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tissent, 8c la Calle-mayor est en face. La fontaine de laplace de San-Domingo a aussi ses ornemens ; l'on jet, quiest fort élevé, se termine, en dôme , 8c le dôme est sur-monté d’une statue. De l’endroit où le dôme commenceseau coule de la gueule de plusieurs têfes d’animaux dansde petits bassins faits en coquille , 8c plus bas encore pard’aurres têtes dans le grand bassin. On voirfur le jet lesarmes d’Espagne : la place où est cette fontaine n’est pas
si belle que les autres j elle est élevée & assez inégale. II ya fur une autre place tout auprès, qu’on nomme Plaz.uelade San-Domìngo , une fontaine nouvellement faite , plusunie , mais de bon goût.
Les maisons consacrées au service de Dieu, comme leséglises 8c les convens, ne le cedent ni en magnificence ,ni en richesse aux édifices profanes. L’église de NuestraSenora d’Atocha par corruption , & proprement d’An-tiochia , est des plus considérables. Elle est à un quart delieue de la ville dans l’enceinte d’un vaste couvent de Do-minicains > où l'on va par une tres-belle allée couverte.C’est-là que les rois font chanter le Te Deum , lorsquequelque heureux événement en donne occasion. A côté dela nef de l’église on découvre une chapelle ornée de plusde cent grosiès lampes d or 8c d’argent qui brûlent nuit8c jour. C’est dans cette chapelle que l’on voit une figuremiraculeuse de la Vierge. Elle est noire , & tient un petitJésus entre ses bras. Dans les grandes fêtes elle est magnifi-quement vêtue 8c couverte de pierreries. On voit autourde fa tête un soleil dont les rayons éblouissent ; & les ri-chesses que l’on y voit, sont dignes de la magnificence desrois, qui ont une tribune dans cette chapelle avec unejalousie au-devant. Les religieux du couvent où est cettechapelle meneur une vie fort austeré: l’une de leurs ob-servances consiste à ne jamais mettre le pied hors de lamaison.
L église de Nuestra Senora de Almudena est aussi desplus belles, 8c la Vierge qui y est a fait de grands miracles.On raconte entr’autres, qu anciennement les habitansdeMadrid etant pressés par les Maures qui les assiégeoient, &réduits à la famine, la Vierge leur envoya une grande quan-tité de bled qu’on trouva dans une tour ; ce qui fut causede leur délivrance. On ajoute que l’on déterra dans cettetour Limage de la Vierge , où S. Jacques Lavoir apportéede Jérusalem. On bâtit une chapelle sous son invocation ;& on y peignit en fresque cette merveilleuse avanture.L’autel, la balustrade 8c toutes les lampes sont d’argentmassif.
La chapelle de saint Isidore est la plus belle de toutes.On dit que ce Saint qui est patron de Madrid n’a été qu’unpauvre laboureur. II faut remarquer que l’Espagne a unautre Saint de même nom , qui a été archevêque de Sé-visse , 8c on ne doit pas les confondre. Le dôme de cettechapelle est orné en dehors des figures des douze Apôtres.Quand on y est entré,on voit au milieu le tombeau du Saint,au- dessus duquel est une couronne de marbre,qui représen-te des fleurs au naturel, supportée par quatre colonnes deporphyre; le tout est parfaitement bien travaillé. Les mu-railles de la chapelle sont incrustées de marbre de diversescouleurs avec des colonnes de même. II y a beaucoup depeintures toutes d’une grande beauté. Le dôme est fortéclairé Lot &: l’azur y brillent de toutes parts. PhilippeIV. fit bâtir cette chapelle , & on prétend qu’ellc lui coûtaprés de quatre millions. Dans l’église ancienne qui jointcelle-ci, se voit une autre chapelle de marbre blanc , or-née de plusieurs figures en relief,aussi de marbre. On y dittous les jours une messe pour le repos de Lame de Phi-lippe IV. II n’y a pas long-tems qu’on voyoit dans la courde la maison un laurier si prodigieux , qu’on n’auroit putrouver dans aucune forêt un arbre plus haut que celui là :c’étoit une merveille de la nature. Les chanoines qui de-meurent dans cette maison sont très-richement tentés.
