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que c est le diable qui les a mises en œuvres. Le cha-pitre de cette église est composé de seize chanoines capi-tulâmes & de vingt-quatre domiciliés. 11 y a dix dignités;savoir , le prévôt , le doyen , le trésorier, le chantre,l’écolâtre , le grand archidiacre, & les archidiacres de Die-trich , de Cardone , de Longuion & de Tholey. Les cinqpremieres sont électives, & les cinq autres à la nomina-tion de l’archevêque. Le chapitre se maintient inviolable-ment dans la coutume de réadmettre dans son corps aucunprince , ni même aucun compte. Outre la cathédrale , ilyadansTreves deux églises collégiales ; celle de Notre-Dame , & celle de faine Siméon : cinq paroisses , & l’ab-baye de saint Martin , dont la bibliothèque est très an-cienne. On y conserve une vie manuscrite de saint Mar-tin , que l’on croit presque de son tems. U y a aussi, danscette ville , plusieurs autres maisons religieuses de l’un &de l’autre sexe. Le monastère de filles de sainte Marieaux Greniers, ad horrea , a été fait des greniers où l’onstmaífoit autrefois le bled pour la provision des troupes.Les jésuites ont dans Treves un college , & les ordresTeutonique 8c de Malte chacun une maison , avec uneéglise. Hors de la ville , mais tout auprès, il y a en-core quatre paroisses ; la belle église collégiale de saintPaulin , deux couvents de religieuses, la grande chartreu-se , 8c trois abbayes principales, de saint Matthias , desainte Marie aux Martyrs, laquelle étoit autrefois le capi-tule , Si de saint Maximin. Cette derniere est fort célébré8c sort riche. C’est une fondation, selon Kyriander , deConstantin le Grand , Sc de sa mere Helene. Le monas-tère ayant été ruiné , par le feu qui y prit, ceux de Trevesn’ont pas voulu permettre qu’on le rebâtit , de crainteque dans un siège les ennemis ne s’en pussent prévaloir.Les archevêques de Treves, ayant eu plusieurs démêlésavec ses abbés , ont à la fin obtenu du pape cette abbayeen titre de commende , sme onere. Les abbés avoient desprérogatives particulières. Ils dépendoient, uniquementpour le spirituel, du pape ; Si pour le temporel de l’em-pereur. Ils étoient les doyens des sept premieres églisesde l’archevêché de Treves , Si les archi-aumôniers del’impératrice. Saint Athanasc doit avoir été caché pen-dant huit ans dans cette abbaye , Si y avoir écrit sonsymbole. Plusieurs martyrs Si plusieurs saints évêques ontété enterrés dans l’éghse , ainsi qu’une sœur de Charle-magne , laquelle avoir donné à cette maison les quatreévangiles écrits en 1 ttres d’or. On prétend que le chris-tianisme s’établit à Treves dès le premier siécle; Sc quesaint Euchaire , l’un des vingt-sept disciples , y fut envoyéde Rome, par saint Pierre , avec saint Valere Si saintMaterne , qui furent évêques successivement après lui :mais cette chronologie n’est pas fort exacte. Saint Mater-ne , qui constamment fut le troisième évêque de Trê-ves , sc démit, au commencement du quatrième siécle,de son évêché , pour aller prêcher la soi aux peuples deCologne Si de Tongres. On trouve dans l’histoire ecclé-siastique de Treves, jusqu’à la fin du dixième siécle, unefoule devêques , recommandablcs par la sainteté de leursmœurs , par leur zélé vraiment apostolique , ou par^étendue Si la pureté de leur doctrine. Comme la villede Treves étoit une métropole dans l’Empire >son évêquesot nécessairement métropolitain , Si se qualifia de droitarchevêque , lorsque ce titre fut en usage. Il n’eut pasbesoin , pour établir les prérogatives de son siège, desfausses bulles de quelques papes , citées par les historiensde Treves. Quant au titre de primat des Gaules Si deCermanie , que prend cet archevêque , il le portoit dèsje neuvième siécle : mais il est ridicule de prétendre qu’ilse tenoit du pape saint Silvestre, contemporain de Cons-tantin se Grand. Les papes oht commencé beaucoup plustar d à conférer de pareils titres. Jean XIII confirma, auxarchevêques de Treves, celui dont if s’agit, par une bulledu 11 de février 969 , par laquelle il régloit que l’arche-Veque auroit rang immédiatement après 1 e légat du pa-P. e ' Rue quand il n’y auroit point de légat en Germanie ,1 marcherait immédiatement après le roi, ou l’empereur,c °mtne disent ses Allemands , & qu’il auroit le droit deconvoqu er ses conciles , & d’y présider comme vicaireav * X1 \* bége; mais il faut observer que cela ne pouvoirfais^ * CU C i lie ^ ans ^ a P art * e de l’ancienne Belgique , qui1 lu” ^ ari se d u royaume de Germanie. L’archevêquee a yence étoit, comme il l’est qncore - primat de toute
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l’Allemagne. * Had. Valois, Notit. Gall. p. 58. Ze)ler 3Topogr. archiep. Trevir. Kyriander , Hist. Trevir.
