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Tome quatrième. M - P.
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tipticati fient. Le ciel y est très-beau, Sc les vues y fontagréablement diversifiées de tous côtés. 11 n’y a nulle riviè-re , mais on y trouve un grand nombre de belles fontainesSc des puits dont Beau est excellente. A deux lieues de facapitale on volt un ruisseau qui devient quelquefois commeun torrent, Sc qui quelque tems âpres est à sec. Au milieude son lit on découvre un puits que l’on voit aussi a seccn certains tems, & » lorsque ce ruisseau ne coule plus > cepuits se remplit par intervalles, & regorge avec abondancependant quelques heures, & quelquefois pendant des joursentiers. Les habit ans de Majorque font robustes , Sc ontl’esprit délicat. Il y a dans cette iste de beaux édifices, tantanciens que modernes, Sc sur-touc d’une extrême magni-ficence. Les Maïorquins font de très-bons hommes de nier.I/isle n’est séparée de Minorque que par un détroit. Quoi-que son nom signifie qu’elle doit être grande , ce n’estqu’une grandeur relative à celle de Minorque ; car on voitpau le circuit que nous avons déterminé, qu’elle n’est pasaussi grande qu’on la fait ordinairement stnlescartes.Ceil encette isse qu’on fait la plupart des réales & doubles réalesqui ont cours dans ie monde. Ses habitans résistent vigoureu-sement aux corsaires de Barbarie qui les attaquent souvem.

Les lieux les plus considérables font, Maïorque ,Alcu-dia , A t ta , Hingua , Manacor , Soller , Sc Poilencia.

z. MAIORQUE. Les Espagnols écrivent Mallorca ,en quoi de l’lsle les a sagement imités. Les Latins l’onrconnue fous le nom de Palma qui a été abandonnéen faveur de celui de 1 Isle metne , dont elle est la ca-pitale. Elle est située dans un enfoncement dont l’ou-verture est au sud-ouest de Pisse. Elle est grande , assez, peu-plée , &c le siège d’un évêché érigé depuis qu’elle a été re-prise sur l es Maures. Elle renferme environ dix mille ha-bitans , une partie est bâtie fur un terrein uni, & Vautrefur un terrein élevé. II y a huit portes, & la ville est en-tourée d un fossé très-profondi& bien fortifiée à la moder-ne. Les maisons y font grandes, bâties de pierres de taille,Sc l’architecture en est assez régulière. On y compte jus—qn’à vingt deux églises, fans parler de quantité de cha-pelles Sc Moratoires. La cathédrale a cinq cens quatre-vingt-six pas de longueur > & deux cens soixante-douze delargueur. Elle a trois grandes voûtes , outre l’espace qu’oc-cupenr les chapelles des côtés ; ces voûtes font soutenues

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Le capitaine général, conjointement avec I’audienceroyale , a le gouvernement absolu de tout le royaume , Scjuge par appellation de toutes matières militaires, civilesëc criminelles, fans qu’aucun tribunal puisse prendre con-noissancedes sentences qu’ilprononce, exceptélesconscilssuprêmes que les rois Catholiques ont établis à Madridpour la révision des procès jugés dans les jurisdkstions desroyaumes & provinces qui composent la monarchie d’Es-pagne.

La ville est gouvernée par six jurats qu’on élit tous lesans , trois jours avant la Pentecôte , Pun desquels doitêtre gentilhomme : sélection se fait dans le grand conseilen présence du capitaine général. Ils s'assemblent tousles jours dans la maison - de ville pour y traiter desaffaires qui regardent le bien public, la provision des den-rées , les droits des privilèges, des franchises, & autreschoses qui concernent 1 administration politique de toucle royaume ; de force que non-sculemenc ils font obligésd’avoir foin de la police de la ville , mais même de cellede toute Piste. Us peuvent faite des statuts & des établisse-mens du contentement du roi ou du capitaine général, Scpour cet effet ,1s font en droit de convoquer le'conseilgénéral , lequel est composé de tous les états de Pisse ,c’eií-â-dire , des gentilshommes, des bourgeois, des mar-chands , des artisans Sc des syndics des visses. Les jours so~lemnels ils font vêtus dune longue robe couleur de pour-pre, qu’on' appelle Gramalla. Lorsqu ils assistent à quel-que fonction publique ils font précédés par deux massiersvêtus d’une tunique rouge Sc portant des masses d’argenc.Le premier juiat elt gentilhomme, & le second & le troi-sième sont bourgeois , ie quatrième Sc le cinquième fontmarchands , Sc le sixième artisan.

La justice ordinaire s’exerce par un bayle & un viguier,La juridiction du bayle s étend dans la ville fur toutes lescauses de censives , Sc dans toute Pisse il est juge en secondainstance. Le viguier connoît des désordres publics, commeconcubinages , vols, brigandages, &c. Dans les matièresciviles il est juge en premiere instance des différends quis’élevent entre les habitans de la ville ; mais fa juridictionne s’étend pas au delà des fauxbourgs. Ces deux officiersn’exercent leur emploi que pendant une année. Ils ont cha-cun un assesseur que le roi nomme.

