes rend toutes égales & les polit. Ensuite il frotte les dentsde Pensant avec du j us de citron , qui les rend susceptiblesde la couleur qu il doit leur donner.

Les femmes sont enc oie p] as propres que les homtnesdans leurs habits, q u °iqu’elles ne soient pas tout-à-fait stmagnifiques : leur chemise est f a ; te âme belle mousseline;elle leur descend jusqu au ; les manches en sont fort

étroites , mais si courtes qu elles n c p a ff ell t p a $ le coude.Le col en est si étroit & si bien arrangé q ue ] e p e j n ne p a _roît point. Elles portent dessous un petit pantalon fait debrocard d’or , d’argent ou de soie, selon la ditserenee desconditions : il est semblable à celui des hommes , íì C en’est qu’il est plus long & qu’il pásse autour du gras de lajambe. 11 ne sc peut rien voir de plus beau que la broderiedont les extrémités de ce Pantalon font enrichies. Ellesont par dessus un jupon semblable à celui des Francoises ;il n’est que de toile ou de quelque étoffe commune , quandelles demeurent au logis ; mais, quand elles sortent les joursde fête, elles en prennent un de mousseline. Elles n’ontpoint d’autre coëffure que leurs cheveux. Peu d’entr’ellesont deS bagues ou des pierreries ; il n’y a guères que leshommes qui en porteur. Pour collier elles n’onc qu’unepetite chaîne d’or qu’ils leur donnent le lendemain de leursnoces , pour les faire souvenir qu’elles sont leurs premièresesclaves.

Le nombre des domestiques est fixé par la qualité despersonnes. II n’est pas permis aux roturiers d’en avoir. Lanoblesse est extrêmement fiere. Ce rang s’acquiert de diffé-rentes façons. Celle que l’on y considère davantage est at-tachée à certaines terres concédées par les rois, & qui sontinaliénables. Ces anciens nobles & leurs descendans s ap-pellent Daéns. Ils marchent immédiatement après lesprinces du sang, & leur nombre n’est pas grand.

II n’en est pas ainsi des Curés qui les suivent. Le roi enfait autant qu’il lui plaît. Pour peu qu’ils ayenr de saveur,ils obtiennent aisément de la cour [érection de leur vil-lage en titre de Car c. Leurs enfans y succèdent & sontCarés comme leurs peres.

Les Lolos -, qui font la troisième classe, sont ennoblispar des lettres particulières.

Le gouvernement de Macassar est purement monarchi-que. Les rois qui y règnent depuis près de neuf cens ans, yont toujours éré absolus, craints &: respectés. La couronney est héréditaire ; mais les frétés succèdent à l’exclusion desenfans. Cependant, malgré le pouvoir absolu des rois,le Cracn Caron-ron > ou premier ministre d état, ne laissepas de faire bien des choses fans leur participation. II estle maître de la police : c’est lui qui fait le choix des inten-dans des ports, des gouverneurs des villes 8c des provin-ces , des juges souverains & des juges subalternes : ensindcla plus grande partie des officiers du royaume: il sc con-tente d’en donner la liste au roi & de lui en demander laconfirmation » qui ne lui est jamais refusée. Le roi ne seréserve que la connoiflance des affaires de fa maison & ladiscipline de scs troupes. C’est lui-même qui entend lescomptes des revenus de l’état, qui en ordonne la distri-bution , & qui récompense de fa propre main les servicesqui lui sont rendus par scs soldats.Une ou deux fois le moisil les fait passer en revue , & il n’y en a guères qu’il ncconnoisse par leur nom.

Outre les garnisons des ports de mer & des places fron-tières , il y a du moins dix mille hommes de troupes, tantinfanterie que cavalerie, tous gens choisis, q lli àt entout rems prêts à le suivre. II ne leur donne aucune solde ;il les entretient seulement d’habits, d’armes - e poudre& de plomb. II leur assigne certains mois pour vaquer àleurs affaires domestiques. En rems de guerre ils sontentierement défrayés aux dépens du roi, & récompensésà proportion de leur valeur 8c de eurs services. Si onremporte quelque victoire , sc butin se partage dé bonnefoi en trois lots égaux: sc premier est réservé pour leroi; le second pour les princes & les principaux ossi-