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Tome quatrième. M - P.
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est plus longue, à proportion, que celle du midi desjours où il est dans l’cquateur.

Après être arrivé au tropique d’hiver , il se rappro-che de jour en jour de l’équateur, & la longueur desombre à midi décroît à proportion jusqu’à ì’equmoxedu primeurs; alors il avance vers le tropique du Can-cer, & comme il se rapproche encore plus de nous,sombre de midi Raccourcit à proportion qu’il s’éleve parrapport à notre pays.

Ce qu’on vient de voir prouve que les saisons mettentde la différence entre la longueur des ombres à midi.Plus les climats que nous habitons font éloignés del’équateur terrestre, (car la terre a aussi le sien) plus som-bre méridienne d’un corps élevé doit être longue, àproportion de séloignement. Cela s’ensuit naturellementdes principes qui viennent d'être déduits. Prenons unmême jour, par exemple, le premier de Juin à midi,sombre d’une perche de douze pieds fera plus longueen Suéde qu’à Paris Sc à Paris qu'à Alger. Cela eít fa-cile à concevoir.

Ceci posé , sombre peut servir à connoître combienles lieux font plus proches ou plus éloignés de l’équa-reur ; elle peut aussi servir à déterminer la durée dessaisons ; aussi voyons nous que dans la plus haute anti-quité les nations savantes ont élevé des colomnes oudes obélisques, dont sombre étant observée par d’ha-biles gens , servoit à déterminer le cours du soleil &les saisons qui en dépendenr.

Appion, dans ses égyptiaques, dit : Moysc , comme jel’ai entendu rapporter à des plus anciens d’entre lesEgyptiens, étoit d’Héliopolis, Sc il fut cause que , pourse conformer à la religion dans laquelle il avoit étéélevé, on commença à faire dans la ville cn des lieuxfermés, les prières que son faisoit auparavant à décou-vert hors de la-ville & que l’on observa de íè tournertoujours du côté du soleil levant ; comme aussi de cequ’au lieu de pyramides on fft des colonnes au-dessusde certaines formes de bassins, dans lesquels sombretombant, e 1 lé tournoie comme le soleil. C’est ainsi quetraduit Arnaud d’Andilli. Ce passage d’Appion sembleêtre une explication anticipée du passage de Pline quisera rapporté dans la fuite. * Joseph , Réponse à Appion,1. z, c. i.

Ces colonnes, ces obélisques des anciens n’étoientpas un simple ornement, mais un instrument de mathé-matique , qui servoit à décrire sur le terrein par lemoyen de sombre , le chemin que le soleil fait ou «sem-ble faire dans le ciel. Appion prétend que Moyse érigeades colonnes de cette nature, II est vrai que Joseph lelui conteste, mais fans nier que cet usage fut chez lesEgyptiens, & les Chaldéens, les plus anciens peuplesqui se sotent adonnés a l’astronomie. il nie feulementque les Juifs ni Moyse ayent rien fait de pareil.

Une preuve plus décisive de l’ancienncté de ces obé-lisques , c’est qu’on çn -voir fur des médailles grecques,antiques & antérieures à Pytheas de Marseille, Telle est•entr’aimes celle de Philippe, roi de Macédoine , rap-portée par Goltzius, t. $.Tab. 30. n. J.

Un sage de ces obélisques étoit très ancien, mais celuide mettre une boule au haut, n’csl pas si ancien à beau-coup près. Pline , l. 36. c. 10. semble nous en marquerl’invention dans ce passage , où . après avoir parlé de deuxfameux obélisques transportés d’Egypte à Rome, Sc pla-cés. l’un dans le grand Cirque, sature au Champ deMars, il poursuit ainsi ; Ei, qui est in Campa . Divus Au-gustus addidit mirabilem ufum ad dtprthendendas jolistimbras , dierumque ac noÛmm ita magnicttdines, stra-to Lipide ad magnitudinem obelisci, cui .par steret un-ira , brume constella ■ d'e stexta hora , paul-nimque perrégulas ( questunt ex are incluse )stngulis dìebus decres-ceret ac rurstus augesceret : dtgna cognítu res & ingé-nié f œcundo mathematici. Apici auratam pilant addi-dit , cujus timbra vertlce colìigeretur ìn ste ip/a, aliasenprmiter j amiante aplce , ratione, utferunt, à capitehominis imellcda.

