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du tems de saint Paul, paice que l’on ne remarque dans lesmédailles aucun vestige de ce titre de colonie romaineavant le régné de Caracalla, ou d’Héliogabale ; & qu’ainsile privilège de citoyen romain n’appartenoit pas àl’apô-tre simplement comme citoyen de Tarse, mais par quel-que droit particulier, que ton pere & ses aïeux avoientacquis.
Ptolomée place cette ville dans les terres, & Pline ditqu’elle étoit loin de' la mer , procul à mari > cependantStrabon remarque qu il n’y a pas plus de cinq stades deTarse à l’embouchure du Cydnus : Inde [ à Tarso ] nonplura quant quinque fiadia sunt ad Cjtdni ofi’ta. Un si petitespace auroit-il engagé les anciens géographes à mettrecette ville dans les terres , 8c à la dire éloignée de la mer ,procul à mari ? II faut que ce passage de Strabon soit cor-rompu. II avoir sans doute écrit , qumquaginta.
Cette conjecture est d’autant mieux sondée , que les voya-geurs modernes mettent la ville de Tarse , aujourd’huiappellée T arso u , à six milles de la. mer.
Lucas, dans son voyage de l’Alie Mineure, dit qu ellen’est qu’à huit lieues d'Adana. On passe fur un beau pontde pierres, 8c la riviere qui coule dessous se nomme Meri-hafaoúSjnduos. Quand on est arrivé aux démolitions, onentre d’abord par une grande porte encore entiere , faitede grottes barres de fer quarrées, de vingt pouces d’é-pailleur fur chaque côté, 8c elles onc chacune près detrente pieds de hauteur. Les abords de Tarse sont toutesen ruines : le peu qui reste , & où il y a des habitans, nemérite pas que l’on en parle. Les Grecs n’y ont pour égliíequ’une chaumière , dont la vue fait assez connoître leurindigence. L'église des Arméniens est passablement belle.
Ils racontent que «est saint Paul qui l’a fait bâtir. On yvoir une pierre de marbre qu’ils prétendent être celle oùles apôtres étoient astis lorsque Jesus-Christ leur lavales pieds. Ils disent encore que le vendredi saint il sortde cette pierre une grande abondance d’eau, dont ils rem-pliíïent plusieurs vases, 8c ils ajourent que cette eau guérieun grand nombre de maladies. Les habitans de Tarseaílurent que c’est chez eux qu’est mort le prophète Daniel,
& on montre une mosquée , fous laquelle on prétend qu’ilest enterré. Les Turcs y ont mis, fur une grande tombe ,un cercueil de bois , qu’ils révèrent , & ils le font voir àceux qui vont à Tarse comme une rareté. Ce cercueil esttoujours couvert d’un . drap noir ea broderie. On détruisiten 170 $ les anciennes murailles de la ville , pour y bâtirdes camps Lc des maisons. Tarse rsest pas peuplée, parceque la peste y est presque toujours. Ce n’est pas que l’airy toit mauvais ; mais la malpropreté des habitans est ex-trême : ils n’ont aucun foin de faire ôter les immondicesde leur ville. A juger de Tarse par ses anciennes enceintes ,elle avoir plus de quatre lieues de tour. Lucas prétend quec’est dans les tremblemens de terre qu’il faut chercher lacause de fa destruction. On y voir des édifices renversés,dont lesfondemens semblent sortir de terre , c’est-à-dire ,que le haut est en bas, & le bas en haut. Il ajoute qu’il n’yvît qu’une petite inscription : elle parle d’un certain Eu-rope, qu’elle marque avoir été gouverneur ou général.Autour de ces démolitions croiílent en plusieurs endroitsfous terre de petites racines semblables à des œufs de pi-geon , & que l'on appelle en turc taupalac. Ces racinesfont un peu plates , & ont en même tems de petits rejet-ions déliés comme dés cheveux. On attribue â ces racinesdes vertus admirables. L’opinion commune est qu’il y ade grands trésors cachés fous les ruines de Tarse , & celapeut fort bien être , si cette ville a été renversée par untremblement de terre. Une ville si célébré devoir abonderen richesses.
2. TARSUS , ville de Bythynie, íelon Etienne le géo-graphe , qui la nomme auffi Tarsea.^
Z.TAR8U5, contrée de la Bithynie. C’est Etienne legéographe qui en fait mention.
4. TARSUS. Isidore donne ce nom à un lieu de l’Inde.
T ART A, mot corrompu par Corneille : \\ faut lj ieTatta. Voyez Tatta. .
TARTANE ,( la) petite anse de 1 Amérique septen-trionale , dans la Martinique , à la partie méridionale de laGarav ale.
