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TRO
verbe , je mets en fuite. Les Latins en firent leur
mot Tnphaum , les François en ont fait celui de Trophée,les Italiens Sc, les Espagnols celui de Trofeo.
On entend par ce mot les dépouilles d’un ennemi vain-cu. Les Grecs, qui semblent avoir été les inventeurs destrophées, ôtoient toutes les branches du premier arbrequ’ils reucontroient , après avoir gagné une bataille, yattachoient les boucliers, les casques, les cuiraflès, &c.des vaincus. Les Romains , plus jaloux de leur gloire, enhrcnc des monuinens plus durables : ils élevoient des édifi-ces íolides, fous le titre d 'arcs de triomphe , & y faifoientsculpter les armes des vaincus. Cet usage a paíse chez nous.Les historiens & les géographes nous ont conservé uncertain nombre des anciens trophées des Romains, dontvoici la lille.
( TROPHÉES D’AUGUSTE. Voyez au mot Trop^a ,l’article Trop^a-Augusti.
TROPHÉES DES BRUTIENS Voyez au mot Tro-Pj£a , 1 article Tropaîa , n°. z.
TROPHEES D’ÉMILIEN , en latin Trop&um Q. FahiiMaximi JEmiltani. Strabon, /. 4, p. 185, nous apprendque près du heu où l’Iscre fe jette dans le Rhône, Q. FabiusMaximus Aîmiiien , dont 1 armée h’étoit pas de trentemille hommes, défit deux cents mille Gaulois , & élevafur le champ de bataille un trophée de pierre blanche.Comme Strabon, dans cet endroit, décrit la rive gauche duRhône, il íembleroit que le champ de bataille 8 c le trophéedont il est question , auroient été de ce côté là; mais unpeu plus bas il dit que ce combat íe donna chez les Arver-nes , près de l’endroit où le Rhône reçoit l’Ifere , Lc dans lesanton où le mont Gebenna s’approche du Rhône ; par oùd désigne la rive droite de ce fleuve. C’est ce qui a engagéOrtélius à marquer ce trophée dans fa carte de l’ancienneGaule, aux confins des Helviens & des Arvernes , près duRhône à la droite.
TROPHEES DE POLLUX. Ces trophées étoienr dansla ville de Sparte. Quand on a paflé le temple d Esculape ,dit Paufanias, on voit les trophées que Pollux, à ce qu’ondit, érigea iui-même après la victoire qu'il remporta fur
Lyncée.
TROPHÉES DE POMPÉE. Voyez Pompeia Tro-
TROPHÉES DES ROMAINS & de Sylla. Dansla plaine de Chéronée en Bœotie, dit Paulanias, /. 9 , c. 3 9,on voit deux trophées qui ont été érigés par les Romains Scpar Sylía , pour une victoire remportée fur Taxile, généralde 'armée de Mithridate.
TROPHEES DE SEXTUS-POMPEIUS. Voyez Tro-
I>EA.
TROPHON 1 US. ( Le bois sacré de ) U étoit dans laBœotie , à une petite distance de la ville de Lébadée. Ondiíoit, selon Paulanias, /. 9, c. 39 , de ta traduction deíabbéGédoyn , qu’un jour , Hercine jouant en cé lieu avec la filletic Cérès, laifla échapper une oie qui faifoic tout son amu-sement-, cette oie alla se cacher dans un antre fous unegrosse pierre. Proserpine ayanr couru après , l’artrapa , Scde délions la pierre où étoit l’animal, on vit auflì-côt coulertine source d eau, d’où fe forma un fleuve , qui, à cause decette aventure , eut auflï le nom Hercine. On voyoit encoredn tems de Paulanias, fur le bord de ce fleuve , un templedédié à Hercine , & dans ce temple la statue d’une jeune"de qui tenoit une oie avec ses deux mains. L antre où cedeuve avoit fa source, étoit orné de deux -statues debout,tenant une espece de sceptre avec des scrpens entortillés à*^ nt our, de sorte qu on les auroit pris pour Esculape Sc^ygéia ; mais peut-être que ceroit Trophonius 8 c Hercine,Ca r les serpens ne sont pas moins consacrés à Trophoniusqn a.Esculape. On voyoit aussi fur le bord du fleuve le tom-, ea n d’Arcéfilas , dont on di foi t que les cendres avoiencete àpportèes de Troye par Leïtus.
, V e qu’on trouvoir digne d’attention dans le bois sacré,etoit, i°. se temple de Trophonius avec fa statue , ouvrage■, e Praxitèle. Cette statue, aussi bien que la premiere dontd É ar ^ > ressembloit à celle d’Esculape ; 2 0 . se temple.tés íurnommée Europe, & une statue de Jupiter 1 eu ^ le ux , qui étoit exposée aux injures du tems. En des-tro at ^ ’ ^ sor le chemin qui conduisoit à l’oracle, onl’aut V ° j ^ CUX amples , l’un de Proserpine , conservatrice ,f • C f de Jupiter, roi, ce dernier étoit demeuré imparfait,a Ca soe de son excessive grandeur, soit i cause des
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guerres qui étoient survenues & qui n’avoientpas permis dfc1 achever ; dans l’autre on voyoit un Saturne , un Jupi-ter Sc une Junon ; Apollon avoit aussi son temple dans cebois.
