Band 
Tome quatrième. M - P.
Seite
16
JPEG-Download
 

1 6 MAD MAD

t ions de UEurop'e depuis un jusqu’à dix. Ils ajoutent l’uniréSc le resle des autres nombres jusqu’à vingt, Sc de vingtjusqu’à cent, &c. Il y a des écrivains qui ont avancé queces peuples 11e savoient compter que jusqu’à dix; mais ils11’étoient pas bien informés. A la vérité quelques Nègresdes montagnes ou du pays des Machicores, qui ne plan-tent ni ne cultivent, ne savent point compter. Les poidsdont on se sert, sont comme les nôtres ; ils ne passentpoint la dragrne ou gros. On ne se sert ni de Ponce ni dela livre. Les poids ne font que pour peser l’of Sc l'argent,le reste ne se pese point. * ìlacourt , c. 28.

Quant au commerce ou trafic qu’ils ont entr’eux, il nese fait que par échange. 11s n’ont aucun usage de mon-noie ; les merceries & verorteries que les Chrétiens leurportent ., leur en tiennent lieu. Quand ils vont dans unpays éloigné acheter des boeufs, du coton, de la foie ,des pagnes , du fer , des zagaies, des haçhes, des couteaux& autres choses semblables, ils échangent du cuivre pourde l’or, de Purgent Sc du set, Sc font ainsi leur trafic. S’ilsont quelques pièces de monnoie d’or ou d’argent, il lesfont fondre pour en fane des menilles ou brasselets. Ilsn’ont pas encore la connoissance du commerce ; c’eslpourquoi ils néglig ent de ramasser la plupart des chosesque leur pays produit. Ils estiment plus une menille decuivre que la plus belle pierre brute ; Sc ils se moquentdes étrangers qui leur disent de leur en apporter. Dans laplus grande partie du pays on mange la cire avec le miel,les bœufs, los moutons, les cabris avec leurs cuirs. Versle nord de Piste, on jette la foie & on mange le vers,quand il ost en fève. On brûle ordinairement l’ambre-grisdans les sacrifices; Sc vers le sud on ne daigne pas le cher-cher ni le ramasser fur le rivage de la mer. Celui qui abesoin de coton porte du riz ou mene du bétail au lieu oùon cultive le coton ; Sc celui qui a du coton Sc a besoinde riz, va vendre son coton dans les endroits où il y a duriz. II n’y a ni foire, ni marché ; la foire & le marché fontou il y a abondance ; chacun y va ou y envoye pour faireà provision. * Rennesort, c. 28.

Les habitans de Madagascar , selon Flacourt, c. j o.n ont point de temples , ni d’autre divinité connue qu’uninfecte qui est une espèce de grillon : mais leur circonci-sion Sc quelques autres pratiques dénotent que des Juifsou des Mahométans y ont abordé » Sc laissé quelques ve-stiges de leur religion.

MADA 1 N, ville d’Asie dans PIraque Babylonienne ouChaldée. Elle est située fur le Tigre au midi de Bagdad ,dont elle n’est éloignée que d’une journée de chemin. Lestables arabiques lui donnent soixante Sc douze degrés delongitude, Sc trente-trois degrés dix minutes de latitudeseptentrionale ; mais il y a faute, Sc il faut lire soixanteSc dix-neuf degrés au lieu de soixante Sc douze. Quelquesgéographes arabes écrivent qu’elle a tiré son nom de Ma :dain , frété de Madian, qui étoient tous deux enfans d’Is-mae'l. Mais il est plus vraisemblable que le nom de Ma-dain , qui signifie en arabe deux villes, lui a été donné ,ou à cause de sa grandeur , ou parce qu’elle étoit bâtie surles deux bords du Tigre, & paroissoit comme deux villesqui n’étoient jointes que par un pont ; c’est ainsi que lacapitale de l’Egypte fut nommée Mesraim ou Misraim,auíîi bien que PEgypte même , au nombre duel, à causequ’elle s’étendoit fur les deux rives du Nil. Nos géogra-phes modernes prétendent que cette ville est l’ancienneCtésiphonte ; mais les historiens Persiens veulent que Scha-bur ou Sapor , surnommé Dhoulaktaf, l’ait fondée sousJe nom de Madain , & que Khosroes , surnommé Nus-chiruan , Fait augmentée notablement, & embellie d’unsuperbe palais qui a passé pour l’ouvrage le plus magni-fique de tout l’Orient. Ce palais, que les Orientaux ap-pellent Thack Kcsra en arabe, ouThack Khosru en per-sien, c'est-à-dire la voûte ou lc dôme de Khosroes >fut pillé avec la ville Pan seizième de l’hégire par Sâad,général du Khalife Omar , après qu’il eût remporté lavictoire fur les Persans dans la fameuse journée de Ca-désie. Les Arabes trouvèrent dans ce pillage le trône , lacouronne , le tapis, & l’étendart royal des rois de Perse,qui étoient d’un prix inestimable , avec des magazins decamphre odoriférent que l’on brûloir pour éclairer Scparfumer en rrtêrne tems ce palais. Et Ben-Schohnah rap-porte que les Musulmans furent si surpris à la vue de tantde richesses, qu’ils s’écrierent : Voici l’effet des promeflejt

