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couvertes de nipas ou feuilles de palmiers, les côtésfont garnis de cannes ; on monte dans plusieurs pardes échelles , parceque le terrein est humide & pleind'eau. On trouve dans l’efpace qui est entre ces fâux-bourgs, fur l’un & l’autre bord de la riviere jusqu’aulac de Bahi , quantité de jardins , de fermes , de mai-sons de campagne assez agréables à voir.
Le château est situé fur la pointe occidentale de laville: la merle baigne d’un côté & la riviere de l’autre.Le fossé qui le sépare de la ville est profond & fe rem-plit d’eau lorsque la mer monte : on le passe fur unpont-levis. Aux deux extrémités de ce fossé, il y a deuxbons bastions bien garnis d’artillerie : l’autre pointe dutriangle vers l’occident est défendue par uns tour, quigarde l’entrée de la riviere & le port qui n est propre quepour de petits bâtimens : il y a outre cela deux petitsravelins à sieur d’eau. Quand on a passé deux portes,on trouve le corps de garde & une grande place d ar-mes , au bout de laquelle est le second corps de garde :on arrive ensuite à la maison du gouverneur du château,& enfin à une troisième place d’armes.
Presque toutes les églises de Manille font riche-ment ornées. L’archevêque a six mille pieces de reve-nu. Êntre les chanoines qui font au nombre de douze,il y en a qui ont quatre cens pièces par an ôc d’aurrescinq cens : tout cela íe tire du threfor royal. Dans laChapelle royale, qui est devant le château , il y a huitchapelains pour la desservir. Les autres églises & lescouvens d’stpmmes & de filles, y font en grand nom-bre. II y a des Augustins chaussés, des Jésuites, des Au-gustins déchaussés, des Dominicains, des religieux desaint François: dans le monastère de la Miséricorde onreçoit les orphelines, filles d’Espagnols & de Metiz ;celui de Ste Potentiane a été fondé par le roi pour1 6 pauvres orphelines. Les femmes mariées y entrentaussi & les filles débauchées ; mais elles n’ont aucunecommunication avec les orphelines.
Le havre de Manille est si spacieux, qu’il peur conte-nir plusieurs centaines de vaisseaux, aussi y en a-t il tou-jours plusieurs, soir espagnols, soit étrangers. Les petitsbâtimens montent jusqu’anprès de la ville ; mais ceuxd’slcapulco ôc les autres gros navires en demeurent àprès d’une lieue, dans un endroit où il y a un bonfort & des magazins pour les marchandises. Le princi-pal commerce de Manille consiste en épiceries, ensoieries de la Chine , & sur-tout en bas de foie ; enétoffes des Indes ; en mousselines ; toiles peintes , &c.* ûampter, Voyage au tour du monde, tom. 2. pag.63.
MANILLE. [L’isle] Quelques-uns ont donné cenom à l’iile dont Manille est la capitale. Son nom estLuçon. Voyez. Luçon 2.
MANILLES. [Les isles] Voyez. Philippines ôcManioc.
MAN 1 MI, ancien peuple de la Germanie, selonTacite , de Mor. Germ. qui lc regarde comme faisantpartie de la nation des Lygiens, fans nous en marquerautrement le pays. Les modernes st font égayés à luien chercher un. Lazius lui donne le Manhartzberg dansla basse Autriche, ôc André Velleïus dans fa chroni-que de Danemarck, lui fait présent de l’isle de Monedans le Danemarck. Deux ou trois lettres communesà l’un & à l’autre nom forment une efpece de ressem-blance qui suffit à ces sortes de conjectures pour placerun peuple par tout où ils le jugent à propos. Sur ccprincipe ils auroient pu . avec le même fondement, letransplanter dans le Moncmugi.
MAN 1 NGTRE, bourg d’Anglcterre dans la provinced’Essex. On y tient marché public. Etat présent de laGr. Bret. t. 1. .
MANIOLAÌ, isies de l’Océan oriental. Ptoloméequi les nomme, n’en parle que fur une tradition ob-scure. On dit, ce sont ses termes , qu’il y a d’autresisies tout de fuite, au nombre de dix, où son prétendque les vaisseaux qui ont des doux & des chevillesde fer sonr arrêtés . ôc que pour cette raison ils clouentleurs barques avec des chevilles de bois , de peurque les pierres d’aimant qui s’y forment ne les attirent.Elles font, dit-on, habitées par des Anthropophagesnommés Manioles. Cet m dit marque que ce géogra-
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phe ne comptoir pas beaucoup fur Inexactitude de cêusád’après qui il parloir. Auffi a-c-il placé ces isles dansun coin où touc fe ressent de l’ignorance où l’on étoitalors fur cette partie de 1 Orient. Comme Ptolomée s’étoicfiguré faussement que les Sines occupoient la côte oc-cidentale d’un vaste pays imaginaire , au lieu qu’ils sontà l’extrémité orientale de notre continent , il a placéen-deçà d’eux les trois isles des Satyres & les dix desManioles, c’est-à-dire le Japon & les Philippines qui sonrpourtant à l’orient de la Chine. Ce qu’il y a détonnant,c’est qu’il en met la longitude de 142 degrés pour le mi-lieu de ces isles, en quoi il ne s’est guére t rompe qued’un degré ; au lieu que M rs Sanson fe sont trompésd’environ vingt-deux.
