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que les barques matées que les marchands Mandingues ontvues íur le Niger, à quelques lieues de Tombut, font cellesqui ont porté les Tripolins depuis fend toit où ils ont jointce fleuve , jusqu’au plus voisin de Tombut, qui, félon l’o-pinion des géographes, n’est éloigné que de six lieues. Cequi oblige les marchands Mandingues à quitter le bord duNiger à Tirnbi, cest que ce fleuve fait un grand arc de cer-cle vers le nord , qui allongeroit beaucoup le voyage s’ilscroient obligés d’en suivre le contour. Ils abrègent leur che-min en quittant le voisinage du fleuve. Les caravannes deTripoli font pour fordinaire de mille hommes ou environ.Elles font cinquante jours en marche ; mais dans ce nombreil ne faut pas comprendre ceux qu’iis séjournent dans leslieux où seau 8c le fourrage leur donnent la commodité dese rafraîchir, 8c de faire reposer leurs chevaux 8 c leurs cha-meaux. Ils portent aux Nègres de Tombut des draps ou ser-ges bleues , vertes, violettes , jaunes 8c rouges ; mais beau-coup plus de cette derniere couleur que des autres ; ils enportent ordinairement pour vingt mille écus, pour autant detoutes fortes de verroteries qu on leur apporte de Venise &autres lieux de l’Europe. Du corail travaillé de différentesfaçons pour douze mille écus, 8 c pour dix mille écus depapier , de ballìns de cuivre 8c autre chose de cette nature ;de maniéré que le fonds de leur commerce est de soixante-deux mille écus. Ils en rapportent trois mille quintaux dedattes qu’ils vendent chez eux deux écus le quintal. Douzecents quintaux de léné qu’ils vendent quinze écus le quintal.Des plumes d’autruches, pour quinze mille écus. Huit centsou mille es cla ves, & mille marcs d’or. Ce dernier article seulmonte à cent mille écus. Ces cinq articles font ensemblecent soixante & dix-neuf mille écus , desquels si on en ôtesoixante & deux mille , il reste un profit de cent dix septmille écus, qu’ils font en moins de cinq mois, & cela lurdes marchandises que nous pouvons avoir à meilleur comptequ’eux , & íur lesquelles par conséquent nous pouvonsfaire un profit encore plus considérable. Il est constant quele royaume de Tombut produit de l’or en quantité ; maisony en apporte des pays de Gago , de Zanfara , ou des envi-rons ; ce qui fait que cette ville , déja très-riche par elle-meme , devient encore plus considérable par le commercequi s’y fait de presque tous les endroits de l’Afrique. Lepays est abondant en tcut ce qui est nécessaire à la vie, lemil, !e riz , & les autres grains y viennent en perfection.Les bestiaux de toute espèce y font nés-communs, on y apresque pour rien des fruits de toute espèce. On y trouvedes palmiers de toutes fortes ; en un mot, ce pays n’auroicrien á souhaiter s’il avoir du sel, qui y est rare 8c très-cher,parce qu'il vient de loin. Ce four les Mandingues qui leurcn portent, après qu'eux mêmes l’ont acheté des Européensou des Maures. Cest dommage que ce pays ne nous soitmieux connu : mais la compagnie a des établillémensà Ca-lam, où il est aisé de pratiquer les marchands Mandinguesqui y vont > & les engager d’y conduire quelques-uns deses commis avec eux ; mais il faudroit pour cela que ce fus-sent des gens sages,fidèles, habiles, 8c expérimentés dansle commerce, qui fuflenr lever le. pian d’une ville & d’unPays, en prendre la hauteur ; qui enflent quelques connois-íances de la médecine , de la botanique & de la chirurgie ,afin de s’introduire par ces sciences chez ces peuples. Ilfaudroit encore qu’ils fuflent la langue arabe & la mandin-8 ue, & qu’on leur fit des conditions aflez avantageusespour les engager à cette entreprise , qui, selon les appa-rences , nc manquera ni de difficultés ni de périls, & qu’onles assurât d’une récompense proportionnée à leur travail,fjat ce moyen on auroit bientôt une connoiflance parfaite‘lece pays, & peut-être de tout l’intérieur de l’Afrique ,dont tous ceux qui en ont parlé ne nous ont débité queoes conjectures la plupart très-mal fondées. On pourroitrnerne faire un établissement au-dessus du rocher de Govì-n a,& y tenir j es bâtimens, dont on fe ferviroit pour re-monter le Niger jusques vis à-vis de Tombut, 8c s’épar-gner ainsi plus des trois quarts de la dépense & des fatiguesil y a, en faisant le voyage par terre. Par ce moyen on^ cteroir fur les lieux à un prix fort modique l’or, l’y voire^ Ie .s captifs que les Mandingues nous amenent, & onprív U tOUC H'osit qu’ils font fur nos marchandises , & on£rand° ÌC * C - atKres Européens, nos concurrens, de la plusc e Partie des marchandises 8c des esclaves qu’ils tirentIon-/ ? a ^.Par le moyen du commerce qu’ils font danset abhíremens de la rivière de Gambie. Selon de
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l’iûe, carte de l'Afrique en 1721 , le royaume de Tombacrenferme plusieurs villes 8c quelques petits royaumes quiprennent les noms de leurs capitales. Voici celles donc ildonne les noms.
