Band 
Tome sixième. T - Z.
Seite
988
JPEG-Download
 

988 T O U

répond pas à ces beautés. Lc grand autel est du delTein deGervais O rouer, qui a fait lui-mème les figures du lapide-ment de saint Etienne en 1670 l’archicecture est d’ordrecorinthien à colonnes, frises, & panneaux de marbre deLanguedoc,La cloche appellée la Cardaillac, estd’une gros-seur extraordinaire. Elle fut fondée par Jean de Cardaillac,patriarche d’Alexandrie, Sc administrateur perpétuel deséglise & de l’archevêché deTouloufe , qui mourut le 7 oc-tobre 1590. Cettedoche pese cinquante mille livres. Le■cloître est fort vaste, Sc le palais de s archevêque est d’unestructure entendue. 11 a été bâti par M. de Colberr, arche-vêque de cette ville, & frere du grand ministre de cenom. * Piganiol, Description de la France , t. 4, p. 377 ÔCíuiv.

Saint Sernin est une église ancienne. L’édifice est grandSc majestueux, mais fort sombre. Le clocher est beau 6 célevé. La tradition veut que cette église ait été bâtie furun lac, & sur des piloris. Dans le chœur, à côté de l’évan-gile , est un endroit, où un canal répond depuis les fon-demens de l’édifice jusqu à hauteur d’homme ; en prêtantl’oreille fur cet endroit, î’on entend un certain murmure,que l’on dit être celui des eaux qui coulent dessous. Lescorps saints, qui rendent cecte église une des plus fameu-ses du monde chrétien , font dans des niches , pratiquéesdans des chapelles qui font au pourtour du chœur. Ony montre plusieurs chastes remplies de saintes reliques ,Sc jusqu’aux foutcrreins , tout inspire la sainteté. On y voitdes autels, des sépultures, des inscriptions, des lampes ,&c. Cette église fe vante d’avoir vingt six corps saints,parmi lesquels il y en a sept d’apôtres , qui font saintsJacques, saint Philippe, saint Barthelemi, saint Simon ,saint Jude St saint Barnabé. La chaste qui renferme lesreliques de saint Saturnin est grande , & couverte de lamesd’argent. On garde, dans cette même église , une autrechâsse , qui est d’un prix inestimable ; c’est celle de saintGeorge. Elle représente un temple à L’antique , d’ordrecorinthien , avec des figures de ronde bosse , dans lesentre-colonnes , Sc quatre autres qui représentent les qua-tre évangélistes , Sc font assises une à chaque coin du so-cle. Cette châtie est le chef-d’œuvre de Bachelier , orfè-vre très-habile , & frere de ce fameux sculpteur , à qui lesToulousains ont donné une place parmi les illustres quifont dans la galerie de leur capitole. La maison de villeest grande & bien bâtie. On lui a donné le nom de ca-pitole , d’où l’on a fait celui de capitouls. Ce sont huitéchevins, que l'on élit tous les ans. Ils ont l’administra-tion de la justice criminelle & de la police ; mais ils nepeuvent rien résoudre fans appeller le conseil de bour-geoisie , qui est composé des habitans qui ont été capitouls.En entrant sous la porte de l’hôtel de ville , est un grandcorps-de - garde , où l’on voie quelques armes, & desboucliers ronds des anciens Toulousains. On y lit une ins-cription en lettres dor , qui est un magnifique éloge deLouis le Grand.

T)eo

OPT. MAX.

D. D. D.

Ocíoviri CaptoliniP. Q. Tolos

Ob rejlitutam Ludovico Magno valetudinemEt conservatumEcclejls, Defensorem ,

Nobilitati Ptimìpem ,

Magijlratibus Legislatorem ,

Populo Patrem ,

Orbi perpétuant Mir aculutn.

Un peu plus bas est un soleil d’or , au-destòus duquelsont huit fleurs de soleil ou girasols > inclinées de son côté,Sc ce vers ,Nous regardons toujours celui qui nous a faites ,qui fait allusion aux capitouls de ce tems-là , Sc dont lesarmes sont à côté. Dans une grande sale bastè , a maingauche , appellée le grand consistoire , font les portraitsde plusieurs capitouls, & un grand tableau, qui représentel’entrée de Louis XIV, dans Toulouse , le 14 octobreit»5 9. Sa majesté, accompagnée de la reine , sa mere , &du duc d Orléans, son frere , tons en caroflè , confirmeles privilèges des capitouls, qui sont à genoux à la por-tière. Vis-à-vis, à main droite, en entrant dans la mêmesale, est une statue de marbre blanc , qui représente da-

