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Tome sixième. T - Z.
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«ne antre au nord , entre la ville Sc la montagne. Celle-ci est plus grande, & on y voir un aíîez beau pont depierres. Tout auprès est une sépulture couverte d’un petitdôme , & où les Persans disent que la sœur d’Iman-Rizaest enterrée. Ce tombeau est en grande vénération dans lepays. La tiviere qui paííè sous le pont vient des montagnesdu nord, & l'e va rendre dans le lac de Roumi , à treizeou quatorze lieues de Tauris : on l’appelle Aggi-son , c’est-à-dire , eau amere , parce que ton eau est très-mauvaife,& qu’il ne s’y trouve aucun poislòn. Il en est de même dulac, qui a environ quinze lieues de tour, & dont l’eau estcomme noire. Ce lac prend son nom d’une province &d’uue petite ville appellée Roumi : elle n est éloignée deTauris que de dix â onze lieues. Au midi du lac, fur lechemin qui mene à une petite ville nommée Tohoriam , onvoit un coteau qui s’abaiíîè insensiblement, & dont le douxpenchant forme un terrein uni, ou bouillonnent plusieurssources. Elles s’étendent à mesure qu elles s’éloignent dulieu où elles commencent à fe montrer. La premiere terrequi se leve sert à faire de la chaux : celle qui est au délionsest proprement une pierre spongieuse & percée , Sc quin’est bonne à rien ; & celle qu on trouve après comme untroisième lit, est cette belle pierre blanchâtre & transpa-rente , au travers de laquelle on voit le jour comme autravers d’une vitre, Sc qui étant bien taillée sert d’orne-ment aux maisons. Cette pierre n’est proprement qu’unecongélation des eaux de ces sources, Sc il s’y est trouvéquelquefois des reptiles congelés.

Il y a près de Tauris un village où l’on dit que le fils deTobie vint avec l’Ange , & où il épousa Sara. La rivierequi est voisine de cet endroit, est allez particulière : six moisde Tannée elle est douce , & les autres elle est salée , ce quifait fans doute que dans chaque quartier il y a des cavesprofondes de cinquante à soixante marches, où Ton va pui-ser i’eau que Ton y fait venir. La riviere est presque grandecomme la Seine dans les six mois qu’elle est salée ; ce quivient apparemment de ce que les torrens d eau qui fe jet-tent dedans patient par des terres qui font toutes de fesicelaest d’autant plus probable que Ton voit des montagnes quifont toutes de sel.

Lait de Tauris est bon & sain ; l’hiver y est allez long ,parce que la ville est exposée au nord , & que sur les mon-tagnes qui Tenvironnentil y a des neiges neuf mois de Tan-née. Le vent y est toujours gros le matin & le soir. LesPersans ne souffrent point que les chrétiens sortent lorsqu’ilpleur, parce qu’ils s’imaginent que si un Persan touchoit unchrétien mouillé, le premier deviendroir immonde. Les vi-vres sont à bon marché : le pays est très-abondant en touteschoses nécessaires à la vie. Les légumes s’y donnent presquepour rien ; aussi la ville de Tauris est-elje une des mieuxpeuplées de la Perse.ìl s’y trouve une infinité de marchands,6c de coures sortes de marchandises, particulièrement dessoies qu’on y apporte de la province de Guilan & autreslieux. Il s’y fait un grand trafic de chevaux, qui y sont bonsA à bon marché. Le vin, Teau-de-vie, Sc généralement tousles vivres n’y sont pas chers, ôc l’argent y roule plus qu’enaucun autre lieu de T Asie. Plusieurs familles arménienes quis’y sont établies, ont acquis du bien dans le trafic quellesentendent bien mieux que les Persans. Le grand trafic deTauris rend cette ville renommée par toure l’Asie, Sc ellea un commerce continuel avec les Turcs , les Arabes, lesGéorgiens, les Mingreliens, les Persans , les Indiens, lesMoscovites & les Tartares. Ses bazars qui sont couverts ,font toujours remplis de très-riches marchandises ; & il ven a de particuliers pour les artisans. La plupart font forge-rons , les uns-font'des. scies, les antres des haches & d’autres,des limes & des fusils pour battre le fer. Il y en a aussi quifont des cadenas pour les ferrures , les Levantins n’en ontque de bois. On y voit des tourneurs qui fournissent les lieuxcirconvoisins de tours à filer Ôc de berceaux, Sc quelques or-fèvres qui ne s’appliqnent guère qu’à faire de méchantes ba-gues d’argent ; mais il y a quantité d’ouvriers en foie, quifont de belles étoffes , & il y en a plus de ceux là que detoutes autres sortes,d’artisans. (Test encore à Tauris que sefait la plus grande partie des peaux de chagrin qui fe con-sument en Perse f & il s’y en consume nne grande quantité,n’y ayant personne, à Texception des paysans qui n’ait desbottes & des souliers de chagrin. Ces peaux se font de cuirde cheval, d’âney chais celui qui se fait du cuir de 1 ane a leplus beau grain. .

TAU.

