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Tome sixième. T - Z.
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marine y font l’exercice. La maison des jésuites qui étoientdans cc quartier, est allez belle , il y a un séminairepour les ecclésiastiques qui servent d’aumôniers fur lesvaiíîèaux. Il y a aussi dans cette ville plusieurs couvens dereligieux & de religieuses, fans compter la maison desprêtres de l’oratoire , qui ont le collège. L’hôrel de villeest dans le quartier vieux , (a principale entrée est fur lequai qui régné le long du port. Cette maison n’est remar-quable que par deux beaux termes de pierre qui font auxcôtés de la grande porte ; ils íemblent soutenir un balcon Screprésentent deux hommes qui avoient déplu au sculpteur.Ces termes font du fameux Pierre Puget, Sc ont fait l’ad-miration du cavalier Bernin. Le parc ou l’arsenal est à une<fes extrémités de ce quai ; il est composé de tous les lieuxqui font nécesiaires pour la construction Sc pour l’arme-ment des vaiíîèaux ; on y voit la corderie , qui est un lieusurprenant pour fa longueur ; elle est toute voûtée Sc à perte«le vue; on y fait les cables, & dans l’étage de dessus,une infinité d’ouvriers préparent les filastes & les chan-vres. Les écoles des gardes de la marine servent à les fairetravailler aux mathématiques, au deíîein, à voltiger , áfaire des armes , &c. La salle d’armes est un grand maga-sin où se font les mousquets , fusils, pistolets, hallebardes& autres ustensiles des canonniers. L’artillerie est aussr dansun bon ordre ; on voit encore les lieux où l’on fart lamenuiserie Sc la tonnelerie, où dans un lieu très-vaste onmontre un nombre infini de futailles pour embarquer lesvivres & les boisions. On entre dans un autre lretr quiest à côté, où l’on travaille à leur construction. Les mail-lets font ici un si grand bruit, qu’il est impossible qu’on s’yentende parler. On se rend de-là au parc de l’artillerie ,vu il y a des canons en piles. On y voit aussi un nombreinfini de bombes , de grenades, de mortiers , de boulets àdeux têtes de différentes espèces, rangés tous dans un ordrea faire plaisir ; les ancres bordent tout le tour du canal quienvironne le parc ; on découvre de-là les forges qui en fontéloignées. La salle des voiles est fort longue , & les yeux«égarent par la quantité des choses qu’on y voit; on ytrouve tout ce qui est nécesiaire à un vaisseau ; il y a unnombre infini d’ouvriers qui travaillent ; & enfin pour voirtout ce qui compose cet admirable arsenal, on peut monterau-dessus de la salle des voiles, où l’on met le gaudron auxcables. La fonderie des canons mérite d’être vue. La bou-langerie royale & les fours, tout cela peut être vu en pas-sant ; on doit aller ensuite au chantier de construction ; rienn’est si curieux ni si surprenant que de voir lancer' à l’eauquelque vaisseau. * P'tganiol , Description de la France,t. 4, p. 1 66,

Toulon fut sujette aux mêmes événemens Sc révolutionsque le reste de ía Provence; cette ville fut ruinée par lesSarrazins dans le commencement du dixième siécle , & onn e voit pasqu’elle ait été rétablie qu’après l’an ioooparles vicomtes de Marseille qui en étoient seigneurs. Commeles Sarrazins ou Mores étoient puissans fur mer, ils attaque-renc dans le douzième siécle deux fois Toulon, & ils lePnrent l’an 1176 & l’an 1197. A toutes les deux foisà ruinèrent la ville, & emmenerent les habitans.

Les Marseillois qui avoient acquis le vicomté de Mar-seille , cédèrent à Charle I, ce qui avoit appartenu à ces vi-comtes , tant à Toulon qu’aux villes voisines. Depuis ce tems« ville de Toulon sc maintint Sc s’accrur sous la protectionve ses princes , les rois de Sicile & de Naples, comtes deProvence. Son port est un des plus asiurés de toute la Mé-diterranée ; il est aussi un des plus capables, puisqu’il a neuf®ùllepas de tour. Son entrée est'défendue par plusieursforts , & ces ouvrages ont été augmentés depuis que la Pto-v ence fut envahie l’an 1707 par une grande armée enne-» commandée par Victor Amédee II, duc de Savoye,ç soutenue par une grande flotte. Toulon résista à tant deorces qui f e joignirent pour l’attaquer.

