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Tortofe est environ six milles dans la rivière fur la droite.Environ cinq milles vers le nord de Fembotichnre de cettetiviere il y a une grosse tour ronde, située fur le bord de lamer ; entre la rivière 8c cette tour il y en a deux autres,mais plus petites. Depuis l’entrée de la riviere de Tortofejusqu’à la pointe de Salo, la route est au nord est > environtrente-fept milles entre les deux il y a un grand enfoncement& un bas terrein où l'on voit plusieurs villes , villages &tours de garde, & dans la plupart de ces côtes il y a des pla-ges de fable; mais avançant dans les terres il y a de hautesmontagnes.
2. TORTOSE, petite ville d’Espagne , dans la nouvelleCastille fur le Henarès, audeslûs de Guadalajara. 11 ne fautpas confondre cette ville avec celle .de Tortofe en Cata-logne.
3. TORTOSE ou Tortousse, ville de Syrie, autrefoisépiscopale, & aujourd’hui presque toute ruinée, en latinTortosa , & anciennement du tems du royaume de Jéru-salem Antaradus & Orthosi a. Elle est située fur la co-te , à neuf milles.de Tripoli vers le nord. Ses murailles , bâ-ties de grofles pierres, font encore entieres en quelquesendroits, & accompagnées d’espace en espace de plusieurstours carrées. A une petite distance de la ville on voit unegrande église, qu’on.dit avoir été bâtie par sainte Marthe.Elle a douze piliers de chaque côté , & de grandes voûtespar-deílbus qui conduisent à des lieux fouterreins. Cette belleéglise ne sert à présent qu’à retirer des bœufs 8c des bufflesqui font en grande quantité dans ce pays, & qui font leprincipal revenu du bachade Tripoli. DeTortousleá Tri-poli il n’y a rien de remarquable que quatre grands pontsfur lesquels on passe , 8c un très-grand bois d’oliviers qui aplus de deux lieues de longueur. * Lucas , Voyage au Le-
vant , t. 1 , c. 19.
5.TORTOSE ou Tortousse, isle fur la côte de la Sy-rie , vis-à-vis la ville de Tortofe ,avec une fortereíse. Voicide quelle maniéré Paul Lucas parle de l’iíle 8c de lafortereíse. Vis-à-vis de Tortouíïc est une petite iíle, d’unquart de lieue de tour : il y a une fortereíse aísez belle. Elleest dune forme carrée , & bâtie fur la roche. On y voitplusieurs tours carrées avec plusieurs pièces de canons debronze , dont quelques-unes ont les armes de France , d’au-tres celles de Venise, 8c ainsi des autres ; ce qui fait connoî-tre qu’ils ont été pris fur les chrétiens. On remarque quecette petite ville a eu autrefois quelques édifices considéra-bles : car on y voit des pierres les unes fur Jes autres d’uneprodigieuse grandeur. Il y en a qui ont plus de trente piedsde long, fur dix de large à chaque face. Quoique cette islesoit petite, il ne Iaiíse pas d’y avoir une source d’eau doucequi en fourniroit à toute une armée. Vers la fin du derniersiécle , les corsaires y aboient faire de l’eau, & s’y tenoienten croisière pour y surprendre les bâtimens des Turcs ; c’estce qui a fait que ces derniers y ont^iâti cette fortereíse, quiest éloignée de terre ferme d’environ six milles, & elle portele nomde Tortouíse, à cause quelle est vis-à-vis de la ville dece nom, à présent ruinée. Il y a cinquante hommes de gar-nison , ordinairement peu de munitions. On trouve dansliste plusieurs figuiers & quelques oliviers. * Lucas , Voyageau Levant, t*i , c. 18.
/. TORTUE , ( isle de la ) isle de l’Amérique septen-trionale , 8c lune des Antilles, au nord de Piste de Saint-Domingue , dont elle n’est éloignée que de deux petiteslieues. Elle en a environ six de longueur , est 8c ouest , 8cdeux dans fa plus grande largeur, nord 8c sud.
Le nombre des chalseurs ou boucaniers François s’étantbeaucoup augmenté, quelques-uns scretirerent dans l’isle dea Tortue., pour y être â l’abri contre les poursuites des Es-pagnols , & pour y mettre leurs magasins en fureté. Plusieurs« entre eux se mirent à défricher cette isle, y planterent.durabac , q u j f ut trouv é si bon , qu’ils en firent un très-grandtrafic , ce qui fit augmenter le nombre de ces boucaniers auEo>nt que ses Espagnols commencerent à les craindre, 8c sesc asserent entierement de la Grande Terre, ( c’est ainsi2 ? on nomme Saint-Domingue par rapport à l’isle de laortue ) ; & l’amiral de l’armée navale d’Espagne eut ordreE et tuire cette retraite des boucaniers , ce qu’il exécutav I(î 3 S. Plusieursse retirerent dans des lieux de difficile' k lorsque ses Espagnols , après avoir fait 1 e dégât-, - out ou ils pufent pénétrer, fe furent retirés, ceux quileu ° ICnt auy ós passcrent à la Grande Terre , chercherentrs compagu oas , ôc s’étant rassemblés au nombre de trois
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cents, ils retournèrent à la Tortue, où ils choisirent pourleur chef un Anglois, qui faifoit depuis long tems le métierde boucanier , 6c cn qui ils avoient remarqué de la prir-dence 6c de la valeur.
