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Les François dc l’Amérique la nomment ordinairementftlaracaye. D’Anville , dans fa carte particulière de laprovince de Vénézuélâ , dressée pour l’hisloirc de S.Domingue du P. de Charlevoix, d’où j’ai tiré cet article ,place cette ville au io degré de latitude nord ; maisl’historien dit qu’elle est environ au 11. II ajoute que lelac Maracaybo entre cinquante lieues dans les terres,mais il y comprend fans doute le golfe de V-énézuéla danslequel il fe décharge. Quoi qu'il en soit, la ville de Ma-racaybo est composée de sept à huit mille habitans qui yfont grand commerce de cuirs, de cacao Sc de tabac.
En j 666. deux flibustiers François-, lOlonnois Sc leBasque, prirent & rançonnèrent les deux villes de Ma-racaybo & de Gibraltar. Le butin qu ils y firent, consi-stoit en joyaux, pierreries, or Sc argent, tabac, cacao &esclaves -, & fut estimé quatre cens mille écus, fans comp-ter apparemment quantité d’ornemens des églises qu'ilsavoient démolies , & dont ils avoient emporté jusqisauxcloches, aux tableaux, Sc aux croix qui étoienr fur les clo-chers , leur dessein étant, difoient-ils , d’en bâtir une à latortue, Sc d’y consacrer toute cette partie de leur butin.L’anneé suivante, le Basque suivi de quarante hommes seu-lement entra de nuit à Maracaybo, sc saisit des principauxhabitans, Sc après les avoir enfermés dans la grande église »fit avertir tous leurs parens 6c amis, qu'il alioit leur cou-per la tête si on faisoit le moindre mouvement, & si onne lui comptoir fur le champ la rançon qu’il deman-doit. 11 fallut en passer par-là , quoique le jour eût dé-couvert la foiblesse d’un ennemi si insolent. Enfin, en1678. sc fameux Grammont fit une excursion dans le lacMaracaybo, obligea le commandant du fort de la Barreà lui remettre cette place , entra dans la ville de Mara-caybo qu il trouva abandonnée, s’empara de plusieurs-navires, força Gibraltar & Torilha, & s’en retoruna avecassez peu de Butin.
MARACE, ville ancienne de l’Arabie Heureuse aupays des Homérites. Quelques éditions portent Mada-che. * Tlìn. lib. 6. cap. 7.
MARACES. Foye^MARACi.
MARACHE, ville de l’Inde, selon Etienne le géo-graphe.
M ARACI, ancien peuple de Gréce, selon Xénophon,fíifl. Grac. I. 6. init. C’est sans doute le même peupleque les MAraces, de Pline, /. 4. c. 3. dans l’Etolie.
MARACLEA , ville maritime de la Phœnicie auprèsd’Antaradc vers le nord , selon Guillaume de Tyr. * Or-telìus , Thesaur.
MARACODRA, ville de la Bactriane, selon Ptolo-mée , lib. 6. cap. 11.
MARACU , riviere de l'Amérique au Brésil dans lacapitainerie de Maragnan qu’clle traverse du sud au nord.Elle a fa source au pays des Tapuyes, Sc se perd dansle golfe où est liste de S. Louis de Maragnan. * Det isle, Atlas.
MARADUNUM , ancienne ville épiscopale d'Asiedans la Lycaonie. Balsamon cité par Ortelius, Thesaur.nomme Sévére un évêque de ce lieu, & cire la lettrede S. Basile à Amphilochius,
MARzEOTIS. Voyez. Maréotibe.
MARAGA ou Ma rata , ville de l’Arabie Heureuse,selon Ptolomée , /. 6. c. 7.
MARAGANDA. Voyez. Maracanda dans Ptolo-mée.
MARAGGAR 1 TANUS , siégé épiscopal d’Afriquedans la province proconfulaire selon la notice d’Afrique,qui fournit Maximinus un de ses êvéques. * Harduin.Collect. conc.
x. MARAGNAN , (La Capitainerie de ) provincede l’Amérique méridionale au Brésil, & l’une des treizeparties ou gouvernemens de ce pays > dans fa partie sep-tentrionale. Elle est bornée au couchant par la capitaineriede Para ; à l’orient par celle de Siara ; au septentrion parla mer ; au midi par la nation des Tapuyes. Baudrandqui l’étend au couchant jusqu’à la riviere des Amazones,y comprend le pays de Para > Sc soutient qu’il ne faitpoint de province particulière, taxant d’etreur les cartesrécentes, qui toutes le marquent ainsi : mais il a tortde confondre cette province avec celle du grand Para;il est contredit par tousses historiens Portugais qui écri-vent Maranhaon , & prononcent Maragnan,
MAR
La côte de Maragnan propre , en n’y comprenant pointcelle de Para, commence au couchant à la baie de Piran-ga. De-là avançant vers l’orient on trouve Fisse de Sipo-tuba & celle d'Igarapoe, Cuma village des Américainsen terre ferme, Sc ensuite 1 e golfe où est liste de S.Louis de Maragnan. 11 s’y jette trois rivières considé-rables , sçavoir , le Maracu , le Tapocoru & leMony. Dans ce même golfe font quantité d’islots, dont1 e plus considérable est celui de Ste Anne. Entre cegolfe & la riviere de Preguicas dont l’cmbouchure estassez large, le pays est couvert de mangles forte d’ar-bres. On trouve de fuite ses rivières de Paragues , deParamiri, de Camussimiri & de Barreiras Ver-melhas où sc termine cette côte. * Dc l’Ifle, Atlas.
