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dames. Ceux qui fonr embarquer de la foie pour Venise*nè payent aucun droit de sortie â Tine ; ils donnent cau-tion , & la caution paye si l’on découvre que la (oie ait étéconduite autre part ; la raison en est;, que cette marchan-dise payant l’entrée à Venise , elle payeroit deux fois furles certes de la république , si l’on en faisoic payer la sortieà Tine.
La forteresse de Tine est sur la roche dominante du pays,& où la nature a plus travaillé que l’art ; la garde en estconfiée à quatorze soldats mal vêtus. On y compte environquarante canons de bronze , 5c deux oU trois de fer. C’estle séjour dés plus honnêtes gens de Tille , quoiqu il n’y aitpas plus de cinq cents maiîons, que le vent du nord & lefroid, aussi âpre qu'à Paris, rendent fort incommodes. Lepalais du provéditeur est mal bâti. La grande humiditéque les brouillards 8c les crevasses des terres entretiennentdans cette sise , font cause qu’on n’y peut conserver aucunmeuble. Les jésuites y font assez bien logés ; mais leurêglifàst petite. Le íauxbourg, hors la forteresse, n’a qu’en-viron cent cinquante maisons, mats on a la liberté d’ensortir & d’y entrer quand on veut, au lieu que les portesde la forteresse se serinent de bonne-heure , & ne s’ouvrentque tard.
Outre !à forrereíïe de San-Nicolo , les principaux villa-ges de cette iíîc sont :
11 C atnpo, , il Perebadò , Loir a , Laz.aro , Peraflra , Cti-nii , Carcado , Cataclisma , Aitofolia , Mujîro - Mercato ,Micrado , Caria , Ftlip.ido , Comiado , Arnado , Pergado ,Ca^erado , Cuticado , S morde a , Coz.onaïa , Pripotamo ,Cigaladû , Agapi, Chilia , Oxatmria , qui contient cinqbourgades ; ( savoir , Pyrgos , Vacalado , Coz.onan , Ber~Mur d ado 8c Platià. ) Cijìernià , Carâiant , P if ado , Mondadû,V olacos , Fallatado , Mcjfi , Muofulu , Stigni, P ot ami a ,Cacro , Priandaro , Vota Cajteíti , Díocarea , Cicalada ,FcLvo corio , Croio , Monafterto.
Le provéditeur ne retire qu’environ deux mille écus déson gouvernement, accise le regarde-c on à Venise comme«n lieu de mortification : ce gouverneur a la dixième partiedes denrées ; de dix charges d’òrge , par exemple , on luien paye une : pour la foie , ceux qui en font embarquerpour autre part qije pour Venise ne payent que trois écus ,& trois quarts pour chaque centaine de livres, le provédi--teur n’a rien à voir fur ces droits.
L’évequc de Tine a trois cents écus de revenu fixe > &près de deux cents écus des émolumens de son église ; soncierge d ailleurs est illustre, & composé de plus de cent vingtprêtres. Les Grecs y ont bien deux cents papas , soumis àUn protopapas ; mais ils n’ont point dans Tisse d’évêque deleur rite, Sc même ils dépendent de l’évêque latin en plu-sieurs choses : un Grec ne fauroit être prêtre que cet évêquene Tait; fût examiner ; après que Taspirant a juré qifil ré-connoît le pape , & Téglife apostolique Sc romaine , l’évê-que latin lui fau donner son dimisioire , pourvu qu’il aitvingt cinq ans, ensuite il est sacré par un évêque grec ,^enu de quelqu’isse voisine , auquel il ne donrte que dix ouQouze écus pour son voyage ; le jour du sacre, 1 e nouveauprêtre donne trois livres de foie au provéditeur, autant à* eveque latin , & rin écu & demi au protopapas, qui lui anonne se n attestation de vie 8c de mœurs. Dans toutes lesJonctions ecclésiastiques le clergé latin a toujours le pas.Quand ses prêtres grecs entrent en corps dans les égliseslatines, ils se découvrent, suivant la coutume de* lâtins,& ne se découvrent pas dans leurs propres églises. Lorsque*? w esse se di t en présence des deux clergés , après que leoudiacre Latin a chanté 1’épitre , la seconde dignité duclergé, Grec la chante en grec ; Sc lorsque 1e diacre Latin achante Tévangile, la premiere dignité du clergé Grec , oue chef des prêtres , chante aussi Tévangile en grec. Danstoutes ses églises grecques de Tille , il y a un autel destinépour les prêtres Latins. On prêche dans les églises grecquesj Vec pseine liberté fur les matières contestées entre les
atins 8c les Grecs. Il n’y a dans ses églises latines que delm P‘ es chapelains amovibles au gré de Tévêque.
