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Thespiens qui eurent ie bonheur d’echapper a la fureur dusoldat. Ceux-ci avoient été de touc teins si dévoués auxAthéniens, qu autant de fois, c’est-à dire, de cinq en cinqans , que les peuples de l'Amque s’aílèmbloient dans Athè-nes , pour la célébration des sacrifices, le héraut ne man-quoit pas de comprendre les Thespiens, dans les vœuxqu’il faisoit à haute voix pour la république. On célébroità Thespie une fêtefolemnelle en l’honneur des muses ; Scpendant cette fête , on faisoit des jeux, qui étoienc appeìlésmusées. U y en avoit aufll d'autres qu’on nommoit Eroti-dies, à l’honneur de Cupidon ; & on proposoir des prix ,non-feulement aux musiciens, mais encore aux athlètes.Thespie a été la patrie de Corinne , dame grecque , célé-bré par le grand talent qq’elle avoir pour la poésie. * Athé-née , 15 , c. 5.
THESPIdì , ville de la Theflalie , dans la Magnésie ,selon Pline , /. 4 , c. 9 , & Etienne le géographe. Cepen-dant le pere Hardouin remarque que les manuscrits qu’il aconsultés portent Ireshz au lieu d eTbespiœ.
THESPIUS, fleuve de Béotie, c’est Hefyche qui en faitmention. Ortélius soupçonne qu’Hélyche donne ce nom au!Telmifus , parce qu’il arrosoit la ville de Thespie.
THESPROTIA , selon Etienne le géographe, Sc Thes-protis , selon Thucydide , /. 1 ,p. , petite contrée de
î’Epire. Le périple de Scylax appelle les habitans de cettecontrée Thesproti, 8 c la met au midi de la Chaonie. Al’oiient, ils avoient l’Ambracie Sc le lac Ambracius, Sc lamer ati midi. Hérodote ,L 8 , c. 46 , les dit voisins desHmbraciotes. Dans la fuite , les Cajfwpenfes ayant été sépa-rés des Thesprotes, le pays de ces derniers eut des bornesplus étroites.
THESPROTUS. On trouve ce mot dans Properce, /. 1,Eleg.11.
Et tnodo Thesproti mirantem Subdita regno.
Ortélius dit que Ferdinand, Libel. de Puteolis. Lofredijuge que Properce entend parler d une colline d’Italie , auvoisinage de la ville de Bayes, Sc qu’on nomme encoreaujourd'hui Trispete ; mais Parrhasius ,in Epifl. croît queThesproti pourroit être corrompu pour te Protêt.
THESSALI. Pline , /. 7 ,, c. 57 , remarque que lesThessaliens , auxquels on avoit donné le nom de Centau-res , habitoient au pied du mont Pélion , & qu’ils avoientinventé la maniéré de combattre à cheval. Je ne crois pas,dit le pere Hardouin , qu’il faille entendre ce morde com-battre des batailles, que les hommes se livrent les uns auxautres ; car l’ufage de so battre à cheval, est plus ancien ,fans doute , que l’invention dont Pline attribue la gloireaux Theflaíiens. Je croirois plus volontiers, continue le
f iere Hardouin , qu’il scroit question des combats contrees taureaux à la chaste fur le mont Pélion ; ce qui, selonPalxphatus, cap. de Centaur. leur sic donner le nom deCentaures.
1 - THESSALIE. Par ce mot on entend tantôt une grandecontrée de Grece , Sc tantôt une partie de cette contrée ,appellée communément la Thessalie propre , Sc quel-quefois Thessauotide.
1. THESSALIE , ( la ) prise en général, s etend , selonStrabon , à l’orient, depuis les Thermopyles jusqu’à l’em-bouchure du Pénée ; au midi, elle est bornée par cettechaîne de montagnes , qui prend depuis le montOetajus-qu’au mont Pindus ; au couchant elle a les Etoliens, lesAcarnaniens Sc lesAmphUoqucs. Du côté du nord ses borneslont moins connues *> si néanmoins on tire de 1 embouchuredu Pénée une ligne parallcls au mont Oeta & Pindus , onaura à peu près les limites du côté du septentrion. En effetle Pénée ne scrvoit pas de bornes entre la Macédoinf & laThessalie ; ce n’étoit qu’à Ion embouchure qu’il séparoit cesdeux contrées. Quant à ce que Strabon dit que le Pénéecouloir au milieu de la Theflalie , on ne doit pas prendrecette expression à la rigueur, non plus que quand Pompo-nius Méla , l. r., c. ; , dit que le Pénée sépare la Thessaliede la Phthiotide, ou quand Ptolomée dit qu’il sépare laTheílàlie de la Pelasgiotide. Ces auteurs n’enrendenr parleralors que dune partie de cette contrée ou de la Thessaliepropre , appelles Thessaliotide par Strabon. Pline , /• 4 »c. 7 , remarque que ce pays changea souvent de nom, sui-vant les diíférens rois qui le gouvernèrent. On le nommaAìmoni a , Pelasgicum , Hellas, Thessalia , Argos& Dry'opis. C’est là, ajoute Pline, que naquit le roi
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Gr&cus , qui donna son nom à la Grece , Hellen, du nomduquel les Grecs furent appeìlés Hellènes. Strabon divisela Thessalie en quatre parues ; savoir ,
La Phthiotide , La Thessauotide ,
L’Estiaiotide , La Pelasgiotide.
