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1607 , du consentement des sept provinces, pour sou-lager ie conseil d’étatdans la direction des finances. Cettechambre est composée de deux députés de chaque pro-vince, qui font le nombre de quatorze , & qui ordinaire-Imenc changent de trois en trois ans, suivant le bon plai-sir des provinces. Les fonctions de ce collège consistent àexaminer & arrêter les comptes du receveur général, desautres receveurs de lagénéralité& de tous Escomptables.On donne aux députés qui composent cette chambre, lestitres de nobles Sc puiíïans seigneurs.
La chambre des finances de la généralité a été établieavant celle des comptes ; elle est composée de quatreconunis& d’un secrétaire,qui font nommés par les EtatsGénéraux, 11 y a un clerc ou écrivain. Cette chambre estchargée de régler tous les comptes qui regardent les fraisde farinée , de tous les hauts & bas officiers, de ceux def artillerie, des bateaux , des chariots > des chevaux , &c.aussi bien que de ceux qui ont foin des munitions, des vi-vres de farinée,& de tout ce qui sert à son entretien &3 sa subsistance.
Toutes les provinces, en s’unissant pour sonner entreelles une feule république, se font réservé le droit de bat-tre monnoie , comme une marque de leur souveraineté ;mais elles font convenues en même teins que la monnoiede chaque province , qui auroit cours dans toute l’cten-due de la république, seroit d’une même valeur intrin-sèque. Pour ['observation d'un fi juste règlement, onétablit à la Haye une chambre des monnoies de la géné-ralité, composée de trois conseillers, inspecteurs géné-raux , d’un secrétaire & d’un essayeur général. 11 y avoitautrefois un plus grand nombre de conseillers dans cecollège : on appelloit les uns conseillers ordinaires, &
les autres conseillers extraordinaires. Les premiers etoient
nommés parles Etats Généraux , &les amies par lesetacsde Hollande,- mais depuis environ cent ans, il n’y en apoint d’exrraordinaires.Tous les membres de cette cham-bre font encore aujourd'hui à la nomination des EtatsGénéraux. Lette chambre a nue inspection générale fur
toute la monnoie frapée au nom des Etats-Généraux,ou des états des provinces particulières, de même quefur toutes les espèces étrangères. Elle a foin que la mon-noie soit de la valeur intrinsèque, ordonnée par leursHautes Puissances ; & elle procede contre les maîtres dela monnoie qui contreviennent aux réglemens de f étatfur ce sujet. Sa juridiction s’étend aussi fur les jouailliers,les orfèvres, les essayeurs, les changeurs & autres. Sesjugemcns font fans appel. Cependant tout ce qui ell cri-minel est du ressort du conseil d’état; & le jugement desfaux monnoyeurs appartient aux juges des provinces oudes villes où le crime s’est commis.
Par Particle 21 du traité de paix conclu à Munster le30 Janvier 1649 > entre Philippe IV , roi d'Espagne &les Etats Généraux des Provinces-Unies, il fut stipuléqu'cn nommeroic des juges en nombre égal de parc &d’autre , pour former une chambre mi-partie , & quis’asscmbleroic alternativement dans les érats de l’une &faune puissance. Ces juges croient chargés de décider lesdifférens entre les sujets de part & d’autre , à l’occasiondu commerce & des droits fur les marchandises, de mc-me que des contraventions faites au traité de paix, Scenfin de toute autre dispute entre les sujets des deuxpuissances. Cette chambre étoit composée de huit jugesíubdélégués de la part du roi d’Espagne & de huit au-tres de la part des Etats Généraux. Elle résidoit la pre-mière année à Malines, la suivante à Dordrecht, &ainsi d’année en année. Cette chambre ne subsiste plusdepuis un grand nombre d’annees ; & il n’en est fait au-cune mention dans le traité de Barrière , conclu à An-vers entre f empereur & les Etats Généraux en 1715.