. Dopuis ce tems on a ajouté de nouvelles fortifica-tions aux anciennes, & on y a bâti une citadelle. SonPort est un des plus beaux de l’Europe. On entre d’a-. td dans une grande rade, la plus forte qu’il y? lt » & dont l’entrée est défendue par un grand nombre deatteries & de forts, parmi lesquels la grosiè tour est lej S considérable. Le port est à une des extrémités de cetteE- L entrée en est si étroite, que les vaisieaux n’y peuvent1 er qu un après l’autre, & elle est défendue par plusieurs

onnes batteries, revêtues Sc bien munies de canons. Au

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fond de ce golfe est la ville , laquelle embrasiè le port. Il estpartagé en deux par une grosiè jettée de pierres. Il estcouvert par une partie de l’enceinte de la ville. On voiequelquefois fur ce port un spectacle asièz divertiííànt : onl’appelle la Targue , c’est une espece de joute. On armeplusieurs bâtimens, fur lesquels on met horizontalementune planche large de neuf à dix pouces, Sc d’environ qua-tre pieds de saillie. Le champion qui doit jouter est deboutsur l’extrémité de cette planche Sc en balçon, tenant dans lamain droite une lance fans pointe , & de la gauche une es-pece de bouclier qu’on nomme Targu, & qui donne lenom à ces joutes. Les bâtimens ayant chacun leurs combat-tans, vont les uns contre les autres à force de rames & aubruit des trompettes. Les combattans fe couvrent de leurstargues, & fe présentent leurs lances pour fe culbuter. Ce-lui qui renverse davantage fans s’ébranler remportent leprix. Louis Ferraud , avocat au parlement de Paris, Sctrès-savant dans l’antiquité & dans les langues grecque Scorientale , étoit né à Toulon en 164^ , & mourut à Paris est1699. Il a donné plusieurs ouvrages , entr’autre, un groscommentaire fur les pfeaumes. Toulon a été affligée de lapeste au commencement de l’an 1711.

Il n’y a aucun monument certain qui fasiè mention de ré-gisse de Toulon & de ses évêques avant le milieu du cinquiè-me siécle. Elle avoit alors un évêque appelle Honorât » quesaint Léon le Grand nomme dans une lettre écrite aux évê-ques des Gaules. II est fait mention des évêques de Toulondans le sixième siécle, où ils comparurent Sc signèrent auconcile de France. C’est pour lors qu’on commença à alté-rer le nom Telo en Tolo. Saint Cyprien fut évêque deToulon après Gratien, vers l’an ;i6, §c il est compté pourle troisième ou quatrième évêque de la ville. Il mourutavant 549 , où l’on voie que Pallade, son successeur , asouscrit au cinquième concile d’Orléans.ll est le second pa-tron ou titulaire de l’église après la sainte Vierge. On ho-nore encore un martyr de ce nom dans la même ville.* Baillet, Topogr. des saints, p. 49$.

L’évêché de Toulon est dune très petite étendue : il n’aque vingt - cinq paroisses, parmi lesquelles Sixfours estcollégiale depuis i6;o. Cuers Sc Hiéres le sont aussi;Cuers depuis 1650 , Sc Hiéres en 1571. On croit qu Ho-noré ou Honorât fut le premier évêque de Toulon. Le cha-pitre de la cathédrale est composé d’un prévôt, d’un archi-diacre , d’un sacristain, d’un capiscol & de huit autre»chanoines , dont l’un est théologal. Il y a dans ce diocèseune abbaye de filles de l’ordre de cîteaux, fondée l’an 1145 ,près du château d’Hiéres. Elle fut transférée en l’église desaint Etienne du Pont en 1406. Cette abbaye jouit d’envi-ron neuf ou dix mille livres de rente. * Pìganiol , Descr. dela France, t. 4 , p. 95.

La Baie de Toulon qui a de bons mouillages, dit Mi-chelot, Portulan de la Médit. p. 71 , est de l’autre côté ducap Sepec, environ deux milles vers l’ouest-nord-ouest dela pointe de ce cap, Sc au-dedans du cap il y a une petitecalanque entre deux grosses pointes, qu’on appelle commu-nément le Creux de Saint George , vis-à-vis duquelon mouille avec les galères par huit, dix, douze, quinzebradés d’eau , fond d’herbes vaseux, portant une amarresur la pointe de l’ouest si l’on veut ; mais il ne faut pas s en-foncer dans la calanque de saint George, parce que le fondmanque tout-à-coup. Les vaisseaux du roi & autres mouil-lent un peu pins au large dans la grande rade. On peucmouiller aussi entre les deux tours de Balaguier & del’E-guillette, ou vers le milieu de la baie : on y a huit & dixbrades d’eau. Entre la pointe du ca P, ^ celle dutcreux de Saint-George il y a une grande infirmerie cju’onappelle l’hôpital de saint Louis, ou saint Mandri ; Sclorsqu’on va du cap Sepet à saint George, ou a la granderade, il faut prendre garde à une madrague qu’on met pen-dant l’été presque à moitié chemin, vis-a-vis d une grosièpointe.

Environ à une demi-heue au nord ouest de la pointe deSaint-George, est une grande tour ronde, revêtue & arméede canons, Sc située fur le bord de la mer. On l’appelle laTour de Balaguier. Entre les deux il y a un enfonce-ment, à Test duquel on trouve le Lazaret ou l’infirmerie.Ce font des basses terres, bordées de grandes plages de fa-ble , où ordinairement les vaisieaux en tems de contagionmouillent pour faire quarantaine. A trois cents soixante toi-ses ou environ , au nord quart de nord-est de la tour drTome F. H mi