Dans l’église de Saint Sébastien on remarque une chai-se magnifique qui sert à la Fête Dieu ; elle est de velourscramoisi en broderie d’or, garnie de cloijx d’or 8c cou-verte de chagrin. Le tour est orné de grandes glaces , &Limpériale est chargée d’une façon de petit clocher, rem-pli de clochettes d’or. Quatre prêtres la portent, lorsquequelque personne de qualité souhaite de recevoir le Via-tique. On le porte ordinairefnent le soir avec beaucoupde cérémonie. Le S. Sacrement est suivi cfe plus de millepersonnes de la cour, éclairé de mille flambeaux de cire
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blanche, & accompagné de plusieurs instrumens. On s’ar-rête dans les grandes places qui sc trouvent en chemin ,tandis que le peuple qui est.à genoux , reçoit la bénédi-ction , & que les musiciens chantent 8c jouent de la gui-tarreou de la harpe. C’est la reine Marie-Anne d’Autri-che , seconde épouse de Philippe IV. qui a fait faire cettechaise. Cette même reine a fait bâtir à Madrid un hôpitalpour les filles enceintes ; ces malheureuses peuvent y alleraccoucher, & l’on a soin d’elles 8c de leurs enfans. Phi-lippe IV. a fondé aussi une maison où l’on retire les en-fans trouvés. Quand on y met un enfant, on prend desadministrateurs un.certificat qui coûte deux Patagons. Cecertificat sert pour retirer l’enfant quand on veut. Tousces enfans sont censés bourgeois de Madrid , & même ,ce qu’il y a de plus singulier, ils sont réputés gentilshom-mes , car ils peuvent entrer dans un ordre de chevaleriequ’on appelle Habita.
L’hôpital de Anton Martin dans Madrid est très bienservi : on y entretient tous les jours un bon nombre depersonnes. II est destiné à recevoir ceux qui sont attaquésdu mal de Naples. Les religieux qui y'demeurent ont soindes malades. Une église de Notre-Dame, qui est dansson enceinte , est éclairée de vingt-quarre lampes d’ar-gent. Outre cet hôpital, il y en a un autre près la ported’Atocha, qu’on nomme Lhôpital général qui est vaste.Le collège des Jésuites est un édifice remarquable. Le roiPhilippe IV, en a fait une académie , & lui a donné dixmille écus de rente.
z. MADRID, château royal dans l’isle de France , àla tête du bois de Boulogne , qui lui sert de parc 8c fur lariviere de Seine de l’autre côté. Ce château est pn des ou-vrages de François premier, qui , selon Corneille &Piganiol, le fit bâtir fur le modele du palais royal deMadrid en Espagne. Mais c’est une erreur manifeste ;ces Aux édifices n’ont aucune ressemblance. La formede cet édifice est un quarté long. On veut qu il ait au-tant de fenêtres qu’il y a de jours en l’année. II consistedans un grand corps de bâtiment de trois étages > fanscompter le rez de chaussée. Au pourtour du rez de Chaus-sée & du premier étage , tegne une galerie formée par desarcades soutenues par des colonnes couplées. Ces arcadesont un ornement assez singulier ; c’est une espèce defayance, qui, lorsque le soleil y donne , jette beaucoupd’éclat. Ce corps de bâtiment est flanqué de deux grandspavillons qui forment des avant-corps fur chacune desdeux faces. A chacun des angles de ces pavillons fontd’autres petits pavillons quarrés, 8c au milieu des facesdes deux grands , sont deux tours rondes couvertes endôme d’un petit campanille. Ce château est entourré d’unfossé , & placé au milieu d’une grande esplanade , auxangles de laquelle on voit de petits pavillons quarrés ouguérites de pierre ; il est à une lieue 8c demie à l’occidentde Paris. * Piganiol , Description de la France, tom. z.pag. S 7 z. *
1. MADRIGAL , ville d’Espagne dans la vieille Ca-stille au voisinage d’Olmedo, à quatre lieues de Médinadel Campo. Elle est située dans une plaine fertile en bled8c en vin très-excellent. Cette ville est célébré par la nais-sance de deux savans hommes: le premier est Alphonsede Madrigal, évêque d’Aviia , surnommé Tostat. 11 étoicd’un savoir si profond , que, quoiqu’il n’ait vécu quequarante-trois ans, il a écrit vingt-sept gros volumes in-folio.. L’autre est Juan de Pineda , Franciscain, qui a écritfur la monarchie ecclésiastique. * Délices d'Espagne ,tom. i. p. 212 .
2 . MADRIGAL , ville de l’Amérique méridionale,éloignée de la ville de Popayan de trente-cinq lieues pres-que vers îe midi. Les Indiens l’appellent Chapanchi-ca, Elle est dans une contrée rude 8c pierreuse, où l’onne semé aucun froment, & où il n’y a point de pâturagespour les troupeaux. Le maïs ne laisse pas d’y venir assezbien deux fois l’année. On y a trouvé des mines d’or. LesIndiens qui habitent les lieux rudes, sont fort difficiles àdompter. *Laet, Indes occident. 1. 9 c. 17 .
MADRIGALEJO, petit village d’Espagne dansl’Es-tremadure . entre Truxillo & Guadaloupe. II étoit presqueinconnu il y a deux siécles ; il devint célébré par la mortde Ferdinand le Catholique. Ce prince ajoutant trop defoi à des Astrologues , qui lui a voient prédit qu’il rnour-roic dans Madrigal, ne voujlit jamais entrer dans cette