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TLASCALA. Voyez Tlaxcall an , n°. I & x.
i. TLAXCALLAN ou Tlascala , ( a ) gouvernementde l’Amérique septentrionale, dans la nouvelle Espagne , Scdans l’audience de Mexico. Ce gouvernement, qui s etenddune mer àl'autre, est borné au nord oriental par le golfedu Mexique , au midi par le gouvernement de Guaxaca &par la mer du Sud , Sc au couchant par le gouvernement deMexico. Le Tlaxcallan avoit anciennement cinquante lieuesd’étendue, Se sa ville principale étoit bâtie ( b ) dans un lieuextrêmement fort, environ à vingt degrés au nord de la li-gne , dans une montagne entrecoupée de rochers, doit elletut nommée Texcallan , qu’on changea depuis en Tlas-cala , qui signifie lieu de pain , à cause de la fertilité dupays & de la quantité de vivres, que les collines exposées ausoleil & les vallées humides fournifloient. 11 y avoit dans cesvallées une bourgade nommée Ocotelulco , où les Espagnolss’étoient placés au commencement, afin de pouvoir êtreplus aisément défendus de Maxicatzin , leur ami, qui com-mandoit à tout le pays ; mais quand ils se virent en repos,ils descendirent aux bords de la riviere de Zahuatle , pourêtre plus à portée d instruire les naturels des principes de lareligion chrétienne. ( a ) De l'JJle , Atlas. ( b ) De Laet ,Descr. des Indes occid. 1 . 5, c. t6.
Les naturels du pays vivoient anciennement épars, oudans quelques maisons entrecoupées de sentiers étroits &tortus. La plupart de ces maisons étoient faites de gazons,quelques-unes de bois, & peu de pierres ; mais routesavoient de fort grandes chambres. Aujourd’hui ils imitentla maniéré de bâtir des Espagnols : ils n (oient du langagemexicain Sc de celui des Otomis, pat ce qu ils avoient prisce peuple fous leur sauvegarde , après qu’il eut secoué lejoug des Mexicains.
Quoique ce climat soit si chaux qtt’on puistè y aller nud ,le côté du nord est cependant un peu froid. Quoiqu’il n’aitpas plus de quatre lieues de largeur & dix de longueur, ilest lì fertile qu il suffit non-seulement aux habitans, maisausli à leurs voisins. Cet espace de pays s’étend de Test àl’ouest , Sc est peuplé de plusieurs bourgades. Vers le nord ilest couvert de hautes montagnes continues, qui rasent les li-mites de cette province presque par-rour. Les Espagnols lesnomment Cordillère , Sc il n’y en a point de plus hautesdans toute la nouvelle Espagne.On prétend quelles traver-sent presque tout le nouveau monde ; elles ont à peu prèshuit lieues de largeur, Sc font si droites qu’on ne les peuthabiter en plusieurs endroits. Ces montagnes qui divisent lepays en régions chaudes Sc en tempérées, & après lesquelleson descend insensiblement dans une plaine qui s’étend jus-qu’an golfe du Mexique , font couvertes d’arbres de touscôtés , Sc nourriílent des lions, des tigres, des loups, deschiens sauvages , des serpens, des vipères, des bœufs Scdes vaches, que les Espagnols y ont menées, & qui, à lafin , font devenues sauvages. On voit austì dans ces monta-gnes un nombre infini d’oiscaux , qui tirent vers le nord parbandes en certaine saison de Tannée. Il n’y a point de douteque la terre n’y couvre des naines d’argent : on y trouvecommunément divers autres métaux. Les arbres qui crois-sent fur ces montagnes, font des pins, des chênes de diver-ses fortes, & des arbres qui rendent le copal Sc le liquidam.bar. On y recueille en divers endroits de la manne, maisd’un mauvais goût, Sc qui n’est pas propre a purger. Il y adans ces montagnes un grand nombre de bourgades fortagréables, Sc dont les habitans ne manquent d’aucune deschoses nécessaires à la vie. Vans la province de Tlascala ,ces montagnes font environnées de beaux coteaux, cou-verts jusqu’au sommet de hauts Sc gros arbres. A les regar-der de loin on les croiroit teints dune couleur bleue ; ce quifait que les Espagnols les nomment las f aidas Adules. Ils ontdix-huic lieues de circuit. De ces montagnes descendent tousles torrens de la province , & d en fort austì diverses fontai-nes dont les eaux font fort saines.
Les principaux lieux de cette province font :
f Tuspa,
\ Ilanosd’Almeria,
Sur le golfe du j Torre Blanco,
Mexique 4 y Villa Rìca,
La Vera-Cru x,(apitale,
Medellin.
