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Tome quatrième. M - P.
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*y 06 OSA

effet, on a coupé divers petits canaux que l’on remplitdes eaux du grand, & que l’on fait palier dans les prin-cipales rues. D’autres canaux reportent l’eau au grandbras de la riviere ; ces derniers font assez profonds pourde petits bateaux qui peuvent entrer dans la ville, Scapporter les marchandises devant la porte des marchands.Tous ces différens canaux qui coulent le long des rues,font fort réguliers : on a bâti dessus plus de cent ponts ,plusieurs desquels font dïine grande beauté. Quelques-uns des canaux , à la vérité font pleins de vase Sc 11c fontpas nettoyés quelquefois, faute d’une quantité d’eausuffisante. Un peu au-dessous, à la sortie du canal dontnous avons parlé, qui fournit la ville d’eau, un autrebras sc sépare du grand courant du côté du nord ; leseaux de celui-ci sont basses, & il n’eít pas navigable ;mais il coule à Louest avec beaucoup de rapidité, Scse perd enfin dans la mer d’Ofaca. Le grand courant,qui est au milieu , continue son cours dans la ville, au basbout de laquelle il se tourne à Louest ; & après avoirfourni les fauxbourgs Sc les villages qui font au-dessusde la ville, il sc sépare en plusieurs branches, & fejètte enfin dans la mer par différentes embouchures.Cette riviere est étroite, mais profonde Sc bien navi-gable. Depuis son embouchure, en remontant jusqu’àOsaca, Sc plus haut, il y a rarement moins de millebateaux qui montent & descendent, les uns avec desmarchands, les autres avec des princes & seigneurs del’empire qui demeurent à 1 ouest d’Ofaca, lorsqu’ils vontou qu’ils reviennent de la cour. Les bords de la rivierefont relevés des deux côtés avec des marches de pier-re de taille rustiquées, taillées de forte qu’elles parfissentcomme des escaliers continués, & que l’on peut pren-dre terre par-tout où l’on veut. On a bâti des pontsfur la riviere qui sont magnifiques, à trois ou quatrecens pas de distance l’un de l’autre, plus ou moins ;tous font bâtis du meilleur cedrc du pays Sc le mieuxchoisi. Ils font bordés des deux côtés d’une balustradeornée fur le haut avec des boules de cuivre jaune. J’aicompté dix de ces ponts. Le premier Sc le plus reculéà l’est a soixante brasses de longueur 5 il est porté furtrente arches > chacune soutenue par cinq fortes pou-tres ou davantage ; le second est exactement la mêmechose dans ses proportions. Le troisième est fur les deuxbras de la riviere où elle se partage. Celui-ci a cent cin-quante pas de longueur; de-la à l’exrrémité de la villeÍ1 y a sept autres ponts moins longs, à mesure que lariviere s’étrecit ; leur longueur est depuis vingt jusqu’àsoixante brasses, Sc ils font appuyés à proportion furdix ou trente arches. Les rues, pour la plupart > fontétroites, mais régulières, & fe coupant l’une Latine àangles droits, allant les unes vers le sud & les autresvers Louest. Je dois excepter pourtant cette partie dela ville qui est du côté de la mer, à cause que les ruesvont ouest-fud-ouest le long des diverses branches de lariviere. Les rues font propres , quoiqu’elks ne foienrpas pavées ; pour la commodité des passans, il y a unpetit pavé de pierre de taille le long des maisons de cha-que côté de la rue. Au bout de chaque rue, il y a desportes que l'on ferme la nuit, pendant lequel tems iln’est permis à personne d’aller d’une rue à l’autre, fansune permission expresse > & passeport de l’ottona ou offi-cier qui commande dans la rue. II y a aussi dans cha-que rue un endroit entouré de balustrades , où l’on tienttous les instrumens nécessaires en cas de feu. Tout au-près est un puits couvert pour les mêmes besoins. Lesmaisons, selon les loix & la coutume du pays, n’ontpas plus de deux étages, chacune d’une brasse Sc de-mie ou de deux de haut ; elles sont bâties de bois, dechaux & d’argille. La façade présente la porte Sc uneboutique , où les marchands vendent leurs marchandi-ses, ou bien un lieu ouvert, où les ouvriers travaillentà découvert. Du haut de la boutique ou chambre , pendune piéce de drap noir, en partie pour ornement, &en partie pour les défendre du vent & des injures del’air : on suspend au même endroit des échantillonsou des modèles de ce qui sc vend dans les boutiques.Le toît est plat, dedans les bonnes maisons, il est couvertavec des tuiles noires, qu’on fait tenir avec de la chaux.Le toît des maisons ordinaires n’est ordinairement cou-vert que de bardeaux ou de coupeaux de bois. Toutes

