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ìtrá , d’épêes de diverses façons, de harnois de chevaux.& d’armes antiques , comme dards, flèches, &c. On yvoit six hommes a cheval, armés de toutes pièces & parésd emeraudes. Ce sont des présens que Philippe II. reçuedu duc de Savoye, Sc de divers autres princes. Les armeschinoises de fer entaillé , la botte d’uii duc de Saxe pres-que aussi groíïe qu'u n homme , & l’épée du fameux Ro-land, ne sont pas les pièces les moins curieuses. Au-des-sous de cette salle sont les écuries, où l’on entretient or-dinairement cent chevaux d’Andalousie. La grande cha-leur qn’on sent en ce pays-là, oblige les Espagnols à don-ner peu de jour à leurs appartemens . afin d’en fermerPennée aux rayons du soleil. On a observé cette pratiquedans la construction du palais ; de-là vient qu’on y trou-ve plusieurs appartemens dont les pièces font un peu ob-scures. Tout ce palais est bâti d’une pierre fort blanche, àla réserve de deux pavillons de la façade qui sont de bri-que. Les fenetrages sont de marbre fin , & les vitres decry stase & rous les appartemens sont accompagnés d’uneinfinité de balcons dorés, qui font un très-bel effet. Lachambre d’audience est dorée depuis le bas jusqu’au lam-bris , & se foyer en est de jaspe. Les jardins sont fermésde murailles, Sc donnent du côté de la ville qu’on nom-me la Priora. Ils sont un peu bornés, mais jolis.
La bibliothèque , qui n’en est pas éloignée , a son en-trée pour le public vis-à-vis los Canos del Perral. Elle s’é-tend jusqu’au coin de la calle del Tetoro > & cotoye toutecette rue qui aboutir au palais. Outre les galeries qui sonttrès-vastes, il y a plusieurs beaux appartemens garnis d’at-moities Sc de caisies bien ordonnées & exécutées, tou-tes fermées à la clef, mais dont l’intérieur est visible parles glaces & les fils de laiton. Elle contient une quantitéprodigieuse de tout ce qu’il y a de plus curieux en livres& manuscrits ; & parmi un grand nombre de pièces rares,il y en a une qui mérite Pattention d’un chacun. C’estunetable représentant une ville avec ses fortifications régu-lières > ses attaques & défenses , tout en argent. 11 y aplusieurs bibliothécaires pour donner les livres que lesparticuliers demandent , Sc pour que le tout soit toujoursbien arrangé. C’est à Philippe V. que l’on doit ce nobleétablissement.
On descend de là dans le Prado Nuevo. C’est uii grandquai large pour y promener cinq carosses de front,qui com-mence à peu de distance de la porte de la Floride , & abou-tit au pont de Ségovie ; les côtés plantés servent aux pié-tons. Le bord de ce quai qui donne à la rivière est de huità neuf pieds d’élévation de briques Sc pierres larges au-dessus , avec des boules de distance en distance & de mêmeespèce qui servent d’ornement, aussi-bien que trois fon-taines de différens goûts avec des bassins. 11 y a vers le mi-lieu lin grand escalier double de pierres bleues pour des-cendre à la rivière , Sc l’on voit près du pont de Ségovieune chapelle bien solide & de bon goût, dédiée à nueslraSehora del Puerto, avec’un logement pour un chapelaindr ceux qui en dépendent. À côté de cptte chapelle onvoit nombre d’arbres rires au cordeau , avec des allées quiconduisent à une belle fontaine qui est directement dans lemilieu. Cet embellissement éternisera le nom du marquisde Badillo corregidor de Madrid. II ne s’esl pas contentéd’orner le dedans par des fontaines , il a augmenté lesagtémens de dehors le long de la rivière du côté de laFuente de las Damas. C’est une promenade charmantequi se nomme ainsi, & qui est fur le chemin du Pardo,autre maison royale à deux lieues de la ville, Le pont deTolede, qui ne cede ni en beauté , ni en grandeur a celuide Ségovie, est encore son ouvrage. Le quartier des gar-des du corps l’est aussi. 11 est à la porte del Conde Duque,construit de briques & pierres, a quatre pavillons, avec«ne chapelle magnifique ; il est assez grand poùr conte-nir huit cens hommes ; & les écuries > qui font superbes,mille chevaux. Outre ce quartier, il y en a encore deux.- L’un , pour un bataillon des gardes espagnoles ; & l’autre ,pour un des gardes walones.