L’archevêché de Treves est un des électorals del’Empire. Il est borné par celui de Cologne au septen-trion , par la Wetteravie à l’orient, par le palatinat duRhin 8c par la Lorraine au midi ; 8c par le Luxembourgà l’occident. Pépin , Charlemagne & Louis le Débonnaireayant enrichi considérablement l’églisc de Treves, les ar-chevêques commericerent fous le régne d'Otton II, versl an 97 5, à se gouverner en princes souverains, & vers cetems-lâ les chanoines, las de vivre régulièrement 8c etlcommun, partagèrent les biens du chapitre en prébendes ,& vécurent dans des maisons séparées. Henri II fit dona-tion de Coblentz à l’archevêque Adelbert de Franconie ,lan 1018. Hillin, qui succéda à Adelbert, incorpora audomaine de Treves le château deNaíseu, avec une étenduede dix milles de pays le long de la riviere de Lohn, 8cdonna en échange la seigneurie de Partentheim à l’évêquede Worms. Il acheta les bourgs de Billich & de Broch desseigneurs Thierri & Fredelon , & acquit le château deScheur,près de Witlich de Matthieu, duc de Lorraine.Baudouin de Luxembourg, frere de l’empereur Henri VII,rendit feudataire de son église Ulrjch landgrave de Leuch-tenberg, l’an 1 z 16 , pour la somme de mille livres, 8cles seigneurs deSternberg, de Wcllenstein ,près deCreutz-nach 8c de Nevenbourg. L’empereur Henri VII lui donnaen engagement les villes de Boppart & d’Oberwescl, doncil acquit ensuite la propriété, Eloi, seigneur de Dhaun,lui vendit l’advocatie de Crewen. Il acheta Kilpalatz, Dal-heim & V'eltzbilich, des seigneurs de Spielberg ; S. Ven-del de Jean, seigneur de Sarbruck, & une partie de la sei-gneurie de Limbourg de Jean , seigneur de Limbourg,pour la somme de vingt-sept mille florins. Jean , roi deBohême , son neveu, lui céda les droits de féodalité furses palatins de Simmeren ; & le comte de Henneberg sesoí\mit à un cens annuel, moyennant soixante-un marcsd’argent. Boemond, comte de Sarbruck, qui succéda àBaudouin , mit au nombre de ses vassaux les comtes deHanau, de Manderscheid, d’Isenbourg & de Bancken-heim , aussi-bien que les Rheingraves; & il obtint de l’em-pereur Charles IV, que ceux qui avoient été jusqu’alorsvassaux de l’empereur 8c des archevêques de Trêves, ne leseraient dorénavant que de ceux-ci. Cunon de Virnenbcrgacheta des comtes Cunon & GerlaC , ses freres, la moitiédu château & de la seigneurie de Beilstein. Jacques d’Elzacquit en 1578, l’administration de l’abbaye de Prum ,dont il transmit le droit perpétuel à íes successeurs , & sou-mit deux ans après sous son obéissance la ville de Treves,qui prétendoit être libre 8c impériale ; 8c Philippe Chris-tophe de Soteren réunit à son domaine l’abbaye de faineMaximin , dont les moines foutenoient quelle rekvoit im-médiatement de l’empire. * D'Audifred , Géogr. ane. 8cmod. t. 3, p. 229 &juiv.
Détendue de l’archevêché de Treves n’est pas fort gran-de ; mais le pays est extrêmement fertile, fur-tout en vins.La Moselle le coupe en deux parties : la septentrionaleconfine avec le haut diocèse de Cologne 8c le pays d’Eyf-fel ; elle est beaucoup plus agréable 8c mieux peuplée quela méridionale, qui est du côté de la Lorraine & du Pala-tinat , où il n’y a presque que des bois. Il est compose dcvingt-cinq bailliages, qui sont, i°. Treves , 2°. Sarbourg ,3 0 . Veltzbilicb , 4°. Saint-Vendel , 5 0 . Grimbourg , 6°. Kil -bourg, 7 0 . JTitlicb, 8°. Baldenaw, 9°. Scbonecken, 1 o°. Dhaun ,ix°. TJlmen , 1 z°. Berncastel, 13"- Honflein , iq°. Z cil ,15 0 . Cocbeim , 16 0 . Munster - Eyfeld > 17°. Hillesheim ,18°. Meyen , 19°. Coblentz ., zo°. Boppart, 21°. Ober Wefel,22 0 . Monthabor , 23°. Limpourg , 24°. TVeitbeim ,25°. Her-pasch.
Les empereurs de la maison de Saxe , soumirent la villede Treves aux archevêques ; 8c ses empereurs de la maisonde Franconie, l’afïranchirent de la domination de ces pré-lats , qui s’y opposèrent,, & ne laissèrent pas de reprendrequelquefois leur autorité, selon que ses diverses fictionsde la ville leur étoient favorables. Ce différend donna lieuà de grandes contestations entr’eux & ses habitans. Lesarchevêques prétendoient que cette ville leur devoir le ser-ment de fidélité , que la juridiction leur appartenoit, 8cque c’éroient à eux d’établir ses magistrats, de mettre lesimpositions, de garder les clefs des portes , & de rendrela justice criminelle, Ceux de Trêves opposoient à cesO O o o o o iij