Outre les jurats, il y ad’autres officiers qui ont tous

par sept belles Sc fortes colomnes : le chœur est presque -- . .

au milieu , Sc on fait grand cas de son architecture. Toute part au gouvernement & à la police de la ville ; i°. Unl’Eglise est éclairée par diverses croisées > dont les vitrages procureur royal qui donnoit des causes du fisc, des droitsméritent l’attention des curieux par la diversité Sc la finesse royaux , & généralement de tout ce qui concerne le do-de leurs couleurs. On y entre par trois superbes portes , maine du roi, dont il est le juge ordinaire , aidé de Tavo-

au-dessus d’une desquelles s’éleve un clocher d’une structure . " J s J " 1 ' "

admirable. Le roi Jacques I en est le fondateur, Sc JacquesII, son fils, y a son tombeau. Les églises paroissiales Sccelles des couvents font aussi très-belles. * Vayrac , Etatprésent de l’Espagne , t. t. p. 45 z. & scq.

II y a un hôpital général où l’on entretient quantité demalades, d’enfans Sc antres personnes abandonnées ; unautre où l’on pourvoir à la subsistance de plusieurs pauvresvieillards qui font hors d’état de gagner leur vie ; un troi-sième pour les prêtres malades ; un quatrième pour reti-rer les orphelins ; un cinquième pour les orphelines ; &enfin un sixième pour les lépreux. Ces deux derniers fontdans le fauxbourg. Outre ces hôpitaux , il y a encoretrois maisons de Piété , dans l’une desquelles on reçoit desfilles de bonne famille dont les peres font pauvres ; onleur donne une bonne éducation , & on les garde jusqu’à

cat fiscal. 11 connoît aussi des naufrages, des droits allo-diaux, des limites » des dîmes Sc de plusieurs autres cho-ses qui regardent les revenus du roi. 11 a I’inipection furtous les officiers qui font la régie du domaine. 11 a deslieutenans à Minorque , à Iviça & en plusieurs villes quilui doivent rendre compte de tour ce qu’sss font, II com-mande dans le royaume pendant l’abscnce du capitaine gé-néral. Dans le tribunal où il préside , il y a un maîtredes comptes, un trésorier régent de la trésorerie unaide du maître des comptes, un procureur fiscal doma-nial , plusieurs écrivains & officiers inférieurs. z°.Un chan-celier qui décide fur la compétence lorsqu’il y a conflit dejuridiction entre les juges ecclésiastiques Sc séculiers. 3 0 .Un Almotaz.cn ou juge des poids Sc mesures. 11 3 soin dela propreté des rues & des places publiques ; c’est propre-ment un juge de police. 4°. Des consuls & défenseurs de la

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ce quelles trouvent un honnête établissement. La seconde marchandite ; leur junsdtction regarde es affaires mante

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est pour des filles qu’on veut garantir de la séduction ; onles éleve dans tous les exercices de vertu jusqu’à cequ’elles se marient > ou qu’elles entrent en religion. Onrenferme dans la troisième les femmes de mauvaise vie.

Le palais royal dans lequel le capitaine général fait sonséjour est superbe , & défendu par de fortes tours Sc pardç bons fosses. La maison de la Contrablation peut aller depair avec les plus belles de 1 Europe. C’est où sc traitent lesaffaires du commerce.

Les rues font larges Sc les places spacieuses , fur-toutcelle q U ’ on appelle le Born. Elle est environnée d’édifícessuperbes, Sc ornées de belles galeries, dans lesquelles lesgens de distinction sc placent lorsqu’il y a des courses detaureaux , des tournois 011 autres spectacles. Le Môle est

mes , la conrraélation , les changes, les matchandifes, lesfrets des navires, Sc autres choses qui ont rapport au com-merce. 11s jugent sommairement, sans ministère d’avocatni de procureur , les procès qui sont portés devant eux 3i’exécurion de leur sentence est prompte Sc rigoureuse. Ilsn’ont d’autre code que le livre du consulat ; ils ont pourassesseurs deux prudhommes qui opinent avec eux. Dansles affaires qui dépendent de la disposition du droit com-mun ou municipal, ils décident suivant l’avis de deux avo-cats. Ils tiennent leurs audiences dans la maison de la Con-t lactation,Lc ont fous eux un écrivain Sc deux massiers qujsont obligés d’assister à leurs audiences & de les accompa-gner dans leurs fonctions publiques avec leurs masses d’ar-gent. lis sont élus la veille de la S. Jean, en présence du

, ut5 tournois un auw — - r - - — o- , ,

vaste, Sc toutes fortes de vaisseaux y peuvent entrer fans capitaine général & des jurats. On peut appeller de leursdanger. sentences pardevanc un magistrat qu’on appelle juge d’ap-