Band 
Tome quatrième. M - P.
Seite
18
JPEG-Download
 

18 MAD

paroisses, trois monastères d’hommes, trois de filles, &un magnifique collège de Jésuites. L’église de ces peresest une des plus belles de l’isle. Les jours de fête on y faitle service divin avec beaucoup d’appareil ; la veille onmet un grand nombre de lumières autour du clocher dèsque le soleil se couche ; cette illumination offre à unecertaine distance un spectacle surprenant. Funchal est leseul lieu de commerce d’où l’on transporte dans les paysétrangers les vins & les sucres du pays dont la qualité esttrès-estimée. La contrée voisine est pleine de fertiles mon-tagnes qui ofírcnr un coup d’œil aussi agréable que celuides vallées ; mais les unes Sc les autres font bien déchuesde leur premiere fertilité ; car au lieu de soixante pour unqu’elles rendoient autrefois, présentement elles rendent àpeine trente pour un, souvent même on est obligé delaisser la terre trois ou quatre ans fans y rien semer. 11 y a«ne montagne près de la ville de Funchal d’où il sort unesi grande quantité d’eau , q ue Lien souvent elle cause uneinondation qui renverse ôc entraîne les ponts, les églises,les maisons ôc les autres bâtimens.

Une autre ville moins considérable , qui est appelléeMarichico , a une église sous le titre de sainte Croix , ôiun couvent de Bernardines.

II y a , suivant Mocquet, dans toute cette isle beaucoupde châteaux & de maisons de plaisance. L’évêché comprendtrente-six églises paroissiales , cinq cloîtres, quatre hôpi-taux & 8z hérmitages. L an i6ay , on compta dans cetteisie jusqu’à 6096 maisons , Sc le nombre en a étébeaucoup augmenté depuis. Le clergé de cette isle estnombreux & fort riche. Ceux qui descendent de Mauresou de Juifs ne sont point admis aux ordres sacrés.

L’isie est arrosée par sept ou huit rivières & plusieursruisseaux qui descendent des montagnes. Quoique ces mon-tagnes soient hautes & escarpées, elles ne laissent pasd’êtreculiivéescomme des plaines. Le bled y peut croître jusqu’ausommet ; mais le rjisin n’y vient pas si heureusement.

La principale production de cette isle est la vigne , dontle plant a été apporté de Candie > & qui donne trois ouquatre sortes de vins. L’un ressemble par fa couleur à ce-lui de Champagne . & n’est pas estimé ; l’autre est un vinblanc qui est beaucoup plus fort que le premier ; le troisiè-me est délicieux, & s’appelle Malvoisie ; le quatrième a lacouleur de vin d’Alicante, mais il lui est fort inférieur engoût : on ne le boit jamais que mêlé avec les autres fortesde vins ausqnels il donne de la couleur & la force de seconserver. Le vin de Madere a cela de singulier-, que lachaleur du soleil le rend meilleur, quand on l’y exposedans le tonneau dont on a ôré le bondon. On recueilledans toute l’isle envirón vingt-huit mille pièces de vin,dont huit mille sonr bues dans le pays, le reste se trans-porte ailleurs; la plus grande partie va aux Indes occi-dentales , & sor tout aux Barbades.

Comme on ne recueille pas assez de bled dans l’isle pourla nourriture de ses habitans , on y prend des mesures as-sez justes pour prévenir la famine ; c’est d’obliger les vais-seaux'qui y aborden*, d’aller chercher une certaine quan-tité de grains aux isles Açores : on ne leur permet pointde commercer-dans l’isle avant qu’ils se soient acquittés decette espèce de corvée.

Le pays porte beaucoup de limons, dont on fait uneexcellente confiture. On en charge même tous les ansdeux ou trois petits bâtimens pour la France. Les oran-ges Sc les bananes y sont aussi en grande abondance.

Le sucre que l’on fait dans cette isle se transporte rare-ment ailleurs, parce qu’il peut à peine suffire pour ses be-soins. On y trouve une grande quantité de pêches , d’a-bricots.de prunes, de cerises, de .figues & de noix. Lesmarchands d’Angleterre qui s’y sont établis, y ont apportédes groseilles, des noisettes & d’autres fruits semblables,qui y viennent parfaitement bien.

Parmi les arbres dont on fait le plus de cas , il y en aqnelques-uns qui produisent la gomme, & de ces der-niers l’arbre qui produit le sang de dragon est celui qu’onestime le plus. II y a aussi une certaine espèce de Gayac ,nommé Talossanta , ou bois saint, qui n’est pas si bonque celui qui croîe aux Antilles. On y trouve encore degrosses grenades d’un aigre tirant fur le doux.

