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ci e rs de Farmée ; & le troisième se disiribue aux soldats.
Par rapport à l’administration de la justice, les princesSc les Daéns font toujours renvoyés au roi qui seul a droitde connoître des affaires civiles Sc criminelles qui les re-gardent. Le roi assemble alors son conseil composé dc sonpremier ministre, des princes d u sang Sc des premiers offi-ciers de fa couronne. L’instruòfion du procès criminel a duse faire auparavant par le gouverneur de la ville , le pré-vôt des marchands Sc les principaux habitans du lieu ou lecrime a été commis.
Le prévôt des marchands est le juge ordinaire de tousks différends qui naissent dans le commerce : si néanmoinsil s’agit d une affaire ou le public soit intéresse , elle est por-tée au conseil du roi. 11 y a un prévôt des marchands danstoutes les villes Sc tous les ports du royaume. 11 est ordi-nairement fort riche, parce qu’en bien des endroits il estle seul juge, & que d’ailleurs àst la coutume de lui fairequelques préscns , quand on a gagné son procès. 11 n’enreçoit point qu’il n’ait rendu son jugement, & il est rarequ’il se laisse corrompre. H le maître absolu de la po-lice ; il met le prix à tout ce qui se y end : il réglé les poids& les mesures, &c.
II n’y a point d’avocats ni de procureur ; chacun expli-que le sujet qui le f a * c plaider ; & le défaut de sincérité ,quand il est reconnu , est une raison suffisante pour êtrecondamné.
Les affaires criminelles ne sont pas à beaucoup près ensi grand nombre que les civiles, parce que la loi du Ta-lion est régulièrement observée -. chacun se fait justice àsoi même ; on rend fort exactement les coups de bâtonqu’on reçoit ; Sc fans appréhender d'être recherché par lajustice’, on peut tuer les vol cuis Sc les adultères, qui sonttrouvés en flagrant délit.
On prend de grandes précautions dans les mariages ; onles célébré avec pompe Sc cérémonie, parce qu’on penseque c’est Faction la plus importante dc la vie civile, Scl’acte de religion le plus saint. A peine un garçon a-t’il at-teint l'âge de trois ou quatre ans, que son pere pense déjaà le marier : il volt chez ses parens, ou dans son voisinages/il n’y a point quelque fille de même âge & d’une conditionégale à la sienne , qu’il puisse lui faire épouser. Quand il ena trouvé, il va voir la mere; car elle est chargée du soind’instrdire & de pourvoir ses filles, comme le pere estchargé de l’éducation des garçons. Si fa recherche est bienreçue , il eonvient avec elle de la dot qu’il doit donner àson fils ; car on marie les filles pour rien. Le pere retour-ne chez lui, & envoyeà la future épouse des présens ré-glés par F usage ; il prend ensuite le futur époux par la mainSc vient le présenter à la future épouse. Api ès quoi le no-taire est mandé, Sc on passe un acte par lequel la meres’oblige de donner fa fille quand elle fera nubile. Les futursconjoints demeurent séparés jusqu’à ce que Fun &l’autreayent atteint l’âge de quinze à seize ans. Le mariage le cé-lébré alors avec toutes les formalités Sc les cérémonies quisont o usage dans le pays.
Quoique le mariage des Macassarois soit fort solemnel,il n’est pas pourtant indissoluble , pas même après fa con-sommation. Quand le mari est mal satisfait de fa femme,Sc qu’il la croît infidèle , car l’adultère est la cause la plusordinaire du divorce > il va trouver son Agguy , pour seplaindre de la mauvaise conduite de sa femme ; il lui dé-couvre ses soupçons ou les autres raisons qu’il a de la ré-pudier. Lorsque F Agguy les approuve, le mari va an jugeséculier qui prononce sur la séparation , & en réglé lesconditions. Une femme répudiée peut sc marier à qui bonlui semble , ou plutôt à celui qui en veut ; mais il lui scroithonteux de sc marier dans le lieu où elle a été répudiée.
H n’y a guères qu’un siécle Sc demi que les Macassaroiscroient encore payens ; enfin dégoûté de l’Idolâtrie, leroi résolut avec son conseil d’embrasser une autre reli-gion. Ils envoyerent en même tems des ambassadeurs augouverneur Portugais de Malaca & au roi d’Achem dansFiíle de Sumatra , qui étoic Mahométan , déterminés àsuivre la religion de ceux dont les missionnaires viendraientles premiers. Les Mahométans étant arrivés les prémiersles Macassarois embrassèrent leur religion , à laquelle ilssont superstitieusement attachés.