T O U

me Clémence Isaure, qui donna sa maison à la ville, Scfonda les jeux floraux. Elle est dans une niche , au-dellusd’une des portes , Sc sous ses pieds est une inscription.Dans la même sale font les mesures originales en fer,savoir , saune de roi, Sc la canne de Toulouse. A gauchede cette sale est la chapelle, & au-delà le petit consis-toire. Dans ce dernier l’on voit de grands registres, oulivres d’histoire écrits sor du velin. Chaque année , l’on yécrit tout ce qui s’est passé de remarquable dans l’état Scdans la ville de Toulouse. Cet usage s’observe depuis sixou sept siécles. Les huit capitouls & le chef du consistoirey sont peints en mignarure. L’on voit dans ces registresles entrées des rois , des reines , & des dauphins dans laville de Toulouse. On y remarque entr’autres celle deCharles VII Sc de Louis XI, qui n’étoit que dauphin , Scqui, pour faire donner à la reine, fa mere , le dais ,qu’on lui refufoit, la fit entrer en croupe derrière lui. Ony voit aussi les entrées de Louis XII , de François I , deCharles IX , de Louis XIII & de Louis le Grand. L’onadmire fur ces mignatures la singularité des habits, Scc.En haut de la sale, qui est à gauche en entrant, sontles portraits des capitouls, & au-deísiis de la porte d en-trée est un tableau, où sont représentés dame ClémenceIsaure , & les jeux floraux de Toulouse , sous la figured’une femme couchée , qui tient un bouquet de souci,& a derrière elle deux enfans qui jouent des instrumens.Dans le lointain est la ville de Toulouse. Ce tableau estd’une beauté parfaite. A sature bout de la même sale , Scau dessus de la porte, est une Toulouse guerriere, repré-sentée sous la figure d’une Pallas couchée , qui de lamain gauche flate un agneau , & de la droite tient fa jave-line , Sc auprès d’elle son bouclier, où sont les armes deToulouse. Ce tableau est beau , mais il est bien inférieurà sature.

La galerie , qui est contiguë à cette premiere sale , oc-cupe le fond de la cour. L’on y voit les bustes en mar-bre des plus grands hommes dans les armes & dans leslettres, ausquels Toulouse a donné la naissance. Ces illus-tres sont :

1 °. Antoine I , surnommé Becco dans son enfance. Ilfur, selon Tacite, un des plus grands capitaines de sontems , & son éloquence égaloit fa valeur.

z°.iStatius Surculus, rhéteur qui vivoit du tems deNéron.

3°. Mmilius M agnus Arboricus , rhéteur , qui enseigna,dans Toulouse, les belles lettres aux freresde Constantin.

* Toulouse , p. 3 5 5 Sc fuiv.

4 0 . Viciorintts , rhéteur célèbre. 5 0 . Tbeodorìc, roi deToulouse. 6°. Theodoric If. roi de Toulouse. 7 0 . Raymondde Saint Gilles , comte de Toulouse. 8°. Bertrand , comtede Toulouse. 9°. Guillaume de Nogaret. io° sacques For -neri ou Fournier , qui fut pape sous le nom de Benoît XII.n°. Pierre Bunel , qui a contribué des premiersau rétablis-sement de la puretéde la langue latine. \i°. Joannes Pintts,évêque de Rieux. 13 0 . Nicolas Bachelier , grand architec-te, Sc grand sculpteur, &éleve de Miche! Ange. 1 q°. Jeande Nogaret de la Valet te , à qui Charles IX donna legouvernement de Languedoc. 15 0 . Arnoùl dit Ferrier , undes plus grands jurisconsultes de son tems, enseigna ledroit à Toulouse, fut président aux enquêtes du parle-ment de Paris, Sc ambassadeur , pour le roi, au concilede Trente. 16°. Jacques Cujas , le plus savant hommeque nous ayons eu pour le droit romain. 17 0 . Gui du Faur yseigneur de Pibrac, président au parlement de Paris , Scauteur des quatrains qui portent son nom. 18 0 . Jean -Etienne Duranti , avocat du roi, & puis président au par-lement deTouloufe. 19°. Pierre du Faur de Saint-Jory ,mort premier président du parlement de Toulouse. zo°. An-toine Tohfani , réformateur Sc général de l’ordre de saintAntoine de Vienne. zi°. Auger Ferrier , médecin de lareine Catherine de Médicis. 21 0 . Philippe Bertier , pré-sident au parlement de Toulouse. 2 3°. Antoine dePaulo ,grand maître de Malte. 24 0 . Guillaume Maran , qui pré-féra la profession d’avocat à une chaire de professeur dedroit, aux dignités de la robe & de l’églife,qu’on luioffrit. 2 5°. Guillaume Catel , historien. 26°. Guillaume deFieubet, président à mortier au parlement de Toulouse.17°. Pierre de Cafeneuve. 28°. François Maynard, poètefort connu , & l’un des quarante de l’académie françoise.2 9°. Goudouli, connu par ses poésies en langue gasconne.