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Tome sixième. T - Z.
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to-54 TR O .

'«Tune si grande sécheresse, qu’en deux ans il n’y etoít pastombé une goutte de pluie. Dans cette calamité, les Bœo-îiens envoyerent des députés de chaque ville pour consulterdorade d’Apollon. Ces députés ayant demandé du remèdeà leurs maux, la Pythie leur répondit que c’étoit deTto-phonius qti’il en falloit attendre, & qn’ils allaílènt le cher-cher à Lébadée; ils obéirent : mais comme ils ne pou-voient trouver dorade dans cette ville , Saon le plus âgéd’entr’enx , apperçutun eflaim de mouches à miel, & ob--ferva de quel côté il tournoit ; il vit que ces abeilles vo-ioient vers un antre, il les suivit & découvrit ainsi l’oracie.On disoit que Trophonius l’avoit instruit lui-même de tou-res les cérémonies de son culte & de la maniéré dont ilvouloir être honoré.

TROPIANA, ville d’Italie, dans la Calabre. Il en est'parlé dans le sixième concile de Constantinople, tenu fousl’empereur Constantin. Orrélius croit que c’est la mêmeque PostropvEA , •& qye le nom moderne est Tr opta.Yoyez Fropas , Postrop^a , & Trûpea.

TROPINA , lieu de l’inde, selon Pline , /. 6 , c. 2o.

TROPIQUE. ( ie ) Terme de la géographie astronomi-que. II vient du grec ïç«snj, Converjto , en françois retour :du verbe Tfí-^ut , tourner , changer , retourner , &c. On ap-pelle Tropiques, dans la sphère , deux cercles parallèles àlequateur dont ils font éloignés de 2$ d & demi. On lesmarque fur les cartes pat un cercle de deux lignes , afin d enfaire mieux remarquer le trait.

L’un de ces Tropiques est septentrional, & paílè par lepoint solstitial de l’écrevisse ou du cancer , d’où on le nommeTropique du Cancer , où de l’écreviíTe. Le soleil le dé-crit quand il entre’au premier degré de l’écreviíse , c’est- â-■ dire le plus long jour d été pour nous , & pour tous ceux quifont situés au nord du même Tropique. Ainsi on le nommeaussi par cette raison Tropique d’été, mais Tropique■d’hivcr pour les peuples qui font au midi de lequateur.Comme le soleil arrive au Tropique au point solstitial deî’écreviílc, & qtril retourne de là vers Réquateur, il s’en-fiúc que, se reculant de nous chaque jour, les jours dimi-Tiuent à proportion de son éloignement jusqu a ce qu ilsoit arrivé de l’autre côté de l’équateur a la meme distance•de 2j d . Alors il passe par le solstitial du capricorne -,& ce Tropique est nommé pour cela le Tropique duCapricorne. Le soleil le décrit lorsqu’il entre au com-mencement du capricorne ,c’est-à-dire le plus court jour<ie l'hiver; par cette raison on le nomme aussi le Tro-tique dïhiver, ce qui ne doit s’entendre que parrapport à nous Sc aux autres peuples situés au nord ded equateur, car pour ceux qui font au midi c’est leur Tro-pique d été.

Chaque Tropique peut être nommé cercle du solsti-ce , parce que le soleil étant au tropique du cancer oudu capricorne, retourne aussi-tôt en Rapprochant de le--quateur.

Au solstice d’été, le soleil étant au Tropique du cancer ,•est a midi pat rapport à nous, dans fa plus haute éléva-tion au-deflus de l’horizon , d’où ce Tropique septentrio-nal peut être appelle le cercle du Haut Solstice.

Au solstice d’hiver , le soleil étant au Tropique du capri-corne , est à midi, par rapport à nous, dans la plus bastesituation Sc dans la plus grande proximité de l’borizon ; ce-qui est cause que ce Tropique méridional peut être appelle•le Cercle du bas Solstice. J’expiique le mot de Sols-tice en fou lieu.

Ces deux cercles sont les bornes que Dieu a posées auchemin annuel que le soleil fair, ou semble faire, du midiau septentrion , depuis le solstice dssiiver jusqu au solstice-d été & du septentrion au midi, depuis le solstice d’étéjusqu’au solstice d’hiver. Ces cercles semblent des bar-rières qui Renferment dans une carrière , & qui I’obligenr,<|uand il y est arrivé , à reprendre la route par laquelle il§ est avancé jusques là. C’est pour cela qu’ils sont appelles‘ Tropiques , du mot grec que nous avôns déja expliqué.

La distance de chaque Tropique à Rcquateur est d’envi-ron 23 d 3 0 , parce que l’obliquité de 1 écliptique à Regard•de 1 equateur , n étant pas plus de 23 e1 30" , se soleil qui nequirre jamais 1 écliptique, ne peut ni plus ni moins s’écar--rer de 1 equateur , ou, pour parler comme les astronomes,ne peut ni plus ni moin s décliner, ce qui fait que cette dis-tance .de 2 3 d }o' est appeliée U pi us grande déclinaison-du soleil.

