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Tkimbiis. Les abbés réguliers d u mont Saint-Michel avoientfait construire íur le sommet du rocher de Tombeiaine unebelle chapelle, accompagnée de lieux réguliers, avec unjardin , des citernes de les autres choies ncceílaices pourune communauté de dix ou douze religieux qu’ils y entrece-noienc fous un prévôt ou prieur. On fit fortifier ce même ro-cher pendant les guerres des François contre les Anglois,fous les rois Charles V &c Charles VI. Les ouvrages qu’ony avoir faits en ce teins là ont été détruits par les ordres deLouis le Grand, & ena uni le monastère an monr ò'ainr-Michel.
TOMBT, ville d’Afrique, dans la haute Guinée , fur larive droite de laMava ou Mafia, près du lac de Istiroge.C’étoic autrefois la capitale du pays des Veis, aujourd’huielle dépend du royaume de Quoja. * Cite de Guinée farM. Belltn.
TOMBUT, royaume d’Afrique , dans la Nigritie , tra-versé en grande partie par le Niger, & borné au nord parles royaumes de Chinqtiële & de Goubour, à l’orient parceux de Gaby & dTaourry , au midi par ia Guinée , & àl’occident, partie par le pays de Jarra-Saracole, partie parcelui des Mandingues. Voici ce qu’en rapporte Jean Léondans ía description d’Afrique , traduction de 15 56 , /. 7 ,f. 314. Je me contenterai d’ajouter à la fin les nouvellesconnoífiances qui nous ont été données par les nouvellesrelations de ce pays. * De l’IJle , Atlas. Voici donc ce que«lifoitjean Léon.
Ce nom ( deTombut) a été donné à ce royaume par desmodernes, â cause d’une cité qui fut édifiée par un roi nom-mé Mcnfe Suieiman , en l’an de l'hégire (ix cent Sc dix ,proche un bras du fleuve Niger d’environ douze milles. Lesmaisons en son r de torcis plâtrées Sc couvertes de paille; ily a un temple de pierres éexhaux , & un lomptueux palaisdans lequel loge le roi. La structure en est fort belle. Laciré est bien garnie de boutiques, de marchands &artisans, & de tisseurs de toiles de coton. Les mar-chands dc Barbarie y transportent plusieurs draps d’Eu-rope. Les femmes vont ordinairement le visage couvert,hors les esclaves qui vendent toutes les choses de bouche.Les habitans font fort opulens, principalement les étran-gers y dont deux qui croient frétés, épousèrent les deuxfilles du roi. En cette cité il y a plusieurs puits d’eau dou-ce ; combien qu’au débord du Niger elle s’écoule par cer-tains can aïs tout au plus près de la cité qui est abondante engrains & bétail ; au moyen de quoi leur beurre est fortcommun ; mais le sel rare Sc chere, parce qu’il s’apporte deTegaza, distante de cinq milles de Tombut. Le roi estfort opulent en platines & verges d’or, dont les aucunesfont du pois de mille trois cents livres, & tient une cour bienordonnée & magnifique. Quand il lui vient envie de s’allerchaire d’une cite à autre , accompagné de íès courtisans,il chevauche des chameaux, & les estafiers meneur les che-vaux en main ; mais en cas qu’il s’achemine en quelqueaílembìée de guerre , on attache les chameaux Sc montentlors tous les soldats fur les chevaux. Ceux qui ne feirent ja-mais la révérence au roi, & qui ont quelque ambastàde à luifaire, mettent les gencuils en terre ; puis prenant de la pous-sière , répandent fur leur tête, & le saluent en cette sorte-îà. Il rient environ trois mille chevaux , Sc une grande fan-terie usant de certains arcs , qui font faits de bâtons de fe-nouil sauvage, avec lesquels ils décochent fort dextrementdes flèches envenimees. Outre cela, il a coutume de mou-voir guerre contre fes ennemies prochains, Sc contre tousceux qui refusent de lui rendre tribut retant par lui surmon-tés , il les fait vendre à Tombut, jusqu aux petits enfans.En ce pays ne naillent nuls chevaux , tors aucunes petiteshaquenées, que les marchands ont coutume de chevaucherallans parle pays , & aucuns courtisans parmi la cité, maisles bons chevaux qui s’y trouvent, viennent de Barbarie ,qui ne font pas plutôt arrivés avec la caravanne, que leroi envoie savoir & mettre par écrit le nombre d’iceux , &en cas qu’ils excèdent le nombre de douze , il retient ce-lui qui lui semble le meilleur & de plus belle taille, en payantce qu’il est raisonnablement estimé. Ce roi-ci est mortel en-nemi ries Juifs, que nc les endureroit pour rien du mondemettre le pied dans fa cité ; & s’il éroit averti que les mar-chands de Barbarie eustènt la moindre familiarité qui soit,ou qu’ils trafiquassent avec eux , il feroit incontinent confis-quer leurs biens. Il porte grand honneur à ceux qui fontprofession des lettres, Sc pour ce regard on apporte dans
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cette cité des livres écrits à la main qui viennent de Barba-rie , lesquels fe vendent fort bien ; tellement qu’on en retireplus grand profit que de queiqu’aurre marchandise qu’onsache vendre. Il y a plusieurs prêtres Sí docteurs qui (onttous allez raisonnablement par le roi salariés ; & en lieu demonnoie les habitans de ce lieu ont accoutumé d’employerquelques pièces de pur Sc fin or ; & aux choses de petite ,conséquence emploient de petites conques ou coquillesqui font apportées de Perle , dont les quatre cents fout leducat des leurs ; auquel entrent six ou deux tiers pour unedes onces romaines. Les habitans de cette cité font tous deplaisante nature , & le plus souvent s’en vont le soir jusqu’àune heure de nuit dansons parmi la cité. Les citoyens (e fer-vent de plusieurs esclaves d’un & autre sexe. Cette cité estfort sujette au feu ; 8c à la seconde fois que je tn’y retrouvai,je la veys embraser en moins de cinq heures. II n’y a au-cun jardin ni lieu produisant fruits.
