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ZO°. Emanutl Maignan , minime, savant dans îa philo-sophie , la théologie , & les mathématiques. Au fondde cette galerie est le buste de Louis XIV , orné de tro-phées magnifiques , & ayant cette inscription au-des-íous.
Anna salutis MDCLXXHÍ.
Régnante Ludovico XIV .
Seniper invicio.
Sénatus Principe Gasparo de Fieubetflanc Porticum inflaurari , & illuflriuntTolofatum icontbus ornari curaruntOcioviri Capitolini .
Bernardus de Jean, Bernardus Albert, Andréas Marast,Paulus Tiffi , Guillelmus Cantuer , Antonius Crozat,Germanicus de la Faille.
Dans 1 autre fond est une inscription qui marque quecette galerie fut commencée en 167; , & achevée en1677, & les noms des capitouls, par les foins desquelscet ouvrage fut conduit à fa perfection. Au bout de cettegalerie est la salle des comptes , oû entr’autres tableauxl'on remarque celui qui représente Ventrée de Louis dau-phin de France en 1442. Ce prince est à cheval, ayantcn croupe Marie d’Anjou , fa mere, fous un poêle portépar les capitouls. Cette peinture est une copie en grandde celle que j'ai dit être dans les registres du petit con-sistoire. Dans une autre sale font quatre excelleras tableaux,dont les sujets font pris de l’histoire des anciens Tou-lousains. Il y en a un de Boulogne l’aîné , un de Jouvenet,un de Coypel , & celui du fond est de Jean-Pierre Ri-vais , & représente le bâtiment d’un temple de Minerve ,décile protectrice des Toulousains. Tout est si naturel dansce tableau , & la lumière est distribuée avec tant d’art,que l’on est trompé cn le regardant de Vautre bout dela salle , & qu’on le prend pour un bâtiment véritable.Cc tableau a pour inscription , Teéìofages Ancyram conde -bant. En commençant la description de cet hôtel , j’aioublié d’avertir que dans la cour, à main droite en en-trant , & â la hauteur du premier étage, Von voit, furla muraille, quelques marques, que Von dit être du sangde M. de Montmorenci, qui eut le cou coupé en cet en-droit, fur un échaffaut, élevé à la hauteur d’une fenêtre,par laquelle on le conduisit au supplice. On voit encore ,dans 1 hôtel de ville, une salle d’opera , finie en 1758,& qui ne le cède en rien à celle c!e Paris. Le palais estsitué au lieu où étoit autrefois le château narbonnois, laplus forte place de tout le pays fous le roi Charles VI.C'est une grosse maillé de bâtiment informe.
La dorade est une église ancienne , décorée de colon-nes , dé figures de patriarches & de saints, La statue deNotre-Dame , qui est dans cette église , est dorée , & adonné le nom à ce temple. On la descend dans les gran-des calamités, & on la porte en procession. La maisondes bénédictins , qui desservent cette église , est belle,naais resserrée de tous côtés. Ils n’ont presque point depromenade ; mais ils ont fait une longue galerie dans lehaut de la maison , qu’ils appellent la mirande, où ilspromènent en hiver & dans le mauvais tems.
L église des carmes est vaste , & la chapelle du Mont-Carrnel, superbe pour ses dorures & autres ornemens.L’on voit fur la muraille du cloître de ces religieux unePeinture fort ancienne , où un roi de France est représenté* cheval, s’inclinant devant une image de la Vierge ; desmigneurs, au nombre de sept, y font aussi représentésr °ut armés, hormis la tête, & marchant à pied après lems Les armoiries de leurs maisons & leurs noms, font aubas. Ces noms font écrits en caractères de ce tems-là;mais il y en a J eux q U j font effacés , & l’on n’en peut lireSj lle cinq, q u | f on t ceux du duc de fontaine , du duc deBourbon , de Pierre de Navarre , de Henri de Bar ôed’Oli-^ ler de Ciiston. Le fond du tableau est chargé de loups ,« e sangliers , & au plus hautl il a une espèce de frise oùj 1 peints deux anges, qui portent des bandelettes, fures quelles est écrit trois fois le mot espérance. La traditionp eut Charles VI, étant à la chaise dans la forêt de°_uconne , à quelques lieues de Toulouse, sut surpris de lanuit au milieu du bois , fans savoir ou il etoit, & que danscet embarras, U sc voua à la sainte Vierge , & adressaparticulièrement son vœu â une chapelle qui est dans l’église
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des carmes , fous le titre de Notre-Dame de Bonne-Espé-rance. A peine eut-il fait cc vœu, qu’il entendit donner ducor & la voix des chiens, ce qui lui fie connoître qu’iín’étoic pas loin de ceux qui l’accompagnoient, & qu'il lesrejoignit. Il accomplit son vœu , & distribua aux princes& aux grands qui étoient avec lui à chacun une ceintured’or, fur laquelle étoit ce mot espérance. U faut remarquerque Charles VI institua cet ordre à l imitation de celui queLouis, duc de Bourbon , son oncle maternel, avoit insti-tué vingt ans auparavant.
