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Ville de ìa Castille , & il l’évitoit avec Loin. Mais comme îltraînoic son mal de lieu en lieu , cherchanc du soulage-ment & daignant la mort, il vint mourir dans un villagede même nom , ou du moins presque le même, * Délicesà'Espagne , t. a, p 574.
. MADRIGALESCO , petit village d’Ëspághé dans ìaVieille Castille àu pied des montagnes Sierras de Cogollo.II ne faut pas le confondre avec Madrigalejo,MADROGAN , que d’autres nomment Banamata-î>a , ville d’Afrique , capitale du pays de Monomotapa.C est une grande ville à six journées d’un palais nomméSimboë , Sc à vingt milles de Sofala vers le couchant. Lesmaisons sont de bois ou de terre, blanchies par dedans &par dehors, ce qui leur donne un air de propreté. Les toitssont larges & finissent en pointe comme une cloche. Plusles personnes sont qualifiées > plus leurs maisons font hau-tes. Le palais impérial est fort grand : on y entre par quatreglandes portes,ou les gardes de Tcmpereur font tour à toursentinelle. Les dehors sont fortifiés de tours, & les dedansont divises en plusieurs chambres spacieuses, garnies detapisseries de coton ,où la variété des couleurs le dispute à1 éclat de l’or. Le plancher , les poutres ôc les soliveauxsont dorés, ou même couverts de plaques d’or. Des chai-ses dorées , peintes démaillées, & des chandeliers d’y-voire suspendus avec des chaînes d’argenc embellissent cessomptueux appartemens. L’empereur se fait servir à ge-noux dans un grand silence. 11 a qifantité d’officiers qui«'approchent de fa personne qu avec un extrême respect,Ils sont tous vêtus de toile de coton ou d'étosses de soiede différentes couleurs, avec des ceintures enrichies depierreries, & de grands couteaux à manche d’or, ciselé ,émaillé & garni de pierreries. * Dapper, Description dèl’Afrique, p. 390,
MADRUZZO ou Mádrucè , en latin Madrucium ,bourg de l’éveché de Trente , entre la ville de Trente &celle de Riva. Madruzzo a titre de baronnìe, & a donnéI e * om à deux cardinaux , Ponde Sc le neveu , qui ont étéeveques de Trente. * Bàttdrand, Dict. édit. 170J.
MADUATENI , peuple de Thrace. Ce nom ne setrouve que dans Tite-Live ,/. 38. c. 4c. Ortelius, Thés.lc tient pour suspect ; il conjecture qu’il faut lire IvLedo-Bithyni.
MADUI, ancien peuple entre les Belges , selon He-ctor Boece de qui Meyer l’a emprunté. Ortelius, Thés.a raison de dire qu’il ne connoît point d’auteurs anciensqui en ayent parlé avant ces deux chroniqueurs.
MADURE ou Madura , isle de 'la mer des'Indes,entre lesisles de Java & de Bornéo, mais bien plus prèsde la premiere , par les travers de la pointe de laquelleelle gît presque nord-est, & dont elle n’est séparée quepar un canal de demi-lieue. Cette isle est de forme lon-gue , très-fertile & si abondante en riz , qu’elle en fournità lès volons qui vont le chercher. Le fond en est si gras,qu’on auroit de la peine à en trouver un meilleur danstoute la Hollande ; mais il est si souvent couvert d’eau ,que les hommes & les buffles qui le labourent, enfoncentquelquefois jusqu aux genoux. La même chose leur arrivequand ils sont la récolte du riz. ^
Cette isie est presque inaccessible aux grands vaisseaux ,a cause des bas fonds dont elle est environnée. Ses habitantsressemblent entièrement à ceux de Java, tant par leurs ru-ses & leurs autres qualités, que parleurs vêtemens, parleurs armes , &c. Ils vivent la plupart des pirateriesqu’ils exercent avec de petits batimens, fans que leursvoisins osent s’y opposer, parce que Madure est leur gre-nier, Sc qu’ils craignent de se le voir fermer.
Les Hollandois que les Javans avoient maltraités prèsCidaïo , arrivèrent au mois de décembre 1696. à lav Ue de î’isie de Madura. L approche de quelques piro-gues armées, fur lesquelles étoient le roi & le grand-pfetre de l'isle, Jeur ayant fait craindre une surprise, ilsvnvoyerent quelques volées de canon fur la pirogue du> qui eut les bras emportés : & presque tous ceux quilaccornpagnoient tomberent morts les uns fur les autres.Çctte action les empêcha d’être reçus dans l’isle. * Fre-%ler Voyage de s Hollandois aux Indes Orientales , t. r.