Tombut,
Cabra,
Cachine,
Gaby , royaume,Pou fa,
Cormachy,Bourgou,
Quequia,
Cormaya, royaume,Teloué, royaume ,Collega,
Caffaba, royaume,Gingiro, royaume.
TOME CARTLE , forteresse d’Irlande, dans la pro-vince d’Ulster , au comté de Londonderry, fur le kcLough Neagh : elle est à vingt-six milles à l’estde Cumber.
TOMEPENDA , village de l’Amérique méridionaleau Pérou, dans l’audience de Quito , fur la droite de lariviere de Chinchipé , deux lieues au-deíïòus de Jaen, auconfluent du Chinchipé 8c du Chachapoyo$ , avec le Ma-ragnon. Cest la résidence ordinaire du gouverneur deJaen. * Voyage de M. de là Condamine , latitude méridio-
nal
e 5 d 30 '.
TÒMEROS, fleuve de la Carmanie , selon Arrien, inIndie. n°. 24. Voyez Tonderos.
TOMES. Voyez Tomi.
TOMEZ, petic peuple de l’Amérique septentrionale,dans la Louisiane , situé au confluent des deux rivières deChicachas ou Mobile, & des Alibamous, où elles for-ment la grande 8 c profonde baie de la Mobile.
TOMI, ville de la balle Mœsie, vers l’embouchure duDanube, près du Pont-Euxin, Pomponius Mêla , /. z ,c. 2 , Ptolomée, /. 3 , c. 10 , Pline, l 3 ,c. 11, 8 c AmmienMarcellin, L 22 , c. 19 , ecrivent Tomi , au nominatifplurier. Strabon dit dans un endroit , /. 7 , p, 319 ,To.\nsau singulier, & Tom^îa dans un antre, /. 7 , p. 318.Etienne le géographe lit Tomeus ; 8 c íur une médaille deCaracalU , on trouve cette inscription, tpoii. noNTorTOMEac. Ovide, dont quelques exemplaires portencTomis , d’autres Tomos 8c d’aucres Tomi , a donné l’ori-gine du nom de cette ville dans son troisième livre desTristes, Eleg. 9 : en voici la traduction.
Qui croiroic qu’il y a aussi des villes grecques dans cesquartiers, au milieu des noms de la barbarie la plus in-humaine ì Une colonie de Milésiens fut autrefois envoyéeici ; 8 c des Grecs établirent leur demeure parmi les Gétes.II est certain du moins que le nom est ancien , 8 c qu’avantque la ville fût bâtie, le lieu où elle avoit été , fut ainsiappelle du meurtre d’Abfyrte : car òn dit que l’impie Mé-dée , fuyant son pere, vinc aborder fur ces bords avec levaisseau que lui avoir fait la guerriere Minerve , 8 c qui siiCle premier qui courut fur les eaux. D’abord que celui quiavoit été mis en sentinelle fur une éminence, vit venir deloin le pere de Médée : Je découvre , dit-il à ses hôtes »des voiles de Colchos. Tandis qu’à ces mots les Argonau-tes tombent dans beffroi , qu’on délie les amarres du vais-seau , 8 c qu’on s’empreflè à lever les ancres ; la princesiède Colchos , dont la main avoit déja commis divers cri-mes, 8 c qui étoir à la veille d’en commettre encore d au-tres , demeuroit en proie aux remors de fa conscience, 6cla pâleur paroiflòit répandue fur son visage étonne , quoi-que son esprit ne perdît rien de son audace extreme.Quandelle vir donc approcher le vaisseau de ion pere : Noussommes pris, dit-elle, si nous ne trouvons quelque expé-dient pour l’artêter ; 8 c comme elle en cherche un, fetournant de côté & d’autre , le Iiazard voulut qu’elle jettâcles yeux fur son frété. Elle n’euc pas plutôt attaché fes re-gards íur lui, qu’elle dir : Nous voilà hors d’astaire; lamort de celui-ci fera mon salut. En même tems elleplonge une épée dans le sein oe cet innocent, qui igno-rent ion dessein , 6c ne s attendoit a rien de pareil : elle lemet en pièces, feme les morceaux dans divers endroi's dela campagne, afin qu il fallût plus de tems pour les rassem-bler ; 8 c pour que son pere en eût connoiflance, elle metfur le haut d’un rocher qui fe trouvoit au paflage , lesmains livides de son frété , & fa tête toute sanglante. Ellecherchoit a arreter son pere par ce nouveau sujet de deuil,& á retarder sa poursuite par le tems qu’il employeroità rassembler les membres dispersés de son fils. C’est de-làque ce lieu fut appellé Tomes * parce qu’on veut que CSTerne F- FF’ffff