Dans celle de la maison professé qui appartenoit auxjésuites, on voit un tombeau de marbre noir, qui a étéérigé pour le cœur du maréchal de Montmorenci, dont lecorps fut transporté à Moulins.
L’église des dominicains est belle & grande ; mais ontrouve la voûte trop élevée , & il a fallu la soutenir pardes pilliers qui coupent l'église en deux, & forment unedisposition de bâtiment fort extraordinaire. Les colonnesfont belles , mais l'on doit principalement remarquer danscette église le tombeau de S. Thomas , qui est disposé demaniéré que quatre prêtres y peuvent dire la messe enmême tems, devant les reliques du saint, lesquelles son cdans une magnifique châsse de vermeil doré. Au dessus dela porte de cette église est une orgue double , dont la me-nuiserie est parfaitement bien coupée & entendue , demême que la sculpture qui en fait Fomentent. La sacristierenferme de beaux ornemens , entr’autres un parementd’autel en broderie , or & argent, avec des fleurs au na-turel. Cet ouvrage est un des plus beaux qu’il y ait en cegenre , & a été fait par un frere de ce couvent. La Dal-bade est une assez belle église , dont le clocher est le plusélevé de la ville. Elle est desservie depuis 1620 par les pe-res de Moratoire. Le couvent des cordeliers, ou la grandeobservance , a une église grande & vaste. On voit au mi-lieu du chœur le tombeau d’un comte de Toulouse , & aucôté droit du maître autel celui d’Etienne Durand, pré-sident au parlement de cette ville, qut sut tué dans uneémotion populaire î’an 1589. De l’aiitre côté est celui deson petit-hls. Le rétable du maître-autel est d’ordre corin-thien , á colonnes frises & paneaux de marbre de Langue-doc , & le plus bel ouvrage que l’on puisse voir pour fasimplicité & pour son bon goût. Dans un caveau qui estau-deflùs , & que l’on appelle le charnier , l’on voit envi-ron soixante-dix cadavres d’hommes & de femmes des-séchés , n’ayant que la peau collée fur les os. Ils font dres-sés tout à l’entour contre la muraille de ce caveau. Cescorps ainsi desséchés font ceux qu’on retire des tombes del’église; cette terre étant ici la feule qui ait la propriétéde consumer les chairs fans endommager le reste. Les cloî-tres , ni les autres endroits où l’on enterre n’ont point cettevertu. Lorsqu’on inhume dans leglife des corps nouveaux »l’on porte les anciens au clocher, pous dissiper le mau-vais air , tk de- là on les transporte dans le charnier. Parmices corps desséchés, l’on a vu pendant long- tems celui de labelle Paule , qui fut la plus belle femme de Toulouse. Leprétendu Marville rapporte avoir ouï dire à un de ses amis,que le fils d’un médecin de Toulouse y ayant reconnu lecadavre de son pere, tomba évanoui, & pensa mouricsur la place. Les cloîtres font beaux & embellis de pein-tures qui représentent la vie de S. François. L enclos estspacieux, & la communauté fort nombreuse.
Il y a dans cette église une orgue magnifique, présentqui a été fait par la reine d’Espagne, femme de Philippe
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La compagnie des pénitens bleus de Toulouse, est laplus célébré du royaume. Elle a dans ses registres les nomsde plusieurs rois, de plusieurs princes du sang, & de toutce qu’il y a de plus distingue dans le clergé, dans lepée& dans la robe. Leur chapelle est une des plus régulièresde toute l’Europe. C’cst Louis XIII qui en a posé la pre-mière pierre.
Il y a dans cette ville un grand nombre de collèges ;celui de Narbonne fut fondé en 1343 par Gaíbert, ar-chevêque de Narbonne : celui du S. Martial par le papeInnocent VI. Il avoit été professeur de droit dans l’univer-sicé de Toulouse. Celui de Maguellonne fut fondé en1370 par le cardinal Audouin , pour l’entretien de dixpauvres étudians en droit. On lui donna le nom de Ma-guellonne , parce que cette éminence avoit été évêque ouadministrateur perpétuel de cet évêché. Le collège de Pé»r Iliiil Uj