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les maisons en dedans font admirablement P l °^ ell !elles n’ont ni tables, ni chaises, ni aucun autre f 0LU --ble, comme nos appartemens en Europe en sontnis : L escalier, les balustrades & les lambris so ntvernissés ; le plancher est couvert de nattes fortpies & de tapis : les chambres ne sent séparéesde l’autre que par des paravents : de sorte q u e1 ^ ^ôtant, de plusieurs chambres on n’en fait qu’une ,contraire d’une on en fait plusieurs, s’il est nece •

Les murailles font tapissées de papier brillant, P ,de ffeurs dor & (Largeur : le haut de la muraille»ques pouces au-dessous du plafond, est ordinairnud Sc enduit seulement d’une argìlle couleur d ° r £que l’on tire de la terre auprès de la ville, # st 'cause de fa beauté ,est portée dans plusieurs P r0éloignées. Les nattes , les portes & les paravents ;tous d’une brasse de long, & de la moitié en la'g ^les maisons même & leurs différentes chambres * osl j 0 jtics à proportion d’un certain nombre de nattes P ^ou moins. II y a ordinairement un joli jardin ^ errie s( jemaison, avec une colline artificielle Sc toutes ^ olt£ t fefleurs. Derrière le jardin est le bain ou letuveP° a ^baigner, Sc quelquefois une voûte, ou plutôt unendroit avec des murailles épaisses d’argille Sc de 1 .jfier, pour y resserrer, en cas de feu, les meubles les pprécieux. * Kœmpfer , Histoire du Japon, h v 'sti8y. j e s

Osaca est gouverné par des maires Sc par la c ° l J.j a nSottona,chefs de communauté ou officierscomm 3- ’ •de chaque rue. Les maires Sc les ottona font

sisousou 11 ;

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nés à l’autorité de deux gouverneurs impériaux - si 31

aussi le commandement fur tout le

, pays voisin , tvillages & hameaux. Ils résident a Osaca alternant ^chacun une année ; Sc tandis que l’un d’eux est 3U

fur

3 Jcào,

de son gouvernement, l’autre est avec fa famille - scapitale de l’empire. Le gouvernement des quatre avilles impériales est sor le même pied, avec cette ^rence seulement, qu’à Nagasaki il y a trois g° uvCl1 an disdont deux y résident Sc commandent tour à tour, ^que le troisième demeure à la cour pendant un all \ j adeux gouverneurs de Meaco sont obligés d’aller ^cour seulement une fois en trois ans. La police ymême qu’à Nagasaki > excepté que le guet marque ^les heures de la nuit avec des instrumens différens.connoître la premiere heure après soleil couché, eU /rn ,tant un tambour ; la seconde en battant un G ll7ìl jj a[ J ;( c’est un instrument en sonne d’un grand balfin b ^la troisième , ou minuit, en sonnant une csoc c ’ ,plutôt en la battant avec un bâton de bois. y amiere heure après minuit, ils battent encore le j oC hc*bour , la seconde le Gum-gum , la troisième l a £ fieCerte troisième heure après minuit ou sixième hla nuit, est aussi la derniere, & finit par I e * e ' ue leSsoleil. Je remarquerai ici une fois pour toutes, st^eiijours comme les nuits sont divisés par les Je

six portions égales ou heures, & cela tout I e T, jouiLannée : de-là vient que dans Tété les heuresfont plus longues que celles de la nuit, Sc q uenc’est tout le contraire. v oul° oS

Osaca est extrêmement peuplé, Sc si nous encroire ce que les Japonnois nous en disent, 011 Lj c feslever une armée de quatre-vingt mille hommes £ ju

habitans seulement. C’est la ville la plus m arC ^ aí \ hoU- - - r font a

Japon à cause de fa situation. Les vivres y

marché, quoique la ville soit si peuplée : l’° n P. Jie sertme y avoir à aussi bon marché qu’ailleurs, ce Ç1"Q. a p-qu’au luxe, & à la sensualité ; aussi les J a P

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onnoij"

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pellent-ils Osaca le théâtre universel des pl a! l j eJ j 0 tirsdivertisiemens : on peut y voir représenter to uS ^ ^ai-des pièces de théâtre, tant en public que d a, ] s ]ts d esons des particuliers : les saltssibanques, se s rS ex-gobelets qui savent faire des prestiges, & des • 0 nt 3traordinaires, tous les montreurs de raretés 3

faire voir quelque animal monstrueux , raie ou ^

Etire des tours, s’y rendent de tous ses endroi lier 1pire, assurés d’y gagner plus qu’en quelque j] y aque ce soit. II suffit d’en donner un e^em?^ 0 n£ ir

a . a Indes

quelques années que notre compagnie des^ ^ gra* 1

taies envoya de Batavia un Cafuar , (cestoiseau des Indes qui avale des pierres Sc »

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