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Tome quatrième. M - P.
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j-eunoient avastt que de commencer leifrs prières. Quel-ques-uns se couvroienr les yeux, s’estimant indignes devoir les Guacas; il y en avoir même qui se les arra-choient par un excès de dévotion. Les Yncas, & lesgens diítingués, n’entreprenoient rien fans avoir aupa-ravant consulté ces Guacas par la bouche de leurs prê-tres , qui oignoient la bouche & la face de ces ido-les , & leurs temples du sang des hommes & des bê-tes qu’ils avoient sacrifiés. Outre les temples du So-leil & des Guacas, il y avoir encore en divers lieuxdu Perou des maisons de vierges, qui croient commeles Vestales Romaines. Elles faisoient vœu de chasteté,vouoient leur virginité au soleil, & s’occupoient dansces couvens à filer, à coudre, à travailler en toile jen laine & en coton. Ges ouvrages servoient à l’usa-ge des temples & des idoles. Quelques-uns même as-surent que ces ouvrages étoient destinés au feu, & qu’onles brûloir avec des os de brebis blanches, pour enjetter ensuite les cendres en l’air, en se tournant versle soleil ; ce qui signifioit qu’on les lui avoient consa-crés. Pour revenir aux vierges dévouées au soleil,elles étoient gardées par des prêtres uniquement desti-nés à cette fonction , & aucune d’elles ne pouvoir sor-tir du couvent sous peine de mort. Si par malheurelles devenoient enceintes, on leur faisoit subir la mê-me peine, à moins qu’elles ne voulussent faire ser-ment qu’elles dévoient leur grossesse aux sacrées in-fluences du soleil : secret infaillible pour sauver la me-re, Pensant & le prêtre par le moyen duquel le soleilavoir daigné opérer sur le corps de la vestale. Tousles ans & en automne, les Péruviens célébroient unegrande fête, lorsqu’ils faisoient la récolte de leurs grains.La coutume éroit pour lors d’élever au milieu de laplace deux grands mars , tels que sont nos mais en Eu-rope. On mettoit au haut , autour d’un cercle ornéde fleurs certaines statues de forme humaine. II y avoirà certaine distance quantité de Péruviens tous rangésen bon ordre, qui battoient du tambour , & qui, enfaisant beaucoup de bruit, tiroient chacun à leur toursur ces figures , jusqu’à ce quelles fussent abbatues. En-suite les prêtres apportoient une autre figure , que l’onposait au pied d’un de ces deux mâts. On y sacrifioitquelque bête , ou même un homme, & l’on frotoitcette figure avec le sang de la victime. Si les Prêtresapperccvoient quelque marque dans les entrailles de lavictime , iis la déclaroient au peuple , & selon que lessignes paraissaient bons ou mauvais, la fêtes’achevoitdans le plaisir ou dans la tristesse. On y buvoit ample-ment, on y dansoir, & l’on y jouoit à diverses sortesde jeux en usage dans le Pays.

Josephe de Acosta rapporte qu’ils ne connoissoientaucune forte d’écriture > mais qu’ils ne laissoient pas deconserver la mémoire des choses passées, & de rendrecompte de tout ce qui s’étoit fait chez eux soit durantla paix, soit durant la guerre. Cela venoit de ce qu’ilsavoient grand soin d’apprendre aux jeunes gens ce qu’ilsavoient eux-mêmes apris de leurs ancêtres. 11s supplémentau défaut des lettres partie par des peintures grossières,rrfais principalement par des Qitipos. Ces Quipos étoientcertains registres faits de cordelettes, dans lesquellesdivers nœuds & différentes couleurs dénotoient diver-ses choses. Le jaune vouloir dire l ot, le blanc l’argent,& le rouge des soldats. Pour ce qui regardait la guer-re , le régime politique, les tributs, les cérémonies,les loix & les comptes des marchandises, ils employaientdivers Quipos , & en chacun autant de nœuds gros &petits ; & des cordelettes pendues les unes aux autresexprimoient intelligiblement toutes les choses, dont iléroit important de garder le souvenir. Ils avoient desofficiers appellés Quippa Camayo, qu! étoient obligésde tenir compte de ces Quipor, ct on leur ajourait au-tant de foi, que nous en ajoutons aux notaires.

