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Tome sixième. T - Z.
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nr d |7

1 JLV Xli

Ubîens & les Tungtes ; les premiers en tirant vers I’o-nent & les derniers vers le couchant. Malgré ces change-niens ,u paruît sûr que les Trevi r i demeurèrent toujoursiiir le Rhin. Ln effet, Suétone , in\Caligula , en parlant dulieu de la nailíance de Caligula , dic que Pline le naturalistevouloir que cet empereur fut né dans le village d’Ambita-rinum , au pays des Treviri , au-deíTus du confluent de laMoselle & du Rhin, Le qui devoir être par conséquentprès de ce fleuve. Il peut íe faire que les Ubiens occu-pèrent le long du Rhin la partie du pays des 'Treviri , oùavoient demeuré les Segniôc les Condrusi , mais la partiesupérieure demeura toujours à fes anciens poflèffeurs. Iln’est pas plus poflìble de démontrer en quoi confistoit cetespace du rivage supérieur , que de dire jusqu’où s’étendoirauparavant le pays entier des Treviri le long du Rhin.II y a néanmoins quelque apparence , qu’aptès rétablisse-ment des Ubiens , fur la rive gauche de ce fleuve , le paysdes Treviri s'étendîc encore depuis le confluent de l 'A-brittea , jusqu’à celui de la Nave : du moins est-il certainqu’on ne connoît point d’autre peuple, à qui on puifle attri-buer cette étendue de pays. Voyez Treves & AugustaTrevirorum , Treviris ,Treves, cemot_& AugustaTrevirorum.

TREVISO ,Trevisi ou Trevisio ( a ) ville d’Italie,dans la seigneurie de Venise, auTrévifan , dont elle est lacapitale, en latin Tarvisium ou Tarvesium. Cette ville,située sur la petite riviere de Sile, à quinze milles au íud-ouest d’Oderzo , à dix-huit milles aunord-ouest de Venise ,à vingt milles au nord-est de Padoue , Sc à vingt-cinq millesà l'est de Balíàno , est ancienne, Sc fe vante même d avoirpour fondateur Osiris , troisième roi des Argicns, qu’ondit avoir régné dix ans en Italie. Ce prince ayant hérité duroyaume d’Egypte après la mort de Denis qui l’avoit adop-ré , alla en prendre possession Sc ne revint plus en Italie. CetOsiris étant mort, les Egyptiens l'adotetent comme undieu fous la figure d’un bœuf ou d’un taureau, qu’ils ap-pellerent Apis ou Serapis. Du mot Taurus on ficTAURi-sium & par corruption Tarvisium ou Trevisium.Voilà la tradition , ou , si l'on veut, la fable ; car supposéque Treviso ait été bâtie par Osiris, a-t-il pu lui donner unnom qu’il n’a eu lui même qu’après fa mort ? Voici quel-que chose de plus raisonnable. Treviso est une ville ancien-ne , dont on ne connoît point l’origine. Elle fut sous lapuiíTànce des Goths , ( b ) puisqu’après la réduction de Ra-venne par Béiiíaire , 8 c la détention de Vitigis, «cette villefut une de celles qu’ils remirent au vainqueur. Peut-être re-tomba-1-elle encore fous leur puissance, lorsqu’lldibad eutvaincu & mis en fuite Vitalius, qui lui avoir livré bataillepies de cette même ville. Les Lombards s’en emparèrentdans la fuite : Paul-Diacre , /. 4 , c. 3 , & Calsiodore ,b- 10, ep. 27, parlent de cette ville. Enfin, il est cont-ant que Tarvisio fubsistoit du tems de l’empire romain ;( c ) car on y a découvert une inscription où on lit ces mots :Mun-Tar ,&une autre où l’on voir celui-ci : Decurion.G en est assez pour la regarder comme un ancien municipe,a arvifo tomba dans la fuite au pouvoir des Hongrois, puisa PPartint aux Carrares & aux Scaligers, jusqu’à ce qu’enfinctletfe donna aux Vénitiens en 1331, selon quelques-uns,^ en 1388 , selon d’autres. Depuis ce tems elle est rou-l°urs demeurée attachée à cette république. On remarqueâ^ème qu'en 1509 , toutes les autres villes de ces quartierss àant rendues à l’empereur ou au roi de France , Trevisote fta feule fidèle aux Vénitiens. ( a ) Délices d'Italie , t. 1 ,P* 46. ( b ) Procop. Lib. 2. Bell. Goth. cap. 29. ( c ) Cellar.Ge °gr. anr. lib. z , c. 9.

fa ville de Treviso est a fiez bien bâtie : on y voir unStand nombre de beaux & de magnifiques édifices ; & ellec °ntient une si grande quantité de familles nobles, que l’ona c ompté autrefois jusqu’à cinquante-cinq princes qui enct qient sortis. Elle a donné entre autres , naissance à Toula,r °i des Goths, au pape Benoît XI, & à plusieurs autresPersonnage; illustres. La riviere de Silé pafle au travers dea vill e ^ qui en outre est pourvue de plusieurs fontaines., e avoir autrefois une université qu’on a transférée à Pa-° Ue . Le territoire de Treviso est fertile. On y volt la terrerie'* 6 c ° UVei 'te de vignes , de pêchers , de figuiers, de mu-

rs Lc autres arbres fruitiers. La diversité des jardins , desvin r \ es 5 des coteaux „forme un pays des plus riants. CereVisa ° c'if ^° n nom a une eontrée appellée la Marche-Tre-c ’ fdle a long-tems disputé les droits Sc fes privilèges