On voir, par ce passage, que cet obélsque avoit étéd’abord un simple objet de curiosité, & qu’Auguste yfit des additions qui les rendirent propres à mesurer avecplus de justesse la longueur des ombres, selon les sai-sons. Ce qu’Auguste sit pour cela consistoit en un pavé

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aussi long que pouvoit 1 être la plus grande ombre ■ -l’Obélisque , prise le jour le plus court de l’hyvet amidi. Ce pavé avoit des lignes de cuivre qui marquoieu-les divers accroissemens ou décroissemens de l’ombie.C’est ce que Pline appelle une chose digne d’être con-nue, & qui marque la fécondité de sesprit du roathematicien , qui guida Auguste dans ce projet. Le P. ^‘; rdouin dit que les manuscrits ne nomment point ce M- 1rhématicien. Avant fa correction , les éditions ordinalres, au lieu de Mathematici au génitif, mettent le P 0,ni:final après le mot fœcundo, & commencent l’autre ph 13se par ces mots : Manlius mathematims apici, &c.Q ue cesoit Manlius ou un autre, il n’importe ; mais Pline ajouune chose qui est très-digne de remarque, c’est si 11 ' ^haut de l’obélisque on posa une boule dotée > afin si 11 'sombre étant rassemblée en elle-même en devînt p 3sensible. Pline a bien vu que sombre d’une py rarn! 'ou d nu obélisque n’est presque plus sensible vers ■pointe, à cause que les rayons de la lumière venant -sc rapprocher les uns des aui res, affoiblissent trop l’ 01 ^.bre en cet endroit. Ce peut être une des raisonsonc engagé les astronomes à terminer ces obélisques P 3une boule; mais il y en a une autre que Pline P e °n’avoir point connue, & que ces anciens astronomesa voient fans doute. .j

L’ombre d’un obélisque à fa pointe répond au ^supérieur du soleil : pour avoir le point central ^soleil , il faut quelque chose qui rectifie cela , entant une boule , le centre de sombre qu’elle ^° ra ]stdonne ce point sans autre opération, ce qui estfacilité. La différence qui résulte du calcul ded un obélisque , avec, ou fans cette boule , est cOÌ ‘gidérable, puisqu’elle est de touc le demi diamétte ■soleil ; cette différence doit être observée pour l a hsieste du calcul astronomique. ,

Ces obélisques onc été appelles Gnomon » ,

mot qui en grec signifie ce qui montre, ce quintu'ice qui fait connaître, Sc que l’on a adopté en noti e ‘ j_gue. La science de l’ombre a recommencé à êct'C c ,

gue. L,<t 1 C 1 CI 1 UC ut *1 d. t*.*' j t j£

rivée avec succès en ces derniers siécles, & a P i0 “ 1 'cette variété prodigieuse de cadrans solaires pou r c0 j ares les expositions possibles. La science qui enself” e 0 ,mesure & la position du style, que l’on appelsmon, Sc à trouver les lignes où sombre du sty^ e 0 .tomber aux différentes heures du jour , s’appelie ^ ^ p,Monique. On peut voir les diftérens traités q ue , ; r ,Deschaies, Ozanam , de la Hire & autres en ont n .

Ce que j’ai dit jusqu’à présent des ombres, ^ uí -vient généralement qu’aux peuples situés entre ^reteur & le Pôle septentrional, vers lequel l eUs °.. c ’estest toujours tournée à midi. Au-deîà de l’Equ 3r ^ û[ir netout le contraire. L’ombre d’un objet élevé s e r | U dtoujours vers le sud,lorsqu’iI est midi. Cela ^ cC a 0 iìt 3fans peine du principe généra!, que sombre est r p (] j S queopposée en droite ligne au corps lumineux. .U-1les habitsns de ce pays font entre la ligne d 3 s 0 itle pol méridional, il faut qu’à midi leur ° líìtournée nécessairement vers ce pôle. ^ nofi 1

Pour distinguer les ombres, on les noM^ ‘ re nt >de la partie du monde vers laquelle elles if 0 c-sombre d’une pyramide à six heures ducidentale, à midi septentrionale pour nous, nae ^ sien*pour les peuples au-delà de I’Equateur, ^.„ç 0 \n à’-'res du soir elle est orientale. Ceci n’a p 3Stre prouvé. , jy vies'

Les Grecs appellent sombre ’ímIu , Scid' ^5 de òstnent tous ces mots terminés en Scii, Sc , U ftl pbi s >^ tverses propositions, comme a , fans ; dp-W* i’rif 0 - ’deux côtés ; mpì ,peri , tout à L entour, ou du g éog { stEteros , l’un ou l’autre ; Sc ces mots q Lte à d‘"phes Latins ont empruntés des Grecs, ° nt j 1 stifsée CI,cestinguer les habitans du globe terrestre P 3tdes ombres. ”

Ainsi on appelle Asciens , AstH d 11 m ° fi’on lt>re ’ombre , les peuples qui à midi n’onr P 01 en cei' r31 '’sont situés entre les deux Tropiques . ca , elir zénit >rems de l’année, ils ont à midi le Loist ^ y plo |T Vou , pout dire la même chose , le f 1 a lot s

fur leurs têtes, de façon que leur om r toUS jes p £eux. Cela n’arrive pas en même tems