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Tome sixième. T - Z.
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•Balaguier, il y a une autre grande tour carrée, revêtue d’unefaufle braie , & située sur le bord de la mer. On l’appellela Tour de I’Eguillette. On peut mouiller entre cesdeux tours á discrétion, par quatre, cinq à six brassesd’eau.

A lest de la tour de l’Eguillette, environ six cents cin-quante toises, il y en a une autre encore fur le bord de lamer, & qu’on appelle la grande Tour. Elle est aussi re-vêtue d’une fauste braie. Toutes ces tours font bien ar-mées. Elles défendent généralement toutes les rades de labaie, & les approche* de Toulon. U ne laut pas ranger cettetour à plus de deux longueurs de cables pour le moins,d’autant qu’il y a une longue pointe qui s’avance fous l’eaufort au large , & où il y a fort peu d’eau. Environ à quatrecents toises au fud-fud-ouest de la grande Tour, il y a unpetit banc de fable, fur lequel on ne trouve que cinq bras-ses d'eài ,& aux environs on en a dix à douze. Il y en aun autre petit au nord - ouest quart d’ouest de la mêmetour , environ à deux cents cinquante toises. On ne trouveque trois braííès & demie d’eau fur ce banc.

De l’autre côté de ces deux dernieres tours, en allant versle nord , il y a encore un grand enfoncement, & du côtédu nord de la grande Tour, environ un mille & demiest la ville de Toulon. Il y a plusieurs batteries qu’on afaites en différents endroits de cette baie pour en dé-fendre ses approches. Lorsqu’on vient du large , & qu’onveut aller mouiller à la petite rade qui est vis-à-vis de laville, à l’ouverture du vieux port, ou qu’on veut entrer dansles deux ports, il faut prendre garde à une sèche qu’on ap-pelle la Taííê, qui est presque vis-à-vis de la grande Tourfur la droite en entrant, un peu en-dedans, à une Bonnelongueur de cable, fur laquelle il n’y a qu’un à deux piedsd’eau ; c’est pourquoi, soit en entrant ou en sortant, il fauts’en éloigner à discrétion, ensuite gouverner droit par le•milieu de la ville , où l’on trouvera huit, sept, six , jusqu airois brasses d’eau, fond de vase Sc herbiés', jusqu’au pro-che de feutrée du vieux port qui est du côté de lest. Ordi-nairement les galères mouillent vi-à-vis de cette entree,comme nous avons dit, par trois d quatre brades d eau,la commandante & quelques autres portent des amarresproche Ventrée du port, à des arganaux qui y font posesexprès, ayant une bonne ancre vers le fud-fud-ouestpour rester astourche, à cause du nord-ouest qui est fortviolent.

Les vaiílèaux duroi font ordinairement dans l’un ou l’au-ïreport, qui fe ferment à chaîne le soir ; mais lorsqu’ils ar-ment , ils viennent mouiller à la petite rade dont il a étéparlé ci-dessus proche la côte de Test t on appelle ce lieu leMorillon.

Du côté de l’ouest de la ville de Toulon, environ á qua-tre milles, on voir un grand enfoncement, au fond duquelest un grand village nommé la Seine , situé fur le bord dela mer. On y peut aller mouiller avec des vaiílèaux médio-cres ; mais il faut passer par le milieu pour aller d’une terreà l’autre , parce qu’il y a fort peu d’eau aux côtés , le fondétant vaseux avec de grands herbiés. Il y a pourtant astèzproche de la Seine, trois , quatre à cinq brastès d’eau. Leiraverner de la petite rade est l’ouest-nord-ouest,& celui dela grande est lest - nord - est, Sc le nord-est y est aussi fortïude. La latitude est 43^ 9', & la variation 6 Á nord-

CU Environ à un quart de lieue de la grande Tour est lefort des Vignettes. C’est une espece de tour ou ras d’eauqu’on y a fait avec une batterie auprès du coté del’est , & devant laquelle on peur mouiller au cas qu’on nepuiííè gagner la rade. On y est a couvert des vents de nord-ouest, nord & nord-est ; & l’on y a douze a quinze bradésd’eau aíïèz proche de terre. . v

Au nord-est du cap Sepet,environ a quatre ou cinq mil-les , est la pointe de Sainte-Mat'guerite qui est fort escarpée.Sur le haut on voit une église & quelques maisons auprès.Entre la grande tour cette pointe la côte est haute & fortescarpée. Il y a trois à quatre batteries de canons & de mor -liers. , . .