Outre le palais du roi, il y a aux portes de Madrid deuxa «tres maisons royales, qui peuvent être regardées commemaisons de• plaisance, la Casa del Campo & Buen^vetìro. La premîere fe voit du palais royal, de Parure^éduMançanarès, à une portée de fusil de la ville , Sc^ c * n q ou six cpns pas du pont de Ségovie. C’est un en-* lt ou délicieux, de grande etèndue, fermé de murailles,
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tnâis Pédificc en est un peu négligé. On voit à l’éntree dujardin la statue de bronze de Philippe fII. à cheval, &tour armé. Elle est placée sor un grand piéd’cstal demarbre. On la compare pour la beauté à celle de HenriIV. fur se pont-neiifà Paris. Plus avant on trouve unefontaine de bronze , qui représente un château très-bienfortifie, avec du canon & des soldats qui le gardent, Sctout cela jett*fie Peau. Le parc est'le long de la rivierequi baigne ses murailles. C’est la ménagerie du roi. 11 y ade belles allées qui conduisent à crois 'ou quatre étangsassez grands. II y en a un bordé de grands chênes , & toucrevêtu de murailles. O n y tient d’ordinaire une petitegondole , dans laquelle le ro j p ren fi } quand il veut, ledivertissement de la promenade sor l’cau. C’est une soli-tude des plus charmantes.
Le Buen Retiro est à une autre extrémité de la ville»fur le penchant d’une colline prés de Prado Viéjo. Voyez.Buen Retiro.
La Floride est une antre maison situee à peu près com-me 1e palais pour la vue. Elle appartenoit au marquis deCastel Rodrigo , gouverneur des Pays-Bas en 1668. Ony voit plusieurs jardins en terrasse , embellis d’un très-grand nombre de statues apportées d’Italie , & faites de lamain des meilleurs maîtres.
On voit dans Madrid divers autres batimens considé-rables, comme églises, convens, hôpitaux & hôtels degrands seigneurs. L’Anfirante de Castille a auprès de BuenRetiro une maison qui est petite , mais ornee de jets d’eau,de tableaux anciens & nouveaux , & de statues de lamain des plus habiles maîtres. Le marquis de Liche , sisede Louis de Haro, premier ministre de Philippe IV. a bâtiprès du palais royal une maison qui surpasse tous les édi-fices des parriculiers , pour la grandeur Sc les richesses.’Elle feroit encore plus belle, si Philippe IV. n’eût ordonneau marquis de retrancher une partie des bâtimens qu’ildevoir élever suivant son dessein. La même chose étoit ar-rivée au duc de Lerme sous Philippe III.
La prison, en espagnol Carcel de Cor te , est belle. Elleest à l’extrémité de la rue d’Atocha. Mais l’hôtel de ville ,ou Cab a del Ayuntamìento , qui a aussi des cachots & ap-partemens pour les prisonniers, la surpasse de beaucoup.II est orné d’un portail superbe composé de trois portes ,Sc s’élcve en fronton par dessus le toit : au - dessus de laporte du milieu il y a une fenêtre avec un balcon. Ce por-tail est soutenu jusqu’à ce balcon par quatre rangs de co-lonnes , chargés d’un second ordre au-dessus. Le frontonporte les armes du roi d’Espagne : il finit en figure trian-gulaire , & les trois angles sont chargés chacun d’unestatue qui représente une vertu. Celle qui est au-dessusdes autres représente la justice. Le bâtiment est massif,long & large; a deux étages, & toutes les fenêtres fontfermées fie barreaux de fer , qui fervent autant pourl’or-nement que pour la sûreté ; car ils sont dorés & bien tra-vaillés. Au-devant des prisons fe voit une fontaine assezbelle > donc le jet façonné en quarté , soutenu par un pi-lier , est chargé d’une statue. Quatre têtes d’animaux ver-sent l’eau dans un bassin qui est fait en angles faillans Screntxans. Les fontaines de Madrid sont presque toutes or-nées de statues, ou de quelques groupes de figures. Lesplus belles se trouveut à la place de Sebada, à la Puertadel Sol, & à la place de Saint Domingue. Le jet de lapremiere est un pilier quarré fort épais , façonné en deuxordres, comme deux étages ornés. A chaque étage' onvoit aux quatre côtés les armes d’Espagne. Entre le pre-mier ordre Sc le second paroissent à chaque façade deuxanimaux qui jettent l’eau dans quatre petits bassins posesau-dessus de quatre petits piliers, d’où elle coule dans legrand bassin qui est quarté. Au-dessus de l'ordre d cu-bant , s’éleve une façon dç dôme, qui supporte une slaruede femme avec un petit enfant. La fontaine de la portedu soleil est d’un dessein semblable, mais d’une autre ar-chitecture. Son jet est un pilier exagone fort epais. Au-dessus cíu pilier font placées quatre figures de nar pies;, quijettent l’eau par les terrasses dans quatre bassins faits encoquille, fur lesquels elles sont posees, & de ces bassinsl’eau tombe à grands flots dans le grand bassin qui est rond.Le pilier s’éleve en pointe au-deuas des harpies, Ôc sup-porte une fiatu£ que Ton notnrne MuTta blatìcu t la placeoù est certe statue n’esl pas grande , & sc trouve au centred’une croisée que forment quatre belles rues qui y abou-