TARTANIUS AMNIS , fleuve dont il est fait mentiondans un fragment de l’histoire deSalustre. 11 semble que cefleuve étoit aux environs de la Bithynie,
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TARTARES, peuples qui habitent une grande partieclu continent de l’Afie. Ils occupent tout le nord de l’Asie,
& íont partagés présentement en trois nations différentes >i°. les Tartares , proprement dits ; a°. les Call-moucks ; 3 °. les Moungales. Quoique lès autres peuplespaïens , qui font dispersés par toute la Syberie, 8c suc lesbords de la mer Glaciale , descendent des Tartares, on ncles considéré pas aujourd’hui comme en faisant parue ,mais comme des peuples sauvages : & si l’on en trouvequelques-uns de plus civilisés vers les frontières des Call-moucks & des Moungales, il faut les considérer plutoccomme des branches nouvellement séparées de ces deuxnations, que comme faisant partie des anciens habitansde la Sibérie. Les Tartares proprement dits, font tousprofession du culte mahométan, quoiqu’il y en ait quel-ques branches dont la religion paroît tenir beaucoup plusdu paganisme que du culte de Mahomet. Us font subdivisésde rechef en plusieurs branches, doiit les plus considéra-bles íont les Tartates Usbecks , qui habitent entre le paysde Charaís’m & les états du grand Mogol, au nord-est dela Perse : les Tartares de Cbiva , qui font compris ordinai-rement fous le nom de Tartares Uíbecks, & habitentle Charafs’m , aux environs des embouchures des rivièresd’Amú & de Khefell ; les Kara-Kallpakks , qui habi-tent les bords de la riviere de Sirr , à lest de la mer Cas-pienne , 8c au nord des Tartares de Chiva ; la Casat-Schia orda , qui habite aux environs de la riviere deJemba , au nord est de la mer Caspienne ; les Tarta-res de Nagay , qui habitent entre la riviere de Wolga& celle de Jaìck , au nord de la mer Caspienne ; lesTartares Bachkirs , qui habitent vels le pied desmontagnes des Aigles, á Test de la riviere de Wolga -, lesTartares d’UFFA , qui habitent dans le royaume deCafan , au nord des Baschkirs, entre la riviere de Wolga& les montagnes des Aigles ; les Ciblasses , qui habitentá l’ouest de l'embouchure de la riviere de Wolga, 8c atinord ouest de la mer Caspienne ; les Tartares Dag-hestans , qui habitent an íud des Circaíles, & â l’ouestde la mer Caspienne; les TARTARES Koubans , quihabitent fur les bords de la riviere de Kouban , entre lePalus Méotides & la mer Noire , au pied des montagnesdu Caucase; les Tartares de la Crimée , qui habitentdans la presqu’ifle de la Crimée , & fur les bords du norddes Palus Méotides, & de la riviere de Don 8c celle deBoryllhène-, les Tartares de BuziAcic,qui habitententre la riviere de Borysthène 8c le Danube, à l’ouest dala mer Noire. Tous ces Tartares Mahométans, font ordi-nairement d’une taille médiocre, mais bien renforcée : ilsont le teint fort basané , les yeux bien coupés , noirs 8cvifs, mais le tour du visage fort large & allez plat, avecun grand nez aquilin ; en forte qu’on les peut distingueraux traits du visage des Callmoucks & des Moungales.Leurs habillemens font différens., selon les différens,paysqu’ils occupent : ceux qui habitent aux frontières de Perse& des Indes , imitent l’habillement de ces nations ; lesautres , qui habitent vers les frontières de la Russe, femettent à peu près comme les Ruflès ; & ceux enfin quihabitent vers les frontières des Turcs , fe conformencbeaucoup à la maniéré de’ s’habiller de cette nation. Or»peut dire en général que tous les Tartares Mohometans ne.vivent quasi que de ce qu’ils peuvent "voler fur leurs voi-sins , auflì bien en tems de paix qu’en tems de guerre , enquoi ils font bien différens des Callmoucks & des Moun-gales , qui , quoique païens , vivent tranquillement duproduit de leurs troupeaux , 8c ne font de mal à personneâ moins qu’on ne leur en faflè. * Histoire générale des Tar-tufes , p. 7 & fuiv. h
Tous les Tartares .prétendent etre issus de Turck, filsaîné de Japhec ; &*comme ils supposent que Japhet, avancque de mourir, le désigna pour être, après lui, chef detoute fa famille, il fe croient d’une extraction bien plusnoble que les peuples voihns, qu’on croit descendre desautres fils de japhet. Du moins il est certain qu’ils onctoujours porté le nom des Turcs, jusqu’á ce que Zingis-Khan ayant range toutes les tribus de cette nation fous sonobéissance , le nom des Hures a insensiblement fait placeà celui des Tartares , fous lequel nous les connoiííons aprésent. Mais ils l’on conservé entr’eux, 8c prétendentqu’aucune autre nation n’a droit de le porter que la leur.Ils ont pris ce nom d’un des fils jumeaux d’Alingé-Khan, ap-