io6o T R O
<larc de Chaours en Champagne, au mois de novembre1319. On admire la statue de saint Dominique qui est àî’entrée de l’église, & les chaises du chœur qui font d’untravail exquis. On y voit des bustes 8c des pièces de sculp-ture achevées dans les embrasemens, 8c des vitres admira-bles dans la bibliothèque.
Un couvent de cordeliers qui esttrès-bien bâti, où il y avingt religieux ; ils ont été établis en 1237 par le mêmecomte Thibault, qui leur donna une belle maison hors de,Ja ville, proche la porte César, que l’on nomme Comporté ,dans laquelle ils demeurèrent l’espace de vingt ans, jusqu’àce que ce comte leur en donna une plus grande & plus belledans l’enceinte de la ville , & mit en la premiere des reli-gieux de la trinité. La bibliothèque des cordeliers est publi-que trois fois la semaine. Ce vaisseau qui contient cinq ar-cades voûtées, est grand 8c bien éclairé, il est au deíîus«d’une large galerie voûtée & vitrée, ensuite de laquelle est4 e cloître qui est austì voûté.
Les religieux de la trinité , dits Mathurins , ont été éta-blis à Troyes cn 126; par le même comte Thibault , quileur donna la maison où étoient auparavant les cordeliers,8c le comte Thibault V leur donna six muids de froment àla grande mesure de Troyes, & cinquante livres, monnoiede Provins, avec exemption de toutes entrées, péages, ga-belle & autres. La chartre est du mois d’avril 1250, il leurdonna austì la même année le droit de pêcher dans les sosiesde Troy es, depuis la porte de Comporté , jusqu’au cours dela Seine, avec permission de faire un petit ruisteau pouravoir de l’eau. En 1263, ce comte leur donna encore deuxcents arpens de bois en fonds astis dans le commun usaged’isles. Au mois d’avril 1590 , le comte de Sainr-Paul quicommandoit dans Troyes pour la ligne , fit abattre l’églisede ces religieux , qui furent établis dans un prieuré de Clu-•gni dépendant de Gaye , situé aufauxbourg Saint-Jacqucs.Il y a six religieux qui ont trois mille livres de rente. Un cou-vent de capucins de trente religieux ; ils ont été établis 8creçus en 1610 par le foins & fous la protection de Charlesde Gonzague, gouverneur de Champagne 8c de Brie. Unechartreuse établie environ deux cents vingt-neuf ans aprèsla grande chartreuse de Grenoble; ainsi il y a apparence quecet établisièment se fit en 1315 , elle est éloigné de la villed’une demi-lieue. Son fondateur fut Pierre de Moustèy. Ilparoît par une chartre du mois de mars 1326 du roi Char-les IV , datée de Vinccnnes, que ce prince confirma alorscette fondation. Après la mort de Pierre de Moustèy, JeanGarnier, chanoine de saint Etienne, 8c depuis doyen desaint Urbain , donna à ces religieux une place qu'il avoirachetée à une demi-lieue de Troyes, nommée Laprée ; cequ’ils acceptcrent le vesdredi avant la Pentecôte 1332.Le mardi après la Toustàints 1341 » Jean d’Aubigny, foi-xante-neuviéme évêque de Troyes , donna par testament àces solitaires la moitié de ses meubles, & au mois de no-vembre 1389 , Jeanne d’Evreux, reine de France, veuvede Philippe VI, dit de Valois, leur donna fa maison,dite de Blanc-fosse, proche l’égiife de Notre-Dame de La-prée , avec toute juridiction 8c seigneurie. En 1611 , ce lieude Laprée où étoient les chartreux, fut' érigé en prieuré deTordre de saint Benoît, sous le titre de sainte Scholastique,& les chartreux furent transférés proche l’Echerelle, où ilsont commencé de faire bâtir une chartreuse : il n’y a quesix religieux qui ont six mille livres de rente.
Deux couvens de carmélites ; l’un, dans la ville,fondé parla mere Marie de Megrigny qui n’a que quinze cents livresde revenu ; l’aurre , dans un fauxbourg qui a deux mille li-vres de rente. Il y a peu de religieuses dans ces deux mai-sons qui font pauvres. Ces religieuses qui ont été reçues àTroyes au mois de septembre 1621, fe sont appauvriesencore davantage en faisant bâtir de trop grandes égli-ses.
Les religieuses insulines fe présentèrent à Troyes lea juillet 1628, avec des lettres du roi, où après quel-ques difficultés elles furent reçues ; elles sont au nom-bre de quarante, & ont trois mille cinq cents livres derente.
Celles de la congrégation ont été rqçues le 22 dé-cembre de la meme année. Elles n’ont que quinze centslivres de revenu, & sont au nombre de cinquante,qui ne poutroient subsister sans les charités qu on leurfait.
Les religieuses de la visitation ont cté reçues en 1631,
TR o
elles furent mises en la maison dite de saint Abraham , quiétoit aux filles pénitentes, & elles ont .pris le même ins-titut.
