Band 
Tome sixième. T - Z.
Seite
852
JPEG-Download
 

5 5 2 TER

Exemple.

Je veux savoir quelle heure il est à Stockholm, quandil est midi à Paris. La longitude de Paris est de 20 djo'-, la longitude de Stockholm de ; ; d ;o . La longi-tude de Stockholm surpassé celle de Paris de i^ d ; cesvalent une heure qinl faut ajouter à midi, qui estl’heure qu’il est à Paris. Ainsi lorsqu'il est midi à Paris ,il est une heure après midi à Stockholm.

Autre exemple.

Je veux savoir quelle heure il est à Lisbonne , quand i! esttine heure après midi à Stockholm. La longitude de Stock-holm est de 3 5 d 3o’ ; la longitude de Lisbonne est de y d .La différence de ces deux longitudes est r.8 d 30', qui va-lent une heure 54' ? qu’U faut soustraire de l’heure deStockholm ; parce que la longitude de Lisbonne est moindreque celle de Stockholm ; ainsi il ne fera encore qu’onzeheures 6 ' á Lisbonne, lorsqu’il fera déja une heure aprèsmidi á Stockholm. Il y a une machine fort simple, quifait voir tout d’un coup comment le soleil fait tout à la foisles vingt quatre heures dii jour fur la circonférence dela terre; de forte que , lorsqu’il est midi Hi un endroit,il est minuit à l’aittre ; quand il est ffic heures du matin dansun lieu, il est dans un autre six heures du soir, & ainsides autres heures. C’est une espèce de cadran composé dedeux cercles concentriques, dont l’un qui est dessus,tourne dans la circonférence de fautre. Le cercle de desiusest divisé en vingt - quatre parties égales, fur lesquelleson a marqué deux fois les douze heures du jour ; celuide délions est un grand cercle qui représente l’équateur,

6 qui est divisé en 3 <ío d , marqués de dix en dix , ou decitìq en cinq. On. écrit autour de ce cercle les villes #-Jesports , où les endroits dont on connoît mieux la longitude.On met Paris à io d 30'; Stockholm à 3; d 30'; Lis-bonne à 7 1 ; Pékin à 136 d 7' , &c. Quand on a tournél’heure que l’on' veut fur le lieu 011 l’on est, on voltl’heure qu’il est en même rems dans tous les pays dumonde, dont on a marqué la longitude autour de l’é-quateur.

Après tout ce qui vient d’être dit, il est aisé de conce-voir que la terre a toujours été considérée comme un corpsrond ; & les mots globus , orbis , & autres pareils ne signi-fient que cela. Il n’est pas si facile de dire comment fur uncorps sphérique on peut chercher un centre de sa superficie,puisque tous les endroits du globe font également propres drecevoir cette qualité. C’est ce que les anciens appellentl ’ombilic , ouïe nombfillde la terre , Umbiucus Terrée;mais ils ne s’accordent pas tous fur le lieu oq ils doivent leplacer. Les Grecs le mettoient à Delphes, ville de la Pho-cide. Ils prétendoient que c’étoit le centre, non feulementde la Grece, mais encore de toute la terre. Pindare ,Pytbior. Carm. 6 , dit :

EV N*<ìv 7rpo<rot%cpivot, •

S'appro chant da temple qui est f ombilic de la terre. Euri-pide, Ion. v. 233 > du plus clairement,

O’ vrais pettrov O Tecç

QotŒts xcthftit Aciags »

Le temple d'Apollon renferme ye'ritablement t ombilic dela terre. 11 dit encore dans la même tragédie , vers 461.

*0lCo' ÌOj i»s« y£

ftHrámpxÁís sittU.

Où eft la terre d'Apollon & l e temple aa milieu de l'om-bilic. Sophocle, vers 488, dans l’Edipe , Tyran, dit :

M

TÙ ptitrìuÇcthtl r*>

Fuyant les oracles qui font au milieu de ! ombilic de la terre.Strabon , 9, en parle moins affirmativement. II dit du tem-

ple de Delphes, qu’il est situe presque au milieu de toute la

ter

Grece prise en général, tant hors de 1 isthme que dedans,( c’est-à-dire, en y joignant le Péloponnéfe ) ; qu'on a mêmecru qu’il étoit au milieu de toute la terre habitable , & quepar cette raison on l’a nommé i’Ombilic de la terre. Aga-thème, /. 1, c. ï , dit dans le même sens : Les anciens onccru que la terre habitable est ronde : que la Grece en occupele milieu; que.Delphes est au milieu de la Grece Sc de laterre.