MANISARUM. Voyez. Matusarují.
MANISSIQUE , ( La ) petite riviere de l’Amériqueseptentrionale dans la Nouvelle France. Elle tombe dansle lac des Ilinois à la bande de l’est, dix lieues au nordde la riviere de Marquette.
MANITiE , ancien peuple de l’Arabie Heureuse selonPtolomée L 6. c. 7.
MANITOUALIN (a ), isle de l’Amérique septentrio-nale dans la Nouvelle France, dans le lac des Hurons ( b )Elle a plus de vingt lieues de longueur fur dix de largeur.Les Outaouas » de la nation du Talon & du Sable, y habi-roient autrefois ; mais la crainte des Iroquois les en a faitretirer avec les autres à Missilimakinac. ( a ) Corneille ,Dict. ( b ) Lahontan , Voyages, t. 2.
MANKANET , village d’Afriqne , au sud de la ri-viere du Sénégal, à une lieue de Dramanet. En 1713 ,M. de Richebourg , commandant de Corée , y fit bacil-le fort de Saint Joseph. La situation en est agréable , 8cl’air excellent. L’ancrage pour les barques est sûr & com-mode , au pied d’une petite éminence, & défendu patl’artillerie ôc la mousqueterie du sort. Voyez. Drama-net.
MANKIRMEN , bourg d’Europe fur le Borislhene.II en est parlé dans l’histoire de Timurbec , L 3. c.'yy.
MANKISCHLAK » petite ville d’Asie, au pays deKhoWarcsm fur le rivage de la mer Caspienne, au nordde l’embouchure du bras méridional de la riviere d’A-mu, à 38 deg. 30 min.de latitude. La ville en elle-mêmen’estpas grand’chofe , puisqu’elle n’a tout au plus quesept cens maisons bâties de terre, qui ne sonr que de foremisérables cabanes ; mais son port sur la mer Caspienneest magnifique, 8c Punique qu’on trouve fur toute cettemer. Il est spacieux, sûr 8c profond, & en toutes autresmains qu’en celles des Tarrares, ce scroit un endroit pour yétablir en fort peu de rems un commerce considérable; maisà présent il est fort rare d’y voir arriver quelque bâti-ment marchand. Comme les Tarrares n’ahnenc pas levoisinage de la mer, cette ville n’est habitée que par desTurkomans ,qui s’accoutument plus aisément atuincom-moditésde l’eau. Jenkinson le nomme Manguslave , ÔCle place mal à propos à quarante-cinq degrés de latitude.Corneille dit Mangusle , ville d’Asie au pays des Us-becks, près de l’embouchure de la riviere de Chrescl,dans la mer de Bachu , & cite Davity. Ces noms signi-fient le même lieu. * Histoire des Tartares , p. 649.
1. MANLIANA , ancienne ville de la Lusitanie anpay$ des Vettons, selon Ptolomée , /. 2. c. 5. Marianacroitéjue c’est Malien , & le P. Briet, Villa-Francafur le Tormes,
2. MANLIANA, ville dltalíe dans la Toscane , se-lon Ptolomée, l. 3. f. 1. qui la nomme entre Biturgia &Vetulonium. Antonio en fait aussi mention , & la met furla voie Aurélienne entre Salebrone & Topulonium , à neufmille pas de la premiere, & à douze mille pas de la se-conde. Selon le P. Briet, Manliana est aujourd’hui Scar-lino, bourg de Toscan e. Voyez, ce mor.
3. MANLIANA ou Manaana , selon les diversexemplaires de Ptolomée, /. 4. c. 2. ancienne ville de laMauritanie Céfarienfe. Marmol dit que c’est présente-ment Miiu ana -
MANLIANUS Saltus , forêt d’Espagne. Tite-Live,/. 40. en fait mention.
MAN LIEU, Magnï-locus , abbaye d’hommes en Fran-ce , de l’ordre de saint Benoît, dans la basse Auvergne,au diocèse & au sud-est deClermont , près de Sauíilan-ges, Ôc aij levant d’Iffoire, à trois lieues fur la droite de
l’Allier.