Les meres & les reines même servoient de nourricesà leurs enfans. Les femmes, après être accouchées, re-prenoient leurs exercices ordinaires qu’elles interrom-poient rarement. Elles filoient & tissaient du coton auxprovinces chaudes, & de la laine aux plus froides,mais seulement ce qui étoit nécessaire pour leurs fa-milles. Elles faisoient le plus souvent des toiles carrées& selon la mode de leurs vêtemens, qu’elles atta-

choient avëc des agraffes ; ce qui étoit eau Ce qu e e-n’étoient point accoutumées à coudre. Elles haisloientellement l’oisiveté , que même quand el.'es sortaient e»public, ouvisitoient leurs voisins, elles filoient ou aisoient quelque autre ouvrage. Elles s’exerçoient encoieà l’agriculture ainsi que les hommes, qui de leur corefaisoient les bottes & les souliers, n’y ayant point d ou-vriers communs. Chacun étoit obligé de travaillei pourson usage, afin de ne pas manquer des choses qui eL1étoient nécessaires. . ^

Cette maniéré de vie réglée étoit dûe aux soiYncas , qui gouvernèrent le pays avec succès, “

se disoient issus du grand lac de Titicaca. Le P r ^ m *de ces Yncas s’appella Manco Capac , & curfemme un fils nommé Sicarocha, qui lui succéda-succession du royaume venoit au fils aîné en dro ^ligne : celui-ci venant à mourir, son frere lui . CCdoit; après ce dernier le gouvernement retournoit afils aîné de son frere aîné : après lui au frere de cefils : ensuite aux enfans de ce fils ; & ainsi d eLa succession sautoir, pour ainsi dire , de la ligne droiteà la ligne collatérale, & de la collatérale à la d r0 t *re. Llogue-Yupanghi succéda à Sicarocha ' 3 & le ûlsa ecelui-ci, qui s’appclLit Mayta-Capac, aggrandú * eroyaume du Perou par la conquête de la provinceCusco. II eut pour successeur son fils Capac-YuP an 'ghu , qui fut suivi de Mama-Cagua. Ce Mama-Cag uaeut plusseurs fils, entre autres Yahuar- Huacac-YnP ajaghe, qui éroit un prince fort guerrier, & qui r e " Ufit plusieurs états sous fa domination. Viracochu ‘ 0 ^fils lui succéda : à celui-ci succéda Pachachutec :à Pachachutec succéda Coyan. Ce dernier fit bâtir 1forteresse de Cusco que Tupac-Ynca-Yupanghi fit ache-ver. Cet Ynca conquit aussi Xila & Quito, & fit cosomencer le fameux chemin royal où il établit des p°^tes de demi lieue en demi-lieue, qui couraient avsovite à pied que nos postes à cheval, portant même i £Svoyageurs fur leurs épaules, comme on dit que cel 3se pratique encore au Congo ; car avant l’arrivée d eEspagnols au Perou, il n’y avoir dans le pays ni che-vaux , ni ânes, ni mulets, ni autres bêtes de charge*On assure que cet Ynca laissa cent cinquante fils apie slui, entre lesquels Guainacapac son successeur ne àe-généra nullement du mérite de ses ancêtres. 11 adm*'nistra la justice avec beaucoup de droiture, en paix ohen guerre, maintint Tordre & la police dans Tétât» <*•réduisit le gouvernement sous une meilleure sonne q u 1n’avoitété auparavant. II annulla les loix anciennes,ch an 'gea les vieilles coutumes, & leur en substitua de n olívelles. Guainacapac eut, dir-on, encore plus d’enfai 15que son pere , & laissa pour successeur Guascar Ync a *Guainacapac fut toujours fort respecté de ses sujets,pour lui mieux témoigner leur affection , travaillésvolontairement à perfectionner les deux grands ch^'mins royaux qu’on peut regarder comme une niervdde Tunivers. Ce prince étant parti de Cusco pour t* 1la guerre contre la province de Quito, fut oblig^,^passer par de hautes montagnes fort escarpées, ^accès dangereux. Ses sujets , pour lui faciliter so sl _tour, entreprifent avec une peine incroyable de lui ap^plaisir les montagnes ct les rochers , & de comble 1 'vallées de quinze & vingt brasses de profondeur. E n ’après un travail immense ils firent un grand che 11de yoo lieues. Les Espagnols le gâtèrent en phj je sendroits , pour rendre les passages impraticables 3ennemis . dans le tems des guerres qu’ils eurentrreeux, ou qu’ils soutinrent contre les naturels du ^ ^rou. Guainacapaé ayant entrepis un nouveau v0 ^p eS ,Quito , pour visiter les provinces qu’il avoir conq u ^.j_prit fa route à travers le plat-pays ; ses sujetslerent avec le même zèle & avec une P e ‘ nC Jánt lesniable à faire un nouveau chemin, en com ^ pj e flsvallées & les marais. Ce chemin avoir qi ,ar3 .jj es .de largeur , & des deux côtés de hautes 1TnU p e vo jentlongueur étoit de cinq cens lieues. Les murs en „encore, & sont même assez entiers en P, ’5 nnel irdroits. Guainacapac bâtit plusieurs temples a ; 0 ajn fldu soleil, & fit grand nombre de tambosqu’ils nomtnoient leurs magazins & leurs arepour y amasser des munitions p©u£ la £ ue *