TR O

Les deux Tropiques étant à distance egale de lequateur,sont par conséquent égaux l’un à l’autre. L equateur étant seplus grand cercle que 1e soleil décrive sur 1e globe terres-tre , Sc tous les cercles qui sont parallèles à l’équateur étantplus petits à mesure qu’ils s’éloignent de l’équateur , il s’en-fuit que les Tropiques qui sont parallèles à l’éqnateur, com-me il est aisé de 1e voir dans une mappemonde , sont sesplus petits cercles que le soleil décrive par son mouve-ment diurne. Ceux qui suivent l’ancien système de Ptolo-mée , en concluent que 1e soleil étant dans les Tropiques ,se meut avec moins de vitesse que lorsqu’il est dans l’équa-teur, puisqu’en vingt-quatre heures, ou environ, il neparcou.c qu’un cercle moins grand, auquel il emploienéanmoins autant de tems que pour parcourir 1e plus grandcercle ; cela étant, il fait donc ces circonvolutions inéga-les en tems égaux ; ce qu’on ne peut expliquer que parun mouvement plus lent ou plus vite ; mais ceux qui préfè-rent le système de Copernic, Sc qui tiennent que la terrefait elle-mêmepar son mouvement les apparences que lesautres attribuent au cours du soleil, ont une explicationplus commode. On suppose un corps íphérique attaché pardeux pivots à deux extrémités diamétralement opposées ,de sorte que ce corps sphérique puiíïè tourner librementautour de ces deux pivots ; si ce corps, d’un pivot à l’au-tre, est marqué au milieu par une ligne qui 1e divise endeux parties égales, & que de chaque côté il y aie entreestte ligne Sc les pivots d’autres lignes marquées parallèlesà celle du milieu, il est certain que la ligne du milieu a leplus de circonférence, & que ses autres en ont moins à pro-portion qu’elles s’écartcnt davantage des deux pivots. Ce-pendant lorsque 1e corps sphérique fait un tour, chacune deces lignes parcourt un cercle inégal, quoiqu’elles y em-ployent un tems égal. Je paílè divers usages astronomiquesdes Tropiques, ce scroit sortir de la géographie. Le Tro-pique du cancer ou de 1 ecreviflè coupe le premier méri-dien entre les Canaries Sc les i îles du Cap-Verd , & paflèà Rentrée d’une anse qui est entre le cap Bojador & se capBlanc, & y partage en deux Rifle aux Hérons. II traverseensuite le Sara ou désert de Barbarie, paflè au midi deTcíïèt, au pays de Berdoa , partage REgypte , paflè fur lafontaine alumineuse de Cheb , sur la montagne d’EIhad,sur 1e Nil, un peu plus haut que la grande cataracte , ar-rive à la mer Rouge allez près Sc au midi du cap de Ramos ;coupe R Arabie heureuse dans l’état du chéris de la Mecque,paflè à Alféré , quitte l’Arabie heureuse à Mascate , tra-verse la mer des Indes jusqu’à l’embouchure de la rivière dePaddar, traverse les pays de Guzurat, de Chitor, de Mal-va, le royaume de Bengale, qui sont de l’Indoustan,coupe 1e royaume de fipra Sc la province d’Osul, qui soncdu royaume d’Ava, le petit Laos, 1e Tonquin, & enfin laChine , par les provinces de Quansi & de Quanton.il par-tage Rifle deFormose environ par le milieu : de-là traver-sant toute la grande mer du sud il paflè à la pointç méridio-nale de la Californie, coupe le nouveau Méxique dans sesprovinces de Chiametlan Sc de Panuco. Il sépare le golfedu Méxique en deux parties , paílè entre la presqu’ifle dela Floride Sc Rifle de Cuba, coupe le grand banc deBahama, rase la partie septentrionale de Rifle d’Yumeta,Rune des Lucayes, & vienr enfin à travers la mer daNord à l’endroit de l’Asrique où j’ai commencé d’en dé-crire se circuit.

Le Tropique du capricorne paflè à Rifle Dos Picos prèsdu premier méridien pris à Rifle de Fer, partage l'Afri-que, dont elle laide la pointe méridionale entre Angra doIlheo , Ransc de Rlflot & 1e cap Rostre» da Piedra, & courede-là au royaume d’Inhambane , paflè à la baie de Saint-Augustin dans Rifle de Madagascar qu’il coupe de même,par la mer des Indes , il arrive aussi dans la nouvelle Hol-lande , vers les terres de Wic & d’Endracht ; paiïe au midides ides de Salomon aflèz près de Rifle des NegretesiSc par la mer du Sud il gagne la côte du Pérou à son ex-trémité méridionale entre Morro Moreno Sc 1e Morne deSaint George : de-là passant au désert d’Atacama, au paysde Chaco & de Guayra dans le Paraguai, au petit étatde Saint-Paul, Sc dans la capitainie de Saint-Vincent auBrésil.

Le point où le soleil sc leve à notre égard , lors-qu’il est au Tropique du cancer, est notre orient d’été ; ce-lui où il sc couche le même jour est notre occident d’éte.

Le point où lc soleil sc leve à notre égard > lorsqu’U est