z. MARAGNAN, sise de l’Amcrique dans la partieseptentrionale du Brésil, Sc dans la capitainerie á la-quelle elle donne son nom. Elle est fertile Sc peuplée,& a 45 lieues de circuit. Elle est formée par trois ri-vières considérables, que nous avons nommées dans l’ar-ticle précédent. Les François s’y établirent en 161 z. bâti-rent la ville Sc lui donneient 1 e nom de S. Louis de Ma-ragnan; mais elle est présentement aux Portugais. O11 vou-loir bâtir cette ville entre ses rivières de Maracu & deTa-pocorou vers la pointe de leur jonction , mais on la plaçadans l’isle. Elle est petite , mais bien forte avec un châteaufur un rocher près de la côte,un bon port Sc un évêché suf-fragant de l'archevêque de San Salvador de la Bava. Legouverneur y fait son séjour. De Laet décrit ainsi cetteisle de Maragnan.
Elle a environ quarante-cinq lieues de tour , 8c estéloignée de la ligne vers le sud de z deg. 30 min. Troisrivières qui sortent au fond de la baie , vis-à-vis de cetteisle , la ceignent de toutes parts ; de forte que d’un côtéelle est à cinq ou six lieues du continent ; de l’autre à deuxou trois, Sc des autres plus ou moins. La plus orientalede ces rivières s’appelle Mounin [c’est 1 e Mony]',: celledu milieu sc nomme Taboucourou [ou Tapocoru] , 8cla troisième Miary [ou Maraca]. Ces rivières rendentFisse de Maragnan d’un accès fort difficile , en outre elleest environnée de bancs 8c de basses, tant en dehors versla mer, que vers l’est Sc vers l’ouest. De ce côté cetteprovince a quatre cens lieues fous 1e z. degré 30 minutesde latitude australe. Il n’y a que deux passages pour en-trer dans la baie Sc aller à l’isle, sçavoir , entre le cap desArbres secs Sc la petite isle de Ste Anne , jusqu’cù seule-ment les grands navires peuvent avancer ; mais ils peu-vent aller jusqu’à l’isle de Maragnan par se passage quiest de l’aurre côté de l’isle de Ste Anne. On ne doit pour-tant entreprendre ce passage qu’en certains tems de Tan-née. * De Laet , Defcript. des Indes occid. 1 . 16. c. 16.
II y a dans l’isle de Maragnan vingt-scpt villages dedifférentes grandeurs. Les naturels du pays les appellentOc ou ‘Iave. Ces villages cousissent en quatre cabanes,jointes en quarté à la maniéré des cloîtres ; de fortequ’elles renferment une grande cour dans 1e milieu. Ellesfont longues de trois cens pas Sc quelquefois de cinqcens, larges de vingt-cinq ou trente pieds, Sc compo-sées de troncs d’arbres & de branches liées ensemble ,8c couvertes depuis 1e bas jusqu’au haut de feuilles depalme. On trouve deux ou trois cens habitans dans cha-cun de ces villages, & dans quelques-uns il y en a jus-qu’à cinq ou six cens. cette isle n’est ni étendue en plai-nes, ni élevée en hautes montagnes: il n’y a que descoteaux & des collines qui ont au pied des sources fortclaires. Ces eaux produisent beaucoup de ruisseaux 8cde torrens où ses Sauvages vont avec leurs canots.
Maragnan étant si près de la Ligne, ses nuits y fontles mêmes dans tout le cours de l’année ; & on auroicpeine à trouver un climat plus agréable, n’y ayant pres-que ni froid ni scchereffe immodérée. II n’y a ni tour-billons , ni tempêtes , point de neige , de grêle , peu detonnerre, si ce n’est au tems des pluies qui commencentfur la fin de Février, & continuent jtisqn’au mois deJuin, Tout ce qui est nécessaire pour bâtir, s’y trouve.Qtioiqu’on ne laisse point reposer la terre & qu’on nela fume jamais, elle rapporte se maïs avec abondancetrois mois après qu’on Fa semé. Les racines de maniocy croissent sort grosses & en peu de tems, & ses melonsn’ont besoin que de deux mois pour mûrir: on en apresque dans toute Tannée ; Sc il en est la même chose