Il paroît que le testament de Pierre d’Arcies, soixanre-quatorziéme évêque de Troyes, qui mourut en 13 9 5 , qu’ilavoir à Troyes un monastère de religieuses nommées Filles -Dieu qui ne subsiste plus , & qui ne peut être le même quela Maison-Dieu de saint Abraham , puisqu’il les distinguep.ar son testament ; ainsi il y a lieu de croire que ce mo-nastère de Filles - Dieu a été ruiné par les guerres desAnglois ou par quelque autre accident. On prétend àTroyes que ce monastère étoit dans la petite rue appel-lée encore aujourd’hui la ruelle des Filles - Dieu. On amême trouvé plusieurs sépultures dans les jardins qui enfont proches , & on croit que ces religieuses furent transfé-rées à Jouare.
Tous les dimanches , à l’iflùe de la mefle de paroistè, ondistribue dans l’église de la Magdelainc de Troyes , centsoixante petits pains du poids de dix onces chacun , à au-tant de pauvres qui font appellés les uns après les au-tres , 8c aux quatre-tems de î’annëe on en donne encorequatre-vingts, ce qui a écé fondé en 1334 par NicolasFay & Ifabeau son épouse. Cette fondation est gravéesur une lame de cuivre proche de leur sépulture, & surles fonts baptismaux de cuivre de cette église qu’ils ont faitfaire.
Il y avoir à Troyes plusieurs hôpitaux qui ont été unisen un par lettres patentes de Louis XIII, du mois d’avril1630.
L’hôtel de ville est un bâtiment astèz considérable ; c’estun grand corps de logis qui a deux aîles en retour. La statuede marbre blanc qui est fut la porte , représente Louis leGrands 8c est un desprésens & un des chefs-d’œuvre deGirardon. Saint Patrocle, dit saint Parre , fut martyrisé âTroyes dans le troisième siécle, soit sous Valerien , soit fousMaximien Hercule. Saint Sabinien ou Saviuien, martyrde Troyes au troisième siécle. Saint Loup fut fait évêqueFan 426, après saint Ours, & mourut en 478. Saint Aven-tin , solitaire du diocèse de Troyes, dont le Corps reposedans la ville. Saint Vinebaud du monastère de saint Loup-lès-Troyes, qui ayant été ruiné par les Normands , % re-bâti ensuite dans l’enceinte de la ville. Ce saint vivoitaux sixième 8c septième siécles. Saint Prudence, évêquede Troyes au neuvième siécle , fous Charles le Chauve.Saint Victor ou saint Victre d’Arcis fur-Aube, au dio-cèse de Troyes, dont le corps est dans l’abbaye de Mon-tirame. Saint Fale, abbé de l’iste , à deux lieues de Troyes,disciple de saint Aventin, dont le corps est à Montier-la-Celle. Sainte Maure, vierge , née à Troyes, & morte aqmême lieu du teins de l’évêque saint Prudence, vers le milieudu neuvième siécle. Saint Godon ou saint Gon, dit saineGan , neveu de saint Wandrille, ayant quitté le monastèrede son oncle au pays de Caux , vint demeurer dans l'her-mitage d’Oye, au diocèse de Troyes, où il mourut versla fin du septième siécle. Sa chapelle & sa cellule furentruinées deux cents ans après ; mais au siécle dixième ou on-zième , une dame fit rebâtir fur son tombeau une grandeéglise , avec un monastère , qui fut réduit, Fan 1344 , enprieuré , mis fous la dépendance de Monder - la - Celle.C’est ce qui s’appelle aujourd’hui le prieuré de saint Gan ,à deux lieues de Sezanne en Brie , fur la riviere de Morin.Le corps de sainte Hoylde ou sainte Hou, vierge, futapporté du pays de Pertois à Troyes, l’an 1159 , & misdans l’église de saint Etienne. Saint Frobert, né à Troyes,y bâtit le monastère appelle depuis Montier-la-Celle , verslan 6 5 3 , 8c en fut le premier abbé. * Baillet , Topogr. dessaints , p. 507.
Troyes a été la patrie de Jean Pastèrat, de Nicolas Gaus-sin , jésuite , de Pierre Pithou , de Jean Pithou son frere ;d’Edmond Merille , mort professeur de droit à Bourgesl’an 1647 , âgé de íoixanre-huit ans ; du pere le Cointe ,prêtre de l’oratoire, & auteur des annales ecclésiastiquesde France ; de Pierre Mignard , mort premier peintre duroi le 30 mai 1695 ; de François Girardon , sculpteurcomparable aux plus habiles de l’antiquité , & de feu leNoble, qui avoir été procureur général au parlement déMetz. Ce dernier est plus connu par le nombre de sesouvrages, que par leur excellence. Il y a peu de genresd’écrire dans lesquels il ne fe soit exercé , & peu de scien-ces fur lesquelles il naît écrit. Prose , poche , sérieux ,