que Dieu nous a faites par la bouche de son Prophète ; câfquelques - uns de leurs docteurs ont écrit que Mahomet,frapant avec une masse de fer, une roche qu’il falloir bri-ser pour continuer le retranchement qu’ils faisoir fairecontre ses ennemis, excita un feu si lumineux , qu’il fitvoir aux habitans de Médine les voûtes du palais de Ma-dain , Sc qu’il leur en promit la conquête. Kondemir rap-porte dans la vie d’Abugiafar Almansor second Khalifede la maison des Abbassides, que ce prince ayant entreprisde bâtir Bagdad & son château, commanda que l’on dé-molît le palais de Khosroes, pour en employer les pier-res à la structure de fa nouvelle ville. Son visir l’endissuada, & lui dit que la démolition d’un ouvrage si so-lide ne se pouvoir faire sans un miracle qui étoit réservéau Prophète , Sc que l’on pourroit lui reprocher un jourqu’il n’auroit pas eu assez de puissance pour faire un nou-veau bâtiment fans en ruiner un ancien. Almansor nelaissa pas, nonobstant cet avis , de persister dans fa réso-lution , Sc employa un rrès-grand nombre d’ouvriers pourexécuter ses ordres , mais ce fut inutilement ; car la dé-pense & la difficulté croissoient tous les jours de telleforte, qu’il s’ennuya à la fin de la longueur de cette en-treprise, Sc défendit que l’on continuât ce travail. Son vi-sir lui dit alors qu’il n’étoit plus temsd’abandonner ce qu’ilavoir commencé ; car en le faisant > la postérité auroit su-jet dedirequ’Almansor, avec tout son pouvoir n’auroitpu renverser ce qu’un autre prince avoir élevé. Un poètepersien fit un distique sur ce palais , dont voici le sens :Voyez la récompense que l’on reçoit d’un ouvrage excel-lent , puisque le tems qui consume toutes choses, a épar-gné jusqu à présent le palais de Khosroes. * D’Herlelot,Biblioth. orient.

MADAMS. On appelle ainsi dans les Indes orientales ,du moins dans le royaume de Maduré , un bâtiment dresséfur les grands chemins pour la commodité des passans. Cebâtiment supplée en quelque maniéré aux hôtelleries donton ignore l’usage. Dans certains madams on donne à man-ger aux brames ; dans d’autres on leur donne de la canje ;on appelle ainsi l’eau où l’on fait bouillir le riz : il y en ad’autres où l’on donne le petit lait ; communément on n’ytrouve que de l’eau Sc du feu, il faut porter le reste. Onne voyage pas commodément dans ce pays-là, Sc cepen-dant ce n’est pas encore ce qu’il y a de plus rude. La cha-leur excessive du climat incommode plus que tout le r este.O11 ne fait gueres de voyage que l’épiderme du visage nesoit tout-à-fait enlevé : on s’en console aisément; car il enrenaît bientôt une autre à la place. * Lettres édifiantes ,r. ta.p. 113.

MADAR A, village d’Afrique en Barbarie au pays deTunis, entre Bonne &les ruines de Carthage. On a cruquec’étoit l’ancienne Madaure. Voyez, ce mot.

MADARAVAN , ville d’Afrique au royaume de Fezdans la province de Fez , à trois lieues du grand Atlas furle bord du Bourregreg du côté du nord. Elle a été bâtie parAbdulmumen second roi de maroc, à cause de quelquesmines de fer que l’on trouve aux environs. Elle étoit fortpeuplée du tems de ce prince, & il y avoir des palais Scdes mosquées ; mais les Béramérinis Payant détruite en laguerre qu’ils firent aux Almohades, les habitans allerents’habituer à Salé. Les murailles étoient encore debout dutems de Martnol, Vlfriq, q 2. /. 4, c . 10. mais on y fai-soit quantité de brèches, Sc il n’y resloit plus que quel-ques mosquées. Entre cette ville & la montagne font degrands bois remplis de lions. Les Chaviens fréquententfort en ces quartiers-là l’été, à cause de Peau Sc des pâtu-rages.

MADARSUMA. Voyez Madasumma.

MADASARA , ville de P Arabie Heureuse, selon Pto-lomée, /. 6. c. 7.

MADASUMMA, ville d’Afrique propre. Antonio lamet sur la route d ’Aqua Regiœ à Su f es > à 1 jooo pas dupremier lieu, & à 18 mille pas du second. L’édition deZurita porte Madarsuma. Primulien évêque de ce lieuassista à la conférence de Carthage, Sc est qualifié Epis-copus Mandassumitanus ; 6e dans la notice épiscopaled’Afrique on trouve entre les évêques de la Byzacène lcsiège deMADAssuMA, qui étoit alors vacant.

MADAURA, ancienne ville d’Afrique dans l’Afriqueproprement dite ; c’étoit la patrie d’Apulée. La Madaured’Apulée Sc le Madurus de Ptolomée étoient dans la Nu-

midie.