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Tome quatrième. M - P.
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MAI

ceinture. Leur bonnet est une calotte de set ou nn pot entête , pour se garantir des coups de sabre que le voisinleur prépare au coin d'une haie ou au détour d’une rue.Quelques-uns portent ce bonnet publiquement, d’autresle cachent fous leur calpé , ou bonnet d’étoffe à la grec-que.^ La Guiilctiere , Athènes ancienne 8c nouvelle , p.28. & Corn. Diction. v

Leurs grandes -querelles arrivent au mois d’avril , acause des .pois chiches qu’ils recueillent en ce tems-là.C'est leur mets ordinaire, 8c c’est à qui pourra le pre-mier piller le champ de son voisin.

Depuis la prise de Candie, en 1669. dans la crainte devoir opprimer leur liberté, la plupart de ces MainotesouMagnotes ont cherché d’autres habitations. Les Génois enont reçu cinq ou six cens familles en Corse, & le grandduc de Toscane a donné des terres dans «ses états a quan-tité d’autres. Les postes que les Turcs ont fortifiés dans leBrazzo , sont gardés chacun par un aga, qui y commandequelques Janissaires.

MA1NBRAY ou Mayenbray , village de France furla petite riviere de souvens, en Franche-Comté, prochede la ville de Rey. C’est, selon quelques-uns, le lieu de^Pagetobria O U Amagetobria , dont parle Ceígrdans ses commentaires. Robe a fait une dissertation fortcurieuse sur ce sujet. Sanson n’est pas de ce sentiment ;car il croit que l ’Amagetobriga est aujourd’hui Magstat.Voyez, ce nom. * Corneille, Dict.

MAINE , (Le) province de France. II est borné aulevant par 1© Perche , au nord par la Normandie , au cou-chant par l’Anjou & la Bretagne, au midi par la Tou-raine 8c le Vendomois. Sa longueur du levant au cou-chant est de trente-cinq lieues , fa largeur du midi aunord de plus de vingt, & son circuit de quatre-vingt-dix.

* Ptganiolde la Force,DeCc<c.de\a.F\:ance, t. 5. p. 453.

Le nom du Maine, auffi-bien que celui du Mans , facapitale , vient des peuples Celtiques Cenomani, nom-més aussi Aulercì , nom qui leur étoit commun avec quel-ques-autres peuples d’entre les Celtes. Les François serendirent maîtres de ce pays peu après leur arrivée dansles Gaules , & ce fut dans la ville du Mans que Clovis fittuer un de ses païens nommé Regnomer, comme nousl’apprenons de Grégoire de Tours, qui ne dit point quece prince Regnomer fût souveràin de cette ville, ni qu’ily fût établi , comme quelques modernes l’ont deviné. LeMaine sous la seconde race fut souvent désolé par lesNormands-, 8c enfin vers le dixième siécle, sous le régnéde Lo*us d’Outremer, il vint au pouvoir du comte Hu-gues , qui prétendoit être descendu de Charlemagne, &laissa ce comté héréditaire à fa postérité. Son arriéré pe-rìt-fils Herbert, dit le Jeune, étant mort fans enfans, eutpour successeur son neveu Hugues, fils de fa sœur , la-quelle avoit épousé en Italie le marquis Azon ; mais Hu-gues vendit son comté à son cousin le comte Hélies, filsde fa tante Paule & de Jean , seigneur de la Flèche. Cescomtes du Maine, étant entre le duc de Normandie & lecomte d’Anjou , furent souvent attaqués par l’un ou parl’aurre ; de sorte qu’ils ont été- quelquefois forcés de re-cevoir la loi du duc , quelquefois du comte. Enfin Foul-ques, comte d’Anjou, qui fut depuis roi de Jérusalem,unit le comté du Maine au sien en épousant Hérimburge,fille 8c héritière du comte Hélies. Foulques eut pour hé-ritier son fils Geoffroi, surnommé Plantagenest, dont lefils Henri fut roi d’Angleterte & duc de Normandie, àcause de fa mere Mathilde.