II y avoir autrefois un haut conseil de guerre établi à laHaye, &: à ce conseil étoit un président perpétuel, unfiscal & un greffier, qui connoissoient de toutes les af-faites militaires ; mais, depuis la mort du lieutenantgénéral Unkel, qui en étoit président, cette place estrestée vacante, & 1c conseil d’état fait les fonctions deCe suprême conseil de guerre. La charge de fiscal subsistepourtant encore : 011 le nomme fiscal de la généralité.Gepend ant les régimens des gardes à pied, & celui desgatdes à cheval, forment chacun un conseil de guerre,
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a gn de juger des officiers, des cavaliers ou
des soldats de leur corps. Dans toutes les places fortesde la république il se tient de pareils conseils de guerre,dans lesquels l'auditeur de la garnison failles fonctions défiscal, excepté quelques régimens qui ont leurs auditeursparticuliers. Le président d’un de ces conseils de guerredoit être un haut officier, comme colonel, lieutenant-colonel, ou major. On en use de même en campagne.Le brigadier ordonne le nombre d’officiers des régi-mens de fa brigade , dont le conseil de guerre doit êtrecomposé, Sc nomme un des hauts officiers pour en êtrele président. Le jugement de ce conseil de guerre doitêtre approuvé par le général en chef de f armée. Aujour-d’hui tous ces conseils de guerre font subordonnés auconseil d'état, auquel il est permis d’en appeller , tantpour le civil que pour le criminel.
Autrefois chaque province avoit son amirauté parti-culière ; mais un règlement que firent les Etats Générauxen iy 97, l’amirauté de la république fut partagée encinq collèges ; trois en Hollande, qui font ceux de Rot-terdam , d’Amsterdam , Hom & Enkhuisen alternative-ment ; un à Middelbourg en Zelande, un à Harlingue enFrise; ôc les droits d’entrée & de sortie sont levés auprofit du corps entier de la république pour f entretiendes vaisseaux de guerre Sc autres frais de la marine. Cha-cun de ces collèges est composé de plusieurs députés ti-rés partie des provinces où les collèges font établis, &partie des provinces voisines. II n’y a point d’appel deleurs sentences pour les fraudes des droits d’entrée & desortie, & les différens fur les prises faites par mer aussibien que dans les causes criminelles ; mais dans les cau-ses civiles où il s’agit d’une somme au-delà de six censflorins, on peut demander revision de la sentence auxEtats Généraux. Lorsque les Etats Généraux, de l’avisdu conseil d état, ont résolu de faire un armement naval,Sc qu’ils se sont déterminés fur le nombre & la qua-lité des vaisseaux, le conseil d’état en expédie les ordresà tous ces collèges, qui aiment séparément à propor-tion de leur contingent. Celui d’Amstcrdam fait toujoursla troisième partie de tous les armemens , Sc les antresune sixième partie chacun. La charge d’amiral général aété ordinairement unie à celle áestadhouder;maîs depuisla mort de Guillaume III, prince d’Qrange, il n’y a pointeu d’amiral général, Sc aujourd’hui tous les collèges def amirauté ont leurs officiers particuliers, dont le pre-mier a le titre de lieutenant amiral. Cependant la pro-vince de Gueldres a conféré le titre d’amiral général auprince de Nassau-Orange , avec la dignité de stadhou-der Sc de capitaine général.
Lorsque les Provinces-Unies formerent la résolutionde se révolter , Guillaume I de Nassau, prince d’Oran-ge, de la branche de Dillembourg , parut le plus pro-pre à jetter le premiers fondemens de la république. Ilétoit déjà gouverneur des provinces de Hollande, deZélande Sc d’Utrechr. Les états de Hollande Sc de Zé-lande assemblés à Délit, le premier d’Avril 1576, luiconférèrent la dignité destadhouder : quelque tems aprèsles provinces de Gueldres , d’Ucrecht & d’Overissel lereconnurent en la même qualité, Sc celles de Frise Sc deGroningue nommèrent pour leur stadhouder le comtedc Nassau, son cousin > qui étoit alors gouverneur deces deux provinces. Les provinces accordèrent à cesdeux'stadhouders les mêmes droits Sc le même pou-voir , dont ils avoient été revêtus par le roi d’Espagne ;mais elles se réservèrent le pouvoir de conclure Ja paixou la guerre, de faire des alliances, de battre mon-noie , & de lever des subsides.
Guillaume I ayant été assassiné à Délit en 1/84. l eSprovinces élurent pour son successeur, le prince Mau-rice, son fils , qui n’étoit que dans la dix-septiémeanr> eede son âge. Ce prince étant mort en i6ay , sans avoirété marié, Fréderic-Henri son frere lui succéda R a4de Mai de la même année. 11 mourut en 164/ , taillantun fils nommé Guillaume, qui fut son successeur. II sclivra aux mouvemens d’une jeunesse ambitieuse Sc bouil-lante , Sc donna de grands ombrages aux cinq provincesqui i’avoient élu pour leur stadhouder. Après fa wottarrivée en i6yo, les états de ces provinces priient iesmesures peur donner des bornes plus étroites au pou-voir du stadhouder. La Hollande forma meme le desseind’exclurc Guillaume III, fils posthume de Guillaume II,
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