TLA 947
f Tlascala,
Dans les terres, ) A " SeleS ou la Po " tble -
y ^VtUclpp3, y
( Pérora.
i. TLAXCALLAN ou Tlascala, ville de TAraéri-que septentrionale, dans la nouvelle Espagne , dans legouvernement auquel elle donne son nom. Voyez Tarticleprécédent. Elie est située sur le bord d’une riviere, qui »sortant de la montagne appelléc Atlancapétec, arroíè laplus grande partie de la province, Sc va se rendre dans lamer du Sud par Zacatullan. Il y avoit dans la ville de Tlax-callan quatre belles rues qu’on appelloit Tepeiiepac , Ocote-lulco , Tizatlan , Quiahuiztlan. La premiere est limée lur uncoteau, environ â une demi - lieue de la riviere ; & ce futlà que commença le premier établislement qui fut fait fur unheu élevé á cause des guerres , Sc c’est ce qui ocasionna Janom de Tepeiiepac , qui veut dire une montagne ou un co-teau.* Thomas Gâge , Relation des Indes occidentales, r, 1,P- 96.
La seconde est sur le côté de la montagne > vers la riviere.Cette rue étoit autrefois fort belle , Sc la plus habitée detoute la ville , & où étoit la place du principal marché Sc lamaiíonoìì demeuroit Maxixca, On la nomma Ocotelulco ,qui signifie un plant de pommes de pin, parce qu’il y avoitbeaucoup de pins dans cet endroit.La troisième rue éroit furle bord de la riviere ; Xtcotencalt, générahstì.ne de toutesles troupes de la république y demeuroit. Elle s’appelloitQuiahuizjlan , à cause des eaux salées qui y étoient ; maisdepuis que les Espagnols sont venus, tous ces bârimens ontété changés, embellis & bâtis de pierres. La maison de villeSc quelques autres édifices publics sont bâtis dans la plai-ne , fur le bord de la riviere , â peu près comme ceux deVenise. Il y a plusieurs places où se tiennent les marchés ;mais la plus considérable & celle où est le plus grand abord,est dans la rue d Ocotelulco , qui étoit si fameuse autrefois,qu’on y voyoit venir vingt mille personnes dans un jourpour acheter & vendre en troquant une chose pour une au-tre ; car ils n'a voient point listage de Targenr monnoyé. Larue de Tijutlan est austì fort habitée. Dans celle à'Ocotclul -co , il y a un couvent de religieux de saint François, quisont les prédicateurs de la ville ; ils ont une fort belle églisequi joint leur couvent. De cette église dépendent environcinquante Indiens , qui sont tous chantres, organistes ,joueurs d’instrumens. Dans les rues de Tepctiepuc Sc deQuiahuizjlan , il n’y a que deux chaptl.es où les jours de di-manche Sc les jours de tète, les religieux de S. Françoisvont dire la meilè.
La ville de Tlaxcallan étoit autrefois gouvernée par lesplus nobles Sc par les plus riches habitans. Le gouvernementd’un feu! leur' paroisioit tyrannique , & delà naiísoit leurhaine pour Montezuma. En temsde guerre ils avoient qua-rte capitaines qui gouvernoient chacun une rue ; ils choisis-soient entre ces quatre celui qui devoir être leur généralissi-me , & celui-ci avoit encore fous lui d’autres gentilshom-mes , mais en petit nombre ; ils étoient sous capitaines. Ilsfaisoient porter leur étendard â la queue de l’arm.ée ; maisquand il étoit question de donner bataille , ils le plaçoientdans un lieu où il pût être vu de toute Tannée , & celui quine se rendoit pas incontinent fous son officier, ecoit con-damné á une amende. Sur cet étendard il y avoir deux flé-chés qu’ils révéroìent comme des reliques de leurs ancêtres.Deux vieux (oldats braves Sc du nombre des anciens capitai-nes , étoient chargés de le porter ; ils obsorvoient en cela uneespèce de superstition. Pour connoitre si le succès du com-bat leur seroit heureux ou malheureux, ils ttroient une deces fléchés contre le premier des ennemis qu ils rencon-troient, & si la fléché le tuoit ou le blestoit, sts so tenoientassiirés de la victoire ; au contraire, ils íe croyoient vaincussi l’ennemi n’étoit ni tué ni bleste.
La province ou la seigneurie de Tlaxcallan avoit dans fadépendance vingt huit bourgades , qui renfermoient centcinquante mille chets de famille. Eeur dieu principal étoitCamaxtlo ou Mixcoualt , dont le temple ttoir dans la rue^Ocotelulco , & ou lui (acrifiost au moins hun cents person-nes tous les ans. Comme ils étoient fort portés i l’yvrogne-rie, ils avoient aussi pour le vin un dieu qu’ils nommoienrOmetochtli. Le dieu de seau étoit appelle Metalcucie , d unemontagne ronde de ce nom, située à deux lieues de la ville,de six mille pas de hauteur , de cent quarante mille de cir-Tomes. DDddddij