Philippe Auguste conquit le Maine fur Jean fans terre,fils de Henri 8c petit-fils de Mathilde, & saint Louis don-na le Maine & l’Anjou en partage à son frere*Charles, quifut depuis roi de Sicile & comte de Provence. Charles II.sor. fils donna le Maine avec l’Anjou en dot à fa fille Mar-guerite , qui épousa Charles fils de France, comte de Va-lois , dont le fils Philippe parvint à la couronne. Ensuiteson fils le roi Jean donna le Maine avec l’Anjou à son filsLouis I. duc d’Anjou , qui le laissa à son fils Louis II.toi titulaire de Sicile , & Louis II. laissa le Maine à Char-les , le plus jeune de ses fils. Charles son fils eut le comtédu Maine après son pere, & mourut en possession de laplupart des états de son oncle le roi René , après avoirinstitué son héritier universel Louis XI. roi de France &ses successeurs.

Depuis ce tems-là le Maine est demeuré uni à la cou-

ronne , ayant néanmoins été quelquefois donné en appa*nage aux enfans de France , comme à Henri III. avan-qu’il fut roi, & a son frere François, qui mourut avantlui. Ceux qui ont possédé le pays du Maine , n’ont jamaiseu que le titre de comte, celui de duché ayant été seule-ment donne a l’Anjou. * Longuerue , Description de laFrance , 1. part. p. 9/.

On trouve dans cette province des terres labourables ,des coteaux chargés de vignes du côté du Château du Loir,des prairies , des collines agréables , des forêts, des étangs& plusieurs rivières, dont les principales sont la Maïenne,i’Huisne , la Sarte, & le Loir.

II y a des mines de fer dans les paroisses d’Andouillé ,de Chaston, de Sillé 8c de Bourgon, & environ une dou-zaine de forges. II faut qu’il y ait eu autrefois des minesd’or 8c d’argent dans cette province, ou tout au moinsqu’on crût qu’il y en avoit, puisque l’article LXX. de lacoutume du Maine porte que la fortune d’or trouvée enmine appartient au roi , & la fortune d’argent trouvée enmine appartient au comte , vicomte de Beaumont & baron.- Les eaux minérales de Baignols au bas Maine , &celles de Linieres sont ferrugineuses , & ont quelqueréputation dans la province.

On trouve aussi dans le Maine deux carrières de mar-bre; l’uneàsaint Berthevin, à une lieue de Laval sur lechemin de Bretagne. Le marbre en est jaspé , rouge 8cblanc. L’autre daná la paroisse d’Argentré à deux lieues deLaval, fournit du marbre tout noir , du jaspé noir 8cblanc, 8c du jaspé noir, bleu 8c blanc. II y a aussi descarrières de pieries blanches à Bernai, à Ville-Dieu, & àVouvré. On trouve enfin dans cette province quelquesardoisieres, mais l’ardoise en est fort grossière. * Piganiolde la Force.

On dit en proverbe qu’un Manceau vaut un Normand8c demi. La Fontaine dit :

Auprès du Mans, pays de Sapience,

Gens pesant l’air, fine fleur des Normands.

La province du Maine a fa coutume particulière, 8c estdu ressort du parlement de Paris. II y a un présidial, quiest au Mans ;muit sièges royaux qui sont :

Château du Loir,Memers,Beaumont,

Fresnai, Laval,

Sainte Susanne, Bourg nouvel.Longosné,

Quant aux finances le Maine est de la généralité deTours. On y trouve une justice royale pour les traites,établies à Laval. Quatre élections ;

Le Mans,

Laval,

Dix-huit greniers à sel,

Le Mans, Memers ,

Laval, Fresnay,

Château du Loir , Beaumont,La Ferté-Bernard, Loué,

Sillé le Guillaume, Bouloire ,Bonnestable, Sablé,

Cinq maîtrises des eaux 8c forêts ;

Maïenne ,Château du Loir.

Erné,

La Gravelle ,Conneré ,Malicorne,Montdoubleau,Ballon,

Le Mans, Château du Loir, Maïenne ;

Memers, & Laval.

II y a un lieutenant de maréchaussée au Mans, avecun assesseur, un procureur du roi 8c un greffier, qui sontfous le prévôt général d’Angers.

Les gens de la campagne dans cette province s’adon-nent au labourage des terres & au commerce de leursdenrées ; ceux des villes Rappliquent aux manufactures,dont les plus considérables sont la sergeterie la tiserie ,8c la blanchis érie des toiles & de la cire. C.elle de sergeterierapportoit autrefois considérablement, mais elle .est fortdiminuée dans les élections de Laval & de Maïenne,parce que les laines y sont trop dures pour y être em-ployées à la fabrique des étoffes. 11 s’en fait encore dans