Les femmes des bourgeois & contadins, comme oríos/ C jf ns J e pays , font vêtues à la vénitienne ; les autresbahit approchant de celui des Candiotes,de te ) 06 E * a îeuse conquête qui soit restée aux Vénitiensp st Qtes celles qu’ils firent sous les empereurs Latins de1 an anUn °P' e ' André Gizi se rendit maître de Tine vers1 io /, ôc l a république en a toujours joui depuis. Peii
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sVn fallut qué Iserbe-Roiiíse, II du nom, dirChereddin ouCheriaden , capitan hacha, qui soumit en 153-7 presquetout TArchipel â Soliman II * ne s’emparât aussi de Tine;André Morosini assure que cette sise se rendit ían$ résistan-ce , mais que peu de ceins après * honteuse d’une pareillelâcheté , elle députa vers le provéditeur de Candie, de quielle reçut assez de secours pour se remettre fous la puis-sance de ses premiers maîtres. On raconte le fait autre-ment à Tine : on dit que Barbe Roulse , pressent extraor-dinairement la forteresse , obligea la garnison de battre lachamade, mais que la noblesse , voyant qu’il n’y ávoic queles habirans des villages d’Arnado , de Triandaro 8c DouiÇastelli disposés à capituler , vint fondre si brusquementfur les Turcs, qu’elle les força de lever le siège ; on ajoutemême que les soldats de la garnison dans leur furie , firentfauter du haut des remparts Tofficiec que le capitan hachaavoit envoyé pour régler les articles de la capitulation;Depuis ce terris , pour reprocher aux habitans de ces troisvillages leur lâcheté en cette occasion , ie premier jour demai le provéditeur , accompagné des contadins & des feu-dataires de la république, & suivi de la milice, avec Téten-dard de saint Marc, va tous les ans à cheval à Téglife desainte Vénérande , sor la montagne de Cecro * où Ton faitune grande décharge de mousqueterie, après avoir criétrois fois ; Vive saint Marc , ensuite Ton danse, & la fêiefinit par un repas. Les feudataires qui manquent de setrouver â cette cérémonie , payent un écu pour la premierefois, Se ils perdent leur fief à 1a troisième. Leunclave ;Suppkm. annal. Pure. assure qu’en 1 570 , Tempereur Sehmsit demander au sénat de Venise la restitution de Tisse deCypre , Si que sur son refus, Pialis, capitan hacha, fit unedescente a Tine, où il mit tout â feu & â sang. Morosini,hist. Vcnit. I. p & 1 x , dit que dans la même année les Turcsassiégèrent vigoureusement la forteresse de Tine ; qu’EvéMustapha mit á terre huit mille hommes des troupes de laflotte qu’il conduifoit à Chypre , & que cette descente fesit à la sollicitation pressente des Andriens , mais qu’elleéchoua , parce que le provéditeur Paruta avoit si bienpourvu â tout ? que ses Turcs , malgré leur diligence , fu-rent contraints de lever 1 e siège & de se retirer, après avoirbrûlé ses plus beaux villages de Tisse. Deux ans après, ilsla ravagèrent pour la troisième fois sous 1 e commandementdeCangi-Alis. * tìift. Venet. I. 5 .
Quoique ses Vénitiens n’ayent pas de troupes régléesdans cette isle, on y pourroit pourtant ramasser au premiersignal plus de cinq mille hommes ; chaque village entre-tient une compagnie de milice, à laquelle le prince fourniedes armes , Le que Ton fait exercer Sc passer en revue fortfouvenr. Dans ía derniere guerre, Mezomorto , capitarihacha , menaça Tisse de la mettre â feu & à sang , si on nclui payoit pas la capitation ; on répondit qu’il n’avoit qu’àvenir la recevoir, Sc lorsqu’il parut avec les galères , leprovéditeur Moro , bon homme de guerre, fit sortir milleou douze cents hommes des retranchemens de la marine àSan Nicolo. Çes troupes repouíserent ses Turcs , & le ca-pitad hacha fit retirer ses galères.
Du haut de la forteresse de Tine on découvre facilementles ifles voisines.
Joura reste à Touest.
Syra au fud-ouest;
Andros encre le nord-òUeíi & 1e nord-nord-oUesu
Paros au sud.
Delos entre se sod-fud-est & le sed-
Scio entre 1e nord-est & le nord-nord-est»
Le cap Carabouron au nord-est.
Scala Nova à Test-nord-est.
Samos entre Test & Test-nord est;
Nicaria à Test.
Fourni à Test-sud-cst;
Mycone au sud-est.
Amorgo entre le sud-est & le sud-sud-est;
Naxie entre lè sud-est Sc le sud.
1 . TING, montagne de ía Chine , dans Ía ptòvínce deQuangtung ; au territoire de Chaoking, sixième métropolede la province , 8c au nord de cette ville. On dit qu’il y asor certe montagne une pierre haute de deux cents perches.* Atlas Sinenfis.
i. TING , ville de la Chine * avec fortereííe * dans la