Cabra , ajoute Jean Léon , est une grande cité en formede village au royaume de Tombut, fans qu elle soit autre-ment ceinte de murailles. Elle est prochaine de Tombutpar l’espace de douze milles fur le fleuve Niger ; là oùs'embarquent les marchands pour naviger à G binée Sc Melli',ne différant en rien quant aux habitans & habitations, àla cité susnommée. 11 y a diveríes nations de Noirs, parceque là est le port, auquel iis viennent aborder avec leursbarquettes de plusieurs lieux. Le roi de Tombut y envoyéun hen lieutenant, tant pour faire droit à un chacun,comme pour fe soulager, Sc n’avoir la peine de faire centdouze milles par terre , Sc du tems que je y sus , il y enavoir un patent du roi nommé Abu-Bacr, Sc en son sur-nom Pargamo ,, homme noir tant que rien plus ; mais d’ungrand esprit, très-justc Sc raisonnable. Les habitans sontsujets à plusieurs maladies, pour cause rie la qualité desviandes ; comme poisson , beurre , lait & chair tout mêléensemble. De cette cité vient la- plus grande partie des vi-vres qui font transportés à Tombut.
Le pere Labat, nouvelle relation d'Afrique, t.}, p. 661& fitiv. rapporte que le sieur Brue ayant interrogé des mar-chands fur la situation du royaume de Tombut ou Ton-bouctou, où ils avoient fait divers voyages, ils lui direntque la ville de ce nom n’étoit point fur le Niger, mais dansles terres ; que pour y aller ils fuivoient le côté méridionaldu fleuve pendant plusieurs journées, & que depuis Cai-gnou , dernier village , où la rivière eH navigable , il y acinq journées jusqu’à Jaga ; de Jaga à Baiogné une' jour-née, de Baiogné à Congourou une journée ; de Congourouà Sabaa une journée ; de Sabaa â Boramaja deux journées ;de Boramaja à Gouri une journée ; de Gouri à Galama unejournée ; de Galama à Timbi quinze journées ; que là onquictoic le bord de la rivière, Sc qu’en continuant fa mar-che à l'est-fud-est, on arrivoit en cinq journées àTonbouc-rou. Ils l’affurerenc qu’on voyoit là tous les ans une grandecaravanne de blancs , qui avoient des armes à ftu, qui ap-portoient quantité de marchandises, Sc en rappottoiencd’autres , Sc particulièrement de 1 or. Ce sont, selon les ap-parences , des Maures de îa côte de Barbarie. Les trente-ckuxjournées de marche , estimées à dix lieues chacune , fourtrois cents vingt lieues , qu’on peut compter depuis le ro-cher Félon jusqu’à cette ville si riche.
Le sieur Brue étant à Tripoli de Barbarie, a vu plusieursfois des caravannes qui partoient de cette ville pour aller enun pays vers le sud, qu on disoit être le royaume de Faison,Faisan ou Faisoon , Faizzan , qui est fans contredit Fafanearegio , connue des anciens. Ces gensemployoient cinquantejours de marche pour s’y rendre. Nous avons de bonnes rai:sons pour croire que ces caravannes alloienc plutôt á Tom-but qu’à Faison ; car dc Tripoli à Faison , il n’y a que centou cent vingt lieues , ce qui ne demande pas cinquantejournées de marche ; d’ailleurs les Mandingues qui ont étéà Tombut, disent qu’outre l’or que l’on tire du pays, on yen apporte encore du royaume de Zanfara , Sc que cesmarchands employent cinquante jours de marche pour s’yrendre : ce rems ne feroit pas nécessaire, pour aller de Zan-fara á Faison, puisqu’il n’y a pas deux cents lieues de l’un àl’autre. Il faut donc que les caravannes de Tripoli aillent àTombut. Il y a quatre cents cinquante lieues ou environ en-tre ces deux villes ; voilà de quoi employer cinquante joursde marche. Les marchands de Zanfara employeur !e mêmenombre de journées pour s’y rendre, parce qu’ils sont àpeu près dans le même éloignement, Sc il est très-probable
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