Cependant le commandeur de Poincy qui étoit arrivé àSaint-Christophle au mois de février 1639 , avec la qualitéde lieutenant général de toutes les isles de l’Amérique , futaverti de tout ce qui fe pasloit à la Tortue ; il proposa ausieur se Valseur, homme d’esprit,entreprenant 6c fort bra-ve, de lui donner 1 e gouvernement de ia Tortue ; celui- ciaccepta l’ossre, 6c partit auffi-tôt de Saint-Christophle :il arriva au port Margot dans Fille Saint-Domingue, éloi-gné d’environ sept lieues de la Tortue; il amasla en cet en-droit soixante boucaniers François qu’il joignit aux quarante-cinq ou cinquante hommes qu’il avoir amenés avec lui deSaìnt-Christophle. En cet état il alla mouiller à la Tortue,& envoya dire à F Anglois nommé Willis qui y comman-doit, qu’il eût à sortir fur le champ de Fille avec ceux de fanation , ou qu’il alloit venger fur eux la mort de quelqueFrançois qu’ils avoient assassinés. Les Anglois tout conster-nés prirent 1e parti de s’embarquer aussi tôt, 6c ses lais-sèrent en possession de l’isle. Le sieur le Valseur ayant pré-senté la commission qu’il avoir de M. de Poincy, fut reconnupour gouverneur , 6c s’appliqua auffi-tôt à construire unefortereíse, qui 1e mit, lui, les habitans 6c leurs biens horsd’infulre, 6c en état de résister aux Anglois, s’il leur prenoitfantaisie de revenir, 6c aux Espagnols, s’ils vouloient lesinquiéter 6c ses chasser de ce poste. II trouva un endroit fortcommode 6c fort aile à fortifier, inaccessible du côté de larade qu’il déferidoit très-bien, 6c tellement couvert 6c en-vironné de précipices 6c de bois épais , 6c impraticables ducôté de la terre, qu’il le jugea impénétrable de ce côté.C’est ce qu’on nomma dans la fuite 1 c fort de la Roche,ouïe refuge de la Tortue.* Cet asyle 6c le magasin que 1 enouveau gouverneur établit dans le bourg qui étoit au piedde la roche , toujours bien rempli de vin , d’eau-de-vie, detoise , d’armes , de munitions 6c autres marchandises, yattira bien-tôt tous ses boucaniers, dont 1e nombre aug-mentoit à vue d’œil, 6c par une fuite nécessaire , les dé-gâts qu’ils faifoient fur ses terres des Espagnols croisloiencde plus en plus. Cela obligea le président de Saint-Domin-gue de lever six cents soldats avec un bon nombre de mate-lots , qu’il mit fur six vaiíseaux 8c qu’il envoya à la Tortuepour détruire entierement l’établiísement des François. Cesbâtimens s’étant présentés au port de la Tortue, furent ca-rtonnés si vivement, qu’ils furent contraints d’aller mouil-ler deux lieues fous 1e vent, en un endroit qu’on nommadepuis l’Anfe de la Plaine des Espagnols. Ils y débarquèrentleurs troupes, & vinrent attaquer la fortereíse avec une ex-trême vigueur ; mais 1 e sieur 1 e Valseur ses reçut 8c ler, re-pousse avec tant de fermeté 6c de bravoure , qu’après enavoir tué une bonne partie , il contraignit 1e reste des’enfuir du côté de leurs bâtimens , 6c de fe rembar-quer en confusion, abandonnant leurs morts, leurs.bleffés8c tout l’attirail qu’ils avoient mis à terre. Ceci arriva aumois de janvier 1645. Cette victoire enfla tellement 1 e sieurle Valseur, qu’il devint tout d’un coup méconnoiíseble. IIcrut que rien ne lui pouvoit résister, 6c que les mesuresqu’il avoit gardées jusques alors avec ses habitans 8c lesboucaniers de la côte, n croient plus de saison ; u devinecruel jusqu’à l’excès, 6c encore plus avare. De Poincy nemanqua pas de ressentir vivement le^mauvais procédé dusieur le Valseur. 11 lui venoit de tous cotes des plaintes desexcès qu’il commettoic ; mais il n’etoit pas en son pouvoird’y apporter remède. Il tâcha plusieurs fois de 1 attirer àSaint-Christophle, 8c toujours en vain. A la fin, il prit la réso-lution de le tirer par force de fa forteresse, 8c de lui faire sonprocès: il donna la commislión au chevalier de Fontenay d’al-ler attaquer le fort de la Tortue ; celui ci arrive dans F islede Saint-Domingue, apprit que le sieur se Valseur venoitd’être aíseísiné parles nommes ihibault 6c Martin, capitai-nes de fa garnison , quoiqu il leur eut fait de grands biens ,6c qu’il les eut déclaré ses héritiers. Il fut aussi que cesdeux officiers étoient maîtres de la forteresse , où il y a voieapparence qu’ils se désendroient jusqu a Fextrémité. U nelaislà pourtant pas de se présenter au havre de la Tortue ;mais il fut repoussé si vivement à coups de canon, qu’il futcontraint d’a^er mouiller en une autre rade fous le vent,où il débarqua environ cinq cents hommes, fans que seshabiwusy fisseptla moindre opposition. Enestec ,quoiqu’ils