T RE lozi

aux villes de Padoue Sc d’Altino ; ( & quoiqu’elle soir tel-lement entourée d’ean , qu’elle lemble être une i île , & parconséquent à couvert des coudes des ennemis ; cependanton ne lastla pas de l’entourer de bonnes murailles flanquéesde plusieurs tours, pour pouvoir découvrir les ennemis deloin , 8 c aller à leur rencontre. Après que les Lombards fefurent établis en Italie , ils firent de Treviso le siège d’unmarquisat ou d’une marche, fous la dépendance de laquelleétoient six villes.

L’évêché de Treviso ( a ) suffragant »d’A quilée , & despremiers siécles. Saint Paris de l’ordre des camaldules, natifde Boulogne , fut chapelain des religieuses de sainte Chris-tine de Treviso , & y mourut en 1297 , âgé de cent seizeans. Fortunar, qui est honoré comme saint à Poitiers, d’oùil a été évêque étoit de ce pays ; c est pour cela qu’il l’appelle( b ) Mea Tarvisus. ( a ) B aille t, Topogr. des saints*, p. 505.

( b ) De Martina , 1 . 4.

Le Trévisan, ou la Marche Trévisane , avoir au-trefois beaucoup plus d'étendue qu’à présent. Il est renfer-mé entre le Feltrin & le Bellunése vers le nord ; le Padouanvers le sud ; le Frioul& le Dogado à l’est , & le Vicentin àl’ouest. Il est assez fertile en bleds & en vins ; mais fa plusgrande richefle consiste en mâts de vaisseaux & en bois dechauffage , qui fe transportent à Venise. La marche Trévi-sane rend pour le moins, dit Amelot de la Houstaye, deuxcents quatre-vingr mille du cars par an à la république. Sesprincipaux lieux font :

Treviso , Conegliano,

Castel-Franco , Ceneda,

Colatto, Serra-Valle.,

TRÉVOUX , petite ville de France, dans la principauté

de Dombes, donc elle est la capitale. Elle est bâtie fur lepenchant d’une colline, Sc sur le bord oriental de la Saône.Cette ville est très-ancienne,&c’est la où l’empereur Sévèredéfit en bataille rangée , son compétiteur Albinus, commenous l’apprenons de Sparrien. Il est vrai qu’on lit dans cerauteur Timurtium , mais il faut corriger Tivurtium , Tré-voux , parce qu’il est près de Lyon , où la bataille sucdonnée, selon le témoignage de deux historiens contem-porains , Dion Cassius ôc Hérodien. L’itinéraire d’Anto-nio marque Tivurtium entre Lyon & Mâcon, & ce lieu,dont parle Spartien, ne peur être Tournus, qui est àtreize grandes lieues de Lyon , entre Mâcon 8 c Châlons furSaône, où la carre de Peuringer marque Tenurtium. * Lon -guerue , Description de la France , partie premiere,P- 3 °S-

Selon Piganiol de la Force , Description de la France ,p. 131 , 1 a ville de Trévoux a pris ce nom pour avoir étébâtie dans l’endroit où l’uti des grands chemins qu’Agrippaavoir fait faire dans lestGaules se partageoiten trois, 8 c quepour cette raison on appelloitTm VU, Trivium. Tiévouxest la capitale de la souveraineté de Dombes, 8 c est situéesnr une colline qui s’abaisse jusqu’au bord de la Saône. Lepape Clément VII y érigea un chapitre en 1523. U estcomposé d’un doyen qui est conseiller-né du parlement,d’un chantre , d’un sacristain & de dix chanoines ; tous con-curés de la ville. Le doyenné est à la nomination du sou-verain. II y a aussi dans cette ville un couvent de religieuxdu tiers ordre de saint François, un de carmélites, und’ursiilines , 8 c un hôpital bâti 8 c fondé par feu Anne-Ma-rie Louife d’Orléans, souveraine de Dombes. Le parle-ment tenoit fes séances à Lyon ; mais en 1 6y6 .monseigneurle duc du Maine le tranféra à Trévoux , où il fit bâtir unbeau palais pour le siège de la'justice. Le parlement est com-posé de trois présidens, d’un chevalier d honneur , de douzeconseillers , dont il y en a deux de clercs , de trois maî-tres de requêtes , d’un procureur général, de deux avocatsgénéraux, & dc quatre secrétaires^ Le feu toi, Louis XIV, aaccordé dans son royaume aux officiers de ce parlement lesmêmes privilèges Sc avantages dont jouissent les officiersdes autres parlemens de France. Ce même prince a fait éta-blir une imprimerie dans la même ville, & a fait tracer lcplan d’un grand collège. La chambre du trésor, l’hôtelde la monnaie , Sc le palais du gouverneur font les autresédifices les plus remarquables dè cette ville. Ce lieu est en-core connu par le dictionnaire qui en porte le nom , 8 Cpar les journaux qui y furent imprimés pour la premierefois en 1701. * Le pere Menejìrier.