Te roi de M a cassa r devenu ainsi Musulman, crut qu’iletoit de son devoir 6c de la gloire de ses états, d’engagerles princes ses voisins Sc sc s tributaires à se faire Mahomé-
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tans comme lui. Les propositions qu’il leur en sir, furenttrès-mal reçues, car ils étoient déja prévenus en faveur dela religion Chrétienne. Tous sc déclarèrent ouvertementles ennemis jurés de la religion de Mahomet, & pour mar-quer plus ouvertement la haine qu’ils avoient pour elle enfa personne, ils refusèrent de lui envoyer les tributs qu’ilsavoiept coutume de lui payer tous les ans. Ce fut ce quidonna lieu à une guerre des plus sanglantes Sc à l’étabiis-scment de la religion Mahométane dans la plus grandepartie de Fisle. Tous ces princes, après avoir courageuse-ment défendu leur liberté pendant plusieurs années , fu-rent à la fin vaincus par les rois de Macassar , Sc la pre-mière loi que leur imposcrent les vainqueurs, fut de sefaire circoncire.
a.MACASSAR ou Macaçar, [ledétroit de] C’est unbras de mer dans les Indes orientales, entre Fisle de Bor-néo à Foccident Sc Fisle de Célébes à l’orient. La ville deMacaçar donne le nom à ce détroit.
3. MACASSAR , ou Macaçar,ouMancaçara.C etteville , suivant Gervaise , p. 75. est sur la côte occidentalede Fisle de Célébes. La capitale est le séjour le plus ordinai-re des rois de Macassar.Elle est la plus grande, la plus belle& la mieux fortifiée de Fisle.Elle scroit encore plus forte siks Hollandoisn’avoient point ruiné les premieres fortifica-tions que lesPortugaisy avoient faites long-tems avant qu’ilsen fussent chassés. Elle est située un peu au-dessus de l’ern-bouchure de la riviere , environ le y deg. de lat. mérid.bâtie dans une plaine très-fertile Sc abondante en riz, enfruits,en fleurs 8 c en toutes sortes de légumes.Les muraillesde la ville sont battues d’un côté par les eaux de cette granderiviere, qui, se détachant de son lit par de petits canauxsouterrains, va humecter Sc rafraîchir les racines des arbresôc des plantes , des jardins de la ville & de la campagne.
Les rues sont sort larges & très propres , quoiqu ellesne soient pas pavées , parce qu’elles sont naturellementtoutes sablées. Les arbres dont elles sont bordées des deuxcôtés sont fort tousses , & les habitans ont un grand foinde les entretenir, parce qu’ils donnent de l’ombre à leursmaisons, & qu’ils font la commodité des passans pen-dant la chaleur du jour.
II n’y a que le palais du roi & quelques mosquées quisoient de pierre. Toutes les autres maisons ne sont faitesque de bois. Cependant elles ne laissent pas d’être fortagréables, car ces bois sont de différentes couleurs, celuid’ébenne y domine toujours ;& ils sont tous travaillés avectant d’art, & si bien assemblés les uns avec les autres, qu’ilsemble que toute la maison ne soit faite que d’une seulepièce de bois de diverses couleurs. Le plus grand de cesbâti mens lie passe pas ordinairement quatre ou cinq toi-ses de long fur une ou deux de large. Les Fenêtres en sontfort étroites. La couverture est ordinairement faite de gran-des feuilles très épaisses que la pluie ne perce point.
Presque toutes ces maisons son c élevées & soutenuesen l’air luv de grandes colonnes d’un bois si dur , qu’il pa-roît incorruptible. Mais ce qu’il y a de plaisant, c’est qu’on'n’y monte qu’avec une échelle, que chacun a grand soinde tirer en haut quand il est entré, de peur que les chiensn’y montent après. Car comme les habitans font de tousles Mahométans les plus superstitieux , ils se croiroientsouillés. 11 faut qu’ils courent à la riviere, dès qu’un chienles a touchés. Sur le toit de la maison qui est bas Scfort plat, il y a toujours trois croissans. Les deux qui tien-nent les extrémités , sont droits , celui du milieu estrenversé.
II y a un grand nombre de boutiques où on trouve toutce qu’on peut désirer. On voir aussi de grandes places pu-bliques , où se tiennent les marchés deux fois par jour; 1cmatin avant le lever du soleil, & se soir une heure avantqu’il se couche. On n’y voir que des femmes, Sc un hom-me n oserait y paraître fans se rendre méprisable , sanss’attircr la raillerie de tour le monde > Sc s’exposcrà êtrelapidé par les enfans. On est persuadé que les hommes sontréservés pour des occupations plus sérieuses & plus im-portantes. C’est un plaisir d’y voir aborder presqu’en mê-me tems de tous les bourgs & villages circonvoisins de jeu-nes filles chargées, les unes de poisson d’eau douce, qu’onprend dans un gros bourg nommé Galezon » où la pêcheest établie, & situé à cinq ou six lieues de la ville fur lebord de la riviere ; les autres chargées de marée , de raies,de soles & de plusieurs autres poissons de mer qui ne sont