Enfin, a trois ou quatre milles vers le sud-estde la pointedeSainte-Marguerire, il y a une grofie pointe qu’on appelleQuerqueragne, qui forme du côté du nord-ouest une pe-ïice anse de fable , où l’on peut mouiller avec des galèresdans une nécessité , y ayant cinq à six brades d’eau , fond«fherbe vaseux. On y est à couvert des vents de fud-ouest,

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& il n’y a que l’est-nord-ouest qui y donne à plein. Lapointe de Querqueragne termine la baie de Toulon de cecôté-Ià.

TOULON EN CHAROLOIS, bourg de France, dansla Bourgogne, au diocèse d’Autun. Ce bourg est à septlieues d’Autun , à quatre de Montcénis & à dx de Charo-les, fur la riviere d’Arroux, qui sépare en cet endroit leCharolois de l’Autunois. Il y a un dépôt & une chambre àsel qui dépend de Baray-le-Monial. C’est la quatrième com-munauté qui députe aux états du Charolois. II y a un prieuréde bénédictines , fous le vocable de Notre - Dame deChampehanoux. L’on pêche dans la riviere des saumons.De l’autre côté de l’Arroux est le village de Toulon enBourgogne, auquel ce bourg fe communique par un pontde treize arcades. La riviere feroit navigable jusqu’à Tou-lon , d l’on coupoit quelques petits rochers â deux lieuesde-là , qui font à fleur d’eau, ce qui faciliteroit lc commercedu Charolois avec Paris. Il y a pludeurs lieux qui dépen»dent de ce Toulon ; savoir, le bois de Toulon , l’Aberge-ment & Rémangé, qui font trois hameaux ; les Gran-deurs, la Grange, la Maillotte, Marimban, Aubigny ,le Sacq & le Boulet , jqui font dépendans des Gran-ges. Toulon fut la patrie d’Antoine Garreau, procureurau parlement de Dijon, auteur de la description de laBourgogne. Il mourut le 14 septembre 1738.

TOULONJEON , comté de France, dans la Bourgo-gne , au diocèse d’Autun.

TOULOUBAN, ville des Indes, dans la province dcMultan , à trente-cinq milles de la ville de ce nóm, fur lebord de la riviere de Multan. * Petis de la Croix, Hist.deTimur-Bec, 1 . 4, c. 5.

TOULOUSAIN , contrée de France, dans le haut Lan-guedoc ; c’est proprement le pays des environs de Toulouse.Il est composé des diocèses de Toulouse & de Rieux, & dela partie de celui de Montauban qui est dans le Languedoc.C’est ce qui étoit resté au dernier comte de Toulouse aprèsla guerre des Albigeois. Ce pays n’est presque que de plai-nes , belles & abondantes en bleds, entrecoupées de rivières& de ruiíleaux , jqui forment de belles prairies. On y re-cueille des vins qu’on consomme dans le pays ; beaucoupde millet & du pastel. Cette derniere graine qui est beau-coup plus belle que celle de l’indigo , sert particulièrementpour le bleu. Sa ville capitale est Toulouse ; les autres villesfont Rieux , évêché, Castel-Sarrafln & Grisolles ; fa prin-cipale riviere est la Garonne. Le canal royal de Languedocy prend fa naiflance.

TOULOUSE ville de France, dans le haut Langue-doc, dont elle est la capitale, comme de toute la provincede Languedoc. Cette ville , située fur le bord oriental de laGaronne, dans le pays des anciens Tectosages, est une desplus anciennes des Gaules, puisque Trogue Pompée &plusieurs autres anciens auteurs assurent qu’elle étoit la patriedes Tectofages, qui ravagèrent la Grece du rems de Bren-nus, près de deux cents quatre-vingts ans avant Jefus-Christ.Elle est nommée Tolofa par César , lib. 1, bell. Gall. cap.10. Tolofa-Colonia par Ptolomée, /. 2 , c. 10, Urbs-Tolo-fatiunt par Sidonius Apollinaris, /. 4, Epist. x 7, & CivitasTolofatium, dans la notice de la Gaule. C’étoit ancienne-ment comme aujourd’hui, une ville d’une grande étendue ,& elle étoit divisée en cinq parties, suivant ce vers d’Aufo-n e,Epist. 2,3 , v. 83.

Quincuplicem fveias tìbi Martie Narbo Tolofam.

On lui donna l’épithéte de Palladia, soit à cause duculte que ses habitans rendoient à Pallas j soit à cause dugoût que ses habitans ont toujours eu pour les sciences &pour les belles lettres, selon ces vers de Martial, lib. 9 ,Epigram. xoi.

Marcus Palladio, non infteianda TolofaGloria , quent genuit pacis alumna qu'tes.

Le premier vers de cette épigramme fait voir que Mar*tial entend parler de l’étude des belles lettres :

Marcus amat nos r as Antonius , Attice , Musas.

Toulouse étoit encore considérable par fa magnificence 3il y avoir un capitole. On y voyoit aussi un temple célé-