Certe isie abonde en animaux domestiques Sc en touteforte de gibier. On trouve fur les montagnes des sangliers,ôc presque dans toutes les campagnes des perdrix, des ra-

MAD

miers & des cailles. On n’y voit aucune forte d’anìmauxvenimeux ; il ne s y trouve ni scrpens, ni crapauds, quoi-qu’ils soient très communs dans les Indes. Les lézardsseulement y sont en grand nombre, & causent beaucoupde dommage aux raisins & aux autres fruits.

Les habitans sont beaucoup plus honnêtes & plus trai-tables que ceux des Canaries , ôc trafiquent fort amiable-ment avec toutes sortes de nations. La sobriété est leurvenu favorite, & les garantit des fièvres que leurs excèsdans les plaisirs de l’amourleur causeraient, &leurren-droient irès-dangereuses. Leur habillement est toujoursnoir. Personne ne va fans épée, ni fans poignard; les ser-viteurs les ont à leur côté dans le rems même qu’ils fer-vent leurs maîtres à table. Les maisons n’ont rien de ma-gnifique relies sont toutes en plates-formes ; les fenêtresn’y ont point de vitres; on les laisse ouvertes pendant lejour pour y faire entrer de nouvel air , Sc on les fermela nuit avec des volets.

i. MADERE , riviere de l’Amérique méridionale ; lesPortugais l’on t appellée Kio da Madeira , ou riviere dubois , à cause de la quantité d’arbres déracinés qu’eile châ-tie dans 1 c tems de ses débordemens. Parmi ses différentessources, la plus éloignée est voisine des mines de Potosi,Sc peu distante de l’ongine du Pilcomayo, qui va sc jetterdans le grand fleuve de la Plata. Faisant un demi-cerclevers le sud, elle prend son cours du côté du nord, tra-verse les missions des Moxes , où elle est appellée Ma-moré ; & va le rendre dans l’Amazone au-dessous del’embouchure du Rio Negro. En 1741, les Portugais re-montèrent cette riviere jusqu’aux environs de SanaCruzde la Sierra , ville épiscopale dn haut Pérou par les 17deg. & demi de latit. australe. * Carte du cours de /’.f-maz,one , par M. de la Condaminc.

MADERNO, ruines d’une ancienne ville d’Italie auduché de Castro dans les états du duc de Parme fur la ri-viere de Fiore, un peu au dessous des ruines de Castro.•Cette ancienne ville étoit de l’Etrurie, & s’appelîoit Tu-der, Tudernum ou Sudernum. Eéandre écrit Muder-*no. * Baudrand , édit. 170p.

MADG 1 AR. C’est le nom que les Arabes donnent aupays de la Hongrie.

i.MADIA , ville d’Asie dans la Colchide, selon Pto-lomée, /.y. f. 13. H l a met dans les terres.

1. MADIA ou Magia , riviere de Suisse au bailliage deLocarno en Italie. Elle a fa source au mont S. Gothard ,d’où serpentant vers le midi oriental Sc se chargeant enchemin de plusieurs ruisseaux, elle baigne la vallée qui enprend le nom de Val Madia , ou Val Magia. Les Al-lemands qui nomment Meyn cette riviere , appellentcette vallée Mèynthal.

3. MADIA ( VAL) ou Magia, ou Meinthal, pays dela Suisse aux confins du Milanez, C’est le quatrième Scdernier bailliage des douze Cantons en Lombardie. IIconfine d’un côté au Milanez , ôc de l’autre au haucVallais &au canton d’Uri. Cen’eslqu’une longue valléeétroite, serrée entre de hantés montagnes , &arrosée danstoute fa longueur par une riviere qui lui donne son nom,ôc qui de-là passe à Locarno. Les principaux endroits dece bailliage sont la ville de Magia , située fur la riviere dece nom, avec le bourg de Gevio fur la même -riviere. Sesprincipaux villages sonr Laizera , Bugnasco , Prolio ,Rouana , &c. Ce bailliage faisoit autrefois partie de celuide Locarno, & les deux ensemble composoienr une belleterre que les nobles Rusca de Côme posiédoient, avectitre de comté. Dans la fuite ce comté fut partage. Le ValMadia fut détaché de Locarno ; ôc ces deux terres vin-rent en la puissance des ducs de Milan dans le XV. siécle.Au reste, ce bailliage & les trois autres sont possédés encommun par les douze premiers Cantons qui y envoienttour à tour des baillis dc deux en deux ans.L’an 1 yiz.Maxi-niilien Sforce, duc de Milan, ayant chassé d’Italie les Fran-çois par le conseil du pape Jules II. ôc par le secours desVénitiens . des Suisses Sc des Grisons, crut ne pouvoirmieux témoigner fa reconnoissance à c es Républiques »qu’en leur faisant part d’une portion de son duché. Ainsiil donna ces quatre bailliages aux Suisses, & la Vakelineaux Grisons. Trois ans après, savoir en iyij , FrançoisI. roi de France ayant battu les Suisses à la journée de Ï43-rignan > fit la paix avec eux , & leur confirma la dona-tion de ces bailliages ; la même chose a été faite dans la