Et si on veut joindre la Magnésie , on aura une cin-quième partie ; car quoique Strabon la distingue de laTheflalie , elle y a été comprise par plusieurs auteurs.
Avant la guerre de Troye, Pelias , Sc après lui Jason ,fils d’/Efon , furent rois d’Iolcos, ville de la Thessalie :Jalon Sc son fils Pirithoiis , le rendirent maîtres dunepartie de cette contrée qui eut plusieurs petits rois en ce
tems-là , comme Achille , fils de Pélée , prince de la
Phthiotide, Euripile , qui poífédoit une partie de la Ma-gnésie , Protesilas » Philoctete & Phœmx , gouverneurd’Achille. Après cela les Theflaíiens fecouerenc, pour laplupart , le joug de leurs princes , ne firent qu’un seulcorps , Sc se gouvernèrent par une assemblé? solemnelle,qu’on appelloir Pylaïque. lis ne laistoient pas d’avoir en-core quelques rois du tems de la guerre de Péloponnése.Dans ce tems íharfalus, roi des Thessaliens , chafla O res-te , fils d’Echecratides, qui fut contraint de quitter la Thes-salie , pour fe retirer à Athènes. Vers ce même tems unepartie de la Thessalie étoit sous I» domination des Thra-ces , & ceux qui avoient conservé leur liberté , favori-.soient plus les Athéniens que les Lacédémoniens. Tandisqu’une partie de cette province vivoit ainsi libre, Jasonusurpa la ville de Phérès, Sc persuada aux Theflaíiens defe rendre maître de la Grece. 11 devint leur chef, 8 c en-suite leur seigneur Sc leur tyran. Cette puissance se nom-moit Tagon ou Tageie. Jason fut tué par ses frétés PolydorSc Polyphron, la troisième année de la cent deuxièmeolympiade. Après ce meurtre , Polyphron fe défie de Po-lydore , Sc régna seul une année : ensuite il fut empoisonnépar son frété Alexandre , qui régna douze ans , Sc fut plusméchant que les trois autres. Les Thessaliens , secourus parles Thébains, taillèrent ses troupes en pièces , sous la con-duite de Pélopidas, Sc Alexandre se vit obligé de rendreleurs villes, & de garder leulemcnt celle de Phérés. Il neput éviter les embûches que lui tendirent fa femme Thèbe,Sc ses stères Lycophron Sc Tysiphon, qui après fa moredevinrent tyrans. Les Alévades , qui étoienr les principauxnobles de Theflalie , envoyi rent prier Philippe, pere dugrand Alexandre, de les affranchir de ia tyrannie : il lesen. délivra dans la quatrième année de la cent cinquièmeolympiade ; & les eut toujours pour amis depuis ce tems.Ils l’affisterent lui. Sc son fils Alexandre dans toutes leursguerres. II est vrai que Philippe , lorsqu’il eut rendu la li-berté aux Thessaliens, fe les aflùjettit, Sc s’empara de leursmines. Alexandre le Grand fut aussi reconnu pour princede la même nation. La Thessalie , comme unie à la Macé-doine , eut la même fortune, & fut soumise avec elle parles Romains.
On donnoit communément le nom de cavalerie auxtroupes des Thessaliens, parce qu ils avoient d’excellenscavaliers. La Theflalie étoit si abondante en bons chevaux,qu elle mérita les épithètes íl^ntjioço; Sc eWitoí, On pré-tend même qu’on lui doit l’invention de les dompter. C’estpourquoi, dans les anciennes médailles, la Theflalie , Scparticulièrement Lariffe , fa capitale, ont pour symbole uncheval qui court ou qui paît. Le fameux Bucéphale étoicThessalien. Au reste,. les Thessaliens étoient naturellementperfides , Sc n ont jamais démenti leur caractère, une tra-hison s’appelloic vulgairement un rôtir de Theflaíiens ,Gtcnra a«v j Sc pour faufle monnoie , on difoit mon-
noie de Theflalie > ©£<ro-«xA Euripide dit, qu’Etéo-
cle, dans son commerce avec les Theflaíiens , avoir ap-pris la fourberie Sc la mauvaise soi. Quelques gens rap-portent l’origine de ces proverbes à l’inhdélité de Jason en-vers Médée. Si les Theflaíiens favoient si bien trahir , lesThessaliennes n’étoient pas moins habiles en magie , Quen'ai-je à mes gages une sorcière de Thejfalie , dit Srrepsiadedans Aristophane , & que ne puis-je par son moyen fairedescendre la lune en terre ì Et Horace , parlant d une sor-cière fameuse , dit :
Qua fìdera excantata voce Thejsalâ
Etmamque coelo deripit.
La