Quiconque vouloit descendre dans l’antre de Tropho-nius, étoit obligé de palier quelques jours dans une chapelledédiée au bon génie & à la fortune ; il employoit ce temsà fe purifier par 1 abstinence de toutes ses choies illicites &par l’uíage du bain froid, car se bain chaud lui étoit inter-dit , 8 c il ne pouvoit se laver que dans l’eau du fleuve Her-cine -, il fe nourrilloit de la chair des victimes dont il faiíoitlui-même ses frais, car il étoit obligé de sacrifier à Tro-phonius Sc à sesenfans; â Apollon , à Saturne, à Jupiter ,roi, à Junon Heniocha & à Cerès surnommée Europe,qu’on disoit avoir été la nourrice de Trophonius. Un de-vin , fur l’inspection des entrailles , jugeoit si Trophoniusagrécit 1e sacrifice , & s’il étoir disposé à rendre ses oracles ;mais ses entrailles ses plus sures étoient celles d’un bélier,que l’on immoloit fur la fosse d’Agamède, la nuit mêmequ’on vouloit descendre dans l’antre. Les autres victimes,quelque espérance qu’on en eût conçue , étoient comptéespotlr rien, si le bélier n’étoit tel que l'on en pût tirer un au-gure aussi favorable ; alors on descendoit fans crainte Scl’on se promettoit un heureux íuccès. Voici néanmoinsquelques cérémonies qui (e pratiquoient auparavant. Cettemême nuit on étoit conduit sor le bord du fleuve Hercine.Là on étoit frotté d’huile, Sc nettoyé par deux enfans de laville, âgés de treize ans, qu’on nommoit des Mercures.On étoit ensuite conduit par des prêtres auprès de deuxfontaines , l une nommée Léché , l’autre Mnémolyne ; ellesetoient proche 1 une de l’autre. Après ces préparations onvousmontroit la statue du dieu faite par Dédale, car cetoitun privilège réservé uniquement à ceux qui venoient consul-ter l’oracle. On faifoitsesprieres devant cette statue , & en-suite on marchait vers l’antre vêtu d une tunique de lin ,ornée de bandelettes, & chausse á la maniéré du pays. Cecantre étoit dans une montagne au-deflus du bois sacré ; unebalustrade de marbre blanc régnois autour. Cette balus-trade n'avoic pas deux coudées de haut, Sc Fespace con-tenu au-dedans formoit une très-petue place. On avoitélevé sor la balustrade des obélisques de bronze qui étoientcomme attachés par un cordon de même métal ; la ported’entrée étoit au milieu de ces obélisques. Au-dedans del’enceinte il y avoit une ouverture que l’art avoit pratiquéavec beaucoup d’industrie & avec une forte de proportion ;car 011 l’auroit prise pour un four creusé fous terre, Cette es-pece de four pouvoit avoir environ quatre coudées de lar-geur , Sc huit de hauteur, mais il n’y avoit point de marchespour y descendre. Quand on y vouloit entrer , on appor-tai t une échelle fort légere ; l’on descendoit premieremencdans une folle qui étoit entre se rez-de chaussée Lc la ca-verne. Cette fotse avoit deux empans de largeur Sc un dehauteur ; on tenoit à la main une espece de pâte pétrie avecdu miel, & on glifloit dans la fosse, en y pallànt d’abordses pieds , puis ses genoux ; & lorsqu’on avoit passé tout 1ecorps, on 1e sentait emporter au fond de l’antre avec au-tant de rapidité, que si c’eût été un grand fleuve qui cúcentraîné. C’est alors que l’avenir étoit révélé en plus d’unemaniéré ; car on voyoit, ou l’on entendait. Lorsque la cu-riosité étoit satisfaite, on remontoir par le même chemin Scavec la même peine, en pallànt ses pieds ses premiers,comme on avoit fait pour descendre. On diloit que de tousceux qui étoient descendus dans l’antre de Trophonius , au-cun n’y étoit mort, si ce n’eíl un satellite de Démerrius, quiavoit négligé ses cérémonies usitées en 1 honneur du dieu , Scqui étoit venu, moins pour consulter 1 oracle , que pouremporter l’or Sc l’argent qu’il croyoit trouver en ce lieu.Son corps fut jette hors de l’antre, non par cette ouverturesacrée par laquelle on descendoit, mais par une autre iísee.Quand on étoit forci de l’antre, ses prêtres faifoient aíseoicsor 1 e trône de Mnétnofyne qui etoit auprès; ils deman-daient ce qu’on avoit vu ou entendu , & après qu’on leuren avoit rendu compte , ils mettaient entre ses mains degens qui reparlaient dans la chapelle de la bonne fortuneSc du bon génie. On etoit là quelque tems â reprendre sesesprits ; car au sortir de 1 antre on étoit si troublé , qu ilsemblait qu’on eût perdu connoiflance ; mais peu à peu onrevenoit Sc on fe trouvou dans son état naturel.
L’oracle de Trophonius étoit autrefois ignoré dans seBœotie j voici cornaient il devint célébré. Le pays sot affligé
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