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j. ì- MADURÉ , royaume des Indes orientales, au mi-i eu des terres dans la grande péninsule qui est en-deçàu ^ange. U est borné au nord par les terres de Mayssur
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Sc celles qui appartiennent au gouverneur de Gingi ; kl’orient par les états du roi de Tanjaor ; au midi par lamer méridionale des Indes 3 & à l’occident par les étatsdes princes de Malabar. Ce royaume est aussi grand quCle Portugal, ôc son revenu est d’cnviron huit millions.On y compre soixante-dix Palleacarens ; ce sont des gou-verneurs absolus dans leurs petits états, & qui ne sonttenus qu’à payer une taxe que le roi de Maduré leur im-pose. Ce prince peut mettre aisément sur pied vingt millehommes d’infanterie & cinq mille de cavalerie, ll a prèsde cent éléphans qui lui sont d’un grand secours pour laguerre. * Lettres édifiantes , t. 1. p. 9. & r. iy. p. 60.
Dans le royaume de Maduré , comme ailleurs, ontrouve des riches ôc des pauvres , des gens d’une hautenaissance, & d’autres dont la naissance est vile & obscure,Mais dans ce royaume les pauvres sont peut-être en plusgrand nombre qu’ailieurs. On voir une infi«ité de mal-heureux mourir de faim , d autres contraints de vendreleurs enfans ôc de sc vendre eux-mêmes, afin de pouvoirvivre. Il y en a qui travaillent toute la journée commedes forçats , Sc gagnent à peine de quoi subsister ce jour-là même. On voit une multitude de veuves qui n’ontpour tout fonds Sc revenu qu’une espèce de rouet à filer.On trouve plusieurs personnes , tant hommes que^ fem-mes , dont l’indigence est si grande, qu’ils n’ont pour secouvrir qu’un méchant morceau de toile tout en lam-beaux , & qui n’ont pas même une natte pour sc coucher.Les maisons des pay sans d’Europe sont des palais en com-paraison des misérables taudis où la plupart de ces mal-heureux sont logés. Trois ou quatre pots de terre sont tousles meubles de leurs cabanes. Plusieurs Chrétiens y pas-sent les années entieres fans sc rendre à l’église , fouted’avoir la petite provision de riz ou de millet nécessairepour vivre durant le voyage. * Lettres édifiantes , t. 11.pag. y 9. & suiv.
Généralement parlant, c’est un crime aux particuliersde ce pays d’être riches. Il n’y a point d’accusation à la-quelle on prête plus volontiers l’oreille , ni de crimeplus sévèrement puni. De-là vient que les riches ca-chent avec soin leur argent , & que souvent avec dcgrandes richesses, ils ne sont ni mieux logés > ni mieuxvêtus, ni mieux nourris que lès plus indigens. Mais sid’un côté on affecte à Maduré de paroître pauvre au mi-lieu des richesses , d’un autre côté on y est très-jaloux desdistinctions & du rang que donne la naissance. Il n’y aguères de nation qui ait tant de délicatesse que celle-ci furces sortes de prérogatives. Tout le peuple est partagéen plusieurs castes , c’est-à-dire en plusieurs classes de per-sonnes qui sont du même rang & d’une égale naissance ,qui ont leurs usages, leurs coutumes & leurs loix parti-culières ; car on peut bien acquérir par de belles actionsde l’horaneurcSe des richesses, mais la noblesse ne s’acquierrpas de même. C’est un pur don de la naissance le roi nepeut la donner, & les particuliers ne peuvent l’acheter.Le roi n’a aucun pouvoir fur les castes ; il ne peut pas lui-même passer à une caste supérieure. Celle du prince quiregnoit en 1713. étoit des plus médiocres. On voit sou-vent des contestations & des disputes entre les castes. Uy a telle caste si basse & si méprisable, que ceux qui ensont, n’oseroient regarder en face un homme d’une castesupérieure. S’ils le faisoient , ils auroient droit de lestuer fur le champ,
A l’égard du rang que tiennent les Européens, il n’estpoint réglé ; ôc rien n’est plus faux que ce que Robbeavance dans fa géographie , de la prétendue estime qu eles Indiens leur portent. Cette estime est telle qu’un Chré-tien de la lie du peuple s’accusoit un jour comme d ungrand péché, d’avoir appelle un autre Chrétien Fils aePrangui , c’est-à-dire fils d’Européen ou de Portugais.Toute l’attention des missionnaires est de cacher à ces peu-ples qu’ils sont ce qu’on appelle Fr anguis. Le moindresoupçon qu’ils en auroient, mettroit un obstacle insur-montable à la propagation de la foi.
Les hommes ont divers emplois ; les uns fervent leprince , les autres cultivent la terre ; ceux-ci s appliquentau commerce , ceux-là travaillent aux arts mechaniques,& ainsi du reste. Mais on ne voit m financiers , ni gensde robe. Les intendans ou gouverneurs sont chargés toucà la fois ôc de ^administration de la justice , & de la levée
des deniers Sc du gouvernement militaire. La justice se