1. TAURISCI, peuples de la Pannonie , selon Strabon ,itb.y , p. 3 14, Sc Pline , lib. 3 ,c. z 5. Ce sont aujourd’huiles habitans de la Styrie , appellée Stiermarck. en allemand.Srier dans cetre langue signifie la même choie que Taurusen latin ; de sorte que Stiermank ne veut dire autre choseque les limites des Tauri. Strabon remarque que quelques-uns donnoient aux Taurisci les noms de Ligurisca Sc deT aurifia.

2. TAURISCI, peuples des Alpes, qu’Etienne le géo-

graphe confond avec JesT auri ; Sc il ajoute que ces peu-ples sont nommésT erisci par Eratosthéne , Sc Troii parquelques autres. Selon Polybe , 2 , »°. 15, les Taurisques

n’habitoient pas loin de la source du Rhône. Ce sont cesmêmes peuples, qui, du rems de César,inspirèrent auxhabitans de l’Helvétie le dessein da palier en Italie , Sc de« empâter de ce pays abondant en vins Sc en fruits si excel-lens. Ils furent les premiers des Gaulois Celtiques, Sc mêmedu canton de Zurich, dont ils faisoient alors partie , qui en-treprirent cette grande expédition , & qui osèrent essayerde forcer les passages des Alpes. Eeurs descendans les Tau-risques modernes sont les habitans du canton d’Uri. * Etat& délices de la Suijfe, t. z , p. 40 5.

TAURLSTAL Voyez Taurisci I.

1. TAURIUM , ville de Péloponnése, selon Polybe,I. 4 , cité par Ortélius, qui dit qu’Antigonuss’en étoit rendumaître. Je crains cependant qu’Ortélius n’ait pris le nomd’un général pour le nom d’une ville, nommée Tauriumdans Polybe.

z. TAURIUM. Ortélius croir trouver une ville de cenom dans Suidas , qui, selon lui , 1 a donne aux Tauro-Scy-thes, & ajoute que la lune y étoit adorée. On ne trouvepoint de ville du nom de Taurium dans Suidas : on y lieseulement lemotT^aso?, Taimone , épi théte don née à Dia-ne, adorée chez les Tauro-Scythes, & ainsi appellée, 011parce qu’elle présidoit aux troupeaux, ou parce que Dianeétant la même que la lune, son char étoit soppoíé riré pardes taureaux.

TAURIUS. Voyez Hylicus.

TAURO ou Toro , petite isle fur la côte méridio-nale de la Sardaigne, à Torienc d été de la pointe méri-dionale de Tille Palma de Sol, Sc au midi occidentaldu cap Tavolaro. * Carte de la Sardaigne , chez. VanKeulen.

TAURO-CASTRO 011 Hebr^eo - Castro, petiteville de la Gréee, dans la Livadie,vis à-visde Tille de Né-grepont, dans Tisthme d’une presqu’iíle qui borne la plainede Marathon au-delà du marais au nord , où la côte fait unpromontoire considérable. C’étoit l’ancienne ville Rham-tius , Sc ce ne sont aujourd’hui que des ruines. Cent pasau-dessus fur une éminence, on voit les débris du templede la déclic Némésis. Il étoit quarté & avoir quantité de co-lonnes de marbre, dont il ne reste que des pièces. Il y avis-à-vis dans Tille de Negrepont le village de Difio , Sc unpeu plus bas au midi dans la même isle, un port nomméPorto-Bufalo. Le temple de Némésis étoit fameux dansroute la Grèce, & Phidias Tavoit rendu plus recommanda-ble par la statue de Nemesis qu’il y fit. Strabon dit pourtantqu’Agoracricus Parien Tavoit faite j mais que cet ouvrage necédoir pas à ceux de Phidias. * Wheler , Voyage d’Athè-nes , t. z , 1 . z. Spon, Voyage de Négrepont, r. z »p. 184.

TAURO-CILICIA. On trouve ce nom dans saint Chry-sostôme, epifi. 1 z 5 , qui sans doute veut désigner par-là lapartie de la Cilicie voisine du mont Taurus.

TAUROGINI, peuples d’Icalie , dans la grande Grece ,au voisinage de la ville Rhegium , félon Probus le Grammai-rien , in yita Virgilït , qui cite les origines de Caron. Cespeuples tiroient leur nom du fleuve Taurocinium , fur lebord duquel ils habitoient.

TAUROCINIUM, fleuve d’Italie , dans la grande Gre-ce , selon les origines de Caron, citées par Gabriel Barri,qui dit cjue le nom moderne est Caeopinaco. Ce fleuves’appelle aujourd'hui Rízzo selon Léander.

1. TAUROENTíUM. Voyez Taurentinum.

2. TAUROENTIUM. Voyez Tauri anum.

TAUROIS, ville de la Gaule, selon Etienne le géogra-phe , qui dit qu’elle avoir été bâtie par les habitans de Mar-seille. Voyez Taurentium.

TAUROMENIUM , ville de Sicile, dans la Péíoriade,fur la côte. Pline, /. 3, c. 8 , qui en fait mention, lui donne