Ce préjugé des Grecs paíla aux Romains. Tite Live,/. 38 , c. 48, dit : Les Gaulois ont pillé Delphes, autrefoisl’oracle commun du genre humain, & l’ombiiic du globede la terre. Delphos quondam humani generis oraculum um-bilicum orbis terrarum Galli fpoliaverunt. Ovide , /. 15,V. 630, dit dans ses métamorphoíes :

Auxilimn ccelefte petunt , mediamqtte tenentes

Orbis Humum, Delphos adeunt , oractìla Pboebi.

Cette opinion n’étoit pas fondée fur des calculs géométri-ques. On n’en donnoit pour preuve que des fables. On fup-pofoic que Jupiter voulant savoir où étoit le milieu dumonde, lâcha en même teins deux aigles, l’un à l’orienr,l’autre à l’occident ; Sc que ces deux aigles volant continuel-lement, se rencontrèrent à Delphes. Il est plaisant qu’undieu tel que Jupiter, ait eu besoin d’un pareil expédientpour connoîtrc le milieu du monde. Il ne l’est pas moinsde croire que ces deux aigles ayent volé dans un égal degréde vîtelle, Sc fans s’arrêter; car il faut le íuppoler ainsi ,pour dire qu elles se sont rencontrées à la moitié du che-min ; & pour peu que l’nne ait mieux volé que l’autre, ouque l’une d’eiles (e foie plus reposées en chemin qusl’autre, le lieu de rencontre ne’fera jamais ie milieu.S'.rabon , à l’endroit cité , dit que cette fable étoit repré-sentée à Delphes dans deux images. Plutarque en faitmention au commencement du traité, où il examine pour-quoi les oracles ont cessé. Clandien raconte ainsi cette fa-ble dans le prologue du panégyrique furie consulat deMallius Théodore.

Jupiter , ut perhibent ,fpatium quum discere velletN attira, regni nescius ipse fui ;

Armigeros utrimque duos aqualibus alisMtfit ab Eois , occiduisqueplagis ,

' Parnaffus geminos fertur junxifte volât usContulit alternas Pythius axis aves.

Les Juifs & les chrétiens ont cherché ce lieu du mondeà Jérusalem. Un patriarche de Jérusalem étoit de cette opi-nion, selon fauteur des annales d’Alexandrie, qui, enparlant du lieu où Jacob vit en songe l’échelle du ciel qu’ilplace dans l’enceintc de Jérusalem, rapporte que ce pa-triarche dit à Omar, calife de Sarrazins : Ce lieu-ci est ailmilieu de la terre. Viétorin de Poitiers dit de même aucommencement de son poème fur la croix, attribué asaint Cyprien.

Eft locus , ex omni , médium quem credimus , orbe ,

Go/gatha Judai patrio cognomine dicunt.

Lin autre poète chrétien , que l’on croit être Tercullien,adverf. Marcion. I. 2 , V. 196.

Golgatha locus eft capitis calvaria quondam

Língua paterna prior fie illum nomine'dixit.

Hic médium terra esthic eft victoria ftgnum.

Les savans d’entre les Juifs ont suivi ce sentiment. DavidKimchi, expliquant le píeaume 87, v. 3 , dit : La terre ha-bitable fe divise cri sept parties ( ou climats ), & dans lapartie du milieu est Jérusalem, elle est au milieu de laterre habitée. Le prophète Ezéchiel parle de ceux qui ha-bitent l ombilic de la terre. Kimchi, c. 3 8 , v. 12 , l’enrendde la Judée ^Se Varable aussi. S. Jérôme expliquant cetautre endroit d’Ezéchiel, c. 5 , v. 5 : C’est Jeruf tlem , jeI aï placée au milieu des nations , fy j'ai mis de terres au.tour d elle ; fait cette remarque*: Le pfalmiste , dit ce faineinterprète, voulant exprimer la passion du Seigneur, fe sertde cette expression : II a opéré le salut au milieu de la terre ;mais il n’est pas fort lur qu’Ezéchiel ait parlé de la Judée àl’cndroit